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Full text of "Recueil de travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptiennes et assyriennes"

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RECUEIL 



DE 



TRAVAUX RELATIFS 

A LA 

PHILOLOGIE ET A L'ARCHÉOLOGIE 

ÉGYPTIENNES ET ASSYRIENNES 

POUR SERVIR DE BULLETIN A LA MISSION FRANÇAISE DU CAIRE 

PUBLIÉ SOUS LA DIRECTION DE 

G. MASPERO 

MEMBRE DE l' I N S T I T U T 
PROFESSEUR AU COLLÈGE DK FRANCE, DIRECTEUR d'ÉTUDES A L'ÉCOLE PRATIQUE DES HAUTES ÉTUDES 

Vol. XVII. Liv. 1 et 2 




PARIS 

LIBRAIRIE EMILE BOUILLON, ÉDITEUR 

67, RUE DE RICHELIEU, AU PREMIER 

M DCCC XCV 

Tous droits résercés. 



CONDITIONS D'ABONNEMENT AU RECUEIL 



Le Recueil paraît par volume composé de quatre fascicules. 

Les abonnements se font pour le volume entier, il n'est pas vendu de fascicules séparés. 

Paris 30 francs. 

Départements et Union postale 32 — 



OUVRAGES 

relatifs à la philologie et à l'archéologie orientales 



ABBADIE (A. d'). Dictionnaire de la langue Aniariilna. 1 fort vol. in-8°. 50 fr. 

ABOU'L-WALID MERWAN IBN DJANAII. Le livre des parterres fleuris. Grammaire hébraïque en 
arabe, publiée par J. Derenbourg, membre de l'Jnstitut. Gr. in-8°. 25 fr, 

Le même ouvrage, traduit en français sur les manuscrits arabes par le rabbin M. Metzger. 

Gr. in-8°. 15 fr. 

AMARAKOCHA. Vocabulaire d'.\marasinha, publie en sanscrit avec une traduction française, des notes 
et un index par A. Loiseleur-Deslongchamps. 2 vol. gr. in-S". 7 fr. 50 

AMÉLINEAU (E.). Fragments de la version thébaine de l'Éciiture sainte (Ancien Testament). 
In-4». 15 fr. 

AMIAUD (A.). La légende syriaque de Saint-Alexis, l'homme de Dieu. 1 vol. gr. in-8°. 7 fr. 50 

AMOURS (les) et les aventures du jeune Ons-el-Oudjoud (les délices du monde), et de la fille de Vezir El 
Ouard Fi-1-Akmam (le bouton de rose). Conte des Mille et une Nuits, traduit de l'arabe et 
publié complet pour la première fois par G. Rat. In-b°. 1 fr. 50 

AURÈS (A.). Traité de métrologie assyrienne ou étude de la numération et du système métrique 
assyrien considérés dans leurs rapports et dans leur ensemble, ln-8". 6 fr. 

Essai sur le système métri<|ue assyrien, 1" fascicule. ln-4°. 5 fr. 

BAILLET (A.). Le décret de Memphis et les inscriptions de Rosette et de Damanhour. Gr. in-8°, avec 
une planche. 5 fr. 

BARBIER DE MEYNARD (C.). Dictionnaire géographique, historique et littéraire de la Perse et des 
contrées adjacentes, e.xtrait du Modjcm-el-Bouidan de Yaqout et complété à l'aide de docu- 
ments arabes et persans pour la plupart inédits. Gr. in-8\ lU fr. 

BARTHELEMY (A.). Gujastak Abalish. Relation d'une conférence théologiqae présidée par le Calife 
Mâmoun. Texte pehlvi publié pour la première fois avec traduction, commentaire et lexique. 
Gr. in-8". 3 fr. 50 

BEREND (\V. B.). Principaux monuments du Musée égyptien de Florence, 1" partie : Stèles, bas-reliefs 
et fresques. In-f avec 10 pi. photogravées. 50 fr. 

BERGAIGNE (A.). Manuel pour étudier la langue sanscrite. Chrestomathie-Lexique-Principes de 
grammaire. Gr. in-»°. 12 fr. 

Quarante hymnes du R\g Véda, traduits et commentés, publié par V. Henry. Gr. in-8°. 5 fr. 

La religion védique d'après les hymnes du R\g Véda. 3 vol. gr. in-8°. 60 fr. 

BERGAIGNE (A.) et HENRY (V.). Manuel pour étudier le sanscrit védique. Précis de grammaire- 
Chrestomathie-Lexique. Gr. in-8°. 12 fr. 

BERTHELOr. Histoire des Sciences. La Chimie au moyen âge. Publié avec la collaboration de 
M. Rubens Duval pour l'alchimie syriaque, et celle de M. O. Houdas pour l'alchimie arabe. 
3 vol. in-4", avec figures dans le texte. 45 fr. 

BHAMINI VILASA. Recueil de sentences du Pandit Djagannàtha. Texte sanscrit publié pour la pre- 
mière fois en entier avec traduction en français et des notes par A. Bergaigne. Gr. in-8°. 8 fr. 

BOISSIER (A.). Documents assyriens relatifs aux présages. Tome I". 1" liv. In-4°. 12 fr. 

BRUGSCH (H.). Examen critique du livre de M. Chabas intitulé : Voyage d'un Égyptien en Syrie, 
en Phénicie, en Palestine, etc., au xiv' siècle avant notre ère. Gr. in-8°. Au lieu de 
1 fr. 0.50 

CHEREF-EDDIN-RAMl. Anis-el-'Ochchaq, traité des termes figurés relatifs à la description de la 
beauté. Traduit du persan et annoté par C Huart. Gr. in-8°. 5 fr. 50 

CLERMONT-GANNEAU (C). Études d'archéologie orientale, t. 1, V" et 2' parties. In-4" avec figures 
dans le texte et 3 pi. photogravées. 18 fr. 



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TRAVAUX RELATIFS 

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ÉGYPTIENNES ET ASSYRIENNES 

POUR SERVIR DE RULLETIN A LA MISSION FRANÇAISE DU CAIRE 

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G. MASPERO 

MEMBRE DE l' INSTITUT 
PROFRSSEUR AU COl.LfCCiE DE FRANCE, DIRECTEUR D'ÉTUDES A l'ÉCOLE PRATIQUE DES HAUTES ÉTUDES 



DIX-SEPTIEME ANNEE 




PARIS 

LIBRAIRIE EMILE BOUILLON, ÉDITEUR 

67, RUE DE RICHELIEU, AU PREMIER 

■ M DCCC XCV 
Tous droits réserves. 




CHALON-SUR-SAONE 

IMPRIMERIE FRANÇAISE ET ORIENTALE DE L. MARCEAU 



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MOrVEI^I.E SERIE 

TOME PREMIER 




PARIS 

LIBRAIRIE EMILE BOUILLON, ÉDITEUR 

67, RUF DE RICHELIEU, AU PREMIER 

M DCCC XCV 

Tous droits résercés. 




CHALON-SUR-SAONE 

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1-2. Seal-Bead bought in Aintab. — 3. Relief from Arslan-Tepc, 

now m Malatia. 



DEUX MONUMENTS ASSYRIICNS DE LYON 














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Pliololypie Sjlvearc, Lyon. 



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DE TRAVAUX RELATIFS A LA PHILOLOGIE ET A L'ARCHÉOLOGIE 
ÉGYPTIENNES ET ASSYRIENNES 

1895 Fascicules I et II 

Contenu : 1) V'ari.a, von A. Wiedemann. — 2) Inscriptions du tombeau de Psametik à Saqqarah, par G. Daressy. 
— 3) Note on pre-Hellenic flnds (avec une planche), by D. G. Hogarth. — 4) Notes d'épigraphie 
et d'archéologie assyriennes, par Fr.-V. Scheil. — 5) Lettre de M. Bouriant à M. Max Muller 
sur le mur de Horemheb à Karnak. — 6) Une fonction judiciaire de la XII' dynastie et les Chré- 
matistes ptolémaiques, par A. Moret. — 7) Çà et là, par E. Chassinat. — 8) Lettre à M. Maspero 
sur deux monuments assyriens de Lyon, par M. Ley (avec une planche). — 9) Notes sur diSérents 
points de grammaire et d'histoire, par G. Maspero. — 10) Notes d'épigraphie et d'archéologie 

assyriennes, par Fr.-V. Scheil. — 11) Une classification des sens du mot fi V K par A. Moret. 

— 12) Varia, von Wilhelm Spiegei.berg. — 13) Notes prises dans le Delta, par Georges Foucart. 

— 14) De quelques localités voisines de Sidon, par G. Maspero. — Bibliographie. 



VARIA 



A. Wiedemann 

1. Naos-Stele des alten Reichs zu Oxford. Aslimolean Muséum. Obère Horizon- 
talzeile von rechts nach links ^^^ Qj ^^^ u 1^ ^ v\ 1 1 . Vertikalzeile redits und 

links gleichlautend ^<=>n [% 3^-<2=-'^'^ îîî ^~^ [^. Innenfeld : Mann sitzt vor 
einera Altar, darùber einige Gaben nennende verwischte Zeiclien. Darunter horizontal 
l^^^^l- D^^^ vertikal redits (j ^ .^^^ ^ i^ ^ ^^ und links \ ^ M^ 

2. Die merkwûrdige von Sdiiaparelli entdeckte und edirte^ Inschrift des Her-/uf' 
hat mannigfache Behandlungen erfahren und besonders durdi die in ihr erwsehnte 
Uebermittelung eines Zwerges an den segyptisdien Kœnig zu Erœrterungen Veran- 
lassung gegeben. Icli selbst habe vor etwa 1 1/2 Jahren micli ùber dieselbe gea3ussert, 
doch ist die betreffende, mir nodi jetzt ansprediend erscheinende Bemerkung an einer 
dem JEgyptologen ferner liegenden Stelle ' erschienen und mœchte ich dieselbe daher 



1. Tomba egisiana inedita délia VF dinastia, p. 50 ff. 

2. Bei der Umschrift segyptischer Worte habe ich in der vorliegenden Arbeit an der hergebrachten Methodik 
festgehalten, môchte aber dièse Gelegenheit benutzen um zu erklâren, dass, meiner Ueberzeugung nach, in 
allem Wesentlichen Maspero bei seinen sorgsamen und umsichtigen Untersuchungen ùber die àg. Aussprache 
im Gegensatz zu anderweitigen Vorschlàgeu. das Richtige getroffen hat. Wenn ich trotz dieser Erkenntniss 
seine Vokalisation hier nicht angewendet habe, so geschieht dies nur, weil mir einzelne Nebenpunkte noch 
nicht scharf genug festgestellt zu sein scheinen, um eine systematisch gleichmâssige Wiedergabe des ^Egyp- 
tischen zu ermôglichen , und ich es daher vorzog, rein conventionnelle, fur die Aussprache nach keiner 
Richtung hin bindende Formen zu geben. 

3. Am Ur-Quell, IV, S. 5 f. 

recueil, XVII. 1 



2 VARIA 

hier wiederholen : Als wùnschenswertli galt es fur den « Tanz an der Thûr des Grabes » 
— der einen Theil der Bestattungsfeier ausmachte — Zwerge zur Verwendung bringen 
zu kœnnen'. Hieraus erkhcrt es sich, dass die Kœnige es mitganz besonderer Freude 
begrùssen, wenn ihnen einer ihrer Beamten einen gut tanzenden Zwerg verschafïte, 
Kœnig Assà ans der 5 Dyn. erliielt einen solchen von dem an den Kûsten des sûdlichen 
rothen Meeres zu suchenden Lande Punt. Dem Kœnige Pepi II der 6 Dyn. ward ein 
solcheraus dem « Geisterlande « tiefiminnern Afrikagebracht. Letztererwirdbezeichnet 
aïs ein a Denk der Tiinze des Gottes, uni zu erfreuen das Herz, um zu beglucken das 
Herz des Kœnigs, » er verstand demnach seine Kunsc so gut, dass der Kœnig selbst ùber 
dièse wurdige Art der Gottesverehrung Freude empfinden konnte. Ein solcber Denk 
muss eine sehr angenehme Stellung geliabt haben, denn in der Schilderung desDaseins 
des seligcn Kônigs wird in den Pyramidentexten ' u. a. hervorgehoben : « Er (der Kœnig) 
ist ein Denk derTainzedesGottes, welclier orfreut das Herz des Gottes. » — Naheliegt es 
naturgemœss, wie dies Maspero in seiner vortrefflichen Behandlung der Stelle ' gethan 
hat, dièse Zwerge inZusammenhang zu bringen zu dem zwergartigen GotteBes, der u. a. 
aïs Wsechter des Sonnengottes * auftrat und dessen Gestalt als Apotropaion gegen 
Dtcmonen galt. Die Bes œhnelnden Zwerge kœnnten an der Grabestliur tanzen um sich 
nahcnde bose Geister zu verscheuchen, âhnlich wie die Klageweiber zu solchem Zwecke 
Zweige schwingen und wild herumspringen'. Da jedoch diesbezùgliche Texte fehlen, 
so muss der Zusammenhang der Zwerge mit Bes Vermuthung bleiben, wsehrend die Be- 
deutung, die der Her-xuf-Text diesen Wesen zuschreibt, wohi sicher auf dem Wunsche 
beruht, einen Zwergtanz am Grabe auffûhren lassen zu kœnnen. 

Erman" hat gemeint, der Eifer^ den Pepi II fur den Zwerg zeige, habe etwas ûber- 
triebenes, unreifes, der Kœnig sei damais erst etwa 8 oder 9 Jahre altgewesen. Dièses 
Alter berechnet cr in der Weise, dass er annimmt, der Kœnig kœnne zur Zeit des Todes 
Pepi I 2 Jahre ait gewesen sein, Mer-en-Râ habe 4 Jahre regiert, im 3'®° Jahre der 
Regierung Pepi II habe die Bringung des Zwerges stattgefunden. Die letzte Zahl ist 
ùberliefert, die erste nur vermuthet, die mittlcre will Erman aus dem Turiner Kœnigs- 
papyrus erschliessen, welcher an der in Betracht kommenden Stelle \ niclit 

14 Jahre schreibe. Trotz dieser Aufstellung glaube ich an der bisherigen, von mir in 
meiner Aeg. Gesch. S. 206 ûbernommenen Lesung 14 Jahre festhalten zu mûssen, Das 
betreffende Fragment nr. 59 ' nennt bekanntlich keine Namen, sondern giebt nur die 
Zahlen, deren Zutheilung an bestimmte Monarchen dadurch mœglich wird, dass einer 
derselben 90 -f- X Jahre regiert und wohI sicher dem nach Manetho nahezu 100 Jahre 
herrschenden Kœnige Pepi II entspricht. Sein Vorgtenger war Rà-mer-en; von den 



1. Pap. Berlin I, 1. 194 fi. (12 Dyn.); Stèle Mariette. Mon. dio., pi. 61 (20 Dyn.); Piehl, //iscr., 44, 73. Bereits 
in einer Darstellung der 4 Dyn. (L. D. II, 36), sieht man nebeu den schon Tanzenden eine nackte Zwergin 
stehn, bereit sich au den Vorfùhrungen zu betheiligen. 

2. Pepi I, 1. 401 = Rà-mer-en. 1. 578. 

3. Recueil de Tracauje, t. XIV, p. 187. 

4. Vgl. Krall in Bi:nndorf, Heroon con Gjœlbaschi-Trysa, p. 80 f. 

5. Vgl. Maspbro, Lectures historiques, fig. 90. 

6. ^g. Z., 1893, S. 72. 

7. Lepsius, Auswahl der wichtigsten Urkunden, pi. 4. 



VARIA 3 

Zeiclien, die seine Jahre crgaben, ist im Papyrus nurder obère Theil erlialteii. Zunœchst 
die Spitze des j iind der Beginn der Ligatur fur , dauu oiu Klecks, an dessen unterem 
EndederBruch entlang heuft, endlich die obère Hselfte von 4 Vertikalstrichen. Den 
Klecks berucksiçhtigt Erman's x\u(îassung der Angabe nicht. Da aber sonst in dem 
Papyrus nirgonds sich eiii derartiger uberflCissiger Punkt findet, ferner die Zg,hl stets 
unmittelbar oder doeh nahezu dem \ foigt, hier aber bei Vernachhcssigung des 
Pu»ktes erst7™"' dahinter sttnnde, so haben wir in letztercnigewiss der obern Thoil eiiies 
Z«ichens zu sehn, dessen Fortset^ung mit der ûbrigen untern Htelfte derZeile abge- 
brochen ist. Dièses Zeichen aber kann unter Erwsegung der sonstigen Scbreibweise des 
Papyrus nur eine 10 gewesen sein ; fur eine 20 steht der ûbrig gebliehene Kopf des 
Zeicbens zu nahe an den 4 Vertikalstrichen. 

Eine weitere FolgerungliatPietselimann' ans dem Auftreten des Zwei-ges zu ziehn 
gesucht. Er lœsst ihn in Zusaramenhang stiehn mit den Satyrn des Osiris. welche bei 
Diodor, I, 1.8, erwsehnt werden, und meint, dièse Satyren seien aus der ^egyptjschen 
Osiris-Mytho. welche fur dièse Schilderung des Osiris-Dionysos-Zuges ua,ch 4ïthiopien 
benutzt worden sei, hier eingefugt. Allein; thatsaichlich enthcielt die Schilderung Dio- 
dors keinen einzigen Zug, der ursprûnglich dem Osiris-Mythos angehctu^t haben miisste, 
sie trœgt vielmehr, ganz entsprechend der griechischen Quelle, der sie entstammt*, 
vœllig griechisches Geprœge, so dass man als Prototyp dieser gesammten Schilderung 
des Osiris-Zugcs von vorn lierein den Dionysos-Mythos vermuthen wird. Und liier sind 
wir in der glueklichen Lage, dies auch beweisen zu kœnnen, denn, was Pietschmann 
auîffallender Weise ubersehn hat, der zu. Grande gelegte Dionysos-Mythos ist in der 
bejiutzteji Form bei demseiben Diodor IV. 5 erhalten geblieben und hier finden sich an 
dar entspr^chenden Stelle die Satyrn wieder, die diesmal Dionysos mit sich fuhrt. 
éthiopien wird dabei nicht genannt, kœnnte also bei der Umdeutung auf Osiris ein- 
gefugt worden sein; da aber Diodor nur einen Theil soiner Quelle wieder giebt^ so hat 
es vermuthlich her.eits in dem Dionysos-Mythos gestanden, in dem es dann, entsprechencj 
dem griechischen mythologîschen Spracligebrauch, nur ein Name des Gœtterlandeis 
gewesen sein wird. Hat man abei- je das Land zu lokalisieren versucht, dann wird man 
darunter nicht das afrikanische Jîthiopien verstanden haben, sondern das asiatische 
d. h. hier Indien, wohin sich der Zug des Dionysos vor allem richlete. In den Darstel- 
lungen dièses indischen Zuges erscheinen denn auch mit grosser Regelm'tessigkeit die 
Satyrn'. Wenn Erinan* als Stutze fur die Pietschmann'sche Ansicbt anfuhrt, zur Zeit 
des Tiberius werde Osiris einmal Gott von .-Egypten und Herrsc^er des Geisterlandes 
(=^?^ m ) genannt, so dachte der ^gypter bei letzterem kaum an einen irdischen, 
geographisch fassbaren Begrifï, wie der Verfasser der Her-/uf-Inschrift bei sein&m 



1. ^g. Zeitsc/iri/t, 1893, S. 73 f. 

2. Vermuthlich Hekalseus vou Abdeia; vgl. u. a. Schwartz, R/icin. Mus , 40, S. ~32 f. wo dieser seine 
friihere Ansicht, Dionysius Scytobracniori sei die Quelle, zurijcknahm. Vgl. dagegeii Bethe, Quœstiones 
Diodoreœ mytho^raplue, Gœttingen, l;i87. 

3. Vgl. Graef, De Bacc/ii expeditione IruUca monunientis expre^sa, Berlin, 1886; Luciau, Dionysos. 1 sqq. 

4. ^g. Z., 1893, p. 73; vgl. 1894, S. 67. 



VARIA 



Geisteiiande', sondern an das Land, als dessen Herrscher Osiris thatssechlich galt, in 
dem die m^^> die Verstorbenen ', hausen, d. h. an die Unterwelt. 

3. Viereckige, schœn gearbeitete Kalkstele des Kestner-Museum zu Hannover 
Nr. 11. Unter dem Zeichen 1^=^ 8 von redits nach links laufende Horizontalzeilen : 

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Unten sitzen Mann und Frau vor einem Altar. auf dem Gaben 
liegen und ùber welchem stelit a^ | "^ ' ^^""^ -^ • ^^^ Name des 

Todten war Amen-em-hât, Sohn des Antef, Sohn des Kemsa; die Anordnung, so dass 
der Grossvater an der Spitze der Généalogie steht und dann Vater und Sohn folgen, 
entspricht einer in der 12'<'" Dyn. auch sonst, z. B. in der Biographie des Chnumhotep 
zu Benihassan, vorkommenden Sitte. Es ist die Inversio excellentiœ, welche das alte 
Reich noch in der Schreibung von Titeln, Avie ( O ^ ^ ^^ "'k | '^, A ^ 



© ^ batte, die 



sich spfeter aber auf die Stellung der Adjektiva 1 und 
Kœnigsnamen und einigen stereotypen Phrasen, wie 



und der Gœtternamen in den 



'wwvA beschrœnckte, hier aber 
wenigstens in der hieroglyphischen Schrift — seltner im Hieratischen, nicht in der 
Ausprache — dauernd ûblich blieb. 

Der Titel des Stelen-Inhabers, den Erman* wiedergicbt « Vorsteher von Hœrnern, 
Klauen und Federn » fmdet sich auch sonst mehrfach als ^\ \, | p d (Stèle Louvre 

C. 2 bei Gayet, pi. 2; Brugsch, Thésaurus, p. 1233; Piehl, Inscr., 4 E; Sharpe, 11^ 22; 
Pierret, LoMure IL 107. — 12 Dyn.), als YÎBd| (SteleLeyden, V, 13, im Katalog,V,7. 
— 12Dyn.),als ^IpDo {i?(?c. de Trav., IV, p. 122, 126; Piehl, Inscr., 83-4; Turin, 
Cat., 1456. — 18 Dyn.),°als \|r~1 m {Méin. du Caire, V, pi. 5; cf. p. 416, 426, 
wo Bouriant \~^ |VS liestund ubersetzt « Vorsteher fiir das Elfenbein und die Metalle ». 

— 18 Dyn.), als ^"| ^ (Leps, Z), II, 250 a. 1.3 = GolenischefiE, Hammamât pi. 15. — 
11 Dyn). Als Eigenname tritt ^"^^ \^^ ' ^ ^^^ (Louvre Stèle C. 15 ; Gayet, pi. 54 ; 



y. Das Determi 



nativ J, 



welches hier hinter 



.^o^ 



steht, determinirt in der Unà-Inschrift Z. 15 ff. 
den Namen der Neger. — Ein Zusammeuhang des .Wortes mit dem spaelen ® ^^ " Erde, Boden » scheint 

ausgeschlossen. 

2. Brugsch, Wœrterh., S. 112. 



\> 



3. Statt gJ\ bat das Orginai das Untertheii von 

durch den das Messer S^^/*" Iseuft. 

4. Fuhrer durch das Kestner-Museum, p. 10. 



und an der Stella von • einen viereckigen Kasten^ 



VARIA S 

cf. Pierrot, II, 29; de Rouge, Cat., p. 81, liest Mur-Kau). Nahe hcge es zunsechst den 
Titel \~^ dem haufigen \ a^ gleichzusetzen und dabei sicli der Gewohnheit, beson- 
ders der Pyraraiden texte, zu erinnern, statt des ganzen Hieroglyphenbildes nur einen 
Theil desselben zu schreiben. Dem steht jedoch ontgogen, dass dorselbe Mann beide 
Titelneben einander tragen kann, wie cin ^^\1 \^ , P^l^liE^l] ()^ 
oder ein Horemheb der 18 Dyn.' Noch weniger kann man als Parallelcn analogc Aus- 
drùcke des Arabischen, wie « Herr der Klauen und Zcchne » herbeiziehn, da dièse nur 
den Besitzer derartiger Organe, hier den Luchs % bezeichnen, nicht Titel bilden. Die 



wahrscheinlichste Erkherung ist, a Herr des Elfenbeins, des Weihrauchs { ^ J],), der 
Straussenfcdern, des Metalls », so dass es ein Beamter war^ welcher die Tribute oder 
Tributmagazine, insbesondere fur die Sûdhcnder, unter sich batte, was zu den von 
Bouriant edirten Darstellungen des Grabes des Hor-eni-lieb , in denen Elfenbein, 
Metalle, Straussenfedern, Thierhseute, Ochsen herbeigebracht werden, stimmt. Mit der 
Verwaltung des Viehs, wie Erman* meinte, hat der Titel demnach Nichts zu thun. 

Das Selbstlob, welches der Todte sich auf der Stèle spendet und welches im 
Einzelnen dem Verstândnisse grosse Schwierigkeiten entgegenstellt, findet sich auf 
Stelen der 12 Dyn. in zahlreichen, in der Form abweichenden, im Gedanken aber 
entsprechenden Beispielen, am ausgefiihrtesten und typischsten auf der Stèle des 
Antef im Louvre C. 26'. Fast wœrtlich finden sich hier einzelne Sictze unserer Stèle 
wieder, so Z. 17-8 der Todte sei gewesen n ^ \.\\ V m und nu (I ^^ TIn, TTi M 

""^-^^ ^^^ y^ <' ein Vater dem Schwachen, ein Gatte der Wittwe, ein Zu- 
fluchtsort dem Ausgestossenen. )) Das letzte Wort ^'v.^:^ ^^^ M^ findet sich in solchem 
Zusammenbange nur hier ; de Rougé {Not. somm., p. 88) gab es mit « orphelin » wieder 
und in dieser Bedeutung ging es in die Lexika iiber, ward von Brugsch ( Wœrterb. 
SuppL, 1325) mit dem aram. k^bû verglichen und von Erman" als ein Beweis der 
Verwandtschaft der yEgyptischen und Semitischen angefiihrt. Allein ; die Uebersetzung 
ist nur errathen, und da das ^gyptische eine uralte Wurzel f^ /wnaaa « ausspeien, 
ausbrechen » besitzt, von der das Wort « Feuchtigkeit » sich ableitet und mit 

der die ^gypter selbst den Namen ihrer Gôttin q [L in Verbindung brachten, 

so liegt es weit n?eher *'i-=^ ^^^é. ^ hierher zu ziehn und als « der Ausgestossene » 
aufzufassen, was in den Zusammenhang auch besser passt als die Waise. Damit fsellt 
freilich die Mœglichkeit eines Zusammenhanges des neg. Wortes mit «beç. um so 
mehr, als letzteres auf eine gut semitische Wurzel bssts « schwach, zart, jung sein » 
zuriickgeht, von der die Bedeutung Kind érst abgeleitet ist. Als Beweis fur eine 



1. Grabkegel Nr. 53, 167, bei Daressy, Mérn. de la Mission du Caire, t. VIII, p. 277, 287, wo der Zusam- 
menhang eine Wiedergabe des ]\ mit « Kaufmann » zu verbieten scheint, es vielmehr als Variante des 1) 

unserer Stèle ergiebt. 

2. Mém. de la Mission du Caire, t. V. pi. V. 

3. Z. B. 1001 Nacht, ûbers. von Weil, t. II, p. 426. 

4. Die vondiesera ^Egypten, S. 142, Anm. 3 Anfang citirteo Stelen Mariette, Caï. A%f/os,Nr. 590, 601, 

679, nennen Beamte des Titels J^ ^^^ '' ^^^- | ^^i '• 

5. Publ. Gayet, Stèles de la XU" d.i/n., pi. 14 fi.; Piehl, Inscr. pi 5 fi. ; Pierret, Inscr. du Louvre, II, 25. 

6. Zeitschr. d. Deutsch. Morgl. Ges., t. 46, S. 122; er ûbersetzt « Waise, Kind oder fehnlich. » 



VARIA 



aegyptisch-semitische Verwandtschaft wiirde ich es aber nur anerkennen zu kœnnen 
glauben, wenn gleiche Wurzeln gleiche Bedeutung besitzen^ aber nicht wenn gelé- 
gentlich Derivate sich in der Bedeutung zu decken scheinen, da in solchem Falle der 
Zufall eine viel zu grosse Rolle spielen kann. 

4. Rosellini, Mon. stor., t. III, 1, pi. zup. 107 ff., bat 5 Holztsefelchen mitdemBilde 
Amenophis I publizirt. Er copirte dieselben in der Sammlung Sait zu Livorno, welche 
1826 von Karl X angekauft ward. Der Katalog von Champollion fubrt p. 56 als D 15-19 
(cf. Cbampollion-Figeac, Egypte anc, p. 302) fùnf derartige Tsefelchen auf, doch Isesst 
sich aus seiner Beschreibung nicht ersehn, ob es in der That die von Rosellini edirten 
Stiicke sind. Jetzt befinden sich von diesen im Louvre nur die Nummern A, C, D 
(Salle hist. nr. 342, 339, 340). Nr. E (Kœnig haîlt den Lœwen am Schwanz) gelang 
es mir in der zu Rom vor der Mitte unseres Jahrhunderts zusammengestellten Sammlung 
Kestner, jetzt in Hannover, wieder zu finden ; ûber den Verbleib von B vermochte ich 
Nichts fest zu stellen. 

5. In den Proceedings ofthe Society ofBiblical Archœology , XVI, p. 16 sqq, hat 
Crum in trefllicher Weise einige aus Wadi Halfa stamraende Texte des Muséums zu 
Oxford edirt'. Als Erga3nzung gebe ich hier drei aus Wadi Halfa stammende, von 
Colonel HoUed Smith 1880-8 geschenkte Denkmaeler, die ich 1893 im British Muséum 
copirte und benutze diesc G^legenheit, uni dessen Leiter, Herrn Wallis Budge, fur die 
Bereitrv'illigkeit und Liel>enswurdigkeit, mit welcher er mir die Scha3tze der ihm 
unterstellten Sammlung zugœnglich machto, auch œfîentlicii meinen wœrmsten Dank 
auszusprechen : 

Nr. 1019 . Thurp fosten eines Tempels, Sandstein. mit einer Vertikaizeile : 
Oju^^gJ^^^^Q^^Î^JjljO^^, ein Rest der Dedika- 



^K 



tionsmschriït Thutmosis 111, der hier in Wadi Halfa einen'l'empel weihte'. — Nr. 1021. 
Stelenfragmcnt. !m obern Register erhœhte^ in der Inschrift vertiefte Arbeit; erhalten 
nur die rechte Seite. Oben Reste der geflùgelten Sonnenscbeibe. Darunter stelit der 
Kœnig mit Y und dem Stabe in der Hand, den Helm auf dem Haupte vor einem Gotte, 
von (Icni frcilieh nur die Spitze des Szepters |, auf dem -r- aufsass, erhalten ist. Ueber 

dem Szepter vertikal _ ^ Tnû^^^-^'Lm'^^^-^^^^^ letzten zwei Gruppen nur zum 



Theil erhalten), uber dem Kcenig | ^\^ ( ^80 ;^] j ^ (^ JL 1 1 f ,1 î A^fil 
"^37 I " ''Zl .Vor demselben O/l ! § \>^H Darunter die Anfœnge zweier Horizontal- 
zeilen j f "^ ç^^;cz ^nd i "IT. — Nr. 1022. Sitzende Figur (olme Kopf); uber die 

I I O i I I I I II AAAA^V\ I I 

linke Schulter hœngt ffi; auf den Beinen IutU sie ein Band mit der oberflaîchlich ein- 



1. Meine Copien, welche ich 1893 mit freundiicher Erlaubniss der H. Evans vor den Denkmselcrn nahm, 
geben bei dem Text Nr. 3 in Vertikaizeile 6 keia /vwvva vor I Mei; in Z. 7 glaubte ich den ausgekratzten und 



wieder eingesetzten .\amen M noch lesen zu kœnnen. Bei Text .Nr. 4 schien .mir das EUide 

(der Untersatz von A ist auf dem Orginale nicht eckig, sondeni abgerundet) zu sein. 
2. Champollion, Lettres. Paris, 1S68, p. lOS; Notice, p. 37. 



VARIA 7 

gegrabonen uncl dahcr niclit leicht losbarcn Inschrift i I A (1 1 g J [ 

6. Die von mir in der ^g. Z. , 1883, S. 125, verœffentliche Inschrift einer Holztablette' 

hat in letzter Zeit zwei Behandlungen' erfahren,\velche micli veranlassen, auf dièses in 

mcinem Besitz befindliche Stûck nochmals zuriick zu kommen. In drei Punkten weiclit 

Erman von meincr Auffassung ab. Zuncechst liest er, ebenso wie Spiegelberg, am Schluss 

derdritten Zeile éfl niclit jl Pi wicicli es that. Dies ist, da im HieratischenbeideZeichen 

gleich geschrieben werden, mœglich; die Lesung ist hier von der Aufïassung des Sinnes 

des gesammten Textes abh?cngig. Anders steht es mit deni zweiten Punkte. Erman 

meint, ich haette ohne Noth am Anfang der zv^eiten Zeile a/vwna vor nr^ ergeenzt; er 

will Z. 2 nicht zu Z. 1, sondern zum folgenden ziehn und sieht in den am Schluss 

genannten Beamten das , den Hofstaat, der Prinzessin. Auch ich hatte zunœchst auf 

Grund meines Textes allein Z. 2 und 3 fiir eine Ueberschrift der Namensliste gehalten; 

als ich mich aber entsann, dass Paralleltexte vorliegen, auf die ich dann auch in meiner 

ersten Arbeit hinwies, die Erman jedoch in seinem Aufsatz nicht berûcksichtigt hat, 

und dièse zu Rathe zog, ergab sich, dass hier (in nr. 3) zwischen dem Namen und cm] 

ein AwvsA stand. Um den Léser sofort darauf aufmerksam zu machen, dass demnach Z. 2 

zu 1 in ein Genitivverhseltniss stehe, habe ich das aaaa^a, welches eine Trennung der 

Zeilen und damit die nunmehr von Erman vorgeschlagene Erklserung ausscliliesst, in 

Klammern beigesetzt. Dass der eine Text aber das /ww^ setzt, der andere es forthesst, 

zeigt, dass der ^gypter glaubte, es ohne Schaden fur den Sinn fehlen lassen zu kœnnen, 

und spricht damit gegen Spiegelberg's Vorschlag, das aaaaaa als Zeichen eines Dativus 

commodi zu deuten und die Tablette fur eine an einen Weihgegenstand gebundene 

Dedikationsinschrift zu halten ; eine Vermuthung, gegen die auch spricht, das die 

-^gypter ihre Dedikationstexte auf die geweihten Objekte zu schreiben pflegten, von 

einem Anbinden der Widmung jedoch fur das alte ^gypten bisher nichts bekannt ist. 

Die Nichtberùcksichtigung der Paralleltexte hat Erman noch zu einem dritten 

Widerspruch gegen mich gefûhrt. Er datirtden Text junger, auf Grund derEigennamen 

vw> und I ■[ V^ in die 20 Dyn., auf Grund des Titels 5^^ in die zweite 
I s^ o<=^ I 1 ^ . -^ © 7) 

Hselfte der thebanischen Zeit. Allein, der Name Nefer-renpt ist im neuen Reiche so 

hseufig, dass er keine sichere Datierung gestattet, und wenn Ta auch seltener ist — er 

findet sich z. B. fiir einen ^"^ {Proc. Bibl.Arch.,XV, p. 524), auf Stèle Wien Nr. 63 



1. Der Anfang lautet 1 



" Vil ° ^ ° iîM?ri ° f([h^^ 

Oder [^) il Dann folgen Eigennamen. 



2. Erman, yEg. Z., 1893, S. 125, und Spiegelberg, Rec. de Trac, t. XVI, p. 60 f 

3. Die Stelle ist auf der Tablette schlecht erhalten, so dass es mœglioh, wenn auch nicht wahrscheinlicrh, 
wsere, dass der Titel "X\ (2 zu lesen sel. 



8 VARIA 

(Bergmann, Rec. de Trav. rel., t. XII, p. 18), auf einem Uscliebti in Bulaq (Loret, 
Rec, IV, 101) ; auf der Lederrolle Virey [Mém. du Caire, l, p. 503) — so genûgt doch 
auch er niclit zur Gewinnung so genauen zeitlichen Ansatzes. Der Titel ^ ^ endlich 
findet sich u. a. auch fur einen Beamten Thutmosis III (Stèle Leyden V. 10; cf. Lieb- 
lein, Dict. des noms, Nr. 595). Diesen immer unsichern, auf Grund von Namensformen 
oder Titeln gemachten Schlùssen steht die positive Thatsache gegenûber, dass die 
Rhindtablette Nr. 3 ihre Prinzessin in Verbindung zur Râ-men-xeper (Thutmosis III) 
bringt und dass Rhind am Eingange des Crabes Reste einer Versiegelung unter 
Amenophis III fand. Zweifeln kœnnte man nur, ob die Tablette von der Beerdigung 
der Prinzessin — Erman bezeichnet dieselbe als Prinzesschen, doch vermag ich nichtzu 
erkennen, wohererdieKindheit der ira Texte nur als 1 "^ J) bezeichneten Prinzes- 
sin erschlossen liât — herruhrt, oder spœter von einer die Mumien controUierenden Com- 
mission aufgezeichnet ward. In letzterem Falle laege in dem mit den Rhind-Tesseren 
zugleich gefundenen Ostrakon mit einem Prinzessinennamen eine vorlœufige Notiz der 
betrefïenden Beamten iiber eine vorgefundene Mumie vor. 

In den Kreis solcher Revisionsnotizen mœchte ich auch die von Spiegelberg, Rec, 
t. XVI, p. 64-7, in dankenswerther Weise verœffentlichten Ostraka des Louvre ziehn. 
N. 666 als das Verzeichniss von 15 von einer Commission unter Ramses II vorgefun- 
denen Prinzessinen, die dann auch nicht Tœchter dièses Kœnigs zu sein brauchen. 
Man entgeht dadurch der immerhin bedenklichen Hypothèse \ dass gerade dieso 
15 Tœchter indenerhaltenen Listen der Kinder des Kœnigs fehlen soUten. Ostrakon 2261 
scheint der Entwurf des Anfangs des Berichtes ùber eine Mumienuntersuchung zu sein. 
Im Jahrc 53 Ramses II war der Kœnigssohn Seti, den geboren hatte die Nefertàri dem 
Prinzen Set-her-zepes-f von (d. h. welcher gehœrte zu) den Kœnigskindern Seiner 
Majestaet, gefolgt von dem kœniglichen Schreiber u. s. f. Der Text sollte dann wohl 
die Untersuchung der Grasber durch dièse Commission, in der Seti also Kœnigssohn im 
weitern Sinne des Wortes (vgl. yEg. Z., 1885, S. 79; Proc. Soc. Bibl. Arch., t. XII, 
p. 261) war, berichten, Unter Annahme eines fluchtigen Entwurf s erklaert sich die unklare 
Fassung der Ssetze des Ostrakons ohne Weiteres. Ostrakon 2262 hatte ich nach Vorgang 
Devéria's fur eine Vermaehlungsanzeige gehalten, Spiegelberg erklœrt es œhnlich als 
eine Anzeige der Verehelichung an ein Bureau. Jetzt scheint es mir wahrscheinlicher, 
dass sich die Notiz darauf bezieht, dass im Jahre 42 Ramses' II die Leiche der Arit, 
der Gattin des Prinzen Sa-Mentu controllirt worden ist'. 

7. Im British Muséum befindet sich unter Nr. 929 eine angeblich zu Memphis 
gefundene Canope mit Menschenkopf und der Inschrift jl|| In (1 ( ) _ ' n 



1. Cf. Devéria, Cat. des manuscrits du Louvre, p. 203 sq. 

2. Bei dieser Gelegenheit mœchte ich einen von mir ^g. Z., 1883, S. 34, begaageneu Irrthum verbessern. 

Das auf den Weinetiquetten der Ramesseums haeuflge ^ I ^S\ ist nicht eine Bezeichnung Thebens 



oder ein Gœttertitel, sondern der Name eines auch sonst, besonders im grossen Papyrus Harris, erwaehntea 
Weinguts zu Theben. 



VARIA 9 



^ 



^^^ (\âl^^T J'^ ^^^ Cartouche hat man versucht, den Namen zu zer- 
stœren, docli ist trotzdem das erste Zeichen noch ganz klar, die ûbrigen wenigstens 
lesbar geblieben. Birch, der die Canope Proc. Soc. Bibl. Arch., t. V, p. 79, citirte, sclieint 
bei ilir an Net'em-t, die Stammmutter der 21'«" Dynastie, gedaclit zu haben, docli 
widersprichtdem das den Namen erœffnende Vx , welclies vielmehr auf die Gattin des 
Hor-em-l.iel) liinweist, deren Grab demnach den Arabern gleichfalls zuga3nglidi 
gewesen ist. 

8. In den Proceedings oflhe Soc. ofBibl. Arch., t. XV, p. 522 ff., bat sich Spiegel- 
berg das Verdienst erworben, die ^^ Beamten des neuen Reiches zusammen zu 
stellen. Mit Recht weisst er dabei darauf hin, dass Nr. 4 y Vvf^ der Solin von Nr. 3 

'*"^8=>'^V/§i war; hinzuzufugen ist, dass auch Nr. 5 M L „VR^ in dièse Familie 
geliœrt. Dies macht bereits die Art und Weise wahrscheinlicli, in der er im Grabe des 
Rex-mà-Râ (Mém. du Caire, t.V, p. 169) als n '==^ I dr^ I 



^' auftritt: 

. . _ llllll 

bewiesen wird es durch das Inschriftfragment Nr. 59 des Musée Caivet in Avignon, 

welches in vier Vertikalzeilen erhalten hat i n -^s;» 3 H 3 , ^^^^ 3\W^ 



5^ i n / — I ©i ^^ V . Vielleicht ist mit ihm der auf einem Grab- 

iK^ I I I =e> AAAAAA <=. il ^^i^ I A û X =e> 

Kegel erscheinende ©] |^^ [I ] I <=> {Mém. du Caire, t. VIII, p. 273, nr. 1) iden- 

tisch. — Bei der Litteratur zu Nr. 7 kann nachgetragen werden : Grabkegel Daressy 
nr. 112 [Mém. du Caire, t. VIII, p. 283) und Stèle Avignon Nr. 88. 



® '^.^A^^lx ^^ 



^Iter alsdievonSpiegelberggenanntenMaînnerist der 1^ ^^"^s vxss. 

(Leps.,Z). 11,149.— 11 Dyn.).Jûnger,etwa26Dyn.,/^>^^I^AAAA^^^^'J^^z:::^/g^ (Sarkophag 



im Louvre; cit. Lieblein, Dict.,Nr. 1056), (<^ ^^^^^^ m (Sarkophag 1704 in Florenz, 
Cat.Schiaparelli, S.440fï)-ïk n Y^ (^^^- ^^ ^'^^^'- '^^^-^ ^-^Ï^I' P- ^•^)- Hseufig 

-Kîk I AAAAAA I iCi i— 1- 

ist der Titel auf den der 22-26 Dyn. angehœrenden Denkmselern der Mont-Priester 
von Theben, deren Zusamraensteliung in Interesse der segyptischen Beamten-Erfor- 
schung sehr wiinschenvi^erth wasre. 

DieZeitdesalsNr.27aufgefùhrten*^^°|t|n^ (statt 1883, p. 27 liess : p. 127), 
ergibt sich annaehernd ausdem Felsproskynema von Sehel (Mar., Mon. div.,-p\. 70, 21)', 
in dem er die Cartouchen Amenophis III adorirt. Eine Inschrif t von Bigeh (Pétrie, Season 
in Egypt, pi. 13, nr. 334) setzt ihn geradezu unter Amenophis III. Sein Grab (Litteratur 
bei Wiedemann, ^g. Gesch., S. 397, Anm. 2 ; Suppl., S. 46) liess er unter Chu-en-àten 
zu Theben anlegen ; seineErœfïnung schreiben sich fur 1879 Villiers Stuart und fur 1872 
Ebers {Cicérone, t. II, 248) zu, an dem Eingange steht eingekratzt a 1860 Herr Mustapha 



Noak (?) hat das aufgeraacht. » Da Rames bereits unter Amenophis III ) /J^ v^ar, 
erscheint seine Identitset mit dem Soldaten-und Hausvorsteher Amenophis III, dessen 
Grab bei Tell el Amarna liegt (éd. Bouriant, Mém. du Caire, t. I, p. 9 ff) v^ohl ausge- 



1. Beispiele fur die Combinatioa dieser Titel, ^g. Z., 1890, S. 48. 

2. Er erscheint ebenda pi. 72, 50 vor Ànukit. 

RECUEIL, XVII. 



10 VARIA 

schlossen. Ein vveiterer ^^ iinter Chu-en-àten war © c. Jj^v "'"'^^ . dessen Grab 
Daressy bei Tell el Amarna fand (Rec. de Trav. rel., t. XV, p. 38). 

9. Viereckiges Relieffragment der 19 Dyn. in Hannover. Kestner-Museum, Nr. 17. 
Rechts eine aus einem Blumenbeet emporsteigende Sykomore, aus der zwei Arme 
herauskommen, der redite haelt eine flache Scliiissel mit Broden, der linke eine Liba- 
tionsvase. Das aus letzterer tliessende Wasser fangen zwei knieende Gestalten, Mann 
und Weib auf ; zu Fùssen des Baumes stehn zwei als Mann und Weib charakterisirte 
Vœgel mit Menschenkoepfen, das Haupt zur Erde gebeugt. Ueber den Personen in 



I <r^ / ■ Ueber der sanzen Darsteilung eine Horizontalzeile von links nach 



Platte betindet sich im Berliner Muséum Nr. 7'S22 (383; wenig deutlich publ. Ohne- 
falsch-Richter, Kypvos, pi. 39) doch sind bei der Zertheilung des Denkmals einige 
Zeichen, etwa in der Breite einer Vestikalzeile verloren gegangen. Hier stelit links eine 
typisch dargestellc^ Dattelpalme mit Friichten ; aus ilir kommen die Haende; das 
Wasser fiengt ein Mann auf, wa3hrend eine hinter ihm knieende zweite Gestalt fort- 
gearbeitet worden ist. Zu Fiissen der Baumes stehn zwei Seelenvœgel. Die Vertikal- 
zeilen lauten ùber dcm Manne von rechts I 1 11 >/ Y î (|^^[|(|^. Dann folgt eine 
Zeile von links, das Ende der Formel der Hannovrer Platte eiithaltend () "^s». 

Die von links kommende Horizontalzeile besagt ^ / n-^^^U ll^R i iY 

Die Kapitelùberschrift, mit der der Vertikaltext beginnt, ist die der Kapitel 59-62 
des Todtenbuchs, der Text selbst der etwas abgeaenderte des Kapitels 67, welches auch 
in thebanischen Texten (vgl. Naville I, p. 72; II, p. 127) vorkommt. Die Darstellung 
der Gœttin im Baum hat der thebanischc Text zu cap. 63', der Turiner zu 57 und 59, 



von denen erstores im Titcl von dem I l.fî'-^^Y^ spricht, letzteres eine Anrufung der 

A<=.v>nn y^ enthaelt'. Die Gœttin im Baume ist demnach Nut, doch 

kommt daneben auch Hathor, die Herrin der Amenti*, selten Isis, Serkit oder Neith 

vor. In Grœbern', auf Sicrgen' und auf Stelen' ist die Darstellung hœufîg; in spœter 



1. Vgl. z. B. den Altar 1754 zu Turin (Petrik. Phnt.. 219) oder die grosse Thonform 17044 im British 
Muséum zur Herstellung eines solchea Palmbaums, der wohl zur Einlage als Mosaik dicnen sollte. 

2. Vgl. die Bilder P/-OC. Soc. Bibl. Arch., t. XV, pi. 17. 

3. Die Fortsetzung des Textes, in der die Gœttin dem Todten Wasser und Hauch verpricht, findetsich auf 
der Libationsvase des Louvre Inv. 908 (Pierret, Insrr. du Lourre, II, 113 fl, ûbers. auch. Renouf, Transact. 
Soc. Bibl. Arch., l. VIII, p. 218, der als Grundbedeutung der .Sykomore der Nut, die Regenwolke ansah). Eine 
zweite Anrufung dieser Sykomore der .Nut, welche Libationswasser giebl in Mitien der Bevvohner des Wes- 
tens (Amenti), enthaelt Todtenb. cap. 152 Z. 7 f, doch fehlt der betreffende Passus iu den thebanischen Texten 
bei Naville, t. II, p. 432. 

4. Z. B. Tb. 52, 1. 4 (fehlt im thebanischen Text); Wilkinson, M. e. C. II Ser., pi. 36, A. 

5. Vgl. Rosellini, Mon. cio., pi. 134 Nr. 1 = Champ. Mon., II. 184 nr. 1 =Dûniichen. Hist. //iscAr,, II, 
pi. 44; Wilk. M. a. C. II Ser., pi. 32; Rosell. Mon. cic, pi. 134 Nr. 3. Mém. du Caire, t. V, 390, 406, 473. 

6. Z. B. Sickler. Auflœsung der hierof)l. Gemàlde au/ einem Mumienkasten,Tiiiéi. , Fig. 1. 

7. Z. B. Berlin 7291 (3791 ; Florenz 2593; British Muséum bei Sharpe, Ins^cr. II, pi. 89,Turin 159 bei Lanzone, 

Diz. di mitologia, pi. 151 Nr. 2, wo ùber der Seele steht Vrf I / ^A -y-. Vgl. den Text aus Wien. Rec. 

de Trac, rel., t. IX, p. 45. 



VARIA 11 

Zeit wird gelegeritlich^ der Batim durch einc von Zweigen umgebene Frau crsctzt. Die 
Bedeutung des Bildes liât, so viel ich selie, Maspero' zuorst klar gestellt. An dem 
Wege von dieser Welt ziim Jenseits, also im Westen, stand ein Bauin, ans dem die hier 
weilende Gottheit der in die Ewigkeit wandernden Seele Speise und Trank darl)ot. 
In Folge dieser RoUe, die sich zunicist in einer Sykomore abspielt, erhieltcn Hathor 
und Nut den Beinamen « Herrin der Sykomore » mid iiicht etwa, wic E. Meyer ' 
meinte, von der Sykomore ans màfek, aus der nacli Tb. cap. 109, 1. 3 = 149 1. 7 
Rà hervortritt, und die Meyer dem Himmelsbaum der indogermanisclien Sagen 
gleichstellte*. 

Der Inhaber des Reliefs scheint sonst niclit bekannt zu sein; einen aihnlichen 
Vokalreichen Namen trug der Propliet der Amon n ^^ ^ einer Turiner Stèle 
(Lieblein, Dici. des noms, 810) ; der Tempel der Sexet ist vermuthlicli der von dem 
Kœnig Sahurâ der 5 Dyn. gegrùndete, zu Memphis, allem Anscheine nach in derNaîhe 
des Serapeums gelegene Bau ''. 

10. Kleine oben abgerundete Stèle. Samml. Kestner Nr. 20, 19-20 Dyn. Unter dem 
Zeichen des Himmels liockt der Ibiskœpfige Thoth auf dem Zeichen ^=^, auf seinem 
Haupte Mondsichel und Sonnenscheibe, auf den Knieen •¥• tragend. Vor und hinter ihm 
je eine steliende Gestalt, welche einen Arm zu ihm erhebt, den andern schrseg nach 



1. Berlin. Stèle 2118 (241) aus der Ptolemaeerzeit; Lanzoue, Dis. dl Mit., pi. 154. 

2. Études de Mythologie, t. II, p. 223 sqq. 

3. Mg. Z., 1877. S. 156 f. 

4. Vgl. fur die thatssechliche Bedeutung dieser Sykomore-die thebaischen Texte bei Naville II, p. 247, 385 
reden bei dieser Gelegenheit œfters von 2 Sykomoren-Wiedemann, Aig . Z. 1878 S. 101. In dem Hymnus an 
Hathor eines Dubliner Papyrus (éd. Pierret, Et. égypt., p. 83 sq ; Naville, Tb. I, p. 212) ist von der gleiehen 
Sykomore, nicht von der Sykomore der Hathor, die Rede, Es heisst hier : Ich komme lobpreisend die Herrin der 
Unterwelt (Hathor), uni zu erfreuen das Herz dessen der in ihr !der Unterwelt) ist (d. h. des Sonnengottes). 
Gegeben sind der Himmel und beide Liender dem Horus (der Morgensonne). Ich bin unter der Sykomore 
am Tage seines Aufganges. » Der Baum stand demnach im Osten an der Stelle, an welcher die Sonne aufging. 

5. .A.n der Lesung der Gôttinnennamens Seyet (vgl. Renouf, Pi-oc. Soc. Bibl. Arch., t. XII, p. 346, 365 sqq. 

glaube ich angesichts von Variauten wie I ^ u^d M [^d- ■^•. 1872. S. 121 f. ; 1868, S. 103; Lanzone, Diz. 
di Mit., pi. CCCLXIII, 1) festhalten zu mûssen. Wenu dem gegenûber Erman {yiJgypten, S. 363; ^g. Z., 1891, 
S. 38) den Namen Seymet gelesen hat, vi^eil ein etymologisierender Text (Destruction des hommes, 1. 14-15) 
den Namen der Gœttin mit dem Worte seyem « in Besitz nehmen » zusammen bringt, so kann solcher Aa- 
gabe keine bindende Beweiskraft zugeschrieben werden. Einmal kûmmern sich dièse Texte wenig um die 
genaue Form der Worte, sondera sucheu aur allgemeine ^Ehnlichkeiten, so dass beispielsweise der gleiche 

Text (1. 72-73) (1 o 9 ---^37^ àâh « Mond » (copt. S. oog^, M. log^) mit (I <^=^ Q ^ ành « umgebea » 

(M. oiig^ sepimentum) zusammenbriugt. Ferner kœnnte bei dieser Etymologie nicht au den Namen, sonderu 
einen Titel der Gôltia gedacht sein; es wùrde sich dann um das Wort seyem-it (fur die Lesung des Zeicheas 

Y seyem, nicht yem, vgl. bereits yEg. Z., 1867, S. 32; 1868, S. 17) «die mâchtige » und nicht um se^^em 

« in Besitz nehmen » handeln und ein Zusammeuwerfen der ursprùnglich verschiedenen, gelegentlich freilich 

bereits von den alten .'Egyptern verwechselten Zeichen y ufd Y ™it im Spiele sein. — Als zweite Instanz 

fur die Lesung Se/met ist ein Pyramidentext angefûhrt worden, in dem Pepi 1, 1. 63, 10 ® V\ , Ril-mer-en, 

on® ■ I 11 Jh^ on a <=> 

1. 84, ly hat. .A.llein, hier hat man es nur mit einer Haplographie zu thun; der Schreiber halte ' y ® ^>j^ 

^^\ a\ zu schreiben, liess ein m aus und schrieb ly ^^\ \\- Dass se/met hier die richtige Form 
ist, zeigt Pepi II, 1. 91, welcher die Lesung des Pepi I giebt und der /usammenhang, welcher stets von dem 



spricht. 



12 



VARIA 



unten hœlt, und ùber clem Haupte -^k trsegt. Darunter ïnschrift in 8 Vertikaizeilen 



A 



I I I 



fl-i^YKir 



^D(5 



(.sic) 



û I I I 



WVW\ 

<£? I 
I U I 



\. ycV^)f 



D c> .<2>- 



=i 



n 



(sic) , 
III 1 

AA/VWA 5 AA(WV\ 



I I / ■ I I 

6 <^ (3 



U^ 



8 O I 



A^^^- /i'^ ^- -^^^ Inhaber dei- Stèle ist wohl sicher identisch mit 
dem Maa-ne/..t-f der Stèle Belmore, pi. 18, dessen Maspero, JRec. de Trav. rel., etc., t. II, 
p. 179 f. gedenkt, wœhrend dem Sohne Pa-sed einige der l. c, p. 175, aufgefùhrten 
Denkmseler angehœren werden. 

Aâh-Thoth wird auch sonst von den àst-Maâ-Beamten angerufen (/. c.,p. 168)^ 
wtehrend im Allgemeinen die Erwœhnung dieser combinirten Form selten ist (cf. Lan- 
zone, Diz. di Mil., pi. 37, p. 84 sqq.), wenn auch gelegentlich ' Tlioth (hier (l J| 
geschrieben)geradezu d j| gleich gestellt wird. An andern Stellen werden beideGestalten 
getrennt gehalten. So hockt in eincr Darstellung bei Lanzone, l. c, pi. 38, der Ibiskœ- 
pfige (] û Q -c^ j^^ mit O auf dem Haupte, wâhrend ihm ein Cynocephalus, bezeich- 

net als ^ ftGQ<=>^l das "^^ ûberreicht. — Weit auffallender als die An- 
rufung des Mondes ist die der Sterne, da ein Sternkult im eigentlichen Sinne des 
Wortes in vEgypten sonst nicht bekannt ist. Mehrfach mit Sternen auf dem Kopfe 
abgebildete Frauen sind die Nachtstunden im Gegensatze zu den von der Sonnenscheibe 
gekrœnten Tagstunden, also keine Sterngottheiten. Ebenso ist der Stern nur Attribut 
bei zahlreichen Gestalten des Àm-tuat, wie z. B. dem -^^ i< (Sharpe u. Bonomi, 
pl. 11 B) und charkterisirt dieselben nur als nœchtliche Gottheiten. Als Attribut ist er 
auch aufzufassen bei don seltenen Statuetten eines Gottes, der ihn oben auf dem Haupte 
trsegt, denen aber Inschriften fehien, Mariette ' dachte bei ihnen an den Erdgott Seb, 
Maspero ' mit mehr Wahrscheinlichkeit auf Grund astronomischer Darstellungen an 
Osiris-Sàhu, Osiris-Orion, doch liesssich, da den verschiedensten Gottheiten hie und da 
ein Stern zugewiesen wird, hier keine Sicherheit gewinnen. Die Ervvsehnung von M 
hinter [| 5 3 und vor mehrern Sternbildern im Papyrus Wilbour (cf. Maspero, 
Et. égypt., II, p. 5) hat mit dem Kulte ebenso wenig etwas zu thun wie der hœufîge 
Wunsch, die Seele des Todten mœge im Himmel unter den Sternen weilen und aehn- 
liche Phrasen *. Auch daraus, dass in spaster Zeit als Ideogramm fur Gott gelegentlich -jlc 
gebraucht wird, darf man ebenso wenig einen Rûckschluss auf eine ursprûngliche 
Sternnatur aller oder nur der meisten Gœtter ziehn als etwa aus dem fur dasselbe Wort 
vorkommenden -^^ und ^^^^ oder aus |/« fur Gœttin auf ihre Schakal-, Sperber-, 
Schlangen-Natur. Da aber ausser der Kestner-Stele auch ein Text aus der Zeit Ramses II * 
einen Sterngott, den Ibiskœpfigen T J ' rj), der hier neben dem Gotte ^ 'ÏT', 



1. Lamentations d'Isis, éd. Horrack, p. 4, 1. 3. 

2. Not. de Boulaq, p. 159. 

3. Cat. de Boulaq, p. 161. 

4. Tb., cap. 127, 1. 6; 101, 1. 7; Rec. de Trac, rel.., t. XIV, p. 189 u. s. f. 

5. Mariette, Abydos, t. Il, pl. 19 b. 

6. Vgl. fur diesen u. a. Lepsius Gôtter der 4 Eléments in Abh. der Berlin. Ak., 1856, S. 187 £f. 



VARIA 13 

auftritt, nennt, so geht daraus hervor, dass im Nilthale wenigstens gelegentlich auch 
ein wirklicher Sterndienst statt gefunden bat. 

11. Zu deii von Maspero, Rec. de trav. r^el.j etc., II, p. 159 sqq., III, p. 103 sqq., 
zusammengestellten Denkmaelern der Ast-Maâ-Beamten kœnnen folgende beide Stûcke 
nacbgetragen werde : a) Grosser Uscbe bti a ns Tbon, bernait, Oxford. Queen's Collège, 

mit der Inschrift ^ ^ ° ^= r| "^ ^^^ -^^ î ""^^ VÎ^ (cf. /. c, II, p. 172 sq., 

■f=4 / — CZZ2 àin ,=, /wwvN ô <==> El ^ J_J_ ^ ^_l^ 

119) - b) Elle ans Tlicben mit der Aufschrift ^/î\^(j™°|^^ ""^wl 1 

© 



A (cf. /. c, II, p. 179 sq.). — Die Elle ist pabl, Stobart, Egyptian Antiquities, 
Paris, 1855, pi. 4, in welchem seltenen Werkesich, pi. 1, auch die von mir^iî'^. Gesch., 
S. 255 citirte Stèle ans El Kab vom Jahre 44 des Amenemhâ III edirt findet. 

12. Oben abgerundete Sandsteinstele im Style der 20 Dyn. Kestner-Miiseum 
Nr. 23. Zu oberst ein stehender Widder neben dem grossen Faucher, ûber ihm ù '^wv. 

vor ihm ein Altar mit einem Libationsgefsess und Blumen. Es wird hier der Gott in 
der Gestalt seines heiligen Thieres vorgefûhrt, wie dies auch sonst auf Stelen der 
thebanischen Zeit vorkommt\ Darunter rechts ein Altar mit zahlreichen Gaben, links 
eine adorirende Frau mit langer Perrûcke und gefranztem Kleid. Zwischen beiden 4 
Vertikalzeilen in ziemlich llûchtig eingegrabenen Hieroglyphen, die die Stèle als einen 

A«. I I I r\ |""""" | y^^jf |-i-| AAAAAA 

U l"=='^L1nt']']^M_.J" Lobspreisimgen dem Amon-Rà , dem 
Herrn der Throne der Welt in Theben, dem Sitze der Macht, dem Obersten der Gœtter, 
dem Herrn des Himmels^ der schafït das Oben und das Unten'. Er gebe Leben, Heil, 
Gesundheit, Schœnheit, Ehren, Geliebtwerden deiner Person, du Gefolgsfrau des 
Amon-Râ, grosse Preiserin der Hathor, Râ. » — Der Name tler Inhaberin Râ findet 
sich zumeist als maennlicher Eigenname', kommt daneben aber auch als weiblicher* 
vor; beliebt war er vor allem zur Zeit der thebanischen Dynastien. 

13. Das Ashmolean MuSeum zu Oxford bewahrt u. a. 4 blauglasirte Thon-Uschebti 

des ^ I Y V H "^^'^^ i \ "^^^ ""^^ "^^^ Pr i "'''^ H '^^'^ ^ "^""^ '\ ^^^ Geschenk 

von C. D. E, Fortnum, der sie 1867 in Theben von Mustapha Aga erhielt. Zwei 
derselben tragen das 6'® Capitel des Todtenbuch, die beiden andern folgende aufïallende 

^^ O^ ^ wi ^^" ^^^ erste Theil des Textes , « ich bin der ruhende '"" 

Sturmwind, der hervorgeht aus Hermopolis, » istklar; den zweiten wage ich nur mit 



1. Stèle in Turin bei Maspero, Rec. de Trao. rel., t., II, p. 114, und Stèle in meinem Besitz. Cf. Le 
Muséon, t. VIII, p. 223. 

2. Vgl. Pap. Boulaq, 17, pi. 2, 1. 1. 

3. PiEHL, Proc, t. X, 581; Loret, Rec, t. IV, p. 108; Leps., D., III, 62 b; Champ., Not., p. 615, 631 (Mar.. 
Mon. dio., pi. 70, 16); Le^yden Stèle V, 45 und 107. 

4. Louvre Stele C. 73; Leyden Stèle V, 12; Stèle Paris Bibl. Nat. (Ledrain, Mon. de la Bibl., pi. 18.) 



14 VARIA 

allem Vorbehalt zu ûbersetzen als « ich lebe indem ich salbe (I ImA) das Gesicht des 
grossen Hundskopfaffen » (se. des Gottes Thoth). Vgl. Tb., cap. 5. 

14. Vor nahezu 15 Jahren batte icb Gelegenbeit im Landbause des H. Bankier 
Meuricofïre zu Neapel eine grosse Statue aus hartem Sandstein des Kœnigs Osorkon I 
kennen zu lernen (cit. ^^g. Gesch., S. 553). Von ibr waren zwei Fragmente erbalten. 
Zunœcbst die Buste, an deren Brust vorn stand Tol^iv-®. J, am Gûrtel befand sicb der 



Cartouchenrest -jf/io^l]. ^"^ Rûckenpfeiler -r-^ 5^^=^5)^- Dann ein Tbeil 

der Basis mit darauf stebenden Fuss, neben dem man Hest ^\^ , [ of ^i>-^| A -r-. 

15. Blaugruner, unten abgebrocbe ner Tlionusc bebti. Kestner- Muséum, V. C. 25. 
Vo™dieInse„„ft'p|^X]I.CElEIZâ^i^-j:îi^I.^ 

'^ I ()^^P^<=^_^ -y^jc»^.^]^ '^\- ^^" zweiter Uschebti des Kœnigs 
Amasis ist in Berlin Nr. 7483. Die Inscbi'ii't zeigt bier zwar andere Zeilenabtbeilung, 
aber sonst keine "\'aTianten, doch sind am Scbluss nocb einige Zeiclien erbalten, aus 
denen bervorgebt. dass die Fortsetzung des Textes lautete V5t^ ^^z::^"^ ^ ""''^ O v> 
^^"^ f^ J> ^^.• ^'^" sonstigen Uschebti des Kestner-Museums sind er- 

wœbnenswertb.drci bd'Izerne mit und drei obne Inscbrift des Kœnigs Seti I, zwei tbœ- 
nerne des ^g^ ^^ '^ 4 U I ^^'^^' Wiedemann, Die Us'ebti des ^ ^ (I in Mu- 

séum Westreonia num dos Haag), zwei weissgelbe gema lte. tbœnerne, mit scbwarzer 
Inscbrift des AS\ \ <=> (2'<^s Exemplar nT/ft^^^^ 1^' ' ')- ein bœlzerner 

^^^ f L=v) il ^^ 'l^ ^' ^^" gi'O-^-^er bœlzerner des |ft] ° /'^ ^ t^ ^'^ (](j iSi . Ein 



bemaltes, sebr scblecbt gearbeitetes Holzexemplar tnegt die Inscbrift A S\ 

^ m ^^^ I o Jl m ^ W 

ïl © V- 

IG. Eine eigentbûnilicbe Monumentklasse bilden grûn glasirte Tbonplatten an- 
nsehernd von der Form von Halbkreisen, mit eingegrabenen Inscbriften. Eine solcbe 
(unteres Kreissogment) aus Atbribis, jetzt in Kopenliagen, bat Niebubr [Reisebeschrei- 
biing nach Arabien, I, pi. 11 A) und dann Piebl {Rec, I. p. 201) edirt; eine zweite 
(unteres Segment), welcbe die gleicben Personen nennt, aus dem Louvre Pierret {Hec. 
d'inscr., II, p. 88); eine dritte (obères Segment) aus dem Mut-Tempel zu Karnak Ma- 
riette {Karnak, pi. 47 6). Eine vierte (obères Segment) aus der Sammlung Wallis war 
im Herbst 1893 im South Kensington Muséum zu London ausgestellt, ibre linkslœufige 

Inscbrift buitet no ) ) °=^ i ,ww^ c. m H ^=^^ i ^ o \l\^ 

^ ^ I ^ I IXliTMmr'.o ili;^;;:::^^ I I s=j »=^ I il 1 AAAAAA-;?:;;^^ i I ^.- c^ilnn LJ ^ 

Jl I o=^ ,vwv^. Eine fùnfte (unteres Segment) ist in Oxford. Ashmolean Mu- 

seum, H. 85, die Inscbrift ist linkslseufig a^^a^c^ <y\ <=^ Il © 1 I 1 M H^m 

tu AAyvAAA - . n AAAAAA ■ ,,. ■V. I 1 I g > 1 ® I Isl lu O AAWNA I I I _C^^ ^^M I I # O AAAAAA _ffi^ (2. I 1 

I V I r^^ I T ^^ ^^ ■ ^^^ wabrscheinlichsten erscheint die bereits von Mariette 
angedeutete Vermutbung, dass dièse Stûcke œhnlich wie die Plaettchen von Tell el 
Jehudyie zu Mosaikartigen Einlagen Verwendung gefunden haben. 



VARIA 15 

17. Unter den kleinern Denkm?elern des Kestner-Museums ist vor allem beachtens- 
werth eine bereits von Lepsius {Chron., S. 136, Anm. 5) und Wilkinson {M. and C, 
V, p. 11) erwcehnte, hûbsch gearbeitetc, stehende Statuette der Saitenzeit aus grûn 
glasirtem Thon. Dièse weibliche Ibiskœpfige Figur la3sst beide Armean den Seiten des 
Kœrpers lierabhîiengen, ihre Kronc ist abgebrochen. Sie stellt einen weiblichen Thoth 
darund dies bestsetigt in gewissen Sinne die Angabe des Plutarch, De Iside, 43, Selene 
habe in ^gypten eine ^ôat? àparjvôOTiXu; und stelit in Zusammenhang mit der von Spartian, 
Caracallus, c. 7 verzeichneten Notiz : « Quamvis Grseci vel ^gyptii eo génère quo 
feminam hominem etiam Lunam dcum dicant, mystice tamen deum dicunt. )) In alter 
Zeit ist Thoth stets micnnlich, die Bildung einer weibUchen Parallelfigur wird ein 
Ausfluss der Tendenz der Saitenzeit sein, jeder mànnlichen Gœttergestalt ein weib- 
liches Complément zur Seite zu stellen, wie dies mit Râ-t, Tum-t, Hor-t u. a. ge- 
schehn ist, deren kunstliche Construirung noch der Umstand zeigt, dass keine unter 
ihnen einen Mythus zu entwickeln vermocht hat. 

18. Im Muséum zu Salisbury befindet sich eine gut gemalte, oben abgerundete 
Holzstele mit klar aufgezeichneten Hieroglyphen. Zu oberst die geflugelte Sonnen- 
scheibe mit den Schlangen, links und rechts bezeichnet als . Darunter der Todte 
vor den stehenden Gœttern Ra, Osiris, Isis, Nephthvs und den 4 Todtengenien. Dann 

M^ui "^^ h"^ wœre das Wort (|'^^:=:^(1[| ^ « Einschneider von Inschriften » 
;Brugsch, W., 132; S., 153 f.) zu vergleichen. 

19. Eine sehr intéressante Inschrift aus Kuft hat Daressy in diesem Recueil, 
XVI, p. 44, verœffentlicht. Da sich der Herausgeber mit ihrer Wiedergabe in Ma- 
juskeln begntigt hat ohne Weiteres hinzuzufiigen, so mœchte ich mir hier einige Bemer- 
kungen gestatten. Der Text selbst lautet unter Beifûgung der Lesezeichen : uTrlp £Ùyf,; 

twv OLYl'tkui'i 'EjaeoTivot àviOrixav. (2) NooT; xov k^yj.is^i'X AiÔvot'.v sv ir^ xaXri r;iJilpa;. Mr^trO-fj (3) 'Aoaêta. 
Bà(T[(j]o<; È'Ypa'l'ev fiE^âXT) x'j;/jj xcov ày-^âXiov. (4) 'VirÈp c7WT-fipcac; i-l^z oùi^iaXaxi'wvoc Xey y raXXtXYJi; xaî aï'Xaç 

(5) 'Pixv^ffTwv xwv ûtlô oùixTwpTvov -px'.TTôfftxov (6) Exouç t/./ (jirjvàç (7) AwoL) £1. Das Datum, welches 
nach syrischer Sitte retrograd geschrieben ist, ist. 627 der Seleucidenajra; dergenannte 
Tag fœllt, da der Lous der letzte Monat des makedonischen Kalenders ist, in den Sep- 
tember 316 n. Chr. Ein Emesener findet sich bereits in einer celtern Inschrift in JEgyp- 
ten im Jahre 168 n. Chr. erwsehnt (C. /. Lat., III, 1, Nr. 67), doch war er nur ein Besu- 
cher des Landes, dessen Heimath fiir das Erscheinen seiner Landsleute in unserer 
Inschrift nicht als Erkla3rung beigezogen werden kann. Das Auftreten derselben ist 
auffallend, da von einem Stationieren von Emesenern im Nilthale ebenso wenig etwas 
bekannt ist wie von einem solchen von Theilen der Legio III Gallica, welche stehend in 
Phœnice lagerte, wœhrend in .^gypten unter Marcus und noch unton^ Honorius die 
Leg. II Traiana, in letzterer Zeit ausserdem Leg. I Maximiana, I und II Valentiniana, 



16 VARIA 

II Flavia Constantia, III Diocletiana standenV — Sehr auffallend ist ferner die Gruppe 
at'Xat; p-.y.y^xwv. Zunœchst kœnntc man bei dem ersten Worte erinnert werden an die Stadt 
^lana am rothen Meere, die Procop., Bell. Pers., l, 19, 'AïXâ;; Philostorg., Hist. eccl., 
III, 6, 'AetXà nennen. und an einen Beinamen der Leg. III denken, docli ist dies sehr un- 
wahrscheinlich, da dann fur das 'Pixiîuxwv jede Erklârung fehlte. Nseher liegt es in dem 
Worte ein grsecisirtes ala zu erkennen, wenn eine solclie auch sonst (Lydus, De Mag., 
I, 46) mit îXt) wiedergegeben wird, und dann in dem Texte eine ala unmittelbar neben 
einer vexillatio genannt wùrde. Die Nennung eines prsepositus bat dagegen keine Be- 
denken, da auch andere Texte, z. B. ein solcher von 313 n. Chr., tribuni et prsepositi 
neben einander als a Abtheilungfuhrer » auftreten lassen. Allmœhlig ist spseter prae- 
positus gerade so wie in der constantinischen Zeit meist praefectus fur den Fùhrer jeder 
selbsteendigen Truppe verwendet worden'. In 'Pixr^Twvmuss ein Landes- oder. Volksname 
stecken, bez. am Anfange ein Zahlzeiclien, welche ebenso als Zusatz hinter ala treten, 
wie bei andern in ^Egyptcn stehenden Alen, der ala I Hiberorum, ala II Armeniorum 
undanderen, doch wage icli die offenbar felilerhafte Gruppe nicht mit Bestimmtheit zu 
emendieren. 

Die sonst genannten Persœnlichkeiten, von dencn der Oberpriester Dionysios, dessen 
man gedenken und an den Arabien sich erinnern soU (vgl. das hàufige ÈiJtvr^eiri, er hinter- 
liess ein Andenken), olïenbar die Hauptperson und einer der Boten ist, fur die Bassus 
die Inschrift weibte, sind unbekannt. Das in Betracht kommende Ereigniss fsellt in die 
Zeit der Streitigkeiten zwischen Constantin und Licinius. Ersterer bat damais, nach 
dem Vertrage vom 1 Ma^rz 317 und vor dem offenen Ausbruch des Krieges 323, im 
Orient Verhandlungen angeknupft. So ist von einer persischen Gesandschaft 321 die 
Rede, v^^elche sich uni die Freundschaft Constantins bemiiht haben soll (Nazar., Pan. 
Const., 38), obwohl doch Licinius Kaiser des Ostens war. In ashnlichen Zusammenhang 
mag auch die Inschrift von Kuft gehœren, wenn sich auch bei unserer Unkenntniss des 
Verlaufes der Dinge im Oriente dafur einstweilen kein Beweis erbringen laesst. 

20. Auf einer stuckirten Leinewand des British Muséum (7036) findet sich unter 
der geflugelten Sonnenscheibe aufgemalte MH ATnOT2IABAN02(2) OTAIIA0ANATO2 

ENTO (3) KnZMflTQTTfl d. h. [ir^ Àutoù SiXSavô;, oùSel; àOàvaToc sv -à> xôdjjnfj xokqj. Zum 

Zeichen, wie der hier angewendete Trostspruch die heidnische Zeit ûberdauerte, be- 
wahrt die gleiche Sammlung (1046) eine Steininschrift, welche nach dem Christus- 
monogramm lautet : MNHMEION TH2T (2) MAKAPIA2 AËTaÔYÎ (3) ETEAETTHIE 
NENinMHNI (4) OAMENnGIHTHIA = INAIK (5) MHATnHGHIQTAEIl A0ANATO2. 

also [JLVTf)[jt£Ïov T^ç x' [jtaxaptaç Ae!8ou;, èxeXE'jxTjjev Èv xtï) [jltjvÎ «tajjievwôt t) xfjç a tv8tx(xt(li)voç), (xt) 
Xu7t7)6)^;, oÙSeîc àôàvaxo;. 

21. Einer der hàufigsten Wûnsche auf den âgyptischen Grabmonumenten ist, dass 
bestehn bleibe der Name des Todten, bez. der Hinterbliebene rûhmt sich, den Namen 
des Verstorbenen lebengemacht zu haben. Im Allgemeinen erklàrt man diesen Wunsch 



1. Vgl. MoMMSEN. Hermès, XXIV, S. 202. 

2. Vgl. MoMMSEN, l. c, S. 207 f., 269 f. 



INSCRIPTIONS DU TOMBFAU DE PSAMETIK 17 

des Fortlebons in der Erinncrung damit, dass man lioiïte, in solclicm Falle der Todten- 
opfer nicht verlustig zu gelin. Dies mag im Grossen und Ganzen richlig sein, die 
ursprïmgliche Veranlassung des Wunsches ist aber wohl eine weiter gehende. Gerade 
so wie niaii dieMumie spàter nur als eine der verschiedenen môgliclicn Incorporations- 
formen der Seele ansah, wàhrend zur Einfulirung der Mumifizierung jedenfalls der 
Glaube "\^eranlassung gab, das Leben der Seele sei an die Fortdauer ihrer irdischen 
HùUe geknupft, so wird es auch bei der Erinnerung gewesen sein. Das Ersterben der 
Erinnerung veranlasste den endgùltigen Tod des Verblichenen. Hierauf weist es hin, 
wenn noch jetzt am Congo geglaubt wird ' — bietcn docli gerade die Negerreligionen ' 
zahlreiche Parallelen zum altàgyptischen Glauben — die Menschen iebten nacli dem 
Tode nur so lange fort, als die Erinnerung an sie von Seiten ihrer Angehôrigen wach 
ist; darûber liinaus zerfliessen die Gestorbenen in das Niclits. Eine solche Denkweise 
erklàrt auf das Beste die Sitte, der besonders die Pharaonen huldigten, ihren Namen 
auf unzahlige kleine Gegenstânde, Skarabàen, u. s. f. zu setzen; sie woUten dadurch 
in der Erinnerung fortlcben und sicli auf dièse Weise die Unsterblichkeit sichern. 

Bonn, 12 Juli 1894. 



INSCRIPTIONS DU TOMBEAU DE PSAMETIK A SAQQARAH 

PAR 

G. Daressy 

Parmi les richesses que renferme le Musée de Gizèh, on compte la vache d'Hathor, 
l'Osiris et l'Isis en basalte trouvés par Mariette dans une tombe de la XXX*^ dynastie, 
dans la nécropole de Saqqarah. Le tombeau où ces chefs-d'œuvre de l'art saïte ont été 
découverts est à quelques centaines de mètres à l'ouest de la pyramide d'Ounas; les 
statues étaient placées dans des niches creusées dans les murs d'une chambre souter- 
raine. Les parois de la salle funéraire sont couvertes d'inscriptions qui n'avaient pas été 
publiées jusqu'ici : M. de Morgan ayant fait déblayer entièrement le puits cette année, 
j'ai pu copier tous les textes, qui sont analogues à ceux des pyramides. Les variantes 
qu'on peut y noter aideront parfois à la compréhension de ces formules si difficiles à 
traduire à cause de leur concision. 

Mur nord. — Titre horizontal : il ^ cCtlD M t\ lll H ^ ^ ^^ ^ ^U 

-c3>-<:=>^ ^ I _Sï^ ^:^z:?6 III I F=^ <r:^ F=q i 

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1. Vortrag von Pechuel-Lôsche in der Ges. fier Erdkunde su Berlin, 7 Mai 1887. 

2. Vgl. fur dièse W. Schneider, Die Religion der afrihanischen Naturcôlker, Munster, 1891, und die 
daselbst verzeichuete, sehr zerstreute Litteratur. 

ii. Hor-hotep, 1. 1-3. 



RECUEIL, XVU. 



18 INSCRIPTIONS DU TOMBEAU DE PSAMETIK 

Textevertical:pTlp r^ § '-^-:^^? LJ ^^ ^ 

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A/VSAA^ 

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^Voiii:i^^TSP^°^ir:^!iiiz^â:nQi¥ 



1. Ounas. 1. 72-77. — 2. Ounas. 1. 78-8:?. — 3. Hor-botep. 1. 72-86 et 294-300; Miriiiri,!. 338-345, très abrégé. 



INSCRIPIIONS DU TOMBEAU DK PSAMKTIK 



19 



pi;qTktn^ir§Tkt=nf"ia]]7^kt= 

I AAAAAA _ni\S Ci <CII> —ûfo /wvw\ -<S>- I _2iF^ ^^ ^ /wv^^^ I © /WVW\ _Z-ti D" I A^^WVA I UUIU dJ 

<:=:> g s i I i^^=^ JiF^ >^ ^ g s Ci I 2iu^. _£Ht^ -<s>- JJ VJ VJ .<s=^l ^^^-^ s=s 

/-i pa r\ A/vw^^ A/vw/w fi H rl O Fi g s Q aa/vw\ 37 ,<;2>- aaaaaa <:2;:> i:^ «C — > n =1 T""^^ °\^=5-^ 3 

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Mur est, au nord de la porte : '^j^ rnsuj % | ^ d"^ i=sz:J "^ °1| "^ ^ ^ °^ | ^ ^ 

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i^^i^n'iprtk" 






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1. Ounas, 1. 65-71; Hor-hotep, 1. 174-178. — 2. Hor-hotep, 1. 182-184. — 3. Ounas, 1. 19-20. - 4. Balc-n- 
ranf, h, 1. 8-10. — 5. Hor-hotep, 1. 405-407; Bak-n-ranf, h, 1. 10-12. — 6. Bak-ii-rauf, b, 1. 12, et a, l. 1-3. — 
7. Cf. 1. 158-159. 



20 



INSCRIPTIONS DU TOMBFAU DE PSAMETIK 






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MuroLiest.— Titre horizontal : -^" ^ il S^cTOdOIx 

lUUlU] ^AAAA^ -<S>- "CO I ^BH^ 



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Texte vertical : T "T «p^^ïSS'Ixè-r-l'? 






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A /VWWV I >WS V_^^ I AAAAAA 1 AAAAAA M A t Jl 1 /V^AA^^ M A D I _0^ ^-- ^ H A AW~\^ T Jï 

I .M^-::^!::^ I /VWVW «C=r> I J^ ^CIP6 AAAA/SA ^a~^ Jû^ I _m^t^:3^ /WWV\ IK^ 



71 

75 □ 



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n_Bî^ mil 

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1. Ounas. 1. 300-311. — i. Ounas. 1. 334-337. — 3. Oiiiias. 1. 320-321. — 4. Ounas, 1. 322-323. - 5. Ounas, 
1. 328-329. — 6. Ounas. 1. 312-317. — 7. Bak-n-ranf, h, 1. 1-6. 



IXSCKIl'TIONS DU TOMBEAU DE PSAMETIK 



21 



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Mur sud. — Titre : jn 

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1. Onnas, 1. 317-;;20. — 2. Voir lianes 160-161. 



22 



INSCRIPTIONS DU TOMBEAU DE PSAMETIK 



Texte: T^'fl% ® ^ ^P^^ ° ^ ^h 

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1. Ment-m-saf I". 1. 131-151. — 2. Meut-m-saf I", 1. 163-166. — 3. Ment-m-saf I". 1. 416-437. 



INSCRIPTIONS DU TOMBEAU DK PSAMKTIK 



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24 



INSCRIPTIONS DU TOMBEAU DE PSAMETIK 



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Mur est, au sud de la porte 



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Le cercueil dans lequel reposait Psametik est en basalte vert, :ï forme humaine. 
Sur la poitrine, Nout ptërophore est représentée entre Isis et Nephthys agenouillées. 
Au-dessous, sur les côtés figurent les quatre génies funéraires, avec une inscription 

dontlaformuloost:."^ J klfar^DpC^^ " ^Ï-N^^VX' 
1.<s::-<:i::>tI IeI I _a^ ^:r::::^ c==.e> ^cz::::^ ^;:3::^ wvw\ ilJ -B^ «^i^ 

Au milieu se lit en colonnes verticales le texte suivant : i |j| H -^ J [ôpl/^^— >0S ^y 

im¥111 



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1. Voir liRiies 51-52. — 2. Voir lignes 100-101. 



NOTE ON PRE-HELLENIC FINDS 



25 



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Les inscriptions des statues et de la table d'ofl'randes sont reproduites dans les 
Monuments divers de Mariette, j)l. XCV et XCVI. 



NOTE ON PRE-HELLENIG FINDS 

BY 

D. G. HOGARTH 

On thc accompanying Plate are représentations of a pre-Hellenic Relief and two 
seals found during the past summer. For the présent I miist reserve comment upon 
them. 

Fig. I. A limestone block 4 f' X 2 X 1 carved in higli relief. The rightlower corner 
is broken, and the back left unworked. The block has formed part of a balustrade or 
frieze, of which two other fragments were found. I am unable to give illustrations of 
thèse; on one was a seated goddess, and behind her remained part of another scène 
similar to the one in the Plate. The car and wheel of a chariot, and the archer in it 
were visible. Under the goddess is a broken inscription in relief of which only thèse 
symbols remain 



<=^fij)ttU 



The second fragment shows a female seated before a cross-legged table of ofEer- 
rings. No inscription remains. 

On the principal block is a long inscription in relief of which for the sake of 
clearness I append a hand-copy 







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The photograph, published in the Plate, was taken by my friend Mr. V. W. Yorke. 

Ail were found in the early part of May 1894, by a peasant digging for building- 
stone in a large mound near the village of Ordasu, one hour north-east of Malatia. The 
mound, which is called Arslan Tepe, reads 48° f rom Malatia and 188° from Eskishehr : 



RECUEIL, XVII. 



26 



NOTE ON PRE-HELLENIC FINDS 



it is about 50 feet high, of irregular shape like the accumulation above a building, being 
longest N. to S., and bears no trace of actual building upon it. West of it rise two 
smaller mounds and to the south one. There can be little doubt that it forms part of 
the oldest Melitene, whose foundation, like that of other niound-cities, tradition ascribed 
to Semiramis (Pliny, N'. H.,\l, 3). Trajan refounded it (Procop, de ^dif., III, 4) pro- 
bably where Eskishehr stands now, two miles to the north lower down the stream. 
Arslan Tepe is two hours distant from the nearest point of the right bank of Euphrates, 
and about five hours from the site of Tomisa. 

It is worth while to add hère, in confirmation of a statement made in a previous 
article in this Recueil (t. XV, p. 29), that in the course of our journey up the right bank 
of the Euphrates we neither saw nor heard of any pre-Hellenic monuments north of the 
Tokhma Su. North-eastern Cappadocia seems absolutely devoid of them ; they radiate 
only south-east, south, and south-west from Boghaz Keui and Eyuk, which stand at 
the apex of a triangle whose base is Syria and the sea. 

Fig. II. Thèse small objects were obtained by purchase in the bazars of Aintab 
in north Syria. I hâve no reason to suppose that they were found at Aintab itself, or 
indeed on any one site. The usual practice of dealers, in being questioned as to the pro- 
venance of their wares, i.s to refer them to the best known ruin in the neighbourhood, 
often an Arab castle. In this instance a ruin known as Tel Bashar, 6 hours S. of Aintab 
was the reported " find-spot ", but it seems to be a mediieval castle. In addition to the 
objects hère represented we procured a scarab, gable-sliaped seals, cylinders, and beads, 
engraved in the " Hittite " style, but not bearing any " Hittite " symbols; and about 
30 stone-implements, principally of jade. 

a) A seal-bead of black steatite 1 1/5 inches in diameter. 
On the one side are thèse symbols. 





On the reverse side are thèse symbols. 





NOTES D'ÉPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 



27 



b) A seal-bead of red stoiie 4/5 inches in diaiiK^ter. 
On tlie obverse and reverse are theso svmbols. 






NOTES D'ÉPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 

PAR 

Fr.-^'. Schem, 

XI. — Je rencontrai, le 14 mai dernier, chez le mutessarif de Kerkouk, un fragment 
de stèle en grès provenant de Khoï Sandjak '.Il mesure 0™ 30 sur 0"^ 18 de large et 
0™ 30 de hauteur. Sur l'une 

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des faces larges on voit encore 
le tronc d'un personnage por- 
tant un bâton ou un sceptre. 
Une inscription courait sur les 
trois autres faces, de la gauche 
à la droi-te du personnage. 

Je doute qu'on puisse voir 
là de l'assyrien classique, malgré quelques expressions comme iètu libbi, ilu sasii. Plu- 
sieurs .^ignes, comme te, tu, H, ressemblent aux signes vanniques correspondants. Le 
principal intérêt vient de la petite inscription de trois lignes enclavée dans la grande, 
et indépendante du reste. On y lit en effet, si je ne me trompe : 

Ipru amelu qêpu 

sa BU Be-a-nu* (ou Bit-a-nu, Bat-a-nu) 

bel Tis-pa-ni-za . . . 

« Ipru, gouverneur de Bit Beanu, prince de Tispa. . . » 

Je lis Ipru, Ipri, le signe lè, MIL (= ipru, Brunnow, 5084), en souvenir des noms 
vanniques £'/?/) 77, Lutipri et Ispifipria (2). Ipru (si tel était le nom en question) était 
gouverneur de Btt Beanu. Des noms de pays composés avec bit laissent parfois tomber 
ce mot. Le Biaina où régnaient les rois haldiens pourrait s'identifier avec notre Beanu, 



1. Je le fis transportera Mossoul, d'où il gagnera probablement Constantiuople. 

2. La lecture Bit mutanu n'est pas plausible. 



28 



NOTES D'EPIGRAPHIE ET D'ARCHEOLOGIE ASSYRIENNES 



et confirmerait, avec la stèle de Kelichin, que la puissance des rois de Van s'étendait à 
certaines époques jusqu'au Zab inférieur. Il y avait dans ces parages un pays de Bitani : 
Madatu sa mat Urume^ sa Bitani^ sa sarrânï sa matâti Naïri {R. \, 20, 13); istu rîs 
nâri êni (nâr) Subnat, adî mât nirib sa Bitani {R. I, 26, 122). Bit Beanu, Bitanu 
et Biaina pourraient désigner un seul et même pays. (Pour les deux derniers noms, 
cf. Sayce, JRAS, XIV, 388, 394.) 

Dans notre texte, rien ne nous apprend si dans cet amilu ^ yy~ t^ nous avons 
affaire à un vassal de l'Assyrie ou de l'Arménie. 

prend la place de Valasi vannique devant Tispani, Dispani ( Tuspa ??). 



XII. — Voici deux échantillons de tablettes provenant de Telloh. Elles ont été dé- 
tournées par les Arabes, avec mille autres, peu après le départ de M. de Sarzec, au 
printemps de 1894. Elles sont fort belles et valent bien celles de Nifîer, Abou Habba, etc., 
mais le cèdent à celles de Djokha-Isin, qui sont les plus belles que j'aie vues. 



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30 esclaves femmes SAG bUM, 
3 esclaves femmes A-MAS, 
6 enfants. 

Amat-Arua (les) a fournies 
à la déesse Nin-Mar, 
pour la Maison de Tissage, 
dans la ville royale. 
DUP LU ME LAM 



ANèU LU HU NE DAR 

Depuis le mois d'Adar 

de l'année où (le roi) construit le trône 

d'EUil 
jusqu'au mois SE IL LA (où le blé monte) 
de l'année où le grand prêtre d'Anu 
visita (?) le prêtre de Sin. 



NOTES D'EPIGRAPHIE ET D'ARCHEOLOGIE ASSYRIENNES 



29 



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ffcf ►^ -/^ r=r «^ .^^ 



1 bœuf sauvage AL\ 

4 bœufs GIS ', 

1 bœuf BUR MIN, 1 bœuf BUR, 

1 bœuf AMAR-TAH \ 

I bœuf ZU-ZU-URU * a loués Ur-Samas 

II (les) a pris contractuellement 
et reçus ' 

de Lugal-Bau. 

3 ânes, 4 ànons, 

1 ânon ZI NUM ', 

1 ânon AMAR-TAH, 

1 âne SAG', âne BUR KU 

a pris contractuellement 

Ur Ninku 

de Lupalsagga. 



4 bœufs Glè, 

1 bœuf GIS ZU TAH URU, 

1 bœuf BUR ZU TAH URU SAG bœuf 
Glâ KU 

a pris contractuellement 

Lu Nina 

de Ur èamas, bouvier chef... 

2 bœufs sauvages AL, 3 bœufs GlS, 
1 bœuf sauvage BUR MIN, 

1 bœuf sauvage BUR 

1 bœuf GIS ZU ZU NU ZU IM MA 

URU ' bouvier chef, 
a pris contractuellement 
Ur-Ningiszida 
de Ur-Samas, fils de Ur-KAL 



1. ÂL=: allu, sorte de faix, d'où peut-être ici le sens de : hète de somme. 

2. GIS =: bois, joug, d'où bête de trait. Cf. gis z= sikaru, maru. 

3. Bouvillon. Cf. AMAR-TAH et (Uè) nitah = zikaru. 

4. Formé au labour (?). 

5. Cf. Brùnnow, ^5^1 =^ abdlu, kdnu, et ►ff-.Ak '=■ biblu, kànu, mahâru. 

6. Bête de choix, sans défaut. Sans doute, à lire ktnum à cause de ►H-^ = ktnu. 

7. Risu : une pièce, une tête (?). 

8. Un bœuf formé au joug, non encore formé au labour par le bouvier-chef (î). 



30 NOTES D'ÉPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 

1 bœuf sauvage AL, SAG bœuf GIS KU, PA UR DUB 

5 bœufs Glâ BI URU DU-BA 

a pris contractuellement >->-T Sul-gi-ra 

Ningal-nizu (ou mudû) PA Lugal KIT BU 

° ■ ■ ■ Année qui suit la première du roi Bour- 

Sin. 

XIII. — Ce contrat est certainement de l'époque antérieure à Hammourabi et, par 
conséquent, le plus ancien que nous aient livré jusqu'à ce jour les fouilles de Sippara. 

t^ G AN de champ 
sur le canton de Haramatim \ 
^^ ^ yf ^ champ mitoyen (f) 

^ ^^'f^ ^ ^ ^^ entre Bubalim 

#^^ ^T ^ ^ etLamailu — 

5*^ •'«<^<i l^îf ^gg mains de Alum lalum, 

^^ ^^^f filsd'AbumiU,. 

SF T? ï<- KIT * ^"'■■™' 

^ (^ -T fils de Mutanim, 

^ ^^ ►^^pfr^ Mf a acheté, 

r.«'^ liiS r^;^ et pour tout son prix 

{^►^ t-< .lî^p ^ p' a payé l'argent. 

^^ ^ f ^ L'affaire est conclue (??) 

f^ ^^^^ >^ :^ ^ ^^ devant Nabi ilisu. 

P= pC 0^ ^^ g fils de Sukubum ; 

<^ ►^ «^r^f J^^a# devant Nur-Sin, 

<Ç^. '^ ^^' ^^? fil« cle Ini-Gibil ; 

^ '^ '^ mÎ^ i? devant Arzumatadi, 

^^Tf f4<k^ -^ filsdeBelanim; 

<î- p5^^ Aj^^ devant Yakannum, 

^ ^ >fF^^ >^>- ^ fils de Zabanim ; 

J^J^f ^"'^' ^^^ devant Sinellat, 
^^-^r^lf ^ filsdeLaglubum; 

devant Abbahi(?)-bum, écrivain; 

devant Zugaliya, le forgeron. 

Le passage difficile GIS KANNA IP TA BAL (ligne 13) semble rendu dans le con- 
trat suivant, qui est de la même époque et de la même provenance, par une formule 
sémitique (lignes 10 et 11), jj ^ bu-ga-na-{'>) \ su-tu-uk. Le deuxième signe se re- 
trouve fréquemment dans les anciennes tablettes de Telloh, Niffer, Djokha et Abou 



1. Le premier signe est douteux. D'après un autre contrat, il existait à Sippara un canton Haramtim. 



NOTES D'ÉPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 31 

Habba, et n'est pas encore assimilé. Dans les contrats archaïques de Nifîer, il remplace 
fréquemment S^? arhu. Le reste est la formule courante des contrats de vente. Pour 
GIS KAN, etc.. voir Meissnkr, .1/^6. Privatr., p. IgO. 






If 4 iî^ ^ ^ir ^^ 

4- ^ ^ r^" ^ 4F-^^ 



La tablette suivante est la seule qui, trouvée aux dernières fouilles de Sippara, n'ap- 
partienne pas à l'Ancien-Empire. Elle fut découverte non point dans la ville, mais dans 
un des monticules qui flanquent le temple au sud et qui faisaient partie de l'enceinte. 

^ ^y <^<^ ^ <y ^^ y«< LU NITA iddi-nu (amil) 

rê'ê 

7 T^ } «^ '^'^'^T <E ^E V "tïT ^ tT I ^^ ^^^ ^^^^^ ^^^^^ Samas niqê 

sa-lam biti 

::yjf-X^y yi c^i^y < ^2<ïI ^^^ ^^^ su-ma-a-ta u 

subti 
ÎIT 441 -5^ E=IIIS= 3gi-nu-u 

*^ ^ ^ Ayar 

yi^HI ^y ^^^ A^^ ^ ^1 ^ a-di ùm 30 (kam) sa (aral.i) 

Adar 

<« m^ T -^-^ -V 37 As-(?)-.sur 



32 NOTES D'ÉPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 

■ « }m T H< ^ ^ 

< W T -+^T "ï^L :|=4i 





28 Ha-nu-nu 




27 Am-me-ni 


10 


21 âaraas-na-sir 




15 — um-mu 




15 Ri-mut 




15 Samas ra-am 




napharis 158 LU-mês 


15 


iddi-nu rê'ê 




sa kal satti (ilu) èamas 




(aral.i) Ayar ûm 1 (kam) 




sattu 8 (kam) 




Kan-da-la-nu 


20 


saiTu Tin-tir-ki 



s=^ ^<T %^ •/- 

« Les bergers de chaque année de âamas ont livré en moutons, victimes de propi- 
tiation au temple, comme impôt de parcage (?) et d'habitation, comme triple redevance 
due du premier jour d'Ayar jusqu'au trentième jour d'Addar : 37 pièces de As-sur; 28 de 
Hanunu; 27 d'Ammeni; 21 de §amas-nasir; 15 de — ummu; 15 de Rimut; 15 de 
Samas-râm : en tout 158 moutons, qu'ont livrés les bergers annuels de àamas, au pre- 
mier jour d'Ayar de l'an 8 de Kandalanu, roi de Babylone. » 

Notes. — Ligne 3. Pour sumâta, cf. Tallqvist, C. A'., p. 137. 
Ligne 4. 3 ginû se réfère sans doute au temps écoulé du 1 Ayar au 30 Addar suivant. 
Nisan paraît franc d'impôt. Un ginû serait le revenu d'un quart d'année (?). 

XIV. — Parmi les tablettes en forme de lentilles trouvées cette année (1894) à 
Abou Habba, quelques-unes portent des maximes comme celle qui est publiée ci-dessus, 
d'autres donnent des listes d'idéoorrammes : 



De dieux : «-^f I^ "illl "211 D'animaux (?) : JtJ 



NOTES D'ÉPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 



33 



D'instruments : t^y :^I<J V 



De phrases 






IK 

Ili 

IK 

IK 



De laines, de vêtements, etc. Ces textes se répétaient généralement signe par signe 
sur le revers de la lentille, comme s'il s'agissait d'exercices d'écolier. 

Bon nombre d'autres de ces lentilles sont à classer parmi les documents juridiques, 
comme contenant des plans de superficie agraire. Telles sont les deux faces suivantes 
d'une seule et même lentille : 




y<Mà^ ÏÏT 




« 


w'w ^ "^^N. 


/ W « 7 f^ 


4 




A id À vî \^ 


/ rw <« 






^\ <4* <i. "H 


/ ,4*? ^ 






<^ |^« Yr *<■ 



ps^^n^^f^'^^î ï^ i^ <iï 



t«î 



i-(L ^ li'^ 



^ ^ t^^-4=^lf4t-^ï^-^^ 



Sur chaque portion de terre on lit un chiffre représentant une surface. Si plusieurs de 
ces chiffres n'étaient mutilés, on pourrait éclaircir la question des rapports du GAN, SAR, 
etc., parce moyen. Car des légendes donnent la somme totale des superficies partielles : 



Face I : a; 5 ... 40 5 (?) GiS SAR 
eqlu èallatum (?) 
gaduum an-za-am ^ u kislah. 
6; 10 5 4 30 3 SAR 

gamer eqli-ini (?) 

/c«-(?)- 30 6 ï/2 GANC^) 

Face II : Gamer eqli gadum parakkê 

sa Bel bêlapli 

e-ha-ai^ : 5 AS GAN iqlu si- 
matim. 



5 ... 40 5 (?) SAR 

de champ . . . 

à côté de An-za-am et le bas-fond. 

10 5 4 30 3 SAR 

ensemble du champ — (?) 

... 30 6 1/2 GAN (?) 

Ensemble du champ à côté des sanc- 
tuaires, 
appartenant à Bêlbêlapli, 
prêtre ' : 5 AS GAN de champ . . . 



1. On retrouve ce mot assez fréquemment dans les anciens contrats de Sippara, par exemple, dans un 
contrat daté de Sin-muballit, que je publierai bientôt : 

5 GAN iqlu ina ugar Martu sa abullu AN-ZA-AM 
kirû mala basû u AN-ZA-AM sa Sippar(ki). 

2. Ebar = Èangu. Les deux mots alternent dans Nabû-bal-iddin, L 22; II, 16. EMAè est une mauvaise 
lecture. 



RECUEIL, XVII. 



34 



NOTES D'ÉPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 



Le dessin suivant est du même genre et ne contient que des chiffres 





^ \ l 


\" / 


w 


W *il 


1H« '^l 




XV. — Plusieurs belles tablettes in-8", provenant des dernières fouilles, me parais- 
sent n'avoir eu d'autre but que de servir dans les écoles, soit pour la lecture, soit comme 
modèles d'écriture. J'en donne ici un échantillon : 



"mil I '}'&"'%., 

i ^ 

r 

r 










... KUR-A; A-KUR; AN-A; A-AN; BA-BA; NI-BA; NI-BA-BA; A-BA; 
A-BA-BA; BA-BA; BA-BA-A... 

Qu'est-ce autre chose que des exercices de lecture ? 

Il sera intéressant de dégager de l'ensemble de ces tablettes le principe qui prési- 
dait à la classification des divers signes ou des divers mots et syllabes. 



XVI. — Le petit texte suivant est intéressant par sa suscription, où le signe de 
l'eau, y|, est remplacé par le signe \-. On sait que ||, signifiant eau, a les lectures a et 
me, cette dernière provenant sans doute du mû sémitique. Ce document et les deux sui- 
vants proviennent des dernières fouilles entreprises à Sippara. 



NOTES D'ÉPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 



35 






3 Aè âE 

eu TI A 

I-bi Nin-gi[r-su?] 

SAM SIBTU ZUN 

GAR SU Niim-ra-am- 

sa-ru-ur 
ITU SU ZIR A UD 21 KAM 
MU Ab-nun-na-ki 
ME GAL GAL LA 



90 qa de blé 

a empruntés 

Ibi-Ningir-su. 

Valeur et intérêts sont la 

propriété de Namram- 

sarur. 
Mois de Tammouz, jour 21, 
Année (où Hammourabi 
détruisit) Asnunnak au moyen 

des grandes eaux. 



^ rr vW .-V ^ 



Su-mi ir-zi-tim 

sa ITU 3 KAM èU 

1 1/2 siqlu kaspi 

3 ZID DA, 1 1/2 qa samni 

Rammân-ba-ni 

a-na ah-hi-i-su 

amêl KU MAL i-ga-ar. 

si-id-da-tum ' 

u-ul i-su-u-ma 

Ib-ni Mar-tu 

u Sik-ni (an) NU-NI (?) 

a-na Rammân-ba-ni 

u-bi-ir-ru-u-ma 

Rammân-ba-ni 

amêl KU-MAL i-ga-ar 

pân A-bu-um ilu 

mâr Ib-ni Samas 
pân Ili-su ib-ni 

mâr I-bi Rammân 
pân Arad KU-BI 

mâr A-hu-wa-am 
ITU SEGA UD 1 KAM 
MU 



(Au sujet de) Sumi-irzitim^ 
que pour trois mois 
au prix de 1 1/2 sicle d'argent, 
3 mesures de farine et 1 1/2 qa 

de graisse, 
Rammân-bani 
pour son frère 
a loué comme ouvrier, 
il n'y a pas 

de réintégration à faire ^ 
Ibni Martu 
et Sikni-NUNI (?) 
à Rammân-bani 
l'ont confirmé', 
Rammân-bani 
a loué l'ouvrier 
devant Abum ilu, 

fils d'Ibni Samas; 
devant Ilisu-ibni, 

fils d'Ibi-Rammân ; 
devant Arad-KUBI, 

fils d'Abuvi^am. 
Mois de Sivan, l®"" jour. 
Année 



1. Ce nom est le même que Mdr-li-i^iti fréquent dans les contrats de Sippara. ^HF- a les valeurs de 
mâru et sumu qui tous deux signiflent^i^s. 

2. Siddatum. action de sadâdu. Pour ce mot, voir Meissner, Altb. Pr. R., p. 141, et les textes qu'il cite. 

3. Cf. Mrissner, ihid., p. 128. ' 



36 



NOTES D'EPIGRAPHIE ET D'ARCHEOLOGIE ASSYRIENNES 



i^n. '^ ^ -éf ï=f >^'T nf*' r-^ X 

-^^ 3r fïïf ^ 



^ ^ 

î^^ 



Nu-ur Rammân 
itti Na-ra-am-ba(?)-ni 
I-di-ya-tum mâr An-ka-am-ma 
a-na ki-is-ri MU 1 KAM SU 
qu-ur-su^ ki-is-ri MU 1 KAM âU 
4 1/2 siqlu kaspi NI LAL E 
ITU SU-BU-TIM i-na ri-es-ti-su 
i-du-ub' ITU A-ya-ru 

i-ga-mar-ma 

us-si 

pân Be-el-ta-ni 

marat Araz-za 
pàn Be-el-ta-ni 

marat Mu-da-du-um 
pân Amat Samas, marat SI-DU ili 
pân Arad ir-zi-tim 

mâr èamas mu-ta-si (ou bien din ?) 
pân Amat BA'-MU sal du ini (?) 
mu Ê NAM HE' Rammân. 



Nur Rammân, 

des mains de Naram-bani, 

Idiyatum, fils d'Ankamma, 

â gages pour 1 an 

a loué. Comme gages de 1 an 

il payera 4 1/2 sicles d'argent. 

Au commencement du mois subutim 

(Nur Rammân) entrera en service, et, au 

mois d'Ayar, 
il finira 
et partira. 
Devant Bêltani, 

fille d'Arazza; 
devant Bêltani, 

fille de Mudadum; 
devant Amat-Samas, fille de SiDU-ili; 
devant Aradirzitim, 

fils de Samas-mutasi ; 
devant Amat-Bau, femme... 
Année où la maison d'abondance de 

Rammân 
(fut construite par le roi). 



1. Certainement faute pour igurèu. 

2. Certainement faute pour i-ru-ub. 

3. Peut-être faute pour (an) DA-MU = Bau. 

4. Le signe Ê BIT a ici l'apparence de GIS. Nul doute qu'il faille lire Ê. La maison d'abondance de 
Rammân est connue. Cf. Brùnnow, n"» 2167, 2168. 



NOTES D'ÉPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 37 

XVII. — En vous envoyant récemment deux textes juridiques de Telloh, je ne 
pensais pas avoir l'occasion prochaine d'en examiner plusieurs centaines. Après beau- 
coup de listes de fournitures ou d'offrandes aux temples, parmi quelques actes de vente, 
les pièces à formule èU-BA-AN-TI dominent. C'est une collection entièrement sem- 
blable à celles de Nuffar et de Djokha à Constantinople et à Philadelphie. Du reste, elle 
remonte sans exception à la môme époque que les deux autres, soit aux règnes de 
Gamil-Sin, d'Inê-Sin, de Bour-Sin. 

I. Au point de vue historique, j'y relève les formules chronologiques suivantes : 

1° Du roi Gamil-Sin : 

Mu Gamil-Sin me, mu mà-kin^ mah ba-dim, 

Année de Gamil-Sin, où il a construit le grand vaisseau d'oracle; 
Mu Gamil-Sin lugal Uru-ki ma ge na^ mah (an) Ellil u Nin-lil mu-nê-ru, 

Année où Gamil-Sin, roi d'Our, construisit la grande stèle d'EUil et Nin-lil; 
Mu^ En {an) RI Urug{ki) ga ma e-nipad, 

Année où le prêtre de RI, à Uruk, fait. ..(?); 
Mu ^ us sa mà-kin zu-ab-ba ab TAH, 

Année où le roi fit le vaisseau d'oracle de \'ab:^u; 
Mu Gamil-Sin lugal-e ma-da Zapsali{ki) mu-gul, 

Année où Gamil-Sin, roi, dévasta le pays de Zapsali. 

2° Du roi Inê-Sin * : 

Mu sa-a^-ru-ki ba-gul, 

Année où le roi dévasta èasru(ki); 
Mu {an) Nannar te a-zi-da ê-a ba-an-tur\ 

Année où Nannar entra dans sa maison à TEAZIDA (?) ; 
Mu ê su ' (?) sa Is {an) Da-gan ' ba-ru, 

Année où (le roi) construisit la maison. . . de Is Dagan (?); 
Mu An-sa-an-ki ba-gul, 

Année où (le roi) dévasta Ansan; 



1. Tantôt le signe MUR KIN, tantôt le signe Kl, KIN. 

2. Var. na-ru-a. 

3. Cette date appartient au même règne, comme on peut le voir dans les formules plus explicites des 
tablettes de NuEfar, au Musée de Constantinople. 

4. Ces dates sont du roi Inê-Sin, comme on peut le voir par des contrats plus explicites de Niffer à Con- 
stantinople. Au musée de cette ville, la tablette n° 394 contient une quarantaine de ces formules. Malheureu- 
ment, le nom du roi manque. C'est en rapprochant ses formules de celles qui, sur les contrats, mention- 
naient Inê-Sin que j'ai pu attribuer à ce dernier roi ce document important que l'Université de Pensylvanie 
publiera bientôt. 

5. Pour l'identification de ce signe, voir plus loin loin quelques observations grammaticales. TE-A-ZI-DA 
{temennu kênu] semble être un lieu. Des variantes portent BI-ES-KI. 

6. BRtJNNOw, 802 (?), ou plutôt 810, d'après des variantes. 

7. Var. sa est un sémilisme d'ailleurs fréquent dans les contrais de Telloh, comme la conjonction u. Il 
ne s'agit pas de y^ . Il existe dans cette formule une variante « IS Da-an-gan *. Le premier signe est peut- 
être à lire SAHAR. 



38 NOTES D'ÉPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 



Mu Simu-ur'' -ru-um-ki Lu-lu-bu-ki ba-gul, 

Année où (le roi) dévasta Simurum et Lulubu ; 
Mu GAN-MUR'-ki a-du II kam ba-gul, 

Année où (le roi) dévasta pour la deuxième fois GAN-MUR; 
Mu us sa Dûr-Ma-da-ki ba-ru, 

Année qui suivit celle où (le roi) construisit Dûr-Mada. 

3° Bur-Sin' : 

Mu Bur-Sin lugal-e Ur-bil-lum-ki^ ba-gul, 
Année où Bur-Sin, roi, dévasta Urbillum. 

4° Événements non classés : 

Mu us-sa Ha-ar-èi-ki Ki-mas-ki u Hu-mur~ti-ki* ba-gul, 

Année qui suivit celle où (le roi) dévasta Harsi(ki) Kimaski et Humurti(ki); 
Mu dumu sal lugal pa-te-si Za-ap-èa-li-ki ba-tuk\ 

Année où la fille du roi devint patesi à Zapsali ; 
Mu dumu sal lugal An-sa-an-ku ba-du. 

Année où la fille du roi alla à Ansan; 
Mu Hu-hu-nu-ru-ki (\ixv. Hu-hu-ru) ba-gul, 

Année où il ravagea Huhunuri. 

II. Au point de vue géographique, les tablettes de Telloh mentionnent comme 
fournissant au commerce des huiles et des boissons : 

a) NIM Ansan{ki) (Statue B, Gudêa, VII, 64, Ansan-NIM). Il n'y a donc pas à 
douter qu'il soit question d'Élam. 

b) NIM Humurti{ki). Nous avons vu plus haut cette ville dans les dates. Elle est 
donc située en Élam. 

c) NIM Sa'' -as- kf, var, Sa-aê-ge^-ki, Si-sa-ki. Il s'agit évidemment ici de Suse en 
Élam. Est-ce la môme que Sasa{ki} de Hilprecht, Bab. Exp., p. 31 ? 

d) Sirpuiia n'est nommé que dans un nom propre : Lu-Sirpurla{ki) , et comme 



1. Écrit T TM , souvent omis. Simuru se trouvait donc dans les mêmes parages que là où la stèle de Zohâb 
fixe le pays de Lulubi. Ce dernier nom manque dans le n° 394 de Constantinople. 

2. Le premier signe est KAR-GAN, le deuxième HAR-MUR. 

.S. Ce prince est le successeur direct d'Iuê-Siu, comme il semble résulter d'un contrat de Telloh, où deux 
livraisons de blé sont dites l'une mu c su(1) sa IS (an) Da-gan..., l'autre mu $a-aè-ru-ki ba-gul, et la pièce 
elle-même est datée de mu Bur-Sin lugal-e. Or, les années de la construction de l'É-su (?) sa IS-Dagau et de 
la destruction de Sasru sont certainement du règne d'Inè-Sia. 

4. Var. Ur-bil. 

5. Var. Hu-tir-ti. 

6. Ce fait intéressant est reproduit pour la fille du roi Inè-Siu, dans le pays d'Ansan et de Marbasi(ki). 
Cf. n" 394 de Constantinople. 



NOTES D'ÉPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 39 

canton de prairies ou de champ |y -^Uy ]J|J Sir-pur-la-ki \ Les quartiers de Sirpurla 
le plus souvent allégués sont : Ti;j-ab-ba{ki), Gir-su(ki), Ki-nu-/dr{ki), Erima{ki), 
Ninâ{ki). 

e) Sabuni[ki) est une autre ville livrant des denrées à la Chaldëe. Tel est aussi le 
nom d'une montagne mythologique. Voir Delitzsch, Paradies, p. 105 et 106. 

Les temples et palais de Sirpurla mentionnés sont : 

K (an) Ningirsu ) ^ . ., . , 

-V , > touiours cités de pair. 

EàABRA ) , 

Ê (an) Nina Ê dubba 

Ê (an) Ningiszida Ê babi ' 

Ê (an) .-y^y^ ANSU È Gamil-Sin 

È (an) Nin-Marki Ê Bur-Sin 

Ê (an) Nin-Darâ Ê patesi 

Ê(an)Dumuzi Êsu'(?) 

E (an) Eau E nam-ha-ni 

Ê (an) Ga-sig-dug É pa 

Ê (an) Nin-sun * Ê liar (var. har-har) 

È (an) Nin-tu Ê Erima-ki 

Ê (an) Gis-bar-uddu ' Ê Nun 

IIL Observations philologiques. — «^ Dans les anciens contrats de Telloh, Abou 
Habba, Djokha, Nuiïar, on rencontre très fréquemment le signe nouveau 4^. Il alterne, 
entre autres emplois, avec le signe du mois JSf ^® ^^^^^^ toutefois une erreur de voir 
là deux variantes du signe ITU, a mois ». Le premier de ces signes n'est autre que <'^y 
UèU. La chose est absolument démontrée par un petit contrat de Telloh de l'époque 
de Bur-Sin, où le nom d'un tupsar, écrit JtJ ^ ^]]] V ^^^^ ^^ ^^^^^' ^^^ reproduit 
sur Vempreinte du cachet du même individu J^ i^] i^]]] V- ^^^^ ^^^^^ ^^^^^ ^^ 
même coup la lecture de <^y = ^ et celle de ^ i^]]] = <^] ^]]] (NIGIN). 

Comment est-on arrivé à l'emploi de <^y pour exprimer ^«< } ou »^^|? Le trait 
d'union, croyons-nous, est en ce que <« (lecture usu) signifie selasa, a trente » (cf. Brun., 
n'' 9991). Comme 3<ï| « mois » est composé de -^y « jour » et de <« (lecture usu) 
« trente », on passa de usu, trente, <«, à <^y usu, mois. On ne connaissait à ce dernier 
signe, jusqu'à ce jour, que la valeur éréb Samasi. 

b) Un des signes non assimilés les plus fréquents que l'on rencontre dans les 



1. Les noms propres sont intéressants : Ur-Ninâ. fils de Digédigè, Dara-Kagiua, Dam-Meluhha, Igizu- 
barra, Lu-Ningirsu, Ur-(??) (an) Ta-rau-zu (sic!), Ur id Ninàki, Gudéa tupsar, fils de Dudu, Gu-zi-dê-a, fils 
de Gudéa, GIN (an) Gu-dè-a, Bazi, Nannar Zl-SAG-GAL patesi (cf. Jensen, ZA.. VIII, 221, note 5), Ur (an) 
g^yy|, patesi. Lul-a Guzalal (cf. ZA., Il, 292?), Lu-Gudéa, etc. 

Z. N'a rien de commun avec à (an) Bail. 

3. Cf. sup. C'est le signe de Gudéa, Cyl. A, 22, 17 : KA + un autre signe enclavé. 

4. Cf. Cyl. Gudéa, B, 23, 19 : Nin-San-na. 

5. Cf. Brijnnow, 1933 : (Kakkah) gis-bar uddu. 



40 ~ NOTES D'EPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 



cylindres de Gudêa s'écrit ^i:5p^. Cyl. A, 2, 6; 6, 11; 7, 2(?); 7, 29; 7, 30; 15, 19; 
17,8; 19, 23; 20, 18; 25,5; 28, 4; — cyl. B, 2, 5, etc. 

Nous le retrouvons très souvent dans les contrats de Telloli, jamais dans ceux de 
Nufîar. Il avait une valeur terminant en r, car il est souvent suivi de ra, et le sens (ré- 
clamé par les divers contextes) de « entrer, placer, faire entrer ». A mon avis, ce ne 
pouvait être que tu, tui\ dont le sens est bien établi. (Cf. Jensen, KB., III, 1, p. 32, 
col. V, 1. 11.) Je songeais à une nouvelle variante des signes (Amiaud, Tabl. comp., 
n°^ 179, 181), qui plus tard se sont combinés en un seul, lorsque la comparaison des textes 
de Telloh et de Nufîar confirma entièrement cette hypothèse. En effet, dans la liste 
éponymique d'Inê-Sin (n° 394, Constantinople), dont j'ai parlé plus haut, la formule 
des contrats de Telloh : 

^* ^ ^x:i ^ >T FI f^y ^r '^rrr V( ^^ ^#< 

est rendu par r4- -H' ^7^;^ ^ ^^f HK- ^fT Ç^f/T fP ^ ^%M'- 

Une variante de Telloh (même formule) est ]^ {tu/') = asàbu. 

c) Le signe du chiffre neuf est nouveau dans cette série : a-du J kam; a-du JT 
kam; a-du YJ! kam; a-du |][ kam; a-du ^ kam; a-du ^ kam; a-du ^lU kam; a-du 
^^ kam; a-du ^V kam; a-du ^ kam; a-du ^J kam. Un signe du même genre sert 
dans la formule : « Année où le roi détruisit pour la ^^"^^ fois les villes de Simurum et 
de Lulubum. » Ce dernier signe se trouve déjà dans le cylindre de Gudêa, B, 14, 2. 

d) Un signe singulier, non encore assimilé, est celui qu'on lit (Gudêa, cyl. B, 
col. 9, 1) : JtJ J?=M I ^ m t^ITI^ £l ïï I^^TI- C>n le retrouve fréquemment 
dans les contrats de Telloh et de Nufîar, où je l'ai assimilé depuis longtemps. Il est ainsi 

fait : n" 404 : ^p ; n° 77 : ^^; n" 272 : 2<IÎ %^ }} '-V]^ tt]]' n" 285 : 
^^^|; Telloh, cyl. B : ^^^ ; contrat de Telloh : ^yl[[^ . et il représente le 
signe moderne ^^, BAR, BARA, qui entre dans la composition d'un des idéo- 
grammes du mois de Nisan. 

e) Le signe ^ se trouve à l'état isolé dans cyl. A, Gudêa, 6, 21, et cyl. B, 7, 13. 
Ce signe ne peut être l'archaïque de ^^, qui est connu et employé dans ces mêmes 
cylindres. Ce nouveau signe est combiné dans "V"^^, contrats de Telloh, passim, con- 
trats de Nufîar, n° 387, 631 ; dans T^^^y , contrats de Telloh et Nifîer, passim, et enfin 
dans ,^>f . cyl. de Gudêa, A, 11, 19; 12, 1 ; 12, 7; 16, 21. Ce dernier signe, qui paraît 
bien être TUM (Brùnnovv^, 9056), dont nous ne connaissons pas toutes les valeurs (contre 
Jensen, KB., III, 1, p, 28, note 2), nous facilite l'assimilation du premier et des sui- 
vants. Le premier était ^Ç^J; le deuxième ^J^-^^wT ^^''^' ^^ troisième "^J^gj (iden- 
tique ou non à Brunnow, 802). 



1. Cette forme archaïque de tu, tur, est employée avec l'autre (Amiaud, Tabl. comp., n" 179) dans les 
cylindres de Gudêa, B, 16, 2 (bis); 17, 15; 17, 18, etc. 



LETTRE DE M. SOURIANT A M. MAX MULLER 41 

f) Il existait anciennement un signe ^yCy , absent de nos tableaux comparés, qui 
était un des éléments du signe BU ^XC> — • On le trouve employé isolé dans Gudêa, 
cyl. B. 12, 12. et dans plusieurs contrats de Telloh et de Nuiïar, w^^ 20, 58, 86, 202, 
259. 273, 299. Là, il est figuré, comme ci-dessus, sur les cachets; et, dans le texte même, 
comme ^ qui naturelhnnont n'a rion de commun, vu son origine, avec le signe des (\\va- 
rantainos, moins encore, inutile de le dire, avec le .se (^^) Ijahylonien dcs<'poques posté- 
rieures. Ce signe simple alterne dans Nuffar, 58, avec C^yill !{• On sait que ^^ ou ^ 
a la valeur t^yUI jf et cette lecture est courante (Brûnnow, 10021); par erreur sans 
doute. i)uisque notre ^ n'a rien de commun avec celui qui signifie quarante. C'est aussi 
par confusion et plus tard que ^^ égala ^IJIf J^r avec les lectures nimin, sanabi. 

Quelle pouvait être la lecture du signe ^^ (ancien /<0>)? Puisqu'il alterne avec 
^TTII I^' ^^^'-^^ aurions en même temps une lecture de ce dernier nom divin. Dans les 
contrats cités plus haut, se trouve le cachet suivant, plusieurs fois répété ; 

Ur(an) Sul(?)-pa-uddu 
X> SAR 
dumu Za-ad. 

Faut-il lire tup-èar à la deuxième ligne, et dub {= duppu, palâku, sapàku sa epri)1 
Ce dub aurait-il quelque chose à voir avec le nom du dieu potier et du dieu maître ès- 
sagesse ? 



LETTRE DE M. BOURIANT A M. MAX MULLER 

SUR LE MUR D'HOREMHEB A KARNAK 

Monsieur, 

Mon voyage dans la Haute-Egypte a été, cette année, retardé jusqu'au mois de 
janvier, et il ne m'a pas été possible de vous envoyer plus tôt les quelques renseigne- 
ments que vous m'avez demandés sur les prisonniers de Horemheb. J'espère qu'ils 
vous arriveront encore à temps pour vous être utiles. 

Le pylône de Horemheb et les constructions qui s'y rattachent sont en assez mau- 
vais état. Le pylône est crevé de nombreuses brèches, et le mur de refend qui s'en 
détache et se dirige du sud au nord a perdu toute sa partie supérieure : ces circonstances 
vous expliqueront pourquoi les renseignements que je vous adresse ne sont pas plus 
complets. La liste des peuples, gravée sur le pylône, se réduit à bien peu de chose. On 
aperçoit encore huit cartouches, mais les noms qu'ils renferment sont dans un assez 
triste état; tous sont surmontés du buste d'Asiatique. Voici ces cartouches, écrits de 
droite à gauche. Le cartouche de gauche est le dernier de la série; en avant du cartouche 

RECUEIL. XVH. 6 



42 



LETTRE DE M. BOU RIANT A M. MAX MULLER 



de droite, un grand trou s'est formé qui a emporté tout le commencement de la liste 



^'^^■'■'^ z**^^^ Z*'^^^ Z'*"'^ Z*'"^^ Z*^^^'^ z*'*^^^ /**^^^^ 

""■ ^^ (li ^i ^ 2° ^ r 

^■S^ ■ ■ • o 

^^ «B « ■ M C^^ .[^:£^ [^^ 

\.rT7-rrr^ Vrrrn-rf'' V-m-r^ Vrrrrf''' Vrrrrrr^ Vrprrr<^ >rrppr<^ >TTTrf<^ 



J> ]^ 



Le mur de refend, dont je vous parlais plus haut et qui porte le défilé des prisonniers, 
se divise en deux parties, séparées par une porte donnant à l'extérieur de la cour. La 
partie la plus méridionale, celle, par conséquent, qui est soudée directement au pylône, 
portait un grand tableau représentant le roi amenant à la triade thébaine un certain 
nombre de captifs. Il n'en reste plus que trois registres, et encore, le registre supérieur 
ayant perdu son sommet, les personnages qui y sont reproduits n'ont 
plus ni têtes ni épaules. Seul, le premier prisonnier de la rangée est 
à peu près conservé, grâce à sa posture accroupie (fig. 1). Tous les 
autres sont debout et vêtus d'une robe longue enveloppant les jambes 
et serrée à la taille (fig. 2). 

Au-dessous de ce registre, et le séparant du deuxième registre, 
est une inscription hiéroglyphique assez mutilée, dans laquelle 
cependant on voit qu'il est question des Hanebou : 




Fig. 1. Fig. 2. 



A _^e u. 



III ^ tt. l' 55^2^ /WWNA 



Ce seraient donc des peuples du Noj-d, situés au delà de la mer, à Chypre, sur les 
côtes de l'Asie-Mineure, dans les mers de la Grèce, que Horemheb aurait voulu repré- 
senter en cet endroit parmi les vaincus. Un peut douter de la réalité des succès remportés 
si loin de l'Egypte, aux « extrémités de la terre » ; c'est probablement une fiction de 
chancellerie à laquelle on ne doit attacher qu'une importance médiocre poin- l'histoire. 
Au deuxième registre, les prisonniers sont vêtus de même, mais la robe tombe 
moins bas, une partie en ayant été relevée et passée dans la 
ceinture (fig. 3). Le premier du rang est prosterné et dans 
un assez bon état (fig. 4). La jambe qui semble contrefaite 
ne l'est pas en réalité; ce défaut apparent est dû ;ï la présence 
de l'étofïe de la jupe qui traîne à terre, mais la ligne de dé- 
marcation entre la chair et l'étoffe manque; cet 
inconvient disparaissait quand les couleui-s existaient encore, et suppléaient à 
ce défaut du dessin par le contraste des couleurs. L'avant-dernier personnage 
de ce registre avait les bras relevés au-dessus de la tète; la partie postérieure 
de la coiffure et les lignes initiales du dos sont assez bien conservées (fig. 5). 
Enfin, vient en dernier lieu le personnage le plus intéressant. C'est une femme recdn- 
naissable à sa longue tresse et à sa chevelure. La tête en a été donnée par Pétrie dans 





Fie. 4. 




LETTRE DE M. BOURIANT A M. MAX MULLER 



43 



les Racial typea. La voici aussi fidèlement reproduite que cela m'a été possible (fig. 6). 
Entre ce registre et le suivant, ligne d'hiéroglyphes, où 
malheureusement on ne voit plus le nom du jieuple : 




-n- ^n ol \mmm #1 



^# 



> 



-]^ 



1 1 I I 



ft 



I I I 





Fis. 8. 



Au troisième registre, on apcn-çoit une file de neuf pri- 
sonniers debout. Les huit derniers portent la même robe que 
le premier, mais il est impossible de voir si le même ornement se trouve chez les 
autres, à la ceinture. Voici le premier entier (fig. 7) ; des autres je ne vous donnerai que 

la tête (fig. 8). Comme vous le voyez, les coitïuros 
diffèrent de l'un a l'autre, parfois assez sensible- 
ment. Le no 2 a la chevelure longue, massée sans 
bandelette qui la retienne, tandis que le second 
l'a courte, frisottée, également sans lien pour la 
serrer au front. Les n°^ 4 et 5 reproduisent res- 
pectivement des dispositions analogues à celles 
des n°^ 2 et 3 ; mais, à partir du n° 6, la bandelette 
apparaît sous diverses formes. Seul, le n° 7 a les 
deux bras liés au-dessus de la tête, dans la posi- 
tion gênante que les Égyptiens infligeaient souvent à leurs prisonniers. 

Sur la partie du mur située au delà de la porte, un seul peuple est représenté, mais 
traité en ami; il n'est ni enchaîné ni même relié au roi par la corde traditionnelle. C'est 
celui de Punt, dont les chefs apportent l'or, la gomme et les plumes de l'autruche. Le 
type de ces individus se rapproche assez du type égyptien pour faire croire à une com- 
mune origine; dans tous les cas, les chairs sont rouges, on peut encore le constater, et 
le vêtement même n'est pas autre chose que celui des Égyptiens, Détail curieux à si- 
gnaler : les chefs ne portent pas l'epithète de ^%i, dont on est si prodigue envers les 
autres. 

La chemisette des habitants de Punt est tantôt à 
col fermé, tantôt à col entr'ouvert, et quelques individus 
portent en outre une espèce de médaille pendue à une 
chaînette ou à un lacet : 

Pour finir, voici l'inscription cju'on lit au-dessus de ces prisonniers 



t> -^ 



D 



I I !<=:> I I I I .^.C^:^^^ 1 ^i l 



M 



?0 I 



^ lg> ® 



J4- 



AAAAAA 

AA/v^A^ 
I I I 



^ 1 



-JU. 



m 



3ûS 






44 UNE FONCTION JUDICIAIRE DE LA XII' DYNASTIE 



Tels sont les renseignements que je puis vous fournir sur le pylône d'Horemheb. 
Ils ne sont pas d'une grande importance : je le regrette, et je me tiens à votre disposition 
pour tous les renseignements ultérieurs dont vous pourrez avoir besoin à Thèbes. 

U. BOU RIANT. 



UNE FONCTION JUDICIAIRE DE LA XIP DYNASTIE 

ET LES CHRÉiMATISTES PTOLÉMAÏQUES 

l'Ail 

A. MORET 

Parmi les monuments égyptiens conservés au Musée du Louvre, se trouve une stèio 
funéraire, dont l'inscription nous donne quelques détails sur une fonction judiciaire peu 
tonnue. De forme rectangulaire et de petites dimensions, la stèle a été travaillée avec 
soin, et son calcaire blanc reste en parfait état de conservation. Huit lignes d'inscriptions 
verticales couvrent la partie supérieure; en bas, le défunt 'ss?^ V:> Didiou Sobkou, 
assis devant une table d'offrandes, reçoit les hommages de ses deux lils (1 (1(1 A/ue/i(, 
et I I Ousii-tasen, placés en face de lui. On ne trouve ni date, ni cartouche royal, 

ni indication de lieu ; mais les noms du défunt et de ses fils nous permettent d'attribuer le 
monument à la XIP dynastie; d'autre part, la suscription : « Féal vis-à-vis d'Osiris dans 
l'Amcnti, seigneur d'Abydos, et vis-à-vis d'Anubis Ap-hirou, seigneur d'AbydosV, » 
nous laisse croire que Didiou Sobkou n'avait pas sa résidence terrestre et funéraire loin 
du centre politique du premier empire thébain '. 

La stèle, qui n'a pas été inscrite au Catalogue, porte au Louvre le n*^ 251 ; elle a 
été reproduite avec fidélité par Sharpe ', et, non sans erreurs, dans la publication de 
M. Gayet '. Voici, collationné sur le monument et sur l'estampage, grâce à l'obligeance 
de M. Pierret, le texte des lignes 3 à G qui définissent la carrière politique du défunt. 
L'écriture est de droite à gauche. 



c^x^T' A/s/ww — » — fp\ 



(( Prince héréditaire, confident royal pour les enquêtes sur les hommes et pour la 
saisie des criminels; faisant monter les paroles (uu Pharaon), il a arrêté les dispositions 
de la loi à leur venue. Le préposé aux appels, Didiou Sobkou. » 



l.Ugaesl-.:()'^(](]^J^etc. 

2. Dans l'ouvrage de AlAUiiirii:, Les Monuments (/'Ahi/dos. p. 515. n° lo42, je trouve uue table d'offrandes 
dédiée à un « Préposé aux appels ». appelé aussi Didiou .Sobkou : >< au double du féal vis-à-vis du roi, priuce 

héréditaire, chancelier, ami unique. » q j ^^\ \> (Enceinte du nord, Kom es Sultan). 

3. S. Sharpe, Erjyptian Inscri/dions /'rom r/ie lirltislt Muséum and other sources, p. 99. 

4. E. Gayet, Stèles de la Xfl' dt/nastie, dans la Bihliodicque de l'École des Hautes- Études, 66' fascicule, 
à la planche LX. 



UNE FONCTION JUDICIAIRE DE LA XU' DYNASTIE 45 



AïKilysoiis chacun do vos termes pour définir le nombre et le caractère des fonctions 
dont était investi Didiou iSobkou. 

Je n'insiste pas sur le titre de n "=^ ; il indiciue seulement, ici, une qualité nol)i- 
liaire ae(|uise par la naissance. Didiou Sobkou était par son origine un grand personnage 
îéoi\i\\, prince héréditaire Q\\ chef en premier. Ce qui nous intéresse, ce sont les fonc- 
tions ;'i lui confiées par le roi. 

La première est celle de 1 ,^^^^^^^,^^ . Le signe °*=*S ineli est très visible sur l'original ; je 

renonce donc au groui)e 1^ que donne M. Gayet. Il faut considérer °^ comme une 

abréviation' de l'expression fort connue 1 = ^ « celui qui emplit le cœur du roi », 

lojacori, ou le confident royal, qui se retrouve en particulier dans la stèle C 2 du 

Louvre ', monument daté de l'nn 9 d'Ousirtascn I" et peut-être contemporain du nôtre. 

Le titre de confident royal désignait plutôt un degré de la hiéracliie qu'une fonction 

déterminée : il fallait qu'un autre titre précisât le caractère spécial du confident; c'est 

ainsi que plus tard nous trouvons des officiers et des archivistes du i^ang de confident 

r „ ^ ^.1^ ^ ^^■'; à la cour des Ptolémées, on fera 

—H— >=/] I I I <ci r-^-^ I <:=:> ^ 1 1 I I -o ^^-^ I 
aussi siuvre le nom de certains fonctionnaires du titre -zw oiÀcov *. Dans la stèle C 2, le 

titre est précise par une formule en V\ : i rf=i„ Vv i^^ yb " confident 

royal pour les régions du Sud »; dans notre sièle nous retrouvons la formule en V\ : 

1 A^^<^]]fl-^,?,^^S J^?ê- '^ '^^'^' ^^^^' "°^'^ conjident 



royal était-il préposé? 

a) Didiou Sobkou est confident royal pour les enquêtes sur les hommes 



Ip û ^ . Le sens d'enquête du mot ]|: est justifié par l'emploi de ce 

terme dans les différents papyrus judiciaires; au Papyrus Abbott, en particulier, ce mot 
désigne les enquêtes faites par les magistrats pour découvrir les tombes violées; il y est 
mis en parallélisme avec le mot [ 1 (] qui exprime la même idée d'examen, d'enquête '. 



— Or, les magistrats qui participent à ces opérations judiciaires se déplacent de leurs 
personnes, vont sur les lieux. Nous conclurons donc que Didiou Sobkou était un enquê- 
teur ambulant, obligé par les devoirs de sa charge à faire des tournées judiciaires à 
travers l'Egypte. 

Reste à savoir si, au cours de ce s tournées. Didiou Sobkou faisait acte de juge. La 
seconde partie de la phrase ^ r^ J "^^ ^^^^"^ renseigne â ce s-^ujet. Le mot 

^ ^ est la forme causative de la racine , cn1\ /s . \J\\\ X^ L^, qui a donné 



/WVNAA 



1. Le groupe s'écrit habituellemeut I "^ et s'abrège en T^ ; mais, dans les mots composés 
avec le cœur ^ , il peut arriver, quand l'expression est très usuelle, que le signe ^ disparaisse sans que 
l'expression penle son sens composé premier. Tel est le cas pour (1 ;^;;;^ "^ qui peut s'écrire (] 

h ^ ifS) I AAA/W\ I I 

Cf. A. MoRET, De l'ea; pression M w^ ^. dans le Recueil de Tracaux, t. XIV, p. 123, note 3, c et d. 

2. E. Gayet, loc. cit., pi. h, 1. y-lu. 

3. Mariictte, Monuments diccr.--, pi. IX, 1. 3 sqq. 

4. Pap. Louore, n° 36. 

5. iVlASPiiKO, Une Enquête judiciaire à T/iébes (étude sur le Papyrus Abbott), p. TJ. 28. 31, etc. Cf. Pap. 
Boulaq, IV, 21/18. 



46 UNE FONCTION JUDICIAIRE DE LA XIP DYNASTIE 

le copte g^e T., gei M. =^ cadere, incidere in cdi(juid; cette racine, développée avec la 
dentale, prend le sens de a fondre sur..., enfoncer par une charge... ». ainsi que l'a 
démontré M. Maspero \ La forme causative doit donc nous donner : « faire tomber sur, 
faire saisir. » Didiou Sobkou est ainsi chargé défaire sa/sù' les coupables^ En matière 
judiciaire, qui dit coupable dit homme jugé ou à juger immédiatement : il semble donc 
assuré qu'un magistrat tel que Didiou Sobkou siège en un trilnmal. où, après enquête 
faite et justice rendue, il ])rononce et fait effectuer la saisie des condamnés. Notre 
enquêteur ambulant est donc aussi un Juge. 



b) Mais il a d'autres fonctions, définies par la ])luase ûSjiî — 

La traduction de aîrj^A^^ « faisant monter la i)arole » n'est pas douteuse, 

mais encore faut-il savoir quelle est cette parole. La stèle d'Anlouf. nu Louvre, nous 
parle de personnages qui « font monter la parole des hommes » l<rr>'^^| ^-p^ voi 

S\] Qo\\\\J\^£::i^ cil 

JUi ': c'est donc la ])arole (ou \' appel) des hommes ( o^i ) (pie Didiou Sobkou inspecte, 

(pi'il doit (( faire monter » aupiès de (pii de droit, c'est-a-dire du Pharaon. Ainsi la 
stèle C 26 confirme le texte que nous étudions: de plus, coninn' elle spécifie qu'Antouf 
est en tête, v\ ^ \ de ces transmetteurs d'appels, nousai)i)renons du même coup que 
ceux-ci formaient une catégorie de fonctionnaires royaux, placés en bon rang tout près 
des annbîtiou '-' Vh^i '. Il suit de là que Didiou Sobkou ne doit ])as être considéré comme 
un agent isolé à la cour égyptienne, malgré le peu de documents que nous ayons con- 
servés sur ces enquêteurs royaux. 

Le dernier membre de i)hrasc établit enfin que Didiou Sobkou et ses pareils ne ser- 
vent pas seulement d'intermédiaires dans ce service des appels: ils formulent eux- 

mêmes, au nom du souverain, les réponses : <==> ^ ® t i ^ v>v« M 

A ■— '•'-I ^^~> <=> «=r> U -^ u A _Zi W I 
(( il arrête les dispositions de la loi à sa venue (de la i)arole. de l'appel). » Le sens de 

<=> u clore, cesser, terminer » est bien connu, et je le rends ici par le terme admi- 

nistratif (( arrêter » ; mais le sens de ; i)eut offrir des doutes à cause de l'ortho- 

o-raphe étrange de ce mot. On ne saurait vo ir d ans re groupe qu'une forme rare ou fau- 
tive de « faire connaître », ou de « tracer des plans ». Je me décide 

pour la forme à cause d'un passage du Papjjrus Prisse\ où notre locution se 



"^'^ fl^^ ^^ • " ^^ gouverneur parle à ses enfants, après qu'il a arrêté les destinées 
des hommes... » Ce passage a d'autant plus de valeur pour l'interprétation de notre titre, 



1. Le Papyrua do Berlin n' 1, dans les Mélanges d'Archéolofjic. 1877. n» 10, p. 1.37. n. 2. 

2. Cf. le passage de la stèle C 2fi du Louvre, 1. 17, où il est dit qu'Antouf ITi ^ - ^ j\ ^, v^ 

h \\ ^=-=^ Mii w y v\ V^ '^^^ M?i « fond sur le voleur lorsqu'il vole les serfs et le 

misérable ». 

:^. Stcle C 26, 1. 5, dans Gayet, Ion. cit., pi. XVIII. 

4. Ihid.. 1. 5. 

ô. Ibid., 1. 4. 

(). PI. II, 1. 3-4. dans Virey, Études sur le Pap. Prisse, p. 22. 



UNE FONCTION JUDICIAIRE DE LA XII" DYNA-STII-: 47 

que 1<? gouverneur dont k^ Papyrus P/'issc rappelle ici les fonctions' est le juge par 
excellence dans raclniinistration pharaonique. Aussi traduirons-nous : Didioii Sobkou 
« arrête les dispositions de la loi à la venue des appels » ; en d'autres termes, ses déci- 
sions font jurisprudence. 11 est juge d'appel, de même qu'il est juge en première instance 
au cours de s(^s tournées. 

c) Le dernier titre de Didiou Sobkou est : ] X ,^ . Si l'on se réfère au cojjtc 
jgiiti, ujme, (jud'/'e/'c, iiujuii'crc . interrogare, visitare, on peut traduire ce titre, suivant 
qu'on lui donne un sens actif ou passif, soit par « préposé aux appels », soit par « pré- 
posé aux erKjuctes )) '. — Oi', Didiou Soljkou mérite l'une et l'autre de ces appellations : il 
fait des enquêtes et juge les appels; d'ailleurs, par le fait même qu'il répond aux appels, 
il doit faire des enquêtes. Ce titre ne saurait donc désigner un ofïice nouveau; c'est 
plutôt une dénomination générale qui résume l'ensemble des fonctions du défunt. Aussi 
choisirons-nous la traduction qui offre le sens le plus étendu : « préposé aux appels, o 

Il nous reste à définir le caractère des fonctions dont nous venons d'énuméi-er le 
nombre. Didiou Sobkou est un délégué du roi dans l'administration judiciaire : or, 
n'est-il pas remarciuable qu'il n'ait aucun des titres ordinaires des magistrats? D'autre 
part, il n'est fait aucune allusion à des tribunaux autres que le sien; on dirait (|ue le 
défunt ignore cju'il existait en Egypte une administration régulière de la justice. Cette 
administration nous est cependant révélée par les Papyrus judiciaires. Les enquêtes, au 
Papyrus Abbott, sont menées par six magistrats différents sous la haute direction du 

TfZjf et d'un =^ ■' ; le jugement est rendu dans le tribunal des '=^ v\ ^ ^ * ; 

<rr>^ \V>^ I û ©Ci ... >m c I I I 

au Papyi-Hs de Bologne n" 1086, on saisit a peu près le mécanisme d'un appel du tri- 
bunal du (i^ , à celui des '=>^^\ '-' ^ û\ Didiou Sobkou échappe à ces catégories 

de magistrats : nous conclurons qu'il est hors des cadres ordinaires. En qualité de Io<=>< , 
il exerce une charge essentiellement royale, il est un agent du pouvoir central en oppo- 



1. Inversement, la stèle 251, par l'expiicatioa de la formule ,_„^ 



, peut servir à 
une interprétation plus satisfaisante du passage cité du Papyrus Prisse. Après avoir se vèremeut qualifié l'homme 



voir sévère 
qui, par fierté, refuse de parler aux autres, le texte ajoute . ^\ "O" A ^\ ^\ v\ S) ^ 

J^ Jl Jl ^°=^^ 1 /WWVA L=3 ,JU. ® AAAAAA Jl W Ci <2>- O I ^^ ^ ^ -^ 



jQ AAAAAA (i^SS/ I 

1 r^ii' JS&> *^.=^^:> 1 r I I i_Mi© ^<=>^-=^^/^^<=^Us==3| I I JH^ m\ III 
<< iNe rends pas impas-ible le cœur de les enfants, instruis ceux qui seront à ta place : on ne connaît point 
l'avenir, si le dieu s'y oppose (par son silence). Lorsque le gouverneur parle à ses enfants, après qu'il a arrêté 
les destinées des hommes, ils en tirent profit... » Cf. Virev, loc. cit., p. 21-23 : « Que le chef parle k ses 
enfants, apr ès qu 'il a accompli la condition humaine; ils se feront honneur..., etc. » D'autres exemples de 

l'emploi de dans le sens de « dispositions de la loi » sont donnés par le Papyrus Prisse; cf. l'édi- 



tion "Virev, p. »9, 58, 5"J. Enfin, au décret de Canope, le mot I <::z> {texte kiéroyl.. 1. 12) traduit le mot grec 
ypT,}jia-:iTjjiô;, « acte officiel » [tejcte yrec, 1. 22-23), et dans les Papyrus grecs, « décision judiciaire ». 

9A/\AAAA 
, plainte jadici.airc, ci. In.'^cription d'Ouni, ap. ER>r.\N, Zeitsehri/'t, 18S2, p. 10. 

3. Masphro, Une Enquête Judiciaire à T/œbes, p. 81 et 83. 

4. Ibid., p. 51 sqq. 

5. Pa/j. de Boloyne. 1066, pi. I, 1. 14, à pi. II, 1. 1-5. — Sur l'importance des rôles du youcerneur et des 
qonbUiou en matière judiciaire, cf. Spiehei.uerg, Studien und Materialien zum Ree/itsœesca des Pharaonen- 
reiches der Dynastie 18-21. 



48 UNE FONCTION JUDICIAIRE DE LA XIP DYNASTIE 

sition voulue avec les magistratures locales des villes et des nomes, et son prestige 
personnel est d'autant plus considérable qu'il sort de la grande noblesse féodale. 

Ceci établi, comment expliquer l'existence de cette magistrature d'exception en 
Egypte? A cette question, nous trouverons plus facilement une réponse si nous exami- 
nons une institution judiciaire analogue de l'Egypte ptolcmaïque. 

Cet appel au roi, dont nous constatons la présence par ces courts textes de la 
XIP dynastie, était très fortement organisé en Egypte au temps des Lagides. Les textes 
grecs nous montrent le souverain comme un juge suprême auquel ont recours toutes les 
classes de la société : prêtres (insci'iption de Phihc), prêtresses (atïaire des Jumelles^), 
simples particuliers'. Aussi devons-nous accepter le témoignage des auteurs qui nous 
disent que donner audience {■/c,r^ix'x-Mz:v) était une des ])lus absorbantes occupations du 
souverain en Egypte '. 

Le souverain recevait lui-même les plaintes dans sa capitale, Alexandrie. Mais il 
devait souvent déléguer les moindres affaires â ses ofïicici-s, et, d'ailleurs, ne pouvait se 
transporter de sa personne partout où il eût été nécessaire. Depuis le règne de Ptolémée 
Philadelphe *, on constate rexistence de juges extraordinaires, appelés, du nom même 
de l'audience royale. /pr.fjiaT'aTa'., les chrématistes \ 

Ces fonctionnaires, les documents grecs nous les représentent comme pourvus de 
pouvoirs analogues à ceux de Didiou Sobkou. 

a) Ils vont de ville en ville faire des enquêtes au nom du roi; ce sont des Juges am- 
bulants^, qui, l'enquête faite, siègent au tribunal et prononcent la sentence. 

b) Dans ces enquêtes, ils se chargent de transmettre les appels au roi. A cet effet, 
ils laissent un vase sur la place publique, où chacun peut secrètement déposer sa 
plainte'. — Mais ils jugent aussi ces appels, car les ])articulieis demandent au roi de 
confier leurs causes â ses chrématistes*. 

c) Leur juridiction et leur procédure paraissent être tout à fait indépendantes de 
celles de l"Apx.tS'.-/.ajTv;;, de r'AYopavôao; ct dos .Vao/.pÎTa-., jugcs ordinaires de l'administra- 
tion ptolémaïque '. 

Ainsi, sur tous les ])oints essentiels de leurs attributions, il y a analogie certaine entre 
les fonctions d'un \ X et celles des chrématistes. Or. la raison d'être de ces 

magistrats hors cadre à la cour des Ptolémées a ete fort bien expliquée par M. Brunet 
de Presles" et M. Lumbroso". Les Ptolémées semblent avoir conservé les lois locales et 



1. Papyrus (jrecs du Lourre. dans Notices et Extraits dc.-t Manu:<rrtts, t. XVIII; Papyrus n°' 22, 23, 24, 
26, 29, etc. 

2. Ibid., Pap. 35; Maspeho, Du Genre épistolaire, p. viii. 

3. PoLYBE, V, 81; XV. .31. 

4. Aristée, édit, Schmidt. p. 34. 

5. Le rôle des chrématistes a été excellemment défini par Pevron, Papijri r/ra-ci RcqH Taurinensis 
Mnsei yEgtjptii. p. 91 à 101. 

6. Peyron, loc. cit., Pap. 3, L 24. 

7. Ihid., Pap. 2,1.5: Pap. 3. I. 24 et 34. 

8. Pap. Louore, n» 14; Pap. Turin, IIL 

9. Cf. LuMBHOSO, Recherches sur V Économie politique de l'h'rjij/ite -fOUS les Lagides, chap. xiv, p. 235 sqq., 
et Peyron, loc. cit., p. 94 sqq. 

10. Notices et Extraits, t. XVIIl, p. 353. 

11. LuMBROso, loc. cit., p. 184 sqq. 



UNE FONCTION JUDICIAIRE DE LA XII' DYNASTIE 49 

les juges indigènes dans leur administration de l'Egypte. A ces juges (Xaoy.p(xat) et à ces 
lois indigènes (x^ x'-'P^^ vô|jlo'.) ils ont voulu opposer, sans violence, mais adroitement, 
des juges royaux grecs et des décrets royaux, un personnel et une jurisprudence (xp^ii^i*- 
x'.Tijio;, tî/T)«p((Tfjia-x, rpojxiY(j-3txa) dévoués à leurs intérêts. C'était, nous dit Aristée\ dans le 
but d'accélérer l'expédition des affaires judiciaires; il n'est pas défendu do penser que 
c'était surtout pour affermir l'autorité du pouvoir central vis-à-vis des administrations 
locales. 

De même, nous verrions volontiers dans les « Enquêteurs » de la XIP dynastie les 
représentants de la monarchie centralisatrice des Pharaons dans sa lutte contre les 
familles féodales. Les rois du Moyen-Empire thébain devaient avoir vis-à-vis des 
n "^ , parfois si puissants', des craintes autrement fondées que les Ptolémées vis- 
à-vis des Xaoxp'xai. Pourquoi nous étonner qu'ils aient songé à faire mieux connaître la 
loi royale et à déveiopperV appel au i^oi, cet instrument favori de domination de toutes 
les monarchies centralisatrices? Les « Enquêteurs » de la XIP dynastie, les Chréma- 
tistes ptoléma'iques ne font-ils pas songer aux « Legati » d'Auguste, aux « Missi domi- 
nici )) de Charlemagne% aux « Enquesteurs royaux » des premiers Capétiens, aux « Juges 
itinérants » des premiers rois anglo-normands ? Partout les souverains ont pris les mêmes 
précautions contre un même danger. 

Pour en revenir à l'Egypte, nous conclurons que, dès la XIP dynastie, la monarchie 
pharaonique possède, par l'institution des « Enquêteurs royaux ou Préposés aux appels » , 
un des moyens les plus puissants de centralisation. La comparaison des textes égyptiens 
avec les textes grecs nous a permis de mieux comprendre le caractère et l'importance 
de cette fonction judiciaire. D'ailleurs, cette ressemblance, si frappante entre les Enquê- 
teurs pharaoniques et les Chrématistes doit s'expliquer par un emprunt des Ptolémées 
aux Pharaons : après avoir conservé presque intacte l'administration égyptienne de 
l'armée et des finances, les Lagides ont-ils pu renoncer à l'institution ancienne qui leur 
permettait d'absorber la meilleure part du pouvoir judiciaire? Nous ne le pensons pas, 
bien que les textes nous manquent pour établir la survivance de l'institution des En- 
quêteurs à travers les siècles qui séparent la XIP dynastie des Ptolémées. Aussi gardons- 
nous l'espoir de retrouver les preuves de cette survivance, soit par la découverte de 
documents nouveaux, soit par une meilleure utilisation de ceux que nous possédons 
déjà*. 

Annemasse, septembre 1894. 

Alexandre Moret. 

1. Édit. Schmidt, p. 34. 

2. Cf. Maspero, La grande Inscription de Béni-Hassan (Recueil de Travaux, t. I, p. 179 sqq.). 

3. Peyron, loe. cit., p. 99. 

4. Pour le développement et la confirmation par d'autres textes des idées ici exposées, je renvoie à un 
article intitulé : L'Appel au roi en Egypte au temps des Pharaons et des Ptolémées, qui paraîtra dans les 
Actex du X' Congrès des Orientalistes. 



RECUEIL, XVII. 



50 ÇA ET LA 



GA ET LA 



PAR 



E. Chassinat 

I. — Les textes du temple d"Edfou, actuellement publiés ou en cours de publication, 
fournissent un nombre relativement élevé d'exemples, — j'ai pu en relever quarante 
environ, — d'une forme du pronom féminin de la première personne du singulier, dont 
je n'ai rencontré, jusqu'à présent, la mention nulle part. Ce pronom, ainsi écrit, <^, 
semble, autant qu'il m'a été possible de m'en rendre compte en parcourant les textes de 
basse époque en ma possession, s'être localisé surtout à Edfou, et même, plus spéciale- 
ment, dans quelques-unes des chambres situées à l'est du sanctuaire, dont la décoration 
est l'œuvre d'un petit nombre de sculpteurs, sinon d'un seul, à en juger par le style des 
hiéroglyphes. 

Tous les exemples sur lesquels mon attention s'est portée font partie de ces courtes 
formules mises dans la bouche des dieux, en réponse aux prières et aux offrandes que 
leur adresse l'officiant, roi ou prêtre, — le premier dans la plupart des cas. Ces légendes 
sont presque toujours construites sur le môme modèle et, jusqu'à un certain point, iden- 
tiques de sens, de telle manière que le simple rapprochement de quelques-unes d'entre 
elles suffirait, en quelque sorte, pour démontrer suffisamment la relation qui existe entre 
la forme normale du pronom féminin I, J|, J|, et celle que je propose de lui assimiler. 

Les exemples qui suivent rendront ce fait encore plus évident. 

1) Anouqit dit au roi : \\ ^<if^ :^rTz « Je refoule' le Nil pour rendre 

florissantes tes terres. » {Edfou, Me. 3g, 6.) 

2) SoPDiT dit au roi : ;i^^ i (^ > -^^^ ^ « Je fais jaillir pour toi le 

Nil en abondance à son époque. » {Ibid., Me. 3g, 3. ) 

5) Mehit dit au roi : ^^> A^ _^T fll^ ^ "^-^ ^ « Je t accorde 

que tes ennemis tombent dans ma foss(^ à feu où je brûle les os de tes adversaires. » 
{Ibid., Me. Ig, 3.) 

4) H\THOR dit au roi : °^ P«^ Q B ) « Je m'enroule sur ta tête comme [je 
m'enroule sur celle du] Seigneur universel. » {Ibid., Ls. 3g, 18.) 

5) Mehit dit au roi : ^ <=. il V fil ^^ '^^ « J^ ^^°ce mon feu pour 
brûler quiconque s'élève contre toi. » [Ibid., Me. Ig, 7.) 

6) Hathor dit au roi : '^ ^'^îll^flPn^ r.,., « Je donne mon assentiment pour 

/www <r:> 1 1/1111(2 Cii 111 /ri.-^ AT 

que tu gouvernes les deux moitiés et que tu règnes sur les contrées. » {Ibid., Mn. 3d, 15.) 



1 Le verbe (j , anq, forme jeu de mots avec le nom de la déesse Anouqit, Anqit. La traduction en 

est assez délicate, car il est remplacé quelquefois par un autre verbe M /wwv\ embrasser, etreindre. Cette 

variante parait indiquer que les Égyptiens avaient, sur l'étymologie du nom de la déesse de la cataracte, deux 
conceptions difïérentes. Dans l'une, ils voyaient en Anouqit celle qui resserre le fleuve entre les rochers de 
la cataracte; dans l'autre, comparant sans doute ses fonctions avec celles de Sothis, à qui l'on attribuait la 
crue du Nil, elle repoussait, refoulait le fleuve vers le nord pour produire l'inondation et recouvrir les terres 
de l'eau fécondante. 



ÇA ET LA 51 

7) Mkhit dit an roi : (? ] [1 ii<^ Qc:» « Je brûle tes adversaires sur mon 
autel. )) {IbicL, Jo. Id, 24.) 

8) Nephthys dit au roi : ^1^1^ |®|^l " J'*"^^^'^ ^^^ royautés pour 
l'éternité. » {Ibi'd., Jn. Id, 15.) 

9)SAFK„,T-ABomditauro,:r"^l(ir"^&Bffff^J^^..Jegrave 
' ® ^ <=> T 1 1 lll<c=:> o o I AAAAAA <cz= <=r> W 
tes royautés pour la durée des périodes solaires et pour les années de Toumou, en pos- 
sesseur de la double couronne. » (Ibid., Ln. 3d, G.) 

10) Isis dit au roi : \^ 1 )/« ^==^ « Je t'accorde la vaillance 

de mon fils Horus. afin que tu régisses son trône a 1 élat de juste de voix. » (lora., Ln. 
3d. I, 10.) 

lî) NouiT dit au roi : ^ ^ \ ]L '^''^ ^ « Je te donne les ardeurs 

de celui qui sort de moi, afin que tu gouvernes les deux terres sur son trône. » [loia., 
Mn. 3d, 22.) 

12) Isis dit au roi : A J ^ ^ J J ^^^^^ 2 "^^^ a ^ ^ " J'accomplis ta pro- 
tection sa et je renouvelle ta sauvegarde, comme j'ai fait pour mon fils Horus. » {Ibid,, 
Mn. Id, 23.) 

13) Tanenit dit au roi : '^^^~^ ^ J ^^ ^f" J P ""^ i " J'exerce ma protec- 
tion sur toi en vie, santé, force: je te protège comme Rà. » {Ibid., Co. 3d. III, 10.) 

14) Isis dit au roi : A J ^ %, y ^ i « Je donne que ton amour 
soit [au cœur] de tous les humains, comme l'amour de mon fils est en mon cœur. » 
(Ibid., Co. 3d. V, 6.) 

la) Nephthys dit au roi : ,r^ r „ oUaaa/wv ri « J'agrandis ta 

vaillance et je rends fermes tes deux bras, comme j'ai fait pour le fils d Isis. )) [Ibid., 
Mn. 3d, 18.) 

Je pourrais multiplier les exemples, mais je craindrais, en les citant tous, d'abuser 
de la patience du lecteur; je me contenterai donc de renvoyer à la publication de M. de 
Rochemonteix, Edfoii : Co. Id. Il, 17; Co. 3d. II, 12; Ce. 3g. I, 9-11; Ce. 3g. II, 13; 
Dn.3g, 10; Jo. Id, 17; Jo. 3d, 17; Jo. 3d, 11; Je. 2g. 8; Js. 3g, 11; Ke. 3g, 8; Ks. 2^, 
14; Ls. 3g, 1; Me. 3d, 3; Ms. 2g, 22; Ms. 3g, 11; Ns. Ig, 19, et passim. 

Avant de discuter l'origine possible de cette forme, je tiens à répondre à une objec- 
tion qui pourrait m'être faite sur l'interprétation des exemples commençant par le verbe 

û D. On pourrait, en efïet, supposer que ^^ n'est qu'une forme construite du verbe, 

telle qu'on la rencontre fréquemment, et non, ainsi que je le crois, le verbe donner, con- 
jugué à la première personne du féminin singulier. Cette critique, que je me suis adressée 
au début de mes recherches, ne peut être soutenue, dans le cas présent, devant les textes. 

Le verbe à û, comme les autres verbes, est toujours, dans ces courtes légendes, suivi 

immédiatement du pronom, sans aucune addition de particules de liaison, si l'on excepte, 
bien entendu, les formes en '^^^^ qui sont très fréquentes. 

Deux hypothèses, toutes deux acceptables à divers points de vue, peuvent expli- 
quer l'origine du pronom q. Dans la première, nous aurions affaire à une forme rare ou 
ancienne, dont le souvenir s'est perdu en copte; ou, encore, à une sorte de déterminatif 
de genre n'influant aucunement sur la prononciation, comme on en trouve déjà des 



52 ÇA ET LA 

exemples vers la XIX® dynastie, et dont l'emploi devint commun, plus tard, sous les 
Ptolémées. La seconde admettait simplement une faute de scribe due à la ressemblance 
qui existe entre le signe hiératique du o et celui de la femme J| , surtout lorsque ce 
dernier n'est pas surmonté du point caractéristique. J'inclinerais assez volontiers, pour 
ma part, vers la première hypothèse, en voyant dans c^ une forme archaïsante d'un 
pronom (1 ci it^ féminin de (1 , abandonnée de bonne heure, puis employée de nouveau, 
peut-être accidentellement, à l'époque ptolémaîque, au milieu d'anciens textes recopiés 
par les maîtres décorateurs du temple. Il serait, en effet, facile de citer à l'appui de 
cette thèse différents textes ou fragments de formules extraits de livres anciens retrans- 
crits aux dernières époques de la langue, donnant des formes grammaticales ou des mots 
depuis longtemps disparus de la langue courante. 

Mais je dois reconnaître que la plupart des exemples s'opposent, pour le moment du 
moins, à une conclusion semblable. Il vaut donc mieux, tout en faisant une réserve en 
faveur de la première supposition, admettre la possibilité d'une faute, d'autant plus que 
celle-ci est pour ainsi dire fatale. Nous nous trouvons, en résumé, en présence de ce cas, 
malheureusement trop fréquent, où le nombre des exemples ne peut être utilement in- 
voqué, car tous ceux que je puis donner se trouvent réunis dans un réseau assez restreint 
et sont, de ce fait même, exposés à renfermer la même faute. 

L'indication, môme vague, d'un support vocaliquc, aurait pu trancher la question; 
mais elle nous fait entièrement défaut. C'est à peine si une variante unique, i ci. dans une 
phrase où Safkhitabouï répond au roi : ^'^IH^ ^ Lfl J Lll J Lfl J ( Edf. , 

Ln. 3d, 2), rend possible la lecture it = (1^, forme féminine de (1. Mais, là encore, l'in- 
décision subsiste : i o n'est peut-être qu'une fausse transcription de i J| = /. D'autre part, 



A/VSA'W 



le parallélisme qui existe entre les deux membres de phrase y a^^aaaa r]y V^ (ibid., 

Mn. Id, 23) et y ~wwv H [ibid., Mn. 3d, 18) donne l'équation i = ^, qui équivaut 

§ I Q I il Ç) r\ ç\ 

presque à la certitude de l'identité des termes ci i= i = (1 = Jlj = ï. Il y a donc de fortes 

raisons pour conclure à une fausse transcription. Le seul argument valable, du moins 
superficiellement, qui s'élève contre ce fait, est que, dans beaucoup de ces textes, le 
scribe a employé tantôt J| , tantôt ^, et qu'il semble peu naturel qu'il ait parfois dis- 
tingué les deux formes cursives, tandis qu'à deux ou trois groupes de distance, et sou- 
vent moins, il les ait confondues l'une avec l'autre. En outre, un monument récemment 
acquis par le Musée du Louvre, la statuette en bois de la prêtresse Touï, datant de la 
XX® dynastie environ, porte une forme du pronom absolu anok, suivi du <=> du féminin : 

'^zi^n 1 jj ^^. Faut-il, ici encore, déclarer le texte fautif et transcrire ^^ z^Jl^ Wl^ 

L'incertitude est aussi grande dans un cas que dans l'autre, qu'il s'agisse de o ou de 
Mais si, en principe, on admet la faute dans les conditions énoncées plus haut, il 



devient impossible de ne pas appliquer le même procédé de critique partout où 1 on 
constatera la présence de la forme anormale. 

Quoi qu'il en soit, toute conclusion me paraît, pour le moment, prématurée. Les 
exemples, tels que nous les connaissons, font pencher tout naturellement vers la solution 
la plus simple, — et aussi la plus facile, — celle d'une faute, mais sans pourtant, à mon 



ÇA ET LA 53 

avis, écarter dëfinitivement la possibilité d'un àTra; XîYOjiEvov. Il faut attendre (jue d'autres 
textes plus nets viennent nous mettre sur la voie exacte. 

II. — La lecture proposée par M. V. Loi'et pour le groupe ^^= -I^ {Recueil de 
Travau.r, XVI, p. 37) se trouve confirmée par un exemple très net, provenant du temple 
d'Edfon, Vestibule central, paroi sud, 3^ registre. En voici le texte et la traduction : 

(5 / I lill jT I / Sa OîlJ I ^^^A/vv.C^ V r^J-^ I X A^^AA^■V^^U=^>i^l I I _2^ 



1\ !.«•''' 



^^ /wvvAA (<^^'wv>AA /wwNA (( £)j(^ pj) p \ç^ dicux d'Edfou issus de Rà, les 

enfants qui se transforment en Atoumou mystérieux dans leur Daït, sur la montagne 
occidentale, au sud de Tas-Horou, — ceux dont le corps est disposé à l'intérieur de leur /ct»«.vf«fr<»»^ 
To-djosir, et dont l'âme est près d'eux. » "^Tf fT>/<''^'%, ^ 

III. — Les Égyptiens plaçaient, dès- la plus haute antiquité, le séjour de leurs morts ijiwJ^ /a»-*'*''^^ 
dans les îles de l'Océan, qui, croyait-on, environnait l'Egypte et le monde alors connu , 

ou bien, encore, dans des contrées mystérieuses et presque inaccessibles où l'homme 
n'avait pu encore pénétrer que difficilement. Lorsque, par suite de l'extension des con- 
naissances géographiques, le site de ces localités funèbres s'éloigna du monde terrestre, 
plusieurs d'entre elles conservèrent le nom que leur attribution primitive leur avait 
valu. Le fait a été démontré par M. Maspero pour les oasis d'El-Khargèh (la Maxàpwv vf^ao; / 
d'Hérodote) et de Dak hel (^^ ^°1 )\ Il en était de môme pour une partie de la côte / Cct^^rCr 
de la mer Rouge, le | , la terre divine, qui avait reçu le nom de Terre des Mânes /(ct^Hî ."^ . 

ou des Bienheureux, =?ïî='^^ v J) J) J) • **^- " ' ''• • '^"^ 

Un passage de Pline [Hist. nat. , XXXVII, 9) semble se prêter à une interprétation 
semblable. Cet auteur rapporte, d'après Juba, qu'une île de la mer Rouge, située près de 
la chaîne Arabique et voisine d'une autre île d'où l'on tirait des topazes \ portait le nom 
d'iLE DES Morts : « Insula Rubis maris ante Arabiam sita cjuœ Necron vocetur, et in 
ea quœjuxta gemmam topazion ferai \ » 

Le nom Insula necron me paraît correspondre à la vieille forme égyptienne 
^» \j^W| '^ qui servait à désigner les lies de l'Amenti. J'ajouterai même qu'il faut / 
peut-être voir dans cette île le lieu fabuleux où l'auteur du Conte du Naufragé fait //fu/»**'^ 
aborder son héros. On se souvient en effet que I'Ile du Double se trouvait au milieu de i 
la mer de Pouanit, car c'est en se rendant aux mines du Pharaon ( ^)' — i^ s'agit 
évidemment des exploitations minières de la. Nubie, — que le vaisseau qui transportait 
l'expédition fit naufrage. Il n'y aurait donc rien d'impossible à ce que le scribe ait voulu 
faire allusion dans son récit à une île analogue à V Insula Necron ou à sa voisine, 
Y Insula Topa^os. 

IV. — Une petite stèle en calcaire, conservée au Musée du Louvre (1^^ salle du 
Sérapéum, n°'' 291-3857 — Apis mort l'an 34 de Darius), trouvée par Mariette, le 



1. Maspero, Études de Mythologie et d'Archéolofjie égyptiennes, II, p. 421. 

2. E. ScHiAPARELU, Una Tomba cgiziana inedita délia VY" dynaslia, p. 20 et passirn. 

3. L'île de Cytis. Pline, loc. cit., VI, 34; XXXVII, 32. 

4. Pline, loc. cit., VI, 34; XXXVII, 32. 



54 ÇA ET LA 

25 février 1852, à l'extrémité nord des petits souterrains du Sérapéum, nous montre 
combien encore, à l'époque saïte, le culte des vieux rois de la IV« dynastie et des anciens 
temples de Saqqarah, leurs contemporains, était vivace'. 

Cette stèle a été citée incidemment par M. de Rougé dans ses Recherches sur les 
ManiuDcnts qu'on peut attribuer aux six premières dynasties de Manéthon, p. 53, et 
par M. Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient classique, I, p. 337; mais le 
texte n'en a jamais été publié. 

{sic) 

On pourrait peut-être se demander, sans trop d'invraisemblance, si les statues de 
Khéphren, dont l'entretien était confié aux soins des deux prêtres que mentionne cette 
stèle, Psamitik-Monklîou et Psamitik, ne sont pas celles que Mariette a découvertes dans 
le petit temple situé près du Sphinx. 

V. — De nouveaux exemples sont venus appuyer et rendre certaine la lecture que j'ai 
attribuée au signe <: tW {Recueil de Travaux, XIV, p. 193); je me serais donc dispensé 
de revenir sur ce sujet s'il ne m'avait paru intéressant de signaler une nouvelle forme 
graphique de ce signe, ainsi faite ,^ , que l'on pourrait facilement confondre avec 

y avant-train de lion ^ . 

Edfou, Chapelle du nouvel an, paroi ouest, 2^ registre, Po. 2d. II, 7 : v\ ^=^> ^ 
^ïtrij'wwvA <i I \ ^^ « Horus d'Edfou, l'adolescent, le taureau fécondant 

qui réjouit les déesses par sa vue. » Cet exemple est paraphrasé par le passage suivant 
qui détennine le sens de ^ : H>^^(1^ SiH^^^SxSlk 
.Œfc- TIT»tc^ {Ed;fou, Chambre de Min, paroi sud, 3" rey.. Os. 3d. I, 1). 

Edfou, Pourtour du sanctuaire, paroi est, 2^ f^eg., Be. 2g. II, 10 : uT\ a/wwv Kj 

I I I ct 'WWW /WW\A V, ^ lft@®^ 0I)0\ AAAAAA J J U 

^n '^2^ '•'^'^ 4i ^^ « J'ai reçu tes apports et j'ai bu de ton eau : et mon 

cœur s'est réjoui de ta chose. » 

On trouvera encore des exemples de cette variante dans Edfou, Be. 2g. III, 7, p. 72; 
Be. 3g. II, 1, p. 76. La page 49 du même ouvrage en donne aussi un exemple qui, s'il est 
légitime, montre que le scribe a été induit en erreur par la ressemblance qui existe 



1. Cette stèle était primitivement exposée dans la salle historique, armoire A. Pierret, Catalogue de la 
salle historique, p. 73, n" 314. 

2. Voir la stèle de la fille de Khoufoui, publiée par Mariette, Album du Musée de Boulaq. pi. XXVII, 
et Monuments dicers, pi. LUI. Le temple d'OsiRis-NiB-RO-sTAOu, mentionné sur ce monument, existait encore 
à l'époque saïte; les textes du Sérapéum le citent très fréquemment. 



LETTRE A M. MASPERO SUR DEUX MONUMENTS ASSYRIENS 55 

entre le deomt de lion ^ et 3 : ^^^^^ J^^^S\S\^ÏÏ j.1 
{Edfou, Ae. 3g. IV, 10) « C'est un taureau robuste, un mâle qui féconde les femelles et 
RÉJOUIT les déesses par sa grâce. » Le mot hati, „^, n'aurait aucun sens en cet endroit. 

VI. — Dans les notes qui précèdent (§ I, p. 51), j'ai conservé la lecture Sap^khit- 
ABouï pour le nom de la déesse ^, que M. Lepage-Renouf et, en dernier lieu, M. Pielil 

veulent corriger en Seshet I \ Cette dernière forme, bien que très légitime et 
applicable en plusieurs cas, ne me parait pas avoir été d'un emploi exclusif. Un texte 
de l'époque de Téos en donne la preuve directe en orthographiant ce nom ^\^ 
Safkhit-abouï'. 



LETTRE A M. MASPERO SUR DEUX MONUMENTS ASSYKIENS DE LYON 

Lyon, 2 septembre 189:^. 

Monsieur, 

J'ai l'honneur de vous communiquer l'épreuve photographique ainsi qu'un double 
estampage d'une inscription cunéiforme qui figure au Musée de la Propagation de la 
Foi, à Lyon. C'est, je crois, la seule que nous possédions ici, et, d'après les renseigne- 
ments que j'ai pu recueillir, je la suppose inédite. 

Ce monument, qui avait été absolument dédaigné jusqu'à ces temps, a été envoyé, 
d'après les souvenirs qu'on en a conservés, vers 1872 ou 1875, par M*' Behnam Benni, 
évêque chaldéen de Mossoul. C'est un bloc de marbre blanc grisâtre, qui mesure 0"^ 76 
de longueur sur 0'" 45 de hauteur et 0™ 05 d'épaisseur. Le haut, le bas et la gauche man- 
quent, sans que rien puisse faire savoir quelle était l'importance des parties absentes. 
Ce document fut relégué dans les combles jusqu'au mois d'octobre dernier, où, à l'oc- 
casion d'une réinstallation du Musée, on songea à le faire figurer au catalogue, sous 
cette simple mention : « N° 531. Inscription cunéiforme trouvée dans les ruines de 
Ninive. » 

J'ai signalé l'existence de cette inscription âM. Loret, professeur d'égyptologie â 
notre Faculté, en lui faisant part de mon intention de la reproduire, et, sur ses conseils, 
j'ai donné suite à ce projet, auquel s'est très obligeamment prêté M. le Directeur de 
l'Œuvre de la Propagation de la Foi. Je souhaite qu'elle offre quelque intérêt pour 
l'assyriologie et vous serais alors reconnaissant de vouloir bien me faire connaître le 
résultat du déchiffrement. 



1. LEP\as-REtioup, Proceedings qf the Society o/Bùblical Archœology, XV, p. .378, et Piehl, lôid., XVI, 
p. 252. 

2. Recueil de Tracaux, XI, p. 153. Je n'ai pas besoin de revenir sur la prononciation du nombre sept. 

Elle a été indiquée par ChampoUion sous la double forme I et I , c&ujq. Tlwb., ty&.iyq . Mernjih. 

Voir aussi Goodwin, Zeits., 1864, p. 39; Plkyte. ibid., 1867, p. 1; E. de Rougé, Clirestomatlne égyptienne, 
t. II, p. 1U8; Brugsch, Grammaire hiéroglyphique, p. 33; Loret, Manuel de la langue égyptienne, p. 48; 
Erman, yEgyptische Grammatik, p. 60. 



56 NOTES SUR DIFFERENTS POINTS DE GRAMMAIRE 

C'est, Monsieur, à la lecture de vos travaux et à l'enseignement de M. Loret que je 
dois d'avoir remarqué cette inscription. Je suis heureux de vous la communiquer, et 
serais plus heureux encore de la savoir inédite et intéressante. 

J. Ley. 



NOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE ET D'HISTOIRE 

PAR 

G. Maspero 

§ P. — Le roi Ati a été placé depuis longtemps par Lepsius'. par Brugsch' et 
par E. de Rougé ' en tête de la VP dynastie, au premier ou au second rang : cette con- 
jecture a été adoptée généralement parles historiens *, et, loin de la combattre, je veux 
indiquer certains faits qui me paraissent la confirmer. 

Le seul souvenir authentique qui nous reste d'Ati est contenu dans le groupe 
d'in.scriptions publiées il y a longtemps par Lepsius, et que j'ai traduites il y a bientôt 
une vingtaine d'années'. Lepsius en distingue deux seulement, qu'il numérote / 41-42. 
Le n" 41 est sans importance : il donne le cartouche d'Ati, puis un titre de ^H' 

klwrpou, que suit un nom propre effacé ou illisible et dont il n'a pu distinguer aucun 
élément. Le n"* 42 est considéré toujours comme ne formant qu'une inscription unique. Si 
pourtant on l'analyse de près, on constate qu'il se compose de plusieurs parties gravées 
^V" l'une après l'autre sur une facette de rocher de contours irréguliers. Le noyau de cette 

agglomération se compose d'une phrase de deux lignes, ainsi conçue : [ y knâ fj 

-[|-'^^^()n(l I ^^^^'"'"'^ fll^ljljl'^^ /\ . L'éloignement du ^ qui détermine (lai] 
Api est dû à une petite saillie de la face rocheuse que le graveur a préféré éviter : 
l'aspect de l'ensemble sur le fac-similé de Lepsius semble montrer que le second nom 
a été inséré après coup. Le capitaine Api avait gravé l'inscription pour lui seul : son 
camarade Phtanikaou a voulu profiter de l'occasion. Il a inscrit ou fait inscrire son nom 
au bout de la première ligne, en intercalant le déterminatif ^ pour séparer (JdO(] de 

J^; il a rompu ainsi l'équilibre du morceau et prolongé d'un tiers environ 

cette première ligne qui, à l'origine, finissait sur l'aplomb de la seconde. La première 



1. Lepsius, Denkm., II, 115, /n" 41-42. 

2. Brugsch, Histoire d'Egypte, p. 45, et Geschichte /Egyptens, p. 94, mais cette fois avec beaucoup de 
réserve. 

3. E. DE Rougé, Recherches sur les Monuments qu'on peut attribuer aux six premières dynasties de 
Manéthon, p. 149. 

4. Ed. Mkyer, Geschichte ^Egyptens, p. 132-133; Wiedemann, jEgyptische Geschichte, p. 207; Pétrie, 
A History qf Egypt, t. I, p. 88-89. 

5. Les Monuments égyptiens de la oallée de Hammamât. dans la Reçue Orientale et Américaine, 2' série, 
t. I (1877), p. 329-330. L'inscription 41 et une partie de l'inscription 42 ont été copiées par Golénischeff. 

ri AAAAA/\ 

Exploration archéologique de la vallée de Hammamât, pi. VII, où la variante -Vr- -^S^»- me paraît renfermer 
un /wvw\ qui appartient non pas au groupe -\\- , mais au nom ^^ -<2>- W^ de la ligne supérieure. 



NOTES SUR DIFFERENTS POINTS DE GRAMMAIRE 57 

modification en entraîna d'autres. Un individu qui, d'après la place qu'il s'attribue, devait 
être le chef de toute la bande, mais dont le titre au moins est indéchiffrable, ajouta un peu 
plus haut la date de l'expédition, en plus petits caractères, au bord supérieur de la face 
rocheuse [o| '^ LH°'^^H(] |(](] '^^'- D^ms l'intervalle libre, entre la date 
et le graffito d'Api, un autre liant personnage, le chef de l'escorte militaire, introduisit 
son nom, en l'étirant, avec des signes plus petits encore que ceux de la ligne supérieure : 
l'aspect même de la ligne prouve surabondamment qu'elle a dû être intercalée entre deux 
autres lignes préexistantes. Enfin, i)our compléter le texte et en faire un mémorial de 
tous ceux qui avaient pris part à la campagne, on indiqua rapidement au-dessous la pro- 
fession et le nombre des ouvriers et soldats emplovés : cette partie a souffert, mais le 
dessin de Lepsius permet de la restituer en entier jl^ rs -La résultante de 

ces remaniements forma dès lors une inscription unique, conçue comme il suit : 



If 



Gw O' 

G I I J^'^§, ■ 



? A 









dont voici la traduction : « L'an premier, du troisième mois de Shaît, le 4, 

» Khoufa, le chef de la milice Khouririni. — Vont le patron de la barque, Api, — et 
» Phtahnikaou — pour faire les travaux de la pyramide Biou d'Ati, — avec deux cents 
» miliciens, deux cents tailleurs de pierre, ce qui fait quatre cents [hommes]. » 

L'usage des Pharaons memphites était de commencer la construction de leur pyra- 
mide aussitôt après leur avènement, et Ati ne manqua pas à la coutume. Ce qu'il envoya 
chercher à la vallée de Hammamât, ce n'étaient que le petit nombre de blocs nécessaire 
pour les parties qu'il était de mode de construire en granit dans la chapelle et dans la 
pyramide même, c'est-à-dire des montants de porte, des linteaux, des seuils pour la 
chapelle, les trois herses et souvent les lits qui les encadraient, l'assise qui se trouvait 
à l'extrémité du couloir à un mètre plus ou moins de la chambre de l'est, enfin le 
sarcophage et son couvercle pour la pyramide même. Le gros œuvre était fourni par le 
plateau sur lequel le monument s'élevait, le revêtement, ainsi que la maçonnerie soignée 
des couloirs et des chambres par les carrières de Tourah. Pendant que les quatre cents 
hommes de Hammamât prenaient livraison du granit, les ouvriers royaux commençaient 



1. ^^v est une correction pour *^Nj^ que porte le fac-similé de Lepsius. 

RECUEIL, XVII. 



58 NOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE 

au voisinage de Memphis la construction des parties pour lesquelles ils avaient les maté- 
riaux sous la main, La pyramide Biou fut-elle achevée? notre inscription prouve que le 
travail en fut poussé activement, et, comme une pyramide ne disparaît guère sans laisser 
beaucoup de traces, nous avons le droit de rechercher si nous ne rencontrons point dans 
la nécropole memphite quelque monument ou reste de monument qu'on puisse identifier 
avec celle-là. 

Du moment qu'on place Ati entre la V« et la VP dynastie, il est inutile de s'adresser 
aux groupes de Gizéh, d'Abousir et de Dahshour : il faut concentrer les investigations 
sur les trois groupes de Saqqarah. Celui du nord comprend la pyramide à degrés d' 
Zosiri, la pyramide d'Assi et celle de Teti au nord-est, celle d'Ounas au sud-ouest; 
celui du centre contient les deux pyramides de Papi P'" et de Mihtimsaouf P""; celui du 
sud, la pyramide de Papi II et le Mastabat el-Faraoun. Comme toutes ces pyramides ont 
leur attribution, à l'exception du Mastabat el-Faraoun, avant de fouiller les débris des 
pyramides détruites, il convient d'examiner si le Mastabat el-Faraoun ne serait pas le 
tombeau Biou qui nous manque. On sait que Mariette l'ouvrit il y a quarante ans, et 
qu'il n'y découvrit aucune inscription. Il releva pourtant, dessinées à la couleur rouge 
sur les blocs, des marques d'ouvrier, parmi lesquelles on lisait le cartouche d'Ounas. Il 
en conclut que le monument avait servi de tombeau au dernier roi de la V® dynastie, 
et cette hypothèse fut admise jusqu'au jour où l'on déblaya plus au nord la chambre 
funéraire authentique d'Ounas'. Il fallut, dès lors, renoncer à l'idée de Mariette, mais 
alors comment expliquer la présence des cartouches dans la maçonnerie du Mastabah? 
J'ai déjà donné réponse à cette question. Les chantiers royaux recevaient en grande 
quantité, pendant la durée d'nn règne, les blocs en calcaire fin de Tourah, destinés à 
tous les travaux d'État !^ i dans la localité où ils s'élevaient : ces blocs 

portaient naturellement, entre autres marques d'ouvriers, les cartouches du prince sous 
lequel ils avaient été extraits de la carrière et emmagasinés. Quand un Pharaon montait 
sur le trône, les premiers blocs qu'il puisait dans ces entrepôts pour ses premières con- 
structions et, par conséquent, pour son tombeau, y étaient déjà depuis quelque temps^ 
et plusieurs d'entre eux portaient encore les cartouches de son prédécesseur : les blocs 
à ses propres cartouches n'arrivaient que plus tard, (juand la provision antérieure était 
épuisée et que les carriers de Tourah avaient eu le temps d'y suppléer par de nouvelles 
extractions. Du moment qu'Ounas e.st enterré ailleurs, la présence des blocs à son nom 
dans le Mastabat el-Faraoun prouve que ce monument a été bâti par son successeur, au 
moment où les provisions de pierres accumulées par lui duraient encore, c'est-à-dire au 
commencement du nouveau règne. On ne peut intercaler aucun roi ayant régné plus de 
quelques jours entre Ounas et le roi du Mastabah, car, un roi ayant régné une fraction 
suffi.sante d'année aurait commencé son tombeau et pur conséquent utilisé les blocs 
d'Ounas : le roi du Mastabah qui s'est servi des blocs d'Ounas doit donc avoir été le suc- 
cesseur immédiat d'Ounas^ et du moment qu'il a réussi à édifier une masse aussi consi- 
dérable que l'est le Mastabah même inachevé, il a dû régner plusieurs mois au moins et 



1. On la trouve, par exemple, dans Brugscii, Gesc/iichte yE(/yptens, p. 92. 



NOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE 59 

peut-être plus d'une année. Teti est donc venu après lui. et la succession réelle, telle 
qu'on peut la déduire des faits signalés, s'établit comme il suit : 

OUNAS, 

X. . . du Mastabat el-Faraou/i. 
Teti III. 

Et maintenant, comment dégager X...? Il faut, afin de l'identifier, trouver un roi 
qui réponde aux conditions suivantes : 1° avoir régné assez longtemps pour construire 
une pyramide; 2° avoir succédé immédiatement à Ounas et avoir précédé Teti III; 
3° dont la pyramide, si on la retrouve, forme groupe avec les pyramides des souverains 
au milieu desquels lui-même a pris rang. Or, on constate : 1" qu'Ati régna assez 
avant dans sa première année non seulement pour se commencer une pyramide, mais 
pour expédier au val de Hammamât une expédition qui lui ramenât le granit néces- 
saire a cette entreprise; 2° l'on s'accorde, d'après le style de son graffito et la place 
qu'il occupe parmi les autres inscriptions de Hammamât, à le mettre soit à la première 
place, soit à la seconde de la VP dynastie; 3° si l'on admet que le Mastabat el-Faraoun 
soit la pyramide Biou, citée dans son grafïito, comme le Mastabah fait groupe avec 
les pyramides des V'^-VP dynasties, la pyramide Biou est à l'endroit où l'on doit la 
trouver si le constructeur se place entre la V^ et la VP dynastie. Il parait donc plus que 
probable que le Mastabat el-Faraoun n'est autre que la pyramide Biou, et par suite 
qu'Ati, constructeur de la pyramide Biou, est le successeur immédiat d'Ounas. La série 
des régnes se complète alors comme il suit : 

Ounas, 
Ati III, 
Teti III. 

Ati est, en effet, le troisième du nom, les deux premiers étant '=' Il (] Ati I" et 
h ^'^ Ati II, de la P" dynastie thinite. 

Cela posé, Ati III est évidemment l'Othoès de Manéthon, ainsi que Brugsch l'a 
déclaré, le premier, je crois \ Ici, comme dans beaucoup d'endroits, les chroniqueurs 
dont Manéthon se servait avaient adopté une série différente sur certains points de celle 
que préféraient les chroniqueurs de la grande époque thébaine : 



Série manéthonienne 


Série réelle 


Série thébaine 


Obnos 


Ounas 


Ounas 


Othoès 


(Ati III ) 
( Teti III ) 


Teti III 


Phios 


Papi P^ 


Papi P^ 



La suppression de l'un des deux éléments Ati III, Teti III, est, comme on voit, un 



1. Brugsch, Histoire d'Egypte, p. 45. 



60 NOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE 

fait ancien, mais les historiens ne savaient plus exactement lequel ils devaient supprimer, 
et ils sacrifiaient tantôt Ati III, tantôt, au contraire, le troisième Teti : on connaît plu- 
sieurs faits analogues, dont le plus connu marque la fin de la XIX^ dynastie et atteint 
Séti II et Nakbt-Séti d'une part, Amenmésès et Siphtali-Ménéphtah de l'autre. A pre- 
mière vue, et si l'on ne tient compte que des documents connus, ce sont les listes 
ramessides qui sont dans le vrai, au cas où l'on devrait éliminer Ati. Teti régna, en effet, 
assez longuement : il a fini sa pyramide, on célébrait son culte à l'époque thébaine, et les 
monuments contemporains nous montrent en lui un roi régulier comme Ounas ou 
comme Papi I*"'. Au contraire, Ati a régné peu, puisqu'il n'a pas achevé sa pyramide, et 
probablement ne savait-on pas grand'chose sur lui à l'époque des Ramsès, puisqu'un 
l'effaçait devant Teti. Il a fallu, pour lui assurer la suprématie dans la tradition mané- 
thonienne, qu'entre les Ramsès et les Ptolémées, on découvrît quelque document nou- 
veau qui fût de nature à le montrer comme un personnage d'importance et à le faire 
préférer définitivement à son rival. 

La notice qui accompagne le nom d'Othoès dans ces listes me parait donner la 
clef de ce petit problème : elle constate que le premier roi de la VI^ dynastie, Othoès, 
fut assassiné par ses gardes après trente ans de règne, 'GOor^; ïzr, X', '6; ùizh oopj^pôpwv 
âvippÉeT), Et d'abord Othoès est bien le roi dont le nom s'écrit i]^i]0, non qu'Othoès puisse 
dériver de la prononciation Ati qu'on prête à ce groupe, mais, selon la remarque ingé- 
nieuse de M. Grifhth', la plupart des noms vocalises sur la tonalité i se rencontrent 
également vocalises sur la tonalité ou, o, et la tonalité ou, o, l'emportait à l'époque la 
plus voisine de Manétlion, au moins pour les vieux noms, puisqu'on trouve dans les listes 
Akhthoèsi= Khîti, Séthosis = SiTi, ce qui suppose v^ à côté de 1(1, 'bJj „ 

à côté de 'pvl , et ainsi de suite : un coup d'œil, jeté sur le Dictionnaire des Noms 
propres de Lieblein, montrera les variantes (l^[|û. Q V^ >^ Aouti, Aoutou, Oti, 

Otou, par exemple, à côté de 0'=^(|(] (O^OlJ |0) Ain, Aeti, ^ti, pour le nom 

écrit ll^U, O'^lJl]- Les auteurs ou l'auteur de Manétlion avaient donc à leur disposition 
un document où le vieux roi s'appelait Aoutou, Otou. ce qui donne assez naturellement 
Othoès, surtout si l'on admet pour (1 v:» t — >^ Aoutou, comme pourQ ^^D y' DIII^ 

Poupou, variante de D(] d(], DdOi] Pipi, des formes hybrides, telles que (](] Pipoui : 
A fv firi n /â "îVv^^ 1111 \\s 1 1 

U^Y^Ull, UQA'^^ V ■^^'JToui, Otoui. donnerait alors exactement 'oeôr,;, Othoès. Quoi 

qu'il en soit de cette explication, l'Othoès de Manéthon répond à notre Ati, et c'est bien 
au compte d'Ati III que l'on inscrivait alors et trente années de règne et une mort vio- 
lente à la suite de quelque conspiration de palais. Or, les trente années sont évidemment 
fausses dès qu'il s'agit d'Ati III, et l'on se demande dans quelle chronique ignorée des 
annalistes de la XIX* dynastie les auteurs de Manéthon auraient appris la longueur et 
la fin tragique du règne. Ce n'est certes pas dans un monument authentique, mais c'est 
dans ce recueil de contes ou de romans semi-historiques, d'où l'on tirait tant d'événe- 
ments et même tant de personnages inconnus à l'histoire réelle. On sait par Hérodote 



1. Griffith, Notes on some Royal Names and Families, àa.ns les Procecdings de]a Société d'Archéologie 
Biblique, t. XIV, p. 39-40. 



NOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE 61 

quelles singulières idées ces œuvres d'imagination pure avaient inspirccs au bon peuple 
de Memphis, sur la chronologie et sur les actions des souverains les plus illustres, 
Khéops, Khéphrên, Sésostris, sans parler des Pharaons créés de toutes pièces, Asykhis, 
Phéron, Protée, Rhampsinite. Ce qui s'était découvert d'inédit sur le compte d'Ati, 
c'était un roman dont il était le héros, et dans lequel il mourait assassiné après avoir 
régné trente ans sur l'Egypte, comme Ounas son prédécesseur. Manéthon n'avait pas 
dédaigné ce genre d'information, — lui ou ses auteurs, — et l'on en trouve la preuve 
dans les fragments qui nous restent de son oeuvre. C'est bien à un roman historique sur 
les Pharaons dits hérétiques par les égyptologues qu'il empruntait cet Aménophis, 'A(i=va)cfiv 
EîcTîo'.r^a; ÈfiêôXifxov ^aaiXia, qui voulut voir Ics dicux à l'exemplc d'Horus et qui s'adressa 
pour cela au prêtre Aménophis, fils de Paapis : le roman avait pour héros des personnages 
fort authentiques, Aménôthès III et son ministre Aménôthès, fils de Hâpi, adoré plus 
tard comme mort divinisé dans le petit temple de Déir el-MédinèhV Ce qu'il dit d'Akh- 
thoès, le premier roi de la IX^ dynastie, il l'emprunte à une autre nouvelle où le Pharaon 
Khîti 1^^ jouait un rôle de tyran abominable. Le fait d'un souverain tué par ses gardes 
n'a rien d'invraisemblable en soi : ce qui me fait le révoquer ici en doute, c'est le règne 
de trente ans auquel il s'attache quand on sait qu'Ati ne demeura pas longtemps sur le 
trône, et l'époque tardive à laquelle on en trouve la première mention. Si Ati remplaça 
Teti III dans les listes postérieures aux Ramessides, cela tient uniquement à la crédulité 
des chroniqueurs qui prirent une histoire populaire pour de l'histoire et, lui empruntant 
son héros, remplacèrent un Teti, dont ils ne savaient plus rien, par un Ati, dont ils 
croyaient savoir quelque chose. 

On s'étonnera sans doute de voir un conteur Égyptien postérieur aux Ramessides 
s'adresser à un souverain aussi obscur qu'Ati devait l'être de son temps : la raison 
de ce choix n'est peut-être pas aussi difficile à deviaer que l'on serait tenté de l'ima- 
giner. Le cycle de légendes et de romans qui s'était formé peu à peu autour des rois 
memphites avait été inspiré au peuple par la vue des monuments qui subsistaient 
d'eux, et ces monuments étaient leurs tombeaux. C'était afin d'expliquer l'immensité des 
deux grandes pyramides qu'on métamorphosait Khéops et Khéphrên en deux tyrans 
impies : on n'imaginait pas qu'un souverain honnête eût pu condamner son peuple 
entier aux durs labeurs que la construction des deux masses avait exigés, à ce que l'on 
supposait. La petitesse de la troisième pyramide, qui la faisait rentrer, au moins à cet 
égard, dans la catégorie des pyramides ordinaires semées en groupes d'Abou-Roash à 
Illahoun, s'expliquait de façon analogue par un retour de Mykérinos aux sentiments 
de piété qui avaient animé ses ancêtres : le conte de Nitokris et ses versions diverses 
rendaient compte des particularités que présentaient les dispositions intérieures et des 
remaniements dont le monument avait été l'objet. Enfin, l'étonnement que les touristes 
étrangers, sinon les indigènes, éprouvaient à rencontrer quelques pyramides de briques 
mêlées aux pyramides de pierres avait donné naissance à la légende d'Asykhis, où l'on invi- 
tait le spectateur à réfléchir sur la difficulté qu'on avait éprouvée à élever des monuments 



1. Cf. Erman, Aménophis Sohn des Paapis, dans la Zeitschrijt, 1877, p. 147-148. 



62 NOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE 

aussi considérables sans autres matériaux que la boue des marais : Asykhis était d'ailleurs 
un Pharaon parfaitement imaginaire et son nom même d'Ashoukhîtou , •noXuxxr^iJtwv ', 
montre qu'on avait voulu opposer la richesse qu'on lui attribuait à la pauvreté appa- 
rente de son tombeau. Or, le Mastabat el-Faraoun, cette pyramide demeurée inachevée, 
ne pouvait manquer d'attirer l'attention du visiteur par son imperfection en même temps 
que par les proportions considérables de ce qui en était terminé : le même besoin d'in- 
terpréter le fait, qui avait amené Téclosion de contes pour les plus remarquables des autres 
pyramides, dut provoquer l'éclosion de quelque tradition explicative, et, comme la 
disparition violente du constructeur était encore l'événement qui justifiait le mieux 
l'interruption de la construction, Ati-Othoès passa pour avoir été la victime d'une 
conspiration. Ce roman, recueilli par Manéthon ou par ses auteurs, comme tant d'autres 
l'avaient été par Hérodote, amena un regain de popularité pour Ati, et le fit intercaler 
dans les listes d'époque saïte aux lieu et place de Teti III. 

Mais ne figurait-il pas déjà antérieurement sur quelques-unes d'entre elles? J'ai 
montré que le Canon de Turin n'admettait qu'un seul roi entre Ounas et Papi P''', et 
cela rend presque certain que la série de ce document comportait, dans la lacune qu'elle 
présente, le nom de Teti, qui ne manque à aucune autre des séries ramessides : toutefois, 
la Table d'Abydos intercale derrière Teti III un Pharaon Ousikerl oIOLJ. où l'on a 
reconnu d'ordinaire un cartouche-prénom d'Ati. si bien qu'alors Ati, au lieu d'avoir 
régné entre Ounas et Teti, aurait régné entre Teti et Papi P^ Le nom d'Ousirkerî, ou, 
avec la chute de r, Ousikerî, Ouosikerî, est légitime à cette époque et se forme avec le 
même élément que Ousirkaf et Ousirniri, de la V'" dynastie; on ne saurait donc l'écarter 
en prétextant qu'il est d'un type inusité sous l'Ancien-Empire. De plus, il paraît au 
moment où l'usage des deux cartouches s'établit et tend à devenir obligatoire : Anou et 
Assi adoptent un prénom, Ousirniri et Dadkerî, Menkaouhorou, Ounas et Teti III n'en 
veulent pas, mais, à partir de Papi l", on ne rencontre plus un roi qui ne tienne à hon- 
neur d'en avoir un à côté de son nom de naissance. Rien n'empêche donc qu'Ati III ait 
eu un second cartouche, et j'admets volontiers que ce second cartouche soit celui que 
la Table d'Abydos nous a rendu, Ousirkerî-Ati. Mais alors, comme les indices archéo- 
logiques que j'ai indiqués nous obligent à placer la construction du Mastabat el- 
Faraoun, et, par suite, le règne d'Ati, immédiatement après la mort d'Ounas, le car- 
touche d'Ousirkerî serait hors de sa position réelle sur la Table d'Abydos. De pareils 
déplacements ne sont pas rares dans les listes, et ils résultent de la façon même dont 
les chroniqueurs égyptiens avaient dû composer leur Canon. Comme ils ne possédaient 
pas plus que nous le catalogue authentique des souverains qui composaient les premières 
dynasties, lorsque, vers les débuts du second Empire thébain', ils voulurent pratiquer 
le recensement des rois qui avaient exercé leur autorité sur le pays, ils profitèrent, 



1. Le nom d'Asykhis se trouve entre autres dans les textes dèmotiques bilingues signalés par Brugsch, 
Lettre à M. le V' Emmanuel de Rougé, p. 32-34, sous la forme composée de Wcvâju^'.; répondant au dèmo- 
tique Psc-n-dshoukliitou. 

2. Maspero, Étude!! de Mythologie et d' Archéologie égyptiennes, t. II, p. 440-442. 

3. Je parle ici des catalogues que nous connaissons : il y en a eu plusieurs sous la XII' et même sous la 
XIX' dynastie, en tête desquels il semble que Mknès ne figurât pas encore. 



NOTES SUR DIFFKRENTS POINTS DE GRAMMAIRE 63 



pour le complctor. de toutes les ressources que leur offraient les stèles odicielles, les 
archives des temples, les tombeaux ouverts déjà, les vieux livres dépareillés, traités 
de morale ou de médecine, contes, nouvelles. Certains de ces documents renfermaient 
des généalogies plus ou moins exactes qu'ils prirent pour argent comptant, et qui, 
s'ajustant parfois l'une au bout de l'autre, composèrent des blocs compacts de rois 
dont on croyait savoir qu'ils étaient ou bien les enfants, ou bien les successeurs im- 
médiats l'un de l'autre. Les rois isolés, dont on rencontrait la mention çà et là, sans que 
rien montrât auquel des rois groupés il convenait de les rattacher, furent rassemblés 
autour de chacun des blocs, tantôt au commencement, tantôt à la fin de la série des 
Pharaons dont ils semblaient être à peu près les contemporains. On comprend qu'il 
y ait eu peu de stabilité dans le rang que cet élément douteux occupait et que l'on trouve 
le même nom inscrit à des échelons différents, selon qu'on consulte l'une ou l'autre des 
listes qui nous sont parvenues. 11 semble môme que Manéthon ou ses auteurs aient pris 
le parti héroïque de rejeter vers la fin de plusieurs de ces premières dynasties les Pha- 
raons qu'ils ne savaient comment y classer à leur poste exact. M. de Rougé a montré 
fort habilement que la succession fournie par la Table d'Abydos entre Khéphrôn et Kiki, 
par exemple, et qui comprend : 1° Khéphrèn, 2" Mankeourî, 3° Shopsiskaf, 4° Ousir- 
KAF, 5° Sahourî, G" Kiki, est prouvée par le témoignage des monuments contemporains' ; 
si on peut, à la rigueur, supposer qu'un règne très court a échappé à nos recherches, 
on ne saurait admettre entre Mankeourî, avant-dernier roi de la IV®, et Ousirkaf, pre- 
mier roi de la V® dynastie, plusieurs règnes ayant duré ensemble une quarantaine 
d'années. C'est pourtant ce que fait Manéthon. Il remplace Shopsiskaf par un Ratoïsès, 
qui est évidemment un personnage appartenant à une tradition différente, puis il ajoute 
BiKHERÎs, 22 ans; Seberkherîs, 7 ans; Thamphtis, 11 ans. 11 supprime de même, entre 
Khéops et Khéphrèn, un Didifrî, dont les monuments nous permettent de constater 
l'existence et que les listes d'Abydos et de Saqqarah ont rétabli à sa place légitime. Si 
donc les documents antiques nous paraissent montrer qu'Ati doit prendre rang entre 
Ounas et Teti, la position que le cartouche Ousirkerî occupe sur la Table d'Abydos ne 
sera pas un obstacle sérieux à l'identification de cet Ousirkerî avec Ati III. 

On peut, du reste, signaler un fait qui explique cette interversion. La manière dont 
les monuments des anciens rois s'assemblaient sur le terrain ne semble pas avoir été 
sans influence sur la façon dont on les classa dans les listes, lorsque les documents écrits 
constatant leur ordre venaient à manquer. Or, les pyramides d'Assi, d'Ounas, de Teti, 
forment un groupe sur le plateau nord de Saqqarah, tandis que le Mastabat el-Faraoun 
s'élève à l'extrémité opposée de la nécropole à côté de la pyramide de Papi II. Voyant, 
d'une part, que les rois Assi-Ounas-Teti, puis Papi P'"-Métésouphis-Papi II constituaient 
deux ensembles inséparables sur le terrain, d'autre part, que le roi du Mastabah appar- 
tenait aux premiers temps de la VP dynastie, il était naturel de placer le prince du 
monument isolé entre ceux des deux groupes monumentaux, et de mettre Ousirkerî 
entre Assi-Ounas-Teti d'une part, Papi I<^''-Métésouphis-Papi II de l'autre. 



1. E. DE RouGK, Recherches sur les Monuments qu'on peut attribuer aux premières dynasties, p. 7(J-78. 



64 



NOTES SUR DIFFERENTS POINTS DE GRAMMAIRE 



Telles sont les raisons, ou plutôt les raisonnements, qui m'ont conduit à accepter 
l'identification d'Ati-Othoès avec Ousirkerî, et celle d'Ati Ill-Ousirkerî a,vec le prince qui 
bâtit le Mastabat el-Faraoun. L'histoire de ce souverain se rétablirait donc de la sorte. 
Il succède à Ounas, sans difficulté, puisqu'il peut commencer sa pyramide dès les pre- 
miers jours qui suivent son avènement. Son autorité s'étend sur toute l'Egypte, puisqu'il 
se construit son tombeau près de Saqqarah et qu'il en envoie chercher les matériaux à 
Hammamât; bientôt pourtant il disparait, laissant le monument inachevé. Ce fait que le 
Mastabah ne fut point terminé, le changement de rubrique que non seulement Manéthon, 
mais les chroniqueurs d'après lesquels le scribe du Canon de Turin dressa sa liste, indi- 
quent entre Ounas et Teti, semblent bien indiquer en cet endroit l'arrivée au pouvoir 
d'une famille nouvelle. Cette interruption dans la lignée se serait produite non entre 
Ati et Ounas, mais entre Ati et Teti, et Ati serait, par conséquent, le dernier roi de ce 
que Manéthon appelle la V« dynastie. Comme son règne avait été insignifiant en tant 
que durée, on l'efïaça de la liste chronologique des rois. Lorsqu'il reparut, ce fut en 
qualité de héros de roman, dans les auteurs chez qui Manéthon puisa; on lui donna la 
place de Teti III, et cette substitution tardive fit du dernier Pharaon de la V^ dynastie 
le premier de la VP. 

Ce sont là des résultats hypothétiques et provisoires, valables seulement en l'attente 
de monuments nouveaux. 



§ Q. — J'ai publié il y a longtemps, dans ce Recueil \ les deux premières pages 

du Papyrus Millingen, dont j'avais utilisé les 
variantes pour corriger le texte des Instructions 
d' Amenemhâit . Un fragment de la troisième 
page m'avait échappé sur le moment, je le donne 
ici en fac-similé. On voit à quelle triste con- 
dition elle est réduite : on relève pourtant parmi 
le peu qui en reste, quelques leçons utiles, déjà 
signalées. Je rappelle que ce n'est pas un fac- 
similé exact : c'est une copie très soignée, en- 
voyée par l'abbé Peyron à M. de Rougé : M. Jac- 
ques de Rougé voulut bien me permettre d'en 
prendre et d'en publier un calque pour le besoin 
de mes études. Les rubiques ont été rendues par 
un double trait, comme dans les deux autres 
pages. 









§ R. — Pour les premiers rois de la pre- 
mière dynastie, les listes connues fournissent les 
renseignements suivants : 



1. Maspero, Varia, le Papyrus Millingen, dans le Recueil, t. II, p. 70. 



NOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE 65 



MANKTHON KRATOSTH^NES TURIN SAQQAItAII A11YU08 

I. Menés I. Menés I. Mtni I. Mini 

II. Alhôthis IL Athàthis I^' II. At[out] II. T/ï? 

III. Kenkcnès III. Athôthis II UI III. ^^e^a 

IV. Ouéncphés IV / IV. A ^a 

V. Ousaphaïdos V. Housaphaiti V, Housaphaiti 

VI. Miébidos IV. Diabiès VI. Mirebi I. Mirebi pen VI. Mirebi 

M, de Rougé a déjà remarqué que la tradition reproduite par Manéthon différait de 
celle qui a été suivie par Ératosthènes et par la Table d'Abydos. Il s'était rattaché 
assez sceptiquement à l'hypothèse d'après laquelle Kenkénès et Ouénéphôs seraient 
de doubles cartouches d'Ateta et d'Ata, c'est ainsi qu'il transcrivait (|c>ll et (l^^^ de 
la Table d'Abydos : mieux vaut en prendre son parti et se résigner à croire que les 
Égyptiens, n'en sachant pas plus long que nous sur ces commencements de leur histoire, 
possédaient plusieurs listes différentes de leur première dynastie. Celle de Manéthon 
contient des parties qui coïncident exactement avec celle d'Abydos, Menés, puis Ousa- 
phaidos et Miébidos, pour le nom et pour le rang que les noms occupent dans la dynastie. 
Kenkénès et Ouénéphès sont bien, comme on l'a vu depuis longtemps, deux noms 
égyptiens, et Kenkénès est évidemment _ Qonqeni, mais il me semble que 

Ouénéphès, Ouennephès, a été mal interprété : c'est une transcription très exacte du 
terme ^^ T , appliqué d'ordinaire à Osiris ^ . La transcription Ouén de -^^ est ré- 

gulière et se retrouve en copte pour le verbe otch, esse, comme pour le verbe -^^ç. 
oTPcit, aperire, à côté des vocalisations fortes, ovcon, otou, oiFe.n; elle apparaît d'ailleurs 
dans le nom de l'abbé oreKoqep, oTrenè.ipe, fienoqep, où les deux N de Ouen et de nofer 
se sont fondus comme dans une des variantes, Ouénéphès. Le mot nofir a pris dans notre 
nom la forme incolore qui est si fréquente dans les tr'anscriptions d'époque grecque, Nefer- 
KHERÈs, et qui, seule, justifie les contractions de T /\ © Mannojir en Mimphi, 

Memphis {Minnofirou, Mtnneftr, Mtnnefi, Minji), et de ^^\ Oûnnoflrou en Omphis 

AAAAAA 

{Ounnqfirou , Oiinnefir, Oànnefi, Oànjî, Onfi). Manéthon avait donc, en cet endroit, 
un roi Ouonnqfir , qu'on ne connaît pas dans les dynasties humaines. Est-ce l'Osiris des 
dynasties divines? Je suis fort porté à le croire : la seule chose qu'on sache de ce person- 
nage, c'est qu'il y eut sous lui une famine épouvantable, et qu'il bâtit les pyramides de 
Kôkômô'. Ces deux faits cadrent avec la légende osirienne. Osiris et sa femme Isis ensei- 
gnèrent aux humains la culture du blé, et les délivrèrent ainsi des attaques de la faim 
qui les menaçait sans cesse, quand ils n'avaient pour vivre que les ressources de la pêche 
ou de la chasse, et la cueillette des fruits sauvages : une forme de la tradition où la dé- 
couverte du blé aurait été précédée d'une famine effroyable n'a rien d'invraiscuiiblable. 
On montrait dans différentes villes le tombeau d'Osir-is : qu'à Memphis, ce tombeau eût 
la forme d'une pyramide, c'est assez naturel. La croyance populaire peut avoir fort bien 



1. Mariette Ta indiqué en passant dans La Noucelle Table d'Abydos, p. 5. 
. 2. Unger, Manetho, p. 79. 

RECUEIL, XVII. 



66 NOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE 

considéré comme appartenant à Osiris cette pyramide à degrés de Saqqarah, qui paraît 
avoir été celle que Manéthon assigne à Ouénéphès, et dont le maître réel était peu connu. 
Osiris, roi d'Egypte, s'appelle plus spécialement Onnophris : le peuple aurait dédoublé 
Osiris Onnophris, et, tandis qu'il laissait le personnage Osiris aux dynasties divines où 
Manéthon l'inscrit comme Osifis, il aurait attribué Onnophris à la plus ancienne des 
dynasties humaines, où le même Manéthon l'aurait inscrit comme Ouénéphès, sous la 
forme écourtée et vulgaire de son nom. Reste un roi Athothis, que Manéthon met au 
second rang, mais qui correspond soit à Teti P'', soit plutôt au Pharaon (l^ji de la liste 
d'Abydos, que M. de Rougé et tous les égyptologues transcrivent Ateta. J'aurai à revenir 
tout à l'heure sur cette lecture. Pour le moment, je me borne à indiquer l'origine du 
nom grec, ce qui nous permet de compléter ce début de la liste manéthonienne, et de 
rétablir, à côté d'elle, la liste originale dont elle n'est que le décalque : 

I. Menés Il Mini 



AWWV 



II. Athothis l\^\ 



Atouti 



III. Kenkénès . Qenqetu , Qonqeni 



AA^VW\ AAAAAA 



IV. Ouénéphès '^^I Ouenneji , Ouennofir 

V. Ousafhaïdgs. . . . Housapaiti, Housaphaiti 

W. MiÉBiDOS Mirebi, Miébi 

<z:::> oniD 

La seule des autres listes qui soit complète, celle d'Abydos, présente aux deuxième, 
troisième et quatrième rangs des noms qu'on lit communément Teta, Ateta, Aia. Ce 
sont là des transcriptions fort naturelles, au moins en ce qui concerne le squelette con- 
sonantique du mot : l'équivalent en existait déjà à l'époque grecque, car Manéthon a eu 
évidemment un nom comme U^\, pour prototype de son Athothis. Je dis probablement, 
mais non sûrement, car, vers l'époque où il vivait, bien des noms qui n'admettaient pas 
Ta h prothétique autrefois l'avaient reçu : ji(] Khîti était lu (1 |(1 ^'^x^ôr^ç, et 

Ératosthènes donne, sous la forme A-iTZTiou; , le (] Papi, que Manéthon transcrit *iô;. 
"A6wei<; peut donc répondre au (I Teti des tables royales, muni de I'a (I en question. 
Mais si l'on peut hésiter sur la forme originelle du nom que représente l'Athôthis de 
Manéthon, il n'en saurait être de même pour le second Athothis d'Ératosthènes : celui-là 
répond évidemment à (j^li ou bien à (1^'^. J'avoue que. depuis assez longtemps, j'ai 
conçu des doutes sur la légitimité des lectures Ateta, Ata, (|u'on prête à ces groupes, et, 
si je les ai conservées dans mon Histoire, c'est pour ne pas rompre trop brusquement 
avec une des traditions de notre science. La variante ^ de la liste de Saqqarah 
nous permet, en effet, de présumer quel monument a fourni le nom de Miébidos : c'était 
un texte religieux, peut-être gravé dans la chapelle de ce prince, et où on l'appelait 
emphatiquement ^ ce Mirebi, comme on qualifie Papi I" dans sa pyramide 



NOTES SUR DIFFERENTS POINTS DE GRAMMAIRE 67 

(Su J CE Papi ou (^ ÛQ) CK Mirii'î. La forme appartient à l'Ancien-Empirc; 
elle nous prouve que le nom a été copié sur un monument de l'Ancien-Empire, et il est 
bien certain, quelle que soit d'ailleurs la valeur réelle des autres noms royaux, que les 
premiers chroniqueurs qui les rassemblèrent les trouvèrent sur les monuments de l'Ancien- 
Empire : c'est donc l'orthographe de l'Ancien-Empire qu'ils ont probablement conservée, 
et, pour les lire correctement, il convient d'observer les règles de cette orthographe. Or, 
les vsyllabiques n et^K\ se doublent souvent à cette époque du premier élément phoné- 
tique ^ T, qu'on n'écrit plus couramment par la suite, et un groupe \\ Il I /vaaaaa ne se 

lit pas AriTOMTisen, mais Annisen, non plus que ^^ 11(1 ne sonne «otouti, mais 

àairV . Il en résulte que des noms, comme ceux de ces rois (]^|, ^^'^^' représentent 

non pas (j H-^-f 11, A + T + ti, ouH+^H-'^, aH-t+a, mais (j -f oli (var. ^jO' J- 

\\\), ou fl-f '^^'^^ ^^'^''•'^" • ^S^^' ^^^^ ^^^^ ^^^ ^^^^ ^''^^ A + Ti, Ati, et non pas 
dans le premier cas Ateta = Athôthis, Ata dans le second. La liste d'Abydos devait 
donc se réciter ainsi : l'' Mini, 2" Teti [P'], 3° Ati [l'"'], 4° Ati [II], 5° Housapaiti, 
6** Mirebi, au temps où l'on savait encore lire correctement les textes archaïques. La 
transcription Athôthis d'Ératosthènes nous apprend qu'à partir d'un certain moment 
on oublia la prononciation véritable : l'on rendit chaque signe de ces noms antiques 
avec la valeur qu'il avait aux temps modernes. Comme la voyelle habituelle de <=» t est 
^, (2, ou, et celle de II est (|, OO i, on transcrivit qol Atouti, et [I^'^^Atouti : 
ce sont probablement les deux Athôthis de l'époque grecque à la place des deux Ati de 
l'époque pharaonique. En résumé, la tradition que la liste d'Abydos représente comptait 
six princes pour cette première partie de la dynastie : trois qui sont identiques à ceux 
de la tradition manéthonienne et qui sont placés aux mêmes échelons, un qui est identique 
pour le nom, mais qui est placé à un poste différent, deux qui diffèrent entièrement de 
ceux de la liste manéthonienne. Il semble résulter de cette comparaison qu'on admettait 
là un nombre fixe d'échelons, mais qu'une moitié des souverains qui entraient dans ce 
nombre était indécise. Est-ce le besoin d'avoir six règnes qui, dans la tradition d'Abydos 
a entraîné le rédacteur à mettre trois noms assenants : Teti, Ati I""^, Ati II, ces deux 
derniers pouvant être de simples variantes du même groupe et ne couvrir qu'un seul 
personnage? Est-ce la présence de ces trois noms assonants qui a décidé la tradition de 
Manéthon à supprimer soit Teti et un Ati, soit les deux Ati (au cas où l'on verrait dans 
"Aewôiî l'équivalent de Teti), pour introduire deux Pharaons entièrement différents, dont 
l'un, Ouénéphès, cache peut-être un dieu? J'incline vers cette supposition, mais je con- 
state que, dès une époque très ancienne, la tradition avait déjà fixé à six le nombre des 
rois du début; si elle a varié par la suite en ce qui concerne les noms, elle n'a jamais 
varié sur la somme totale. 

L'examen des autres listes ne sera pas très long. J'étudierai ailleurs celle d'Éra- 
tosthènes, et je montrerai le peu de confiance qu'elle mérite. En ce qui concerne nos 



1. Maspero, Notes star quelques points de grammaire et, d'histoire, § XXXIV, XLVFII, [.li, daas la 
Zeitschrift, 1883, p. 64-65, 81. 85. 



68 NOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE 

personnages, je me bornerai à rappeler qu'elle reproduisait une tradition analogue à 
celle des tables d'Abydos : ses rois sont, en effet, ceux de cette table : Menés M, 

Athôthis /«'• (] cÀ, Athôthis II (1 '=^^^, Diabiès {Miabiès) ^ . Je ne puis rechercher, 

pour le moment, si les noms qui manquent, Tetiei Ousap/taidos, avaient été déjà re- 
tranchés dans l'original égyptien, ou s'ils ont été supprimés par l'historien grec : on 
verra plus tard ce qu'on peut penser de cette question. La liste de Saqqarah, qui débute 
par Miébidos ^ repose sur un autre principe, et semble ne contenir que des rois 
dont Tounaraî avait vu quelque monument et à qui il rendait un culte dans la nécropole 
memphite : elle n'a pas la prétention d'être complète et, par conséquent, ne peut servir 
qu'à contrôler jusqu'à un certain point les assertions des autres documents. Reste le 
Canon de Turin. E, de Rougé l'a restitué de manière à y trouver six noms de Menés à 
Miébidos, et je ne doute pas qu'il n'ait eu raison. Mais, si le nombre des rois était le 
même que sur la liste d'Abydos, les noms ne diiîéraient-ils point? Le fragment n° 1 
nous montrer, après Mini, au second rang, un cartouche mutilé, mais contenant encore 
les signes . Le ci est en ligature avec un signe placé sous lui, et l'on peut le com- 
pléter n ; ce qui subsiste nous indique la présence en cet endroit, non pas d'un 
Teti, comme sur la table d'Abydos, mais d'un Athôthis, comme chez Ératosthènes et 
Manéthon. En revanche, le fragment n° 20 a conservé, avant Housaphaîti, les restes 
d'un cartouche où l'on distingue les débris d'un aigle ^^ et un [1, ce qui nous fait 
songer immédiatement au nom (1^*^, Ai/ d'Abydos, qui serait écrit ici O'^'r^il' 

d'après un original où le syllabique^^Ti aurait eu ses deux compléments phonétiques 
c> et (1. Lauth, qui avait fait ce rapprochement, le repousse, à cause d'un jambage placé 
au commencement et qu'il prend pour un reste de lettre^ : je crois que ce trait de plume 
est simplement l'extrémité du denii-cartouchc qui s'allonge parfois assez loin dans le 
Papyrus, et qui est allé rejoindre le point supérieur de Ta hiératique (1 aujourd'hui 

détruit. J'admets donc pour Turin la série : 1° Mini, 2° At[i (?), Atoti {'^)], 3" , 

4° \A]ti II, 5° Housaphaîti, 6° Mirebi, qui serait intermédiaire pour la disposition et 
la nomenclature entre celle d'Abydos et celle de Manéthon. 

Les deux derniers rois de la première dynastie manéthonienne sont Semempsès et 
Biénékhès, auxquels correspondent dans Abydos deux noms, ceux de ra ', et d&Qabhou, 
Qobhou ^\\\>\l> tandis que Saqqarah donne simplement Qobhou après Mirebi: 
Turin portait, comme Manéthon, deux noms, dont l'un est ><i /* | i\ _ mutilé et dont 
l'autre est celui de Qobhou. En examinant le nom mutilé, |j^^[jM \j , je crois le lire 
fp^^ca |, ce qui pourrait être la lecture du signe douteux ^^'n; ^ d'Abydos : on 
aurait alors une variante de w, qui est une épithète de Thoth et qui se lit Samsou^. 
Le Semempsès de Manéthon répondrait alors à un doublet '^. ^^Pl^ Samemsou, de 
n^v flm Samsou, H^. P^^TO Sanisernou. Quanta Biénékhès, on le corrige parfois 
en Khébiénès, Khoubiénès, pour le rapprocher de Qobhou. Mais la syllabe Bi, de 



1. La,utii, Manetlio und de/- Turincr Kônig.s/iapyi-us, p. 100-102. 

2. J'emploie ce signe à la place de celui que porte l'original et qui n'est pas dans notre fonte de caractères. 

3. Maspero, Mélanges de Mythologie et d'Arc/icologie égyptiennes, t. II, p. 98 sqq. 



NOTES SUR DIFFERENTS POINTS DE GRAMMAIRE 



69 



Biénékhès, se retrouve dans Binôthris, où elle répond à ^^^ Bi, bai, âme, et ^ivéx^Tic, 

. Le groupe •¥■ u/e comporte, en 

effet, une voyelle mëdiale qui subsiste dans «.n*.^ T. B., wn*.^ T. B., ©««.g^ T., vivere, 
vita, et &n&iy T. M.. «.nHty 5., jusjurandurn : il se colore différemment selon la valeur 
de la tonique, et [1 ir est transcrit en grec 'iMÛyvwioc , qui répond à Efônoukhou, 

mais ■¥■ un, avec l'accent sur la flexion (](] /-e-T), enharmonise le - û initial en ê-i et 

laisse un ë ou un a à la syllabe médiane, si bien qu'un groupe composé, ^^^-f- (1(1 , 
avec accent sur ^:^ et sur ® (1(1 , peut répondre à une prononciation Biinakhî, Biê- 
nakhê, Biênekhê. Le Biénékhès de Manéthon aurait un nom ^^^T", formé sur le même 

modèle que celui du roi de la H" dynastie ^^^s | Yr^' ^5?^^ | ^'"'^ Binothris. Ici 

encore, la tradition manéthonienne différerait de celle d'Abydos. 

De ces observations, il résulte qu'il y a eu au moins trois traditions différentes dans 
ce qui nous reste des documents égyptiens : l'une est représentée par la Table d'Abydos, 
l'autre par Manéthon, la troisième par le Papyrus de Turin. Le tableau suivant en 
fera sentir les ressemblances et les différences : 



I. 



TRADITION MANliTIlOMKNNE 

Menés " 



II. Athôthls (l^n 

III. Kenkenks 



Z] Z] w 



] 



IV. OUÉNÉPHÈS [-^"T] 



V. OUSAPHAÎDOS 



I I I I I" 



[ÏÏTÏÏl 



VI. MiEBIDOS 

VII. Semempsès n^Mc? 



TUADITION DE LA TADLl 

I. Mini y 

II. TetiL'-'^IJ 

III. ATiP'-Ijolj 

IV. A-nllfl^' 



HOUSAPAÎTI 



VI. MlREBI 



1 1 1 1 1 

tïïTïïl 



VIL Samsou(?) 
VIIL Biénékhès [^■^■^'^l VIII . Qobhou aJ | 



TRADITION DU CANON 

I. MiNI (^ 

IL At[iP'-] (jo[\\] 

III 

IV. [AJTi II (?)[(]-] 



V. HOUSAPAÎTI 



TU 1 1 

^ w 



^ 



c 



VI. MiREBI POUN 

VIL Samsou(?)P^^^ 
VIIL [Qo]bhou[z!]J| 



Ici, comme presque partout ailleurs, il ne faut pas essayer de corriger les listes 
grecques ou de les fondre avec les listes hiéroglyphiques pour obtenir une série royale 
unique. Les divergences qu'on remarque ne sont point des fautes de copistes; elles 
trahissent l'incertitude de la tradition et l'ignorance des historiens égyptiens sur les 
premiers temps de leur histoire nationale. 



§ S. — On sait quel rôle la liste d'Ératosthènes, qu'Apollodore, puis le Syncelle 
nous ont conservée, a joué dans les recherches chronologiques des égyptologues. Bunsen 
en avait fait la clef de son système, et, après lui, on a continué à se servir des données 
qu'elle contient avec une conhanee absolue. Je crois qu'avant de l'utiliser on aurait 
dû la soumettre à une critique minutieuse, et, tirant parti des éléments d'<3xégèse 



70 NOTES SUR DIFFERENTS POINTS DE GRAMMAIRE 

qu'elle fournit elle-même, se demander si vraiment tous les mots qu'on y lit sont des 
noms de rois. Elle présente en effet cet avantage de contenir, à côté des termes égyptiens, 
une interprétation grecque qui en donne le sens, et qui peut nous permettre parfois 
d'en vérifier l'orthographe ou la composition. Il faut donc nous demander avant tout ce 
que valent ces traductions dont elle est abondamment pourvue, et. si nous les trouvons 
bonnes, rétablir la transcription grecque, puis l'original hiéroglyphique, d'après le sens 
indiqué, sans nous inquiéter a priori de savoir si les mots reconstruits de la sorte 
donnent des noms de rois connus ou même des noms de rois. Lorsqu'on aura reconstitué 
par ce moyen tout ou partie du document primitif, il sera temps de le comparer aux 
listes authentiques, et de voir quelle place il garde àcôté d'elles. 

Prenons d'abord les noms dont la forme est certaine et la traduction facile à com- 
prendre. Les trois premiers, Mènes, Athôthis I*'^ Athôthis IL sont de ce nombre, car ils 
répondent évidemment au.x (1 Mini, (1 Teti P^ \'^\ Ati I"'", — ou (]<:^ll Ati L'"'. et 

(I o <è\ Ati il — des tables monumentales, comme je l'ai expliqué plus haut ' , mais, tandis 
que la traduction aUôv.o; é^e/'A«e/ est parfaitement légitime pour Mini, qui dérive de \ 

nionou. (Hre stable, durer, la traduction 'Epfio-fÉvt);, né de Thot, est fausse. Des noms, 
comme (1 Teti, ^^\ Ati, peuvent signifier le coureur, le frappeur, mais ils n'ont rien 
de commun (|u'une assonance avec celui du dieu Thot : c'est parce qu'on les lisait Toti, 
Atoti, qu'on a songé à les comparer à Thot. Il reste donc acquis de ce premier exemple 
qu'une partie des traductions est exacte, et que l'autre repose sur des confusions de son 
ou provenant parfois de lectures fausses, sur de véritables calembours oraux : ce n'est pas 
tant le mot lui-même qu'on a traduit, c'est la façon dont le nom sonnait. Par suite, il n'est 
pas nécessaire, pour que l'orthographe grecque du nom doive être considérée comme 
exacte, que la traduction annexe réponde au seiis du nom hiéroglyphique original : il 
sufîjt qu'elle réponde au son que ce même nom prenait dans la prononciation de l'époque 
ptolémaique. Le quatrième nom Ataê!?)? est rendu par un terme débutant en ^ù,..., ce 
qui justifie la correction MiaSiti;, MieSIti;, qui l'identifie au MdSiSoç dcManéthon, mais la 
fin est incertaine et prête à la confusion : les manuscrits portent tpiXÉTôpoc, les vieux 
éditeurs avaient adopté la correction de Goar, '^iXia-po;, ou de Scaliger, (ptXÉxatpoi;, les 
modernes préfèrent celle de Bunsen, cfnXrkajpo;. Le nom original se compose de 

mari, niiri, 9iX£Tv, et d'un mot ba, bai, bî, qui peut se confondre dans la prononciation 
' '^ mmi ^ ^ 

avec le mot <^^ ba, bai, bî, <|/u^t5, et s'écrire avec les variantes de co mot^^, entre 
autres. Je soupçonne, quant à moi, soit qu'une orthographe ^^ Mikbaï. M.\EBi, 

a égaré les guides thébains, soit que le son Miebaî, Maebî, leur a rappelé le nom ba, 
BAI, de la chèvre sauvage qui subsiste dans le copte Éi*.ju.ne, fii«.«.juine, et leur a suggéré ta 
traduction tptXôeîipoî, ami de la chasse, mais je n'insiste pas sur cette hypothèse: il me 
suffit d'avoir montré ici une fois de plus combien le système de traduction suivi dans 
la liste est arbitraire et réglé sur l'apparence extérieure des noms. 

Les quatre personnages qui suivent sont qualifiés d'une manière assez peu intelli- 
gible, riejjtcpwi;, Ècfxtv 'Hpay.XeîST];, puis TotYapâ[JLa/o; Mo(Ji/£ipt, qui SC traduit par tT.dàvSpàç 



1. Cf. p. 66-67 du présent volume. 



NOTES SUR DIFFERENTS POINTS DE GRAMMAIRE 71 



7r£pi<T(io(jtÉXTjî, puis ilxolj^^o; o èaxivAprjs àvataOr^To;, puis roaop|ji;r,ç, o ÈaT'.v aiTTiTiravro; (ou îiTjai-av-'Ji;). 

Je rappelle les restitutions de Bunsen pour montrer quels tours de force le désir d'iden- 
tifier ces noms a fait faire aux savants de la génération précédente : ^£|J^(f>;ô<; devient Sefit^oV;, 
Mofji^Eipî se transforme, avec toutes ses dépendances, en SEaopyéprjç... fj-r^<^='''°p°?' T.tpKjaonilr,:. 

(TotY^p aniayo^), Xxo'tjç^oç se COrrigC OU Toiy^ipr^ç... TiXiôOeto;, roaop;j.îr,; en XEffôpxaati;... ■},'(Ti<jiy.poLxoc; ^ 

et, moyennant ces modestes changements, on reconnaît sans peine le Semempsès de 
Manéthon, son Sésokhris, son Tankliérès ou[ ], de la V*" dynastie, et un Sésortesen 
qui est Sésorthos, variartte de Tosorthos. On a proposé d'autres corrections et d'autres 
identifications qui me paraissent aussi forcées que celle-là : je préfère examiner des 
noms moins douteux de forme et de sens, ainsi Mipïjç... tiXtoowpoç, dont la transcrip- 



tion littérale serait t)ià-ri, ou o nià-ti-ri, où n (ancien ni, ne) se sera assimilé 

à /■ de Rà, rî. Le sens est certain, la transcri[)tion aussi, mais il n'y a pas de roi qui 
s'appelle de la sorte. Si l'on se rappelle que le verbe ma s'écrit parfois ^^, ^?, qu'un 

certain nombre de cartouches, o ]^, [\, 0| h, ^.^n, renferment le mot [ajuste, 

JUSTICE, qui s'écrit ^^, ^^ également, et qui se prononçait ma au milieu des mots en 
composition, comme le prouve la transcription oùatfzâp-r); de o | j|, on peut se demander 
si les guides thébains n'avaient pas sous les yeux un texte contenant un cartouche qui 
présentait la combinaison "^^ o mâ-rï : ils l'auraient traduit à l'oreille don de Rù, 
'HXtôSwpo;. Quelque explication que l'on admette, on arrive à un résultat identique : 

, O, n'est pas un nom royal, ^^ o n'est qu'un fragment de nom, et le neu- 

vième Pharaon d'Eratosthènes ne représente rien de réel, au moins sous la forme que 
l'écrivain grec nous a transmise. 

Le dixième nom 'Avwjtfi? est rendu euixopo;, le chevelu, ou èTrtxwjjLOi;, commessator. Il 
suggère immédiatement à l'esprit une de ces épithètes en ->-=> initial, comme on en ren- 
contre dans l'égyptien. ^ ç, à-pahîti est transcrit en grec 'ATiar;?, où a équivaut à notre 
->-=». D'autre part, vwjtffc est à vojcffç, ce que i-xw^iç, Swu'^tç, xbJ;, est à Soùcpi;, et peut ré- 
pondre à novqi, no-yqe, î " noujiv, naoujïr , qui a perdu son <=> r final, si bien que 
'Avwjtfîç répondrait assez naturellement à un original ■>-=> T T T ànoujirou, ou A î âanoûjir, 
devenu par chute régulière de r final ânouji. Si l'on songe aux idées de fête que rappelle 
le mot T, dans "vx î<=> Haourou noujiv, dans ÎÎI ô nofivou, nofriou, des vête- 

ments de fête, I-^^Jj nojHtou, des jeunes femmes, des concubines, on comprendra très 
bien qu'une épithcie ^>-=.TÎT, | T, à-noufi ait pu être rendue en grec par i-K'.vM^o:^ : 
toutefois, comme aucun roi d'Egypte n'a porté ce nom joyeux, on est bien forcé de con- 
clure qu'ici encore les guides thébains ou bien ont traduit à l'oreille un nom de roi qui 
sonnait Anôuphi, mais dont nous ne pouvons retrouver l'aspect original, ou bien qu'ils 
ont transformé en un nom de roi une épithète à-nofïrou, â-noufir, le très gracieux, 
appliquée à quelque roi. Le onzième numéro de la liste est plus étonnant encore, c'est 
zîpioç, bxiv ulô; xôpTjç, Sirios, le fils de la pupille, que d'autres expliquaient àoàay-avTo;, 
l'individu prémuni contre le mauvais œil. Iri étant Vœil, sîp-.o; répondrait exactement à 
une expression ^^ Si-iri-t, Si-iri, contracté Siri : mais où est le roi (jui s'appelle 

ainèi? Il convient de remarcjurr en outre qu'au n*^ XXVIII. Ératosthèiies traduit Ms^pr.s 



72 NOTES SUR DIFFERENTS POINTS DE GRAMMAIRE 

par cptXôaxopoc, ami de la pupille de l'œil; Bunsen n'hésite pas à restituer Mei-tp-nç, amans 



pupillam. , ce qui ne peut guère passer pour un nom royal. Il y a pourtant une 

explication assez simple à donner de ces traductions. Mejpric se coupe naturellement en Meû 

= Aie, Vi. aimer, et pr;<:, mais pTiç est la transcription ordinaire de o rî, rê, comme 

Mâp7)<; -?iX;ô8iopoc;, MoayspTiç ->,XiôSoto;. Si, dans un endroit, les guides traduisaient o par xôpiri 

prunelle, et dans un autre par T^Xto; soleil, cela tient à la définition que l'on donnait du 

soleil et par suite du signe o. On considérait l'astre comme l'œil de Râ, ce qui entraînait 

à prendre© pour le signe de la prunelle, xôpT^ : on connaît les variantes du nom d'Osiris 

n-cs>-, ]|°rV[, f|OJ|' où l'œil -c2>- s'échange avec la prunelle o, puis avec le disque 

solaire O. Dans certains cas, le guide aura donné la définition du signe MeupTic cptXéirxopoç, 

sîpio.; olô; xopTic; dans l'autre, il l'aura traduit Mâpri^ fjXtôSwpo;. On voit quelles conséquences 

■""^aL -<s>- 
cette observation entraîne : Meôpr^; et sîpio; ne sont plus des équivalents de et 

de ^^ , mais on voyait sur le document original (11] G ou \M et ^^- Le 

cartouche ^^ (1(1 MEjpT].; appartient à Papi I*"", mais ^^ n'est pas un nom de roi, c'est 



le titre de tous les rois d'Egypte : Sirios, le prétendu Thébain d'Êratosthènes, au lieu 
d'être un homme, est un fragment de protocole. 

Le personnage qui porte le n" XII est Xvoiigoc; rvEupô,-, o èjxi Xpi(jT)>: Xpi^aoù u\ôc. Les deux 
termes ont la même signification : l'un est à proprement parler celui qui appartient à l'or, 
l'autre est lejils de Vor. Xvoùêoc; est en effet une transcription de l'égyptien rsisr» noubou, 
l'or, précédée de la même aspiration qu'on retrouve dans Khnouphis, Kneph, de 
^ ^\ j) NouMOu, et qui est fort ancienne dans l'usage. Le terme rveupôc paraît ren- 
fermer le même mot, comme l'indique la traduction Xpunoù u'tô;, mais avec un r au lieu 
du X initial et peut-être avec une finale différente. De rares cartouches renferment le 
signe fsss^, ainsi celui d'un Antouf ^'^j^i^^ NouBKHOPiRRi, et c'est peut-être celui-là 
qui est désigné par la transcription Xvoôèoc rveopôc; mais le voisinage de sfptoç^^ peut 
faire penser que les guides entendaient rendre ici le titre "^ Har-noubi, littéralement 
l'Horus doré, l'Horus d'or, qui fait partie du protocole royal de tous les Pharaons. Le 
n^XIII, 'Pajwffiç àpyixpitwp, répoud à un original o | 1 RÂousi, RÂouôsi, qui probablement 
équivaut au | I de la V^ dynastie : /vws/va n aurait été passée, et le guide, négligeant 

AAAAAA I I 

de faire subir à O le déplacement nécessaire, l'aurait transcrit pa et non fît, (jt), comme 
c'est le cas en composition, ainsi dans 'AfxovpaaovOr^p. La traduction àpxtxpâxwp est exacte et 
l'idée s'en retrouve dans le xpatatôç du n" XXIV oùo>ji(i.âpTi;, xpaTaiôç o èa-civ y^Xioc, où l'élément 
\|î \ii n'est pas rendu et où l'on a oûwai, comme dans 'PajwT-.;. 

Le nom n° XIV n'est pas traduit, mais la transcription grecque en est transparente, 
BiupT);, «^s. — J Biou-RÎ : ^^ Bîou est rendu de même b!oo dans la liste des Décans, par 
deux fois. Ici encore on a une formule qui peut former un nom (cf. Bioufrî, dans le Pa- 
pyrus Westcar), mais qui n'est pas un nom de roi connu : le seul Pharaon qui s'appelle de 
façon analogue est 1 '^f^ Binôthris. Les noms suivants XV-XVI, Sawtptc, correspondent 
aux deux SoScpt; des listes manéthoniennes. c'est-à-dire à Khéops et à Khéphrèn, mais 
la traduction xwjjtâCTXTiî ou i^-t\\L%x[c!zr^z montre une fois de plus que l'interprétation a été 
faite d'après le son par quelqu'un qui ne connaissait pas le sens du nom. v^ Khou- 



NOTRS SUR DIFFMRRNTS POINTS DE GRAMMAIIIK 73 

i^'OL'i devait soiinor alors Shoufoui, Snoni-'i, ou avec la diphtoiifiaison dont les trans- 
criptions Khéops. Saôphis, Soyphis, portent la trace, Shaoufi, Shkoufi, et Khâfrî 
aboutissait à Khàfi par chute de <rr> final : d'où la confusion en un mot unique signi- 
fiant >cu)[jtà7TTi; ou /pTi|jta-:'a-:Tf)<; des deux noms Khoufoui, Il (Khnoumou) me protège, et 
KhAfrî. Son lever eM Râ. Le n** XVII, MoayÉpTjc, a été corrigé en Uf^/ïor^Q le Menkaourî, 
Mykérinos de la IV** dynastie : prononcé moun. moug, a assimilé sa seconde 
radicale au k de "-^ et le tout a sonné Mougkerî, puis Moukkkrï, Mokkrrî, C'est cette 
prononciation qui a dû tromper le guide et lui faire croire à l'existence d'un radical 
signifiant donner dans ce nom. S'il faut une correction, comme il est probable, la tra- 
duction f.X'.ôSoxoi; nous oblige â voir dans Moa une équivalence du verbe a d ma, mô, 

donner, et, par suite, à prendre la forme graphique la plus rapprochée de Moa, le juloi du 

a 

copte, soit MotyÉpTfiî pour Moa/ÉoTi;, auquel cas un roi o . . Moîkerî n'existe pas, mais 

la môme confusion acoustique entre ma, donner, et uk, justice, que j'ai signalée déjà, a 
pu se produire, et ^^ (](] MÂr, juste, prononcé Môf, a pu passer dans ce nom comme 
dans celui de plusieurs reines o %^ \\ Mâkerî, pour être la forme en i, moi, -ootoî, de ma, 
MÔ, donner. Bien entendu, je ne présente aucune de ces considérations pour autre chose 
que pour une hypothèse : je cherche seulement à me rendre compte de l'ensemble d'er- 
reurs ou d'ignorances qui ont pu amener un Égyptien à traduire, soit un nom o [ J , 
soit un nom ©J)[_J. soit tout autre nom pouvant sonner Moîkerî, par l'adjectif 'ÈXtôSoToc;, 
donné du soleil, et j'examine les solutions possibles de ce petit problème sans m'arrêter 
;\ l'une ou à l'autre plus qu'il ne convient. 

Je ne veux pas prolonger cette discussion outre mesure : les noms qui restent, ana- 
lysés en eux-mêmes et non pas avec le désir d'y retrouver des rois connus, donnent le 
même résultat que les précédents. Je ne citerai que les plus clairs, ceux qui n'exigent 
aucun commentaire : XXIV, SuM^iiiipriç ou plutôt oùtoatfjtâpTi;, qui répond au cartouche 
ramesside o 1 y); XX, "A-rrair-nroî , (I Papi, avec le a prothétique dont j'ai parlé et la tra- 
duction fXîY'trxoç qui est exacte pour le mot prononcé «.«çcoç^, «.«çcon, etj^coçç, plur. «.«çiocÇi, 
géant, mais qui n'a rien de commun avec le sens du nom Papi; XXII, Nt'xwxotç, est bien 
la (I ^_^ Nî-ÂouGRÎT de la VP dynastie, mais l'épithète vixTitpôpoî de la tra- 

duction 'AO-rivà v'.xTicpôpoç faussc le SOUS dc l'égyptien i\ <==> Aouqir ; X XIX, XojiJiaecpei. à 
corriger en Ta>[j.a£cp6â, comme le veut la traduction xôtjj-oc (ptXr;œa'.axo(;^ ^^ 8 ^, où, si l'on 
recourt à la valeur to de m à 1 époque ptolémaïque, w ft Jl. XXXI, rrexeaejp-rjc:, n'est 
pas traduit, mais on reconnaît aisément une transcription d'un p^l Pétéhâthor, 

qui n'est pas un nom de roi, ni même un nom très ancien en Egypte; XXXII, 'A[jifievi(a-ric, 
et XXXIII, ExafjiiJicvÉjjnfic, qui répondent à des Amenemhâît de la XII" dynastie, sans que 
je voie ce qu'est le Xx initial du second; XXXV, Mi^r^ç ou Mâpic, non traduit en cet en- 



droit, mais répondant, comme son, au n" IX, ou o , ■^,liôBoipo<; ; XXXVI, Sttpeàc, 

Q n n O AAAAAA 

uloc 'Hçpaîaxou » SiPHTAH, qui pout être le nom d'un Pharaon de la XIX*^ dynastie; 

XXXVII, ^oLiopo) (corrigé pour '^po•Jopo')), AK (J ^^"^"^ , comme le prouve la traduc- 

tion NetXo;. Il y a dans ces pages assez de noms expliqués pour qu'on puisse juger de la 
valeur du document qui les contient. 

Le procédé qui permet de présenter de la façon la plus nette les résultats obtenus 

RECUEII.. XVII. 10 



74 



NOTES SUR DIFFERENTS POINTS DE GRAMMAIRE 



consiste, — puisqu'il s'agit d'une liste royale, — à essayer de les assembler en table 
analogue aux Tables d'Abydos et de Saqqarah. Voici donc la Table d'Ératosthènes, 
rétablie en écriture originale et en traduction grecque d'après ce qui vient d'être dit : 



I 

r ^ 

iiiiiimi 

AAAAAA 

û 
^ J 




11 

(j 




m 

? 

Cl 




IV 



IX 



MtjVïJc AOtoOiç a' AOwOt; 

allô V 10 c 'KpiaovivTjc; ^' 









^^ 



Mug'r.ç, (?) 

(6tXo6T,po; 



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XI 



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MàpTjÇ 'Avwutfii; Xîpioc 

T.Xiôocopoî È-îxwfxoi; u\ôç xôprjç 



XII 






XIII 

O 



^ 



Xvoùêoi; .rveupoc Pa'jcoat; 

^p'joTjÇ, j^puffoùolô^ àp^ixpàxiop 



XIV 



HtJpTjî 



XV 

LJ 



wa(uoic a 



■/.(oiJ.ad-T,; V, 



r^ 



XVI XVII 

o 

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Sawoi; p' Moiy(^£p7i<; (?) 

/pr,[jiaTC(7-:r,; /iX'.'jOotoç 



XX 



'AiriiiTtou; 
fAiYiaxoç 



XXII 

O 

A^AAAA * 



(?) NÎTioxpi; (?) 

'A(lT,vâ vixT,tpÔGo; 



XXIV 

I 

1 

•/;X'.o;xpaTatO! 



XXVIII XXIX 



T — r 



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Meôpr,; T(0|jiae;p6à 

x'^ajjio; (f îX/^cfataxoc 



(?) 



XXXI 

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LJ 



XXXII 

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XXXI II 



lUxeaOjpTii; 'Afia£vi[jnr,i; ilTa}JiiJi£v£|jir,i; 



XXXV 

o 

c 



LJ 



XXXVI 

^ I 



LJ 



XXX vil 






VntOà; 4>ooopt'o 



Je crois qu'un coup d'œil jeté sur cette table équivaut à toutes les démonstrations 
du monde. On y voit des rois réels dont les noms sont bien traduits, Menés, Meures, et 
d'autres dont les noms sont traduits inexactement, Athôthis, Miébiès, Saôphis, Apappous, 



NOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE 75 



Nitôkris; des titres royaux, comme Sirios, ou dos lambeaux de phrase, qui semblent être 
ermprimtés à des protocoles royaux, Tômaephtali. Anôyphis, un nom du Nil, des frag- 
ments de cartouches-prénoms, Khnoubos-gneuros et Ouôsimarès, bref un amalgame de 
toute sorte d'éléments disparates où l'inexact et le faux l'emportent sensiblement sur le 
vrai. Ce qui est utilisable du document était déjà connu : ce qu'il renferme d'inconnu 
est suspect et inutilisable. J'ai refusé d'en employer les données dans mon Histoire, et 
je crois que tous ceux qui examineront la question sans préjugés arriveront aux mêmes 
conclusions que moi. 

Ératosthènes ne savait pas l'égyptien ; il a été, comme tous les Grecs, à la merci de 
ses drogmans et de ses guides. Puisque c'est une liste de rois thébains qu'il a cru pos- 
séder, c'est probablement à Thèbes qu'il l'aura recueillie dans un de ses voyages d'ob- 
servations astronomiques et géographiques. On lui aura montré une de ces tables royales, 
comme nous en possédons plusieurs, qui commençait à Menés et descendait jusqu'aux 
dynasties thébaines, car Amon entre dans la composition du nom de plusieurs rois. S'il 
fallait en juger par la mention du nombre d'années afférant à chaque roi. c'aurait été 
une liste analogue au Canon de Turin, par conséquent écrite sur papyrus en hiératique; 
mais je ne crois pas qu'on doive attacher trop d'importance à cette considération. Ératos- 
thènes a joint en effet aux noms une traduction grecque qui n'appartenait évidemment 
pas au document original : la même curiosité qui l'avait porté à demander le sens des 
noms a dû le pousser aussi à s'informer de la longueur des règnes, et l'on peut admettre 
que la table ne comprenait, comme les tables monumentales, que l'indication des souve- 
rains. Je me figure volontiers quelque chose comme la Chambre des Ancêtres de Karnak, 
et le savant grec instruit de ce qu'elle contenait par les guides ou par les sacristains 
chargés de montrer aux étrangers ce que les profanes étaient autorisés à voir : ce 
devaient être à Thèbes des gens comprenant assez mal la langue raffinée des lettrés alexan- 
drins, et les causes d'erreurs ordinaires devaient se compliquer encore de leur ignorance. 
On les imagine énumérant les noms royaux, puis les interprétant d'après la prononcia- 
tion qu'ils avaient h cette époque, avec cette facilité à fabriquer des étymologies et des 
explications qui est encore aujourd'hui la qualité maîtresse des drogmans et des 
guides. Ératosthènes a inscrit fidèlement tout ce qu'on lui a dit, et, comme il n'avait 
aucun moyen de contrôle, il a pris pour noms royaux tout ce qu'on lui montrait sur la 
paroi et dont il demandait le sens, Si-rî, Biouri, Tô-maephtah, et des débris du Pirée 
il a fait autant d'hommes : il demandait, à chaque fois qu'il enregistrait un de ces per- 
sonnages, les années de son règne, et on lui servait un chiffre qui s'appliquait proba- 
blement à un roi réel inscrit dans le voisinage du groupe expliqué. Beaucoup de ses 
gloses sont inintelligibles, mais beaucoup se comprennent facilement, et le sens qu'elles 
présentent garantit l'orthographe d'un certain nombre de noms. On ne peut rétablir 
TwjjtascpOà, rendu xôaiJto; ceiXi^cpa'.ntoc autrement que ■^^^n ou w W (ou V Q 3), ni Stpioç, 
traduit jIô; y.ôpTit; autrement que par ^^ ou , et ni Smî, ni Tômaephtah n'ont jamais 
eu d'existence comme rois d'Egypte. Employer un pareil document et en faire la pièce 
principale d'un système de chronologie égyptienne, c'est commettre une erreur analogue 
à celle de l'historien futur qui, voulant rétablir la suite des souverains qui ont régné sur 



76 NOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE 

la France, accorderait sa confiance à une liste où l'on lirait à côté de Hugues Capet, de 
Robert, de Philippe I*^', de Henri IV, des princes appelés Par-la-Gràce-de-Dieu ou 
Roi-de-France-el-de-Navarre : le Pharaon Fils-du-Soieil et le Pharaon Monde- 
aimé-de-Phtah sont aussi vraisemblables que le serait, entre Louis XIV et Louis XV, 
un Bourbon du nom de Très-Chrétien. 



§ T. — Le prince asiatique auprès duquel Sinouhit se réfugie porte le nom de 
AA^vwv \\ AA^^ (I M2^ A.MMouiANsHi (1. 30, 142), pcut-étre | v "=^^1^ (1- ^^9) 
Amoushi : on n'a pas essayé de l'analyser, et le dernier égyptologue qui en ait parlé, 
M. Max MùUer, renonce à en rendre compte \ J'ai été frappé depuis longtemps de la 
ressemblance qu'il présente pour la construction avec le nom de plusieurs rois de la 
première dynastie babylonienne : j^^liâk ^^ ]^ Kf^I ^^^I ÀMMiorrANA, j'^ji^ 
^ 1^ ^y > f\~\ Ammizadougga, et pour la vocalisation en ou de l'égyptien à la 
variante Ammourabi de Khammolrabi. Le sens de ces mots est donné en partie par la 
iste bilingue où l'élément Ammi, Khammi, répond à Kimtou : Ammi-zadougga = Kimtou 
KiTTOUM, s^yt^^^, Ammourabi =z Kimtou rapashtoum, 'sniiar. Il me parait que Am- 
mouanshi, Âmmouianshi, se compose également de "•ai?, ia», et d'un terme comme tt>3K. 
œger, maie affectas J'uit, mais si la première partie du mot me paraît être certaine, la 
seconde est fort problématique : de toute fa(;on, le mode de formation est le même. 

On sent l'importance de ce rapprochement pour l'histoire de la Syrie et de l'Egypte : 
je me borne à signaler le fait ici, sans insister. 

§ U. — Assournazirabal rapporte d'une de ses campagnes contre des Araméens, 
entre autres objets de bronze, des T^f t^TTJ'^ *~*^y |]f '^J ci'jciruUi, que Deiitzsch (^6'.s^- 
risches Wôrterbuch, p. 95) traduit par Becketi, Kessel, et considère comme une 
Benennung des gerundeten Beckens, en le rapprochant de l'hébreu f|K (cf. Assyrisches 
Handwôrterbucli, p. 17). Les textes égyptiens contiennent le même mot, et Thout- 
mosis m cite parmi le butin qu'il avait fait en Syrie l'an xxiv de son règne : i 1 "^ 
\ / w^ ''^ 1 ' Akana àa m baoukou ni Khaourou, « un grand chaudron 

de fabrique de Kharou », où Birch avait déjà rapproché le mot égyptien du mot hébreu'. 
La figure réelle de l'objet est fournie par le déterminatif qui montre les deux anses;- 
elle permet aux assyriologues de définir exactement ce qu'étaient les aganati, dont il 
est question sur le monument d'Assournazirabal. 

§ V. — Le rapprochement ingénieux présenté par M. Chassinat entre Vile de 
Double et Vile des Morts de Juba* me parait pouvoir être complété par quelques con- 
sidérations nouvelles que je demande la permission d'exposer. L'itinéraire suivi par le 
Naufragé répond aux idées géographiques qui ont prévalu longtemps sur les origines du 



1. Max Mui.LEii, A^^irn und Europa ncir/i Altœ;iy/)tiscften Dcnkmnlern, p. 47, note 2. 

2. Cf. Recueil dn Travaux, t. II, p. 148. 

3. BiucH, The Annals of Thoîhmcs 111, ns dcriced/roni t/ic tlieroQlyphical Inscri/ition.', p. 13. 

4. Chassinat. Çd et là, dans le Recueil de Travaux, t. XVII, p. 53. 



NOTES SUR DIFFERENTS POINTS DE GRAMMAIRE 



Nil; le tleiivc aurait communique avec l'Océan Austral, et à force de le remonter, on 
passait dans une mer libre où se trouvaient les régions des parfums. A partir des pre- 
miers siècles de la con(jU'>to arabe, ce furent les rivières de l'Afrique méridionale, le 
Djob, le Zambèze, le Congo, qui servirent à justifier cette conception légendaire; 
mais, avant d'eu arriver là. on plaça les débouchés du Nil dans des régions plus rappro- 
chées de rÉgypte. On peut se demander si la NeiXo-no-apfa qu'Artémidorc d'Éphèse men- 
tionnait sur la côte du pays des Somalis au IP siècle avant notre ère ne répond pas à 
l'un d'eux' ; en tout cas, le même Artémidore en connaissait un qui donnait sur la mer 
Rouge. Il signalait entre Ptolémais-épi-Théras et le Stoma Sabaïtikon une rivière qui 
établissait la communication entre la mer et le fleuve : c'était un bras de l'Astaboras 
qui se détachait d'un lac^ tandis qu'un autre s'écoulait dans le Nil'. La donnée est très 
nette : en remontant au delà de Syène, on passait dans l'Astaboras, de là dans le lac, de là 
dans une dérivation de l'Astaboras qui menait à la mer Rouge. Sans entrer dans les expli- 
cations possibles du fait, il sullit de le constater, et de le comparer à la donnée égyptienne 
du Conte du Naufragé. Le Naufragé remonte le Nil par l'île de Béghé et les Ouaouaî- 
tou de Nubie, puis il se trouve dans la mer des Aromates et il est jeté sur Vile de 
Double : un navire égyptien vient l'y chercher, mais on ne dit rien de l'itinéraire qu'il 
suivit au retour. On se rappelle que les mines d'or d'Ethiopie qu'il allait visiter sont pro- 
bablement celles dont Agatharchide parlait encore dans son Périple, et qui répondent 
aux régions du Gebel-Ollaky : c'est sensiblement la même région que celle où le récit 
du Naufragé nous transporte et où le bras de l'Astaboras rejoignait la mer. Du reste, le 
voisinage du pays de Pouanit est impliqué, sinon exprimé clairement par la richesse 
en parfums dont se vante le Serpent, roi de l'Ile : or nous savons par les travaux de • r 
Krall que les parages de Saouakin et de Massaouah sont un des premiers sites du pays 
de Pouanit'. Les notions éparses dans les géographes classiques nous ramènent enfin ^ /^^J 
aux notions que le romancier égyptien possédait sur le théâtre des aventures de son héros. 
On trouve dans la région moyenne de la mer Rouge l'île Ophiôdès, qui était habitée 
par des ser(3ents et produisait la Topaze : Juba l'appelle Topazcui, parce qu'elle se per- 
dait souvent dans les brumes et que les navigateurs la cherchaient souvent en vain, or 
iopazein signifie chercher dans l;i langue des Troglodytes \ On voit combien les traits 
du vieux conte pharaonique se retrouvaient dans les récits d'époque ptolémaïque : 
Ile des Morts, Nekrôn Insala, répondant à Vile de Double; ile Ophiôdès habitée 
par des serpents et se noyant dans les nuages de la même manière que Vile de Double 
est habitée par des serpents et s'évanouit dans les flots dès qu'on la quitte. Les dilTé- 
rences sont de celles que l'on doit s'attendre à trouver entre deux versions d'une même 



1. Strabon, 1. XVI, IV, 14. p. 774; Arf.émidore la place dans l'intérieur, ruais le Périple de la mer Ery- 
thrée ( MUllkr-Didot, Geoijrafihi Grœci Minores, t. I, p. 265) a sur la côte un NetXoTt-roXEjJialoç qui paraît 
être identique à l'Ouadi d' Artémidore. 

2. Strabon, 1. XVI, iv, 8, p. 770 : 'Kv 8k zCi) [jiexa^'j èxû'Owatv cnzôcT.oi.tj^'x to'j 'AaTaêooa xaXoufjiEvo'j Troxa- 
(loû, ôç Èx ÀîfxvT);: xr|V ip/jr,v tyM'j fxÉpoç xi èxoôowat, xô oï TtXéov Tj>j.&i}ù,z'. xto Ns'XtjJ. Sur l'explicaiion 
possible de ce fait, voir Vivikn SMNT-MAnTiN, Le Nord de l'Afrique, p. 266-i?GS. 

3. Krall, Sludien sur Ge.^chichtc de^ Alten yE;/yptens, IV. Das Land Punt, p. 21-26. 

4. MiJLLER-DiDOT, Gco(jraplii Gncri Minores, t. I, p. 12.5-129. 






78 NOTES D'EPIGRAPHIE ET D'ARCHEOLOGIE ASSYRIENNES 

croyance populaire très éloignées l'une de l'autre dans la durée'. L'île unique du Conte 
pharaonique. Ile de Double qui est en même temps une Ile des Serpents, s'est scindée en 
deux îles, dont l'une a gardé, comme M. Chassinat l'a remarqué si ingénieusement, le 
nom antique Ile des Morts =^ Ile de Double : celle-là avait probablement ses légendes 
dont les marchands et les capitaines grecs ne nous ont rien conservé. L'autre est Vile 
des Serpents ou des Topazes, où, par une transformation très naturelle, les serpents ne 
gardent plus les Doubles, mais des pierreries' : les morts sont demeurés dans l'île 
voisine. 

Ces considérations sont intéressantes en ce qu'elles nous permettent de délimiter 
l'horizon géographique des Égyptiens vers le moment où le Conte du Naufragé fut 
composé, soit, je crois, vers la XIP dynastie au plus tard : la région demi- fabuleuse 
commençait pour eux vers la hauteur du Gebel-Ollaky. Le voyage peut se porter sur la 
carte de la sorte : 1'' départ d'Assouân. navigation par le Nil, puis par l'Astaboras, en 
contournant le pays des Ouaoualtou, soit le massif du Gebel-Ollaky; 2*^ débouché dans 
la mer Rouge par l'Astaboras au sud de Saouakin, au nord de Massaouah ; 3" tempête 
qui jette le héros sur l'Ile du Double, île Ophiôdès-Nekrôn, aujourd'hui Saint-John; 
4" retour en Egypte. Bien entendu, les positions anciennes n'ont rien de la précision des 
sites modernes : il ne faut prendre les identifications indiquées que comme marquant 
en général les parages où se passe l'aventure. 

Paris, le 12 janvier 1895. 



NOTES D'EPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 



PAR 



Fr.-\\ Schkil 

XVIII. L'inscription vannique de Patnos. — Ce texte a été photographié par le 
P. Duplan, missionnaire dominicain à Van, qui me l'a adressé à Mossoul (octobre 1894). 
L'original se lit sur une pierre enfouie au pied d'une colonne de la grande coupole, à 
main droite, en entrant dans l'église de Patnos. Patnos (vilayet d'Erzeroum) est un 
village d'une cinquantaine de maisons environ, dont quarante sont habitées par des 
familles arméniennes. La pierre mesure 0™ 47 sur 0"" 35. 

tU] ^^yy 6,^ ^y^ ^ 



1. Stkabon, 1. XVI. IV, 6, d'après Artémidore; Agatharchiuk. § 82, dans Mui.i.er-Didot, Geografihi 
Grœcl Minores, t. I, p. 169-171; Jura, dans Pline, Hist. Nat.. VI, 34, XXV, 22. XXXVII, 32. C'est aujour- 
d'hui Zeberget ou Zemergetis, l'île Saint-John des cartes marines anglaises. 

2. Cf. l'île du voyage de Siudbad où les serpents sont constitués gardiens d'une vallée remplie de pierres 
précieuses : les serpents sont d'ailleurs commis à la défense des pierreries dans tous les pays du monde 
(Marcel Df.vic, Les Merreilles de l'Inde, p. 109-111). 



NOTES D'ÉPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 79 

y _y. .yy.y «y .yy^y 
" -T- }}}} -J^ -ÎT Va 

Cette inscription n'est pas spécifiquement distincte de celle d'Astwadzaschen 
publiée par D.-H. Mùller {D/'e Keiiinschrift von Aschrut Darga, p. 15, 16). Tout son 
prix lui vient d'une variante importante à la ligne 5. Voici comment je lirais l'un et 
l'autre texte : 

PATNOS 

(An) Hal-di-ni-n\i\ 

y È>ar-du' -ri'\sé\ 
y Ar-gis-ti-hi-ni-\hé\ 

V , 

5 [Gl^) ni-i-ri su-u-[ni] 
X M VIII M XIII C XL... 
ka-pi is-ti-ni 

Nous apprenons en effet que ni-i-ri est le nom d'objet de la phrase; que i, qui, à 
Astwadzaschen, remplace le déterminatif Giè du nouveau texte, doit être isolé de ni, en 
conservant le sens du démonstratif i-ni dont il est d'ailleurs le radical. La grammaire 
n'y trouve pas son compte, il est vrai, et il nous faudrait à l'accusatif ini ni'iri. Mais il 
est possible que le redoublement du ni ait échappé un moment au graveur, comme il 
arrive en pareil cas. 

Le sens reste difficile à préciser. Il s'agit évidemment d'une chose construite, vouée, 
offerte aux dieux, du genre des t^yyyy bar^u^ (Sayce, XIX, 3, 4); burgana {Meh. Kap., 
29); {gis) du (Sayce, LI, 3); {gis) uldi, {gis) Za-a-ri {Meh. Kap., 27, 28). Peut-être 
même, en souvenir de ce dernier mot, faut-il lire dans le texte de Patnos {Gis) Za{l)-a-vi, 
en élidant / dans Zal, comme il arrive pour ai -du-tu-si-ni-e de MeJier Kapussi, 10, 
qui est rendu dans le duplicata, 43, A-du-tu-si-ni-e. 

Les objets dénombrés dans la ligne 6 sont évidemment ordonnés au Gis ni-i-ri, 



ASTWADZASCHEN 




Id. 




» 




» 




)) 


i ni'i-ri 


m-u-ni 


X M V 


M III C 




id. 



1. La ressemblance du signe du avec le signe ap ordinaire se constate aussi ailleurs. (Cf. Sayciî, Meh. 
Kap.. 10; Dupl. 43, JRAS, p. 466.) 

2. M. Sayce lit toujours bar-su... ce mot qui est partout écrit bar-zu. 



80 NOTES D'ÉPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 

comme, par exemple, des victimes à l'autel (cependant^ on n'avait pas coutume d'en 
vouer 19,000 à la fois, cf. Meh. Kap.), des pierres à un édifice, etc. S'il s'agissait 
d'argent, nous aurions vraisemblablement rencontré un déterminatif ^"^ ^J. 

De toute manière, le nom des objets dénombrés doit suivre, comme de coutume, 
leur chiffre, et nous devons le chercher dans la ligne 7. kapi. Il n'est pas moins nécessaire 
d'y trouver un verbe parallèlement à su-u-ni, c'est-à-dire is-ti-ni, qui n'aurait pas ici 
son acception accoutumée. 

Les idées se suivraient ainsi : « Aux Haldis, gr,ands. Sardur, fils d'Argistis, a fait 
un nîri et y a afïecté 19,340 kapi. » 

XIX. Cylindre cachet. — Le cylindre suivant, qui m'a été communiqué par 
M^ Altmayer, 0. P.. délégué apostolique de Mésopotamie, provient du pays d'Orfa. 
C'est un cyWn^TQ, parlant. Tous les cylindres votifs ou talismans étaient censés prier la 
divinité pour celui qui les portait, en rappelant constamment aux dieux les invocations ou 
les dédicaces qui y étaient gravées. Le cylindre WAI, IV, 35. 2, déchiffré par Amiaud. 
ZA., t. IL p. 292, s'appelait : « Que mon roi vive [dans la joie] de son cœur ! » Ce nou- 
veau cylindre, unique on son genre, dans un discours direct, prie pour lui-même. 

-T ^<£^I <!t^ ^:TT --T ^ 

A-na sa e-^i-ni Arad US-KU-DA A celui pour qui Arad Uâ-KU-DÂ m'a 

gravé (?) 
i-na qatu sa a-ra-ani-mu dans la main que j'aime, 

ilu U-ti-ra-an-ni que Dieu me conserve, 

Kunuk I-ri-ba (an) Nin-ip moi cachet d'Iriba-Ninip, 

5 mâr (an) BIL uhallit. fils de BlL-uballit ! 

XX. — A Mossoul, je rencontrai une petite idole en albâtre, du type caucasique, 
les cheveux longs ramenés en arrière depuis le front, en forme de statuette accroupie, 
tenant des deux mains comme un rouleau déployé où on lit : 

^f- I V D -M 

Bush mât Kirrihibiza. Propriété du |)ays de Kirrihibiza. 



NOTES D'EPIGRAPHIE ET D'ARCHEOLOGIE ASSYRIENNES 



81 



XXI. Un cylindre perso-araméen. — L'inscription est araméenno, le dessin perse. 
Au centre, une porte cintrée, grillée en losanges, et aux rebords rayonnants. Est-ce la 
porte du Soleil levant? Au-dessus, le buste d'Ormuzd, fixé dans le disque aux appendices 
ornithomorphes. La tête du dieu à longue chevelure et à longue barbe est coiffée du 
cylindre aux bords supérieurs légèrement évasés (absolument identique à la coiffure des 
prêtres syriens modernes) et surmonté d'un croissant. Symétriquement, de chaque côté, 
sur les ailes, une tête barbue, à tiare arrondie, est tournée vers le dieu. Aux extrémités 
du tableau, de chaque côté se tient un personnage tourné vers le dieu et en fonction 
d'adoration. L'un d'eux, coiffé comme le dieu, est debout sur un autre croissant plus 
grand, à la manière de la Vierge dans l'iconographie chrétienne; l'autre, à tiare ar- 
rondie, a devant lui le symbole d'une étoile â huit rayons. 

L'inscription araméenne court de bas en haut, dans la partie libre du champ : 

j-vj. Ljîf I I t c'est-à-dire ■'sbianoD'?!?'?, où la première lettre est bien la préposition 

*■ C !• d'attribution; Malki, d'autre part, n'offre pas de difficultés. Il n'en 

v^ est pas de même de no:"?!) {'aJnnsah, qui n'offre aucun sens. Ce cylindre 

appartient à l'évêque chaldéen de Djézirèh. . 

XXII. L'inscription d'Asaraddon du tunnel de Negoub. — Ce texte fut découvert 
par Layard (Nineveh and its Remains, t. I, p. 80; t. II, p. 199) et publié, dans l'ori- 
ginal, à la planche XXXV de son Recueil de Textes, — de telle manière, toutefois, 
qu'il est impossible d'en déchiffrer une ligne, voire quelques mots, et de dire même 
vaguement à quel genre d'inscription on a affaire. Mïirdter et Delitzsch {Geschichte 
Babyloniens und Assyriens, § 82) l'ont attribué à Sennachérib; G. Smith (A. Z., 1869, 
p. 93), avec raison, à Asaraddon. 

L'original n'est pas à Londres, comme l'a cru Bezold {Lit., p. 107, n), mais à la 
Mission dominicaine de Mossoul, où je l'ai vu (1894). Seulement, une tranche en a été 
sciée perpendiculairement aux lignes', en coupant les noms Adasi, Asurnasirapal, 
Kal-hi, par le milieu. Le texte, maintenant tronqué par le haut, le bas et les deux côtés, 
devait être assez considérable autrefois, et relatait les travaux de reconstruction du 
tunnel et du canal qui amenaient les eaux du Zab à Kalah. 






//^ 






1. Cf. Layard, Nlneceh and its Remains, t. I, p. 8L 

RECUEIL, XVII. 



11 



82 



NOTES D'ÉPIGRAPHIE ET D'ARCHÉOLOGIE ASSYRIENNES 






10 



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m ti -EEii 4i V tEyy <H -<y-^,,.,^» 



[Asur-ah-iddinJ^ 



âu-bat 



ak-ti mu sis gi 



. . . li-'u sa-kin mimma risàti eli nisî [ana-ku, apal Sin-aliê irbâ], 
. . . èarru dan-nu sar mât Assur, apal Sarru-kin sar mât Assur. 

5 li-ip-li-pi Bel ba-ni apal A-da-[si] 

. . . (nàr) Te-bil-ti mah-ri-tu sa Asur-na[sir-apal] 

. . . saplis (nâr) Za-ban elî ta-mar-ti (àl) Kal-[hi] 

... sa nâru su-a-tu i-na la ta-ri-ri ' 

hi-si ih-za-ti im-sa an ' kib-si me-te-[ki] 

10 ma si-kin epirâti im-la-ma im-ma-ni ni 

al a-ma naru ru bi (?) es ka-la 

. . . hi-ru i-mi .... gis-mah-hi sa si-ru-ti 

ir ra-lii-is ma si-ir-* u-sa 



[Asaraddon] 

... le vaillant, auteur de toute réjouissance * parmi son peuple, moi, fils de Senna- 

chérib . . . 
. . . roi puissant, roi des légions, roi du pays d' Assur, fils de Sargon, roi d'Assyrie. . . 



1. Celte restitution est forcée, par la ligne 4 . anaku apal Sinalwirba, mots fournis par Layard, 35. 

2. Cf. tardru, crever, rompre. 

3. Ici, an := ana. 

4. Kili == risdtu (Brun., 9658). Ga est explétif. 



NOTES D'EPIGRAPHIE ET D ARCHEOLOGIE ASSYRIENNES 



83 



5 rejeton de Bêl-bani, fils d'Adasi 

... le premier canal Tebilti qu'Asurnasirapal [avait creusé] 

. , . qui allait en aval du Zab, dans la banlieue de Kalal.i 

... Ce canal 

les bords étaient devenus trop étroits i)our y marcher et passer. 

10 les décombres remplissaient 



de grandes solives , 



XXIII. — J'ai rapporté de mes voyages une brique éfamite assez mutilée, dont le 
texte est identique à celui d'une brique publiée dans Weissbach {Ansanr'sche Inschriften, 
147, D). Toutefois, la lecture Hu-te-lu-du-m (ligne 5) de cet auteur est certainement 
défectueuse et à restituer en Hu-um-lu-du-us. On sait l'emploi fréquent, le rôle im- 
portant du mot Hum, dans l'onomastique élamitique (cf. Jensen, Wiener Zeiischrijï 
fur die Kûnde des Morgenlandes, t. VI, p. 47 sqq.). Je connais un texte inédit (de 
Sippara) qui mentionne, après Ansan{ki), la ville de Hu-um-[ki). La tablette est d'un 
vieux roi dont le nom est malheureusement effacé : 



I [sarru] dan-nu 

[sarru] KIS 

pa-sis ilu 

sakkanak (ilu) A-kit 
5 la-bi-in libitti 

la-ma ni-ti 

e-pis mal-ki 

(AN) An-a-a' 

kal-la-ti 

10 bôlit«^y 
. . . ga-a 

. . . su-bu 
i 

11 

ma-am-ma la iz-zi-za 

la-ka ^^l'^y -a 

nap-har(?) um(?)-ma-ni *Çy| 

a-na se-na 



roi puissant, 
roi deKis(?), 
prêtre du dieu, 
vicaire de Marduk, 
le briquetier, 

constructeur d'enceintes (?), 
exécuteur des conseils 
de la déesse Anaï, 
de la fiancée, 

dame 

» 

» 
» 

» 
toute l'armée (?) 
en deux 



1. En effet, peut-être faut-il lire [AN) An-a-a, ce qui donnerait la vraie lecture du parèdre féminin de 
Samas, *^>n~ |f jy. entièrement phonétique comme *^np >7^ (= A-nu et non pas (ilu) NU). Cf. le dieu 
de Sépharwaïm, 'Anamélek, Il Reg., XVII, 30. 



84 



UNE CLASSIFICATION DES SENS DU iMOT « HOSOU o 



lu-u a-zu-uz 

An-sa-an-(ki) 

u su (al) Hu-um-(ki) 

lu-sag-gis >^y (=r rà?) 

lu e-l)e-il (f) 

sarru An-sa-an-(ki) 

u su (al) Hu-um-ki 

it-ti ir-bi 

u ki-sa a-na 

ma-ki-ri-be-ni (??) 

lu u-sam-se-lu 



[al] ud-kib [nun-ki] 

Rev. sa u ... 

. . . Tin-tir-ki 
ki(?)-i ka-ra 



je partageai (coupai) 
celle d'Ansan 
et celle de Hum(ki), 
je saccageai 

)) 
le roi d'Ansan 
et celui de Flum(ki) 
avec le revenu 

» 

» 
je divisai en deux 



Sippar 

*^yjy us-ma ^ 
ab(?)-arad *^>^ ^TT 

■ 1 P^ 
. . . bi-ir 

ru 

a-ni 



Je demanderai, en passant, s'il n'est pas possible de traduire ^y»"][^y qui ouvre les 
inscriptions clamitiques par BU ou Ê-gal qu'on trouve à cette place dans les briques 
assyriennes. N'est-ce pas le sens qui s'impose dans les inscriptions de Kudur-Mabug et 
Rim-Sin (Lenormant, Textes inédits, n° 70, ligne 16) : U ki-ag-ga-ni . . . mu-na-ni-i^u : 
Sa maison préférée. . . il a bâtie? Et /. B. , 3, n° 10. ligne 4 : luh mah sag-ka U dingir 
gal-la : à l'auguste messager de (?) la maison du grand dieu. . . 



UNE CLASSIFICATION DES SENS DU MOT |fp 

PAR 

Alexandre Moret 

Suivant les déterminatifs qui l'accompagnent, le mot Q I hosou peut être traduit 
par « chant, ordre, faveur, louange, incantation, excrément, vase, repousser, ve- 
nir », etc., etc. Ces traductions sont, à leur place, toutes justifiables; néanmoins, n'a- 
t-on pas le droit d'être surpris d'une telle diversité d'interprétations pour un même 
mot? Est-il impossible de trouver au mot 5 ô I un sens premier, d'où les autres puissent 



UNE CLASSIFICATION DES SENS DU MOT (( IIOSOU » 



découler? Nous pensons, au contraire, que ce sens premier existe, et que l'on peut en 
classer et coordonner les principales dérivations. 

L'élément essentiel du mot x yl, celui qui, écrit isolément, a la valeur du mot 
complet, c'est le signe y hosou. Il représente un vase allongé : il ne faut point le con- 
fondre avec \q fuseau qui a, dans les signes hiéroglyphiques, la même forme et le même 
nom hosou (en copte g^wc T. et M.); peut-être, suivant l'hypothèse de M. E. de Rougé\ 
le vase y « portait-il le nom de liosou (.(fuseau » d'après sa forme. » Quoi qu'il en soit, 
les monuments (igurés nous prouvent que le signe représente bien un vase. On le 
trouve parfois à moitié plein d'une liqueur rouge'; on s'en sert pour faire des libations, 
et l'eau s'en échappe par la partie supérieure ( vl)'. Au sommet du vase se trouve un 
étroit orifice qui, vu d'en haut, présente cet aspect : (©)*; la fermeture s'obtenait soit 
par un petit disque, que l'on pouvait soulever au moyen d'un ruban ou d'un brin de 
paille ^^F, soit, quand le vase était en métal, par un bouchon conique et creux de 
même matière ç/%j'- Le vase hosou fait partie du mobilier des morts ^; il est souvent 
confondu avec le vase y qobhou. Il est inutile d'insister davantage pour prouver que 
le signe y représente bien un vase, puisque nous possédons des vases de cette forme; 
mais il est important de remarquer que, dans les textes où l'on trouve le mot hosou, le 
signe y , employé comme syllabique ou déterminatif , est souvent représenté épanchant 
de l'eau ||, ou est confondu avec le vase qobhou sous la forme (y ou ^V. Cette présence 
du filet d'eau et cette confusion avec le vase qobhou prouvent matériellement que le 
signe essentiel du mot hosou, dans ses différents sens, est bien un vase et non point le 
signe pareil de forme et de son, qui représente un fuseau*. Il était indispensable de 
bien établir ce fait qui servira de point de départ à notre classification. 

I. Le sens fondamental, étant donné que est un vase, doit être celui de « verser 
un liquide » ou « couler )), suivant que l'on interprète X'usage du vase au sens actif ou 
passif. Malheureusement, nous ne connaissons point d'emploi d'un mot 9 ô I dans ce 
sens précis de verser ou couler. Il est permis, toutefois, de supposer l'existence de ce 
sens et de ces mots non encore découverts, puisque nous possédons leurs équivalents en 
copte. Le mot ^«.«€(5.), qui dérive évidemment d'une racine Q y I, exprime en effet l'état 

1. Mémoire sur l'inscription du tombeau cVAhmès, 1851, p. 49. 

2. E. DE RouGÉ, loc. cit., p. 49 et pi. I, n° 2. 

3. Mariette, Dendérah, t. I, pi. 10; Louvre, stèle C 138 (cf. Gayet, pi. XXVI). 

4. Croquis de l'orifice d'un vase y conservé au Louvre, Musée égyptien, salle cioile, armoire B, n» 776. 

5. Mémoires de la Mission du Caire, t. V : Maspero, Les Momies de Déir el-Bahari, pi. XXII, 6. Quatre 
vases y sur leur estrade de bronze. Bénédite, Tombeau de Neferliotpou, p. 527. Le vase kobhou ne diffère du 
vase hosou que par la présence d'un conduit latéral extérieur pour l'épanchement de l'eau. Cf. une bonne 
représentation du y dans Lepsius, Denhm., II, 152. 



6. Louvre, stèles C 15 et C 176. (Gayet, pi. XXXI et LIV.) 

7. Louvre, stèles C 50, 64, 75, 202. 216, A 107. Cf. C 26. 1. 6. La vérification des signes a été faite sur les 
monuments. Mariette, Monuments dioers, pi. Cil, a. 

8. Sur le mot ® 1 ô ou 9 1 i), fuseau; cf. Maspero, Études égyptiennes, l. I, p. 82. 



86 UNE CLASSIFICATION DES SENS DU MOT « HOSOU » 



d'une chose sur laquelle un liquide est versé, et l'action même de verser : submersio, 
submergi. Nous inscrirons donc comme premier sens de C I celui de verser, couler, 
Jluer. 

II. Le premier sens dérivé de \\y sera nécessairement celui de vase, avec la 
forme de nom d'agent Y (hositi, hosit), le verseur, l'ustensile avec lequel on verse. 
Nous trouvons en effet dans quelques textes cette sio;nification du mot a/vww d / 



X X r*»*n " ^^ t'apporte l'eau du Nil en un vase d'or' » ; remarquons que le signe y est 
ici déterminatif de sa valeur phonétique. Un texte de Karnak parle d'un « vase grand 

T <^ <>«==> AftAAAA C>C:>< I I I I 

de sept coudées )) Y ^ '; le Papy/v^s/fr/r/vs mentionne des vases appelés 

pin^n -f^o ^Al r-^-^ Ci /-T-^Si III 

R y M tllj ciY\ '. Ce sens dérivé est donc assuré. 

III. Vient ensuite, logiquement, la série des mots qui désignent ce qui coule, ce 
qui est versé, \Qflux. Nous trouvons en effet ce sens général Reflux pour le mot 8 ' (^ _ 
dans la phrase suivante : ^ ^ 5>- Q '[gi „ H^ ^ (Ju oôo^^^^^ « C'est toi (le dieu) qui 



fournis \ejlux (vital, la semence), qui crées les grains de ton eau*. » Le même mot, au 
Papyrus Ebers, a le sens de sécrétion, lait{1), et s'écrit f p toi"^^ '^'^''^ '^ ' ^^'6^- ^""^ 
déterminatif significatif. — Plus précis sont les exemples du mot ? y I dans le sens de 
i( flux de ventre, excrément ». Les textes des Pyramides donnent des formes sl, | lo', 

dans des phrases telles que celle-ci : | %> f^TI '^ ? P ° ^^ "^=^ fïTI ^ r-rrn o « C'est 
l'horreur de Teti que les excréments, Teti rejette les urines'. » Le Papyrus Ebers 
donne de très nombreux exemples de S flÇ^ « alvi depositio, sordes, stercus', » avec un 
déterminatif Q que nous retrouvons dans la phrase : û^ XX^ c]v^ ^^ ^ 

T n fS r^ u =» V I _ZI c:^5> (^ , ••^ \ _Zi /www c^:> \ I II 

X f L 'J J y "^ I ^ '^ « A mesure qu'augmentait le dégoût de tes ordures, le 

cœur (de la mère) ne se dégoûtait pas'. » Enfin, nous croyons retrouver un sens voisin 
de ceux-ci dans une légende d'un bas-relief du tombeau de Ti. Au passage d'un gué par 
un troupeau, une vache se retourne en meuglant vers son veau qui est porté sur les 
épaules d'un bouvier; un des bergers s'écrie, en s'adressant à la vache : « cette saleté 
(^kI I ^'^ V) d'<^^i^P0ï'^6'' ce veau, nourrice'"! » Nous aurions ici un commence- 
ment de sens figuré attaché au mot^aj?. 

IV. Si nous passons au sens figuré du mot flux , Jluide , nous arrivons peu à peu à 
un sens « influence)) (lat. in . . .fluere, couler dans), qui gouverne une quantité consi- 
dérable de dérivés du mot § y ['• 

1° Nous trouvons tout d'abord une série de mots | I exprimant cette action d'une 



1. Todtenbuch, CXLVI, 43. — 2. Brugsch, Dict., p. 989. — 3. Pop. Harris, I, 28, 12. et 49, 8. — 
4. Brugsch, Dict. SuppL, p. 851. 

5. Pap. Ebers, II, glossaire, s. v. Cf. Lieblein, Index ...du Licre des Morts, s. v. I , p. 105. 

K\ III 

6. Merenrâ. 223; Ounas, 189. — 7. Teti, 68. {Recueil, t. V, p. 11.) — 8. Pap. Ebers, II. glossaire, s. v. 
— 9. Pap. Boulaq, IV. 20. — 10. Au Louvre, moulage n» 4909. Cf. Maspeho, Études égyptiennes, t. II. 



UNE CLASSIFICATION DES SENS DU MOT « HOSOU » 87 

chose ou (Uiine personne (itiangère sur une autre personne, qui se rend dans nos langues 
modernes comme en égyptien par une idée da fluide ou dejlux qui coule (in . . Jluere) 
su/' cette personne. Examinons en i)reniier lieu quelques exemples où le mot Jhiide est 
pris au sens péjoratif et désigne hijasci/iation matérielle exercée par certains animaux \ 
Le dérivé est ici Q l[^^^, Aosai'^ il s'applique au lion qui influe ou fascine /)«/" tœil, 
d'où le nom de lion fàscinateur ^i^(J5r7K« M • ^^^ crocodile qui influe ou fascine 

p((/' la bouche, d'où le nom de ô I '; à la gazelle (ffl^^x M ) , et peut-être 

aux vaches rouges et aux veaux, animaux typlioniens ( Q Z^ ^s^» ] ^ ^^ \> i'^P~ 
pelons que les scorpions, les serpents et les vers de toute espèce étaient compris dans 
cette classe d'animaux, contre qui il fallait procéder à des conjurations magiques pour 
échapper a leur fascination '. — Il était naturel d'appliquer à ï influence magique exercée 
par les dieux et les hommes les mêmes termes qui caractérisaient la fascination matérielle 
des animaux. Dieux et rois sont très souvent comparés aux lions et aux autres ani- 
maux fascinateurs ; on dit d un chien : <^> » ï ^"^ ^ ^^ Ml "^ — ^ ^ 

« Sa tète fascinatrice est celle du dieu qui incante qui il lui plaît, » et ailleurs on 
men tionn e « le dieu à face fascinatrice » ft y I „ J^j '. — A propos d'un roi : (l^ii l ïl 
'^■"'^ y 5r7K \y *' Le roi les suivit comme un lion fàscinateur*. » — Peu à peu on 
se dispensa de la comparaison avec les animaux; le seul aspect du dieu ou du roi suffisait 
à expliquer l'influence, la fascination. Ramsès II « brûle de ses deux yeux fascinateurs 
■Ç\ 2^..^ Q ' lié H^ '^^' ' ^^ ^*^^^ Pharaon devient un « fàscinateur de tête contre ses 
ennemis | y N^ '^x ^<^ ^% i^' ». C'est ainsi (i{\Mà jlux prend le sens de Jluide ma- 
gique, J'ascinalion. 

2'^ Les dérivés du mot X y ' prennent un sens de plus en plus général à mesure que, 
de l'idée dejïuide matéi'iel, d^ fascination animale, ou de fascination par une partie 
précise du corps, on passe à l'idée dQ fascination en général et d'influence magique. 
Dès les époques les plus anciennes, le mot 1 semble avoir pris cette signification 



1. Voir sur le Lion et les animaux fascinateurs une étude détaillée de Maspkro, Bibliothèque égypto- 
logique, II, p. 4;i5 sqq. 

2. Peut-être le uom du crocodile ^^\ 1 Q ^ss;»- n'est-il que la forme en ^^\ préfixe du radical Q 1 inter- 
verti en I Q . 

3. Pap. Anastasi, IV, 10, 5. Cf. Zeitsc/irift, 1882, p. 35. On se sert d'excréments de gazelle pour tuer les 
charançons. [Pap. Ebers, XCVIII.) 

4. Bruosch, Dict. SuppL, p. 849. 

5. Le type de ces conjurations est fourni par la Stèle d'Horus sur les crocodiles (Mariette, Monuments 
dioers, pi. XV), où le dieu maîtrise lions, serpents, scorpions, ibex. 

6. Pap. Anastasi, JV, 13, 1. 5. Cf. Maspero, Notes au Jour le Jour, dans les Proceedings, mai 1891, 
p. 16-17. 

7. Todtenbuch. CLXIII, 4; CLXIV, 5. 

8. GuiYKSSE, Inscription historique d'fpsamboul, p. 17. (Cf. Recueil, t. XI.) Cf. Études équptologiques. 

« 11 ne connaît pas le lion qui est devant lui; Kà-nibmâ, c'est un lion fàscinateur » 
^-^ , 

9. Bruosch, Recueil de Monuments, pi. LUI, 1. 13. 

10. Bkugsch, Dict., p. 990. Dans ces expressions et d'autres similaires, on peut avoir des déterminatifs 



plus généraux ^ | f ^ ^f' | f ^ ^^ cf. V infra. 



UNE CLASSIFICATION DES SENS DU MOT a HOSOU » 



générale; un texte des Pyramides prouve que, même en parlant des animaux fascina- 
teurs, on pouvait faire allusion plutôt à la notion générale de fascination qu'à telle ou 
telle partie du corps particulièrement fascinatrice : on dit de Teti : ^^ \ I® h 

Q V ^\ ,^ \ « Ta tête est en forme de chacal, ton train de derrière en forme de 
lion fascinateur'. » — Or, le train de derrière du lion ne pouvait guère être la partie 
fascinatrice de l'animal. Le sens du mot QUI est donc déjà généralisé. On en arriva à 
ne plus spécifier une partie du corps, à parler de l'influence générale et morale d'un 
individu. L'Égyptien qui avait envoûté Ranisès III « était parvenu à la puissance divine 
de fasciner les bomraos ^^^^ÎJ-^p{ll]|^;^,Vl T^i^^^'- » ^^ 
mot nûû I "^^^^^^-^^ est sûrement une forme renversée d'un mot | I V^"^^ ; il a 
comme équivalent copte cig^e {T.), ci^i {M.), insanitas, dementia, èxtTTaai; ; il caractérise 
donc l'égarement, la stupeur qui sont le résultat de la fascination, de l'influence magique. 
Plus général encore est le sons de 9 I dans le texte suivant : û o ^ 



>x , "^^ ' ^^^ ^ X Y ^ '^CXX.- Avant de franchir un gué, pour mettre, en 
fuite et conjurer le crocodile, les bergers se disent : « Mettons à l'arrière ceux des ber- 
gers qui s'entendent aux choses magiques pour jeter un charme sur le passage de l'eau '. » 
Déjà nous avons vu le verbe shodou\ incanter, rapproché do hosou, fascination. Ce 
dernier exemple nous amène au sens précis Aq formule d' incantation pour 8 v .Ce 
sens est connu depuis longtemps. Le Papyrus magique Harris, qui est proprement un 
formulaire d'incantations, se divise en chai)itres dont le titre est ainsi rédigé : T T T 

' ' * ? ? P^\ dl) ' P ^ (1 ^^ /^T^ ™ ^^^ " Chapitre de la bonté des incanta- 
tions qui écartent l'habitant des eaux » (le crocodile); IQ P^^Sh ^< Chapitre 

I A/VAft/\A I /Nul C—i.' 

des formules d'incantations', » etc. Le Papyrus Prisse, recueil de formules morales 
qui ont aussi un caractère religieux et magique, dc^bute par une phrase qui explique 
l'utilité de ses préceptes : y J ^. ^<^ ^ ^ ^ y | ^_^^ 11] « La crainte (que 
j'inspire) se fortifie si une incantation juste (ouvre l'enclos de mon silence)'. » Nous 
voici donc arrivés à la formule abstraite de l'influence magique, § v 'ûA l'incantation. 
3° Ce terme abstrait, « y 'Q])- va servir de point de départ à une nouvelle série de 
dérivés. Qui dit incantation dit formule chantée : « La voix humaine est l'instrument 
magique par excellence. Sans doute, le texte d'une évocation, la séquence des mots dont 
elle est composée, a sa valeur réelle, mais qui n'est complète que si la voix vient animer 
la lettre : pour devenir efficace, la conjuration doit s'accompagner d'un chant, être une 
incantation , un carmen. Voilà pourquoi tous ceux qui récitaient une prière ou une 
formule destinée à lier les dieux à l'accomplissement d'un acte déterminé s'appelaient 
S^ « justes de voix » '. Nous ne nous étonnerons pas, ceci établi, de trouver, 
après 8 y 'Q(\ " incantation », le mot « y ' QA £^c {T. M.), canere, cantus, canticum, 



1. Teti, 165, 166. 

2. Pap. Lee, 1, 3. Cf. Chabas, Pap. magique Harris, p. 170. 

3. Pap. Berlin, n' 3. Cf. Maspero, Études égyptiennes, t. I, p. 75, et Les Contes populaires, p. 266 sqq. 

4. Cf. LoRET, Le Verbe '*^, Recueil, 1889, p. 128. 

5. Pap. Harris. pi. I et VI. — 6. Edit. Virey, p. 15. — 7. Maspero, Biblioth. égyptol., t. II. p. 373. 



UNE CLASSIFICATION DES SENS DU MOT « HOSOU » 89 

qfSciv. Y '^ s'applique d'abord aux chants religieux, qui sont de pures incantations : 

<===>! Q K^H ^'1 ^ " ^'^ ^^^"^ ^^^^ chants ci ce dieu\ » etc. Dans ce cas, l'in- 

cantation peut être plus efficace si au camion de la voix humaine se joint celui des instru- 
mentsdemusique;delà,lesformules^|l^^(ou JJ ^ ^ ^^^ ,^^ ^ 
(( incantor avec la harpe, avec le battement de mains, avec la flûte, — d'où chanter avec 
accompagnement de harpe, battements de mains, flûte. » On dira dans l'hymne au Nil : 

pour toi les chants avec la harpe, on a chanté pour toi avec accompagnement de main '. » 
Comme ces divertissements destinés aux dieux pouvaient être utilisés aussi pour égayer 
les mortels, Q y '^^QA 1?^^^ ^^ sens pur et simple de « chanter », sans intention religieuse 
ou incantatrice. De là, les séances de musique ou de ballet figurées dans les tombeaux, 
avec les légendes X I ] , ft > '. ou avec des descriptions plus complètes, telles que 

celle-d : hkî^^JîffPlî! J /^ *ir ï^!-k^ « «^-*- 
tion du cœur par la vue de choses belles, par le chant, les sauts, la musique, les cris qui 

réjouissent le cœur'. '» Les chants d'amour du Papyrus Harris sont appelés R y 1 ^ ', 

de même que les chants des bouviers conduisant leur bétail \ — Hosou peut donc avoir 

le sens de chants, poèmes, récits (à l'origine chantés). De là, enfin, les innombrables 

titres de clianteurs ou chatiteuses, \\y^>^Q chefs de chant, -R- 9 M 1' 



^^\ I I î Mv^^ ' ^^^ a préposés aux chants, réjouissant le niicctvt' 

cœur de son seigneur par de beaux chants dans l'intérieur du palais royal ' ». Ces titres 
sont si connus, qu'il est inutile de multiplier les exemples. 

Enfin, du sens de chanter, nous passons assez naturellement à celui de louer et 
de louange. Dans bien des cas, on pourrait traduire également « les chants ou les 
louanges » adressés aux dieux; mais, dans certains textes, le dernier sens est seul 
admissible. Au Papyrus Prisse, il est dit : « Mets-toi en harmonie et conformité avec 
ton seigneur; fais qu'il dise : a Celui-là, c'est mon fils, » de façon à faire dire à ceux 
qui entendront cela : « louange à celle qui le lui a enfanté. » X y <~> (il P ^^ ^ 
1^'- Quelques formules de l'inscription d'Oa/zr prouvent encore ce sens. Après le récit 

d'une expédition heureuse, Ouni mentionne par deux fois : Ry V y ^^ l<r:>_ 

« Sa Majesté me loua à ce sujet sur toutes choses''. » Une stèle du Louvre'" nous donne 
un sens analogue, V ' ^ U ^^^^^rJï V5r ù ^ " mon seigneur me loua de ma perfec- 

A i Jl 1 i_l 2!1 I AAftAAA T 2i< 



1. Pap. Berlin, VII. Cf. Chabas, L'Éijyptologce, t. I. p. 50. 

2. Hymne au Nil, Pap. Sallior II, 14, Anastasi VII. 11. 

3. Tombeau de Ti, à Saqqarah; I.epsius, Dunkm., II, 52, etc.; Louvrk, stèle C. 17. 

4. Cha.mpollion, Monuments de l'Egypte, t. I, p. 500. 

5. Maspero, Études ér/yptiennes. t. I, p. 66. 

6. Leemans, Monuments du Musée de Leyde, t. III, pi. XXIV. 

7. Lepsius. Denkm., II. 58. 59; Mission du Caire, t. V. Bénéûitb, Tombeau de Ncferhotpou, pi. IV, 

chant du harpiste : ^| "^ Q Y ^ ^ ^' ^^^^^"^ ^^ Canope : I Q]\ = aSetv; X 1 

». ViREV, Études sur le Papyrus Prisse, p. 104-105. 

9. Inscription d'Ouni. 1. 27 et 23. Cf. Erman, Commentar sur Inschrift [Zeitschrift, 1882, p. 18). 

10. Stèle C. 55, 1. 15. 

RECUEIL, XVII. 12 



90 UNE CLASSIFICATION DES SENS DU MOT « HOSOU » 

tion. )) Il est d'ailleurs probable que cette louange royale ressemblait à une formule 
rythmée et chantée; elle était décernée en public ( Ô r=T[) j dans une de ces audiences 
solennelles qui comportaient, comme plus tard les audiences byzantines, des chants 
réglés à l'avance \ De là, sans doute, ces formules des stèles funéraires relatives à de 
grands personnages qui a entrent sous les acclamations et sortent sous les chants » 
-^^ I'^'^^^'^^~^ y"\^'- Ce sens de « chant de louange » est donc le dernier 

terme des dérivés de x v H « fluide, incantation )). 

4° Si, abandonnant les dérivés du sens « influence magique », nous revenons au 
sens simple de « influence », nous allons trouver une nouvelle série de dérivés du mot 
fi Ô 1. Le mot influence peut avoir deux sens : ou bien il désigne l'ascendant qu'une 
personne a sur nous, ou bien celui que nous avons sur une personne. 

aj Les Égyptiens ont eu souvent à exprimer cette idée de l'ascendant d'un dieu ou 

du roi sur un simple mortel. Le mot o II exprime cette autorité spéciale de Vinjluence, 

qui tient à la fois de l'ordre et de la prière, qui émane à la fois d'un maître et d'un ami. 

Cette nuance du sens de fi y ' est parfaitement saisissable dans le rescrit de Pepi II 

relatif au Danya; à plusieurs reprises, le roi dit à son féal sujet que telle chose a été 

faite « par amour, par influence et par ordre de son seigneur » .<2>- v><r^Q Y """" 1 v 

"^37^ jiu=^ '. On en arrive ainsi à un sens « agir sous l'influence de », qui correspo nd à 

" ^ ^ "^ X) 

notre « agir au bon plaisir de ». Telle est cette formule des stèles funéraires : i*^^ 

fr^/wwvA^ 1 ^g>- p J — ;;— \37 a Q o i o i .■ -. - •. 1 1 rJ^ .''^=r- 

-^ H <:!:> y -^ ^^«c^ A/wNA^ ^^ (i Son serviteur véritable, qui réside 

dans son cœur, qui agit tout à son bon plaisir, tout au long de chaque jour*. » — De 

même, tel autre raconte que nul n'obtint faveurs pareilles aux siennes, v\ v 

(*^ vfi ,^^^^ 5 Y~^ ^^^ -iïs^n I) v\ ^ « parce que j aimais Sa Majesté 

plus qu'aucun serviteur, parce que je faisais son bon plaisir chaque jour, parce que 
j'étais féal à son cœur'. » 

Enfin, l'expression -<2>-Q y s'emploie encore au sens réfléchi; on se mit à dire 

« faire son bon plaisir à soi, agir sous sa propre influence'. » De là, les légendes des 
scènes peintes dans les tombeaux, où des gens de toute condition se disent entre eux : 
(( Fais à ton gré » fi -^3^'. 

1. Voir le cérémonial usité dans l'audience accordée à Sinou/iit. Nous empruntons cette idée au corameu- 
taire de Maspero (Le*' Contes populaires, 2' édit., p. 125, n. 1). 

2. LouvRB. stèle C 26, 1. 5. — 3. Cf. Zeitschrifl. 1894, p. 67, 68. 



4. LouvKE. sféie C 3, 1. 3. Cf. OwAit, 1. 37 : y ^;| <r:=>gy \> i 1 1 « Je fis tout, 



If 



suivant le bon plaisir que m'avait exprimé Sa Majesté à ce sujet; » et 1. 42 

« Tout se réalisa, comme Sa Majesté me l'avait ordonné. » 

5. De RouGii, Recherches sur les Monuments qu'on peut attribuer aux six premières dynasties de Mané- 
.<2>- ''^3_ <=><==> 1 1 —"^ n q I , ,.. 

t/ion, p. 112. Cf. l'expression I y — » — 3 I « agissant au gré des hommes, au bon plaisir 

des dieux. » 



6. Pap. Prisse, édit. Virev, p. 43. L'homme puissant agit à son bon plaisir 



■.[\\_ 



7. Bas-reliefs du tombeau de Ti. (Au Louvre, moulage n° 4914.) Beaucoup d'exemples ont été réunis par 
Erman, Zeitschri/t, 1881. p. 63-66. 



UNE CLASSIFICATION DES SENS DU MOT « HOSOU » 91 

b) Le mot Q y [l peut aussi désigner, inversement, l'influence morale que tout subor- 
donné peut avoir sur son supérieur. Ou dit alors de cet homme qu'il est « influent » sur tel 
autre, ou qu'il est son « favori ». Les exemples de « favori d'un dieu » ou « du roi » se comp- 
tent par milliers ( 9 ô vl<^J|' il ^i 1 ; dans ce sens, on trouve très souvent 
R yl ou parallélisme avec « aimé de » \ — Mais quand on est influent ou favori, 
on reçoit des faveurs; on arrive à la vieillesse « sous les faveurs du roi » — ^(jj^ v 
1 ', et ce mot « faveurs » y prend un sens nouveau très précis. La faveur consiste 

Mil A^/VW\ À I I I _ 

en ( ^\ ) une certaine chose décernée de par { ou ) quelqu'un. Tantôt c'est 



faveur morale : <=> « Y ^tj ^v ^ « Il sortit favorise de 

force et de vaillance par Amon; » le plus souvent, c'est faveur matérielle. Pour tel per- 
sonnage, la faveur donnée consiste « en bracelets d'argent » ( A v V "^ v ' 
J; ^ ^)^^ o^ \f\r>^ ); tel autre « prit en faveurs du roi des milliers de toutes 

sortes de choses, d'or, d'argent, d'étoffes, de parfums, de pains, de cruches, de bière, de 
viande, de gâteaux, selon l'ordre de mon maître Amon de décerner en public les marques 
de ma faveur'. » Souvent, a les faveurs » sont des « statues de double » données par le 
roi; parfois une « salle funéraire dans la demeure d'éternité ^ » Il était naturel que 
ces résultats de la « faveur » prissent le nom de la faveur elle-même'. 

V. Après avoir examiné les dérivés « effluer, influer » de la racine 9 s^y^flaer, il 
nous reste à considérer le mot 9 1, avec le déterminatif des jambes 7\, employé dans 
un sens précis de marche, de venue, qui nous semble correspondre à la nuance analogue, 
affluere, confluere, du mot latin Jluere. Le sens premier de cette nouvelle forme est 
venir; cela ressort de la formule : x H v ïl ^ ^ 1 ' a Sa Majesté vint 

en paix au pays d'Egypte, » où le verbe 9 I remplace le terme ordinaire 0. La même 

traduction convient à un passage des aventures de Sinouhit : ^ — »— Q 

^ ^ r=ù)AAAAAA^D ©Xà a 

1. <c==> ^ - — û j] 9 V n (3 ^ AvwNA Jf « Aimé de Rà, favori de Montou. » Pap. de Berlin, I. 1. 206. 



^ 



7T ,^=g, A/^V^AA « ^ rv AAAAAA Q O T II A^AAA 

Cf. Oa^/, 1. 49 : ^ VWc^W c ^„ k _ On n "^6 



AAAAAA C^ \ 1 1 ^ ■ — - JLD /\ A 1 1 _tfe^ 

2. Chabas, VEgyptologie, p. 147, note 6. 

3. Brugsch, Dict. Suppl., p. 846. 

4. Zeitschrift, 1883. p. 135. 

.T. Texte cité par Maspero, Bibliothèque égyptienne, i. I, p. 42. A^^\. y 

/ ^ ÂoOOOOoXjhllI A/WVAaIIM Jl ^ III û 1 11 I I À Jl 'VZ:7Î!J ^ 1 AVWW 

V "=> V^ I V^f" — Lu. Cf. une stèle citée par Maspero, ibid., p. 39. Le défunt, après chaque dignité qu'il 
énumère, ajoute ; « (Le roi) me favorisa en cela grandement. » 



A/W^A^ 



6. Maspero, De quelques Documents relatifs aux statues des morts [Bibl. egijjiiologique, i. I, p. 61). 

7. Cf. Mélanges d'Archéologie, n° 8, p. 63. Ajouter au.\ exemples cités ceux-ci ; Lepsius, Denl:m., III, 
140, b. « Le roi adore ses pères et leur dit : .Salut à vous, (favorisez-moi) donnez-moi par votre faveur la posi- 
tion d'éternité, affermissez mon nom pour jamais. » ( 9 V ' M V ^A '''''''^ V \ll ^"^""^ )' "^^^'^ 



d'Ahmès,\.2:^ ù^^h © '^'•'^-'^^ u V V rrf v^ « Je vous fais connaître les faveurs que j'ai obtenues. » 

^Mz=t^=i\ Il 
8. Pap. Sallier, IV, 6/7. 



92 UNE CLASSIFICATION DES SENS DU MOT « HOSOU » 



^ 



f^-^^^ (( Je m'éloignai à l'instant et je vins au pays d'Adima'. » Mais le 

mot ly^ semble avoir eu surtout le sens d'(( aller contre », comme d'une influence 
qu'on oppose à une autre. On dit do Thoutmès III : « Tu parcours la terre, le cœur 

s'oppose) dan s le te mps de ta Majesté '. » La stèle d'Antouf nous donne la même expression : 

^^^S^^IÎP^l^^TJ^QI " '""' ménagement pour le hâbleur, 
je m'opposais à lui en rétablissant la vérité \ » Ces divers sens, et ceux que nous avons 
précédemment expliqués, se retrouvent dans plusieurs passages de la stèle du Songe*. 

Le^,e.appe.^^'^^Q^|tp-|^^,[l|T:Y^::^Ee 
3ç. ov (]5r7k« y 1-^5- « le fort de la Khoposh au jour du combat, le fascinateur de 
face au jour de la mêlée, seigneur de vaillance comme Mentou, grand décourage comme 



un lion fascinateur. » Le résultat de ces qualités, c'est que Q^ 

fi y 1 « nul ne combat, nul ne tient devant sa venue ». Aussi^ (juand le roi navigue 



vers le Nord, 1 Est et 1 Ouest 1 acclament en disant : « fi v ' ^^^ 

y 'Y II est venu en paix ton double, en i)aix ton double, qui vivifie les deux 

terres ! » — Enfin, un dernier exemple nous prouve la confusion des idées d'« influence 
fascinatrice » et d'à influence qui s'oppose à une autre ». Dans un temple ptolémaïque, 

le dieu arme le roi et lui dit : « -^ a A-^ ¥,^ Je te donne (le pou- 

voir) de frapper et de mettre en fuite par ton influence, contre tes adversaires*. » La 
réunion des trois détcrminatifs A. prouve matériellement que l'on confondait les 

idées de fascination, de lion fascinateur, d'opposition d'influence, et que, par conséquent, 
on les faisait dériver l'une de l'autre. 



Il nous reste à dresser le tableau des principaux sens du mot X y ', tels que nous 
les avons déduits les uns des autres : 

Sens premier : I. g^«.cie, submergi, submersio. Couler, couler (lat. ^aere). 
Sens dérivés .* II. Q I , vase. 

III. Flux matériel (lat. e(fluere) : Q ['iq]'^^ ^'"'^^ ^> sécrétion; fi fl oQ, excrément. 

IV. Flux au sens figuré : Effluve, fluide, influence (lat. influere). 

1° Influence matérielle, ou fascination, des animaux ; ^^ 5r7k o '^;=^ > Y ' 

, etc., et des hommes comparés aux animaux. 
2° Influence magique, incantation, « y V • 



1. Ou « de Kadimâ ». Pap. Berlin, I, 1. 39. (Mélanges d'Archéologie, n' 9, p. 73.) 

2. Stèle de Thoutmès III. 1. 7. 

3. Louvre, C 26, 1. 16. 

4. Mariette, Monuments divers, pi. VII, 1. 1-2. 3, 14. 

Q ?;n X "^ 1 ^ <? '^ ^^^^^ 

5. Cf., pour cette confusion de déterminatifs, l'expression fi V M <~ \ JS f=.^ I « fascinateur 

%l\ L=J<=>n]-^ Dh.=^ 

de face contre ceux qui transgressent sa frontière. » Brugsch [Dict., p. 990). 

6. Lkpsius, Denkm.. iV, 14, (/. 



VARIA 93 

3° Incantation chantée (carmen), chant, fi y 'QA- Z^^ '■ poésies, récits, louanges. 
4° Inlluence morale subie par quelqu'un ou exercée par lui; faveur, marques de 
faveur. 

V. Flux au se/is de venue (lat. qffîuere, confluere) : venir et aller contre, S y 

F^aris, janvier 18U5. 



VARIA 

VON 

WiLHELM SpIEGELBERG 



XV. Zur Lesung voti . — Die Lesung des Auges ist noch immer eine viel 

Ci I 
bestrittene. Wâhrend Brugscli' ziierst irt las, hat er spâter im Anschluss an Le Page 

Kenouf ' die Lesung mU' aufgestellt. Dagegen ist die jûngste Forschung wieder auf die 

altère Lesung zurùckgegangen, welche Sethe in einer Fussnote ^ seiner Formenlehre 

folgendei'massen begriindet : « Fiir die Lesung \vt spricht, dass ^s>- den Lautweri îr 

hat, dass das Auge nach Plutarch {De Iside et Osiride, cap. 10) w-. hiess, wo:;u eie.T- 

ein regelfechter status pron. (fur jart-) wdre. » 

Die folgenden Zeilen soUen eine Erv^eiterung dieser Anmerkung geben. Zu der 

Plutarchstelle mag man die spiite' Schreibung 1 q i| fur Osiris vergleichen. Ferner ist 

in dem weiter unten zu besprechenden eiepâooKe auch der stat. cstr, (oder besser die 

tonlose Form) von t?'- erlialten, welches also eine gieiche Bildung wie Aiice aufweist. 

Freilich làsst sich m. E. €i*.t besser als al ter Dualis aus l'^rt^l erklàren, wozu man uj*.iit- 

aus h^nf^i vergleiche. Von ganz besonderem Wert ist die zweimal zu belegende Schrei- 

bung ' (1 Q ^ fQr das Chnumauge. Ferner môchte ich noch besonders auf den 

Namen des « bôsen Blickes' » hinweisen,welcher im kopt. eiepAoone erhalten geblieben 

ist und in der iilteren Sprache in einigen Eigennamen nachweisbar ist, so in dem weibl. 

J (1 .^^^ st;t irt bint\ welcher auch im Demotischen als f j3l>L )S 3. t^ J^j\ ° 

belegt ist. Am bekanntesten ist der hierhergehôrige Name 1 ^ ^^ -^5- w^, in welchem 
m. E. -^3- Ideogramm ist, so dass man st\w 'irt bint {etwa S^t-J<'r-boone) lesen muss. 
Was nun die Erkliirung dieser nomina propria anlangt, so ist wahrscheinl. vor dem 
Verbum der Gottesname ausgefallen, wie sich ja in der That die urspriingl. Form in 



1. Hier. Wôrterbuch. p. 97. — 2. A. Z., 1877, p. 101 ff. — 3. Hier. Wôrterbuch. Band V, p. 104 fï. 

4. Auf Grund einer freuudl. brieflichen Mitteiluug des Verfassers bin ich schon jetzt la der Lage. die 
betrefîende Stelle des erwàhnten Werkes mitzuteilen. 

5. DtJMicHEN, Recueil de Monuments, V/Tafel 45. 

6. M. 1/551 ; P. 11/155. 

7. Vgl. Le Page Renouf. Lectures on the origin and groœtli of religion, p. 15S. 

8. LiEBLEiN, Dict., 1306 (s. die Verbesserung im zweilen Band). Der Name ist ùbrigens bereits von Re- 
viLLOuT (A. Z.. 79/p. 132) bierhergezogen. 

9. Pap. du Loucre, 2428 (Revillout, Chrest. démotique, p. 214). 



94 VARIA 

dem Eigennamen [1 I p, ^^-^^ iioch nachweisen liïsst\ Der Vollstândigkeit halber 

sei hier nocli eine von dem ersten Herausgeber missverstandene Stelle mitgeteilt, in 
welcher von dem « bôsen Auge » die Rede ist. In dem bekannten Biiclierkatalog ' von 
Edfu findet sich ein Buch mit der Aufschrift t-ca:^ ^^ « Kapitel vom 

I I I I I ^ iO 

Abwehren des bôsen Blicks ». 

Zum Sciai Qss muss ich mich gegen die letzten Ausfuhrungen Revillouts in Bezug 
auf iinser Wort richten, welche mir erst nacli der ersten Niederschrift dièses Artikels 
zu Gesiclit kamen. Revillouts' Lesung ha fur das Auge ist durch nichts erwiesen, 

da sie sich aus der Gleichung jjLv 1/» i<V>a« ^ \^enT*.ite.pô.TToc nicht ergiebt. 

yA ^ — T ZU setzen, berechtigt uns nichts, vielmehr glaube ich in ,^7 die demo- 

tische Form von =^ zu erkennen. int ICt wùrde aber ein Gegenstuck zu der bekannten 
Wendung itit phw « das Ende herbeifuhrcn » sein. Wie dem aber auch sei, in keinem 
Fall liegt hier ein Wort ha « Auge » vor. Was nun die bekannte demotische Gruppe 
anlangt, deren Haupttypen folgende sind Xv ,T '. ^ *^1 • VfjT ^^'^^ jU 'f^^ 
so kann uns schon das koptische mit der oben mitgeteilten demotischen Gruppe iden- 
tischc eiep&oone davor schùtzen, die betreffendc Gruppe ha zu lesen. Um jedoch positiv 
zu diesor schwierigen Gruppe Stellung zu nehmen, so mochte ich die A^ermntung wagen, 
dass in dem anlautenden h vielleichtder phonetische Indicator der Lesung eiwp^ steckt. 
Da ich spiitcr auf die einschlàgigen orthographischen Fragen nâher zuriickkommen 
werde, so begnûge ich mich hier damit die Môglichkeit eincr Erklârung angedeutet 
zu haben. 

XVI. Noch einmal "^^ J jj. — Die Lesung Gb fur den Erdgott ist namentlich 
von Brugsch ' so schlagend bewiesen worden, dassesùbcrflussig erscheinenmag.wieder 
darauf zuriickzukommen. Indess sollen die vorliegenden Zeilen mehr der alten Lesung 
Sb und ihrem Verhàltniss zu der neuen Lesung Gb gelten. Worauf beruht im Grunde 
die Lesung 56.^ Meines Wissens einzig und allein auf der spâten Variante ^J|^ welche 
man mit einem gewissen Recht sb las, freilich ohne dem Ursprung dieser Lesung nach- 
zugehn. Auch hier ist der alte Hierogrammat in denselben Bahnen des Irrtums gewan- 
delt, wie der moderne '. Wir wissen heute, dass in der Gans zwei verschiedene Silben- 



1. Auf dem Fussfragment eines Thomcsbtî des Smlg. Wiedemaun. (Verôffentlicht unter 17. der « Sta- 
tuetten mit Inschriften aus meiner Privaisammlung. ») 

2. Verôffeallicht und erkiârt von Brugsch, A. Z., 1871, p. 44). 

3. Reçue étjijptologique, VII, p. 33 fi. — 4. P. Rliind, 10/3. 

5. Die letztereii Typen nach Hess' Glossar zum gnostischen Papyrus zu London. Sâmtliche Formeii 
schieben vor Suffixen ^ ein. 

6. Vgl. jetzt die Notiz von Lefébure : A. Z., 93/p. 126. Zu den bekannten Stellen mochte ich eine neue 
fûgen, welche schon deshalb beachtenswert ist, weil sie die einzige dem A''. R. entstammende ist. D Omich en. 

H. /., 1/ 18, 11 -î^r^Pv l^J^?) ^ ^ ^ III « der Fûrst, welcher das Land {Gb fur od. 

^C\ ) erweitert und die 9 Bogenvôlker ahwehrt. 

D -^ ^1 II 6\ .. 

7. Eine andere spàte var. ist I fJI , A. Z., 71/p. 82. 

Il ill — nn p||-. /vw^ 

8. So ist z. B. die auf der falschen Transcription des hieratischen 17 1 beruhende Lesung II 

I I I I /wvw\ J '^ I I II O V? 

an Stelle von ein sehr aller Irrtum, der selbst heute noch nicht ganz ausgerottet ist (s. Rec. égyptoL, 

lillO (2 
VII, p.29). 



VARIA 95 

zciclien n: uiul (jb' enthalten sind, welclic urspriuiglicli zwei verschiedene Gànsearten 
bezeichnctcn dann aber in der Schiift zusammenfieleii, ein Vorgang, welcher in der 
Geschiclite der a'gypt. Sclirit't nicht vereinzelt dastelit. Friilior zerlegte man indess die 
Gruppe'^ jl J) in s; + 6 und ebenso ist der Steinmetz der jùngsten Inschriften ver- 
faiiren. denn auf dieser irrigen Auffassung beruhen seine Varianten. Indcm er fur 
"^^ri.s; ein o einsetzt, schafft er die noue Grosse oj 3, und weiter, indem er den gra- 

pliischen Irrtum in einen lautlicheii verwandelt, sein >ic Jj. Beide Schreibungen hat er 



aber ebenso gb geiesen, wie er il zu allen Zeiten hmnu las. Eine gewissc Analogie 

zu solchen ortiiographischen Kunststucken bietet z. B. die hebr. Wiedergabe des 
/aArcVmamens in mn% man schrieb Jahveh und las Adonai. Indem nun der œgyptische 
Schreiber seine Gruppe ^J J) gb las, entwickelte er daraus einen weiteren Irrtum und 
erhob o zu dem Silbenzeiclien gb : kb , welches in der Ptolemiierzeit niclit selten 
anzutreffen ist. Die alte Lesung tallt aber damit in sich zusammen. 

Die Gruppe gb hat mir nun ein weiteres Ràtsel gelôst, welches im Gebiet der 

demotischen Pakeographie liegt, namlich die eigentûmliche Form des ^ , k. Indem 

eh das Nàhere einer grôsseren Arbeit ùber die demotische Paléographie vorbehalte, 
will ich hier nur kurz andeuten, dass man in den Cursivtexten am Ausgang des N. R. 
gb : kb hâufig mit dem Silbenzeiclien "^^ = gb und dem auslautenden b schreibt, so in 
der Gruppe z i i^ — ^J^z^'- l'^tlem man aber den Ursprung der Gruppe vergass 
und das Silberzeiclien kb fur den Konsonanten z hielt, wurde neben der aus zi ent- 
wickelten demotischen Form i- die zweite eben geschilderte entwickelt. 

XVII. Der Ursprung des Naniens Mitrahine. — In der bekannten Stelle eines 
Briefes der Bologneser Sammlung ', in welchem der Schreiber sein Gebet ausser an die 
Gôtter auchan heilige Baume richtet, ist der folgende Passus bislang noch nicht richtig 
geiesen worden * : 






oS)l©â^i\êio I ra ^ \V^^- 

Ohne mich in eine f ruchtlose Untersuchung liber die der thebanischen Triade parallel 
stehende Gottheit uh-sw- s-mrwt- \V'::st einzulassen, welche sich an der mit-rhnt be- 
findet,wende ich mich gleich dem letzteren Namen zu. Es liegt auf der Hand, dass dieser 
« Weg des Widdersphinx » nichts anderes bezeichnen kann als die Spinxallee, welche 
zu einem Tempel fùhrte. Dièses Wort mit-rhnt glaube ich nun mit ziemlicher Sicherheit 



1. In spâterer Zeit kb (wie in f/ni : km u. a.). Der gb vogel ist L., D., II. 61 b, dargestellt und Pap. Harris V, 
500, 12/7, 9, in der Schreibung ^^ 1 ©^^ belegt. 

2. Processacten des Brit. Muséums. 

3. LiNCKE. Correspondcnz-en aus der Zeit der Ramessidcn, Pap. 1094, X, Zeile 11. 

4. Ein vôllig unhallbarer Deutungsversuch, welchem .^gyptologen noch Semitisten beistinamen kônnen, 
ist von LiNCKE (fîec, 11/12) versucht worden. 



VARIA 



in dem modernen Namen Mitrahine {<:.», JH*) wiederzuerkennen. Ich nehme also an, dass 
an der Stelle irgend einer Sphinxallee ein Dorf entstand. welches den Namen derselben 
annahm. Gegen Brugschs Identifizierung von Mitrahine mit o\Vaaaaaai gpnciit ^er 

Umstand, dass man bei dieser Annahrae dasselbe Wort einmal in der Transcription 
Rahine und ferner in lUahun wiederfinden miisste. An der Gleichsetzung von R\-hn 
mit Illahun glaube ich aber gegen Brugsch' festhalten zu diirfen, da wir in der ange- 
fùhrten Stelle den Ausdruck m' « sehen » nicht zu pressen brauchen. Ist aber meine 
Identification richtig, so kônnen wir aus dem modernen Namen die Vokalisation von 
rhnt erschliessen. Aus r^h^n'^t ist durch den Einfluss des folgenden Hauchlautes v<^hhiH 
geworden, wir haben also eine Bildung wie caiicc ' vor uns. 

XVIII. Zu A0.A01. — Fur die ùber der Figur eines Lôwen in dem Grabe des (1 QA^^^ 
befindliche Inschrift' ist vor nicht langer Zeit von Piehl" eine Erklârung vorgeschlagen 
worden, auf grand derer das \tAo\ entsprechende aîgyptische Prototyp aus demWoi-ter- 
buch verschwinden mùsste. Allein schon mit der Unhallbarkeit derÛbertragung '-^^_2:^ 
durch « travailler le lion ». eine Construction, welche erstzubelegen wâre, f<lllt dieser Er- 
kliirungsversuch in sich zusammen. Nun giebtes abgesehen von dieser Stelle. an welcher 
man sich bei der alten Erklârung beruhigen kann, einen weiteren Beleg in folgendem 
bislang nicht entzifferten auch so nst in teressanten Passus des Pap.Sallier IV, 18/3. wo es 
von^einem^uten » Tage l.eisst ^ J_^*f (^ ^6j,;;^o^';'_f^^fî, |^ 

(?)^^ J (3 ^ I «es zog Min aus Koptos aus an diesem Tage in der Gcstalt eines 

Lôwen ' » . Zu diesen Belegstellen sei noch die demotische Schreibung y ff f W^mj^ ^i^y 
Pap. Lugd. I, 3S4, 17/1, 24, 32, etc., gefugt, um zu beweisen, dass A*.fcoi nicht erst in 
koptischer Zeitsondern spâtestens im A^. R. in das .^gyptische ubernomraen ist. Dass 
das Wort jegyptischen Ursprungs sei, ist mir sehr wenig wahrscheinlich ', vielmehr 
môchte ich unser Wort mit Max MùUer' fur ein semitisches Lehnwort halten. 

XIX. irï « der Vorgesetzte ». — Piehl hat zuerst festgestellt', dass <=> mit den 

varr. ^3 und in manchen Verbindungen die Bedeutung « Vorgesetzter » 0. a. 

i_i , I , <^^> n rn 

eignet, so in irïH, irï Nhn und irï n(f)t, ferner in der bekannten Wendung ""^-^ 

^v ° -^ i^^^, fur welche bereits Piehr" ohne Quellenangabe die var. H h(^ ' 
<=> 1\ ^°°°^ "^ '^-^^ citiert'V Ebenso dùrfte auch □ irï p'tï(i) hierher zu ziehen 



I. Brugsch, Dict. géofjr., p. 1258. — 2. A. Z.. 92/70. — .S. S. .Stkindorff, Kopt. Gram., § 74. 

4. Neuerdings vou Scheil in dea Mém. de la Mission/rançaisc, Batid V, p. 637 flE., verôfientlicht. 

5. P. S. B. A., 1893. p. 490 fE. 

6. An dieser .Stelle ist r-bic zweifellos raânulich. wâhreud mir das Geschlecht im Grabe des Abu zwei- 
felhaft erscheint. Uber das Verhàltniss der beiden Bedeutuagen « Bar « und Lôwe » steht mir kein Urteil zu. 
Dagegen môchte ich darauf aufmerksam machen, dass Hyvernat, Actes des Martyrs, p. 237 : Aa.Éioi uud 
jULOTi von einander unterschieden werden. 

7. Cf. Erm.\n (Z. D. m. g., 1892, p. 113). Man beachte auch, dass der ^gypler fur Lôwe und Lôwin bereits, 
zwei Worte besitzt. S. Piehl, l. c , p. 491. 

8. Recueil de Tracaux, IX, p. 161. - 9. Id., III, p. 72. - 10. A. Z.. 1883. £^28^iïi_^ ^_^ 

II. Ich fùge als weiteren Beleg Rougé, /. H., Tafel 36, hinzu : j ^t 2<L=^ ■ 



VARIA 97 

sein'. Der Ursprung dieser Bodcutung von Jrï ist m. W. bislang noch nicht erkannt 
worden, es ist die Adjectivbildung der PriTeposition <=> in ihrer comparativen 
Bedeutung . 

XX. Der Titel ms-hr. — Auf dem Sargkasten 6664" des Britischen Muséums 
befindet sicli folgende hieroglyphische Inschrift', welche wohl der XXP"" Dynasties 
zuzuweisen ist : 






'"^p>iX"\'":,rr;^^T^^'^^""^'"^^"' 



« Am 15 Clioiak des Jahres III war der Tag, an welchem das Begràbniss der verstor- 
benen T,-s;t erneuert wurde, nachdem sicli herausgestellt liatte, dass die ms-hr die 
Mumienbinden fortgenommen und ihren (se. der Verstorbenen') Namen zerstort 
hatten. Man stellte sie wieder lier*. » 

Nur weniges zur Rechtfertigung der Ùbertragung : 

Zu dem Silbenzeiclien s; vgl. Bergmann, A. Z., 1890, A. 2. 

Das von Birch (a. 0.) durch « disgusting » ûbersetzte /^ bedeutet hier zweifellos 

« abwischen, zerstôren » und ist mit Kopt. qtore : qw't identisch. Dièse Bedtg. ist z. B. 

auf dem Grenzstein von Hagi-Qandil nacliweisbar, wo es von der Stèle {wt) lieisst. 

'j ^ ^^ (( sie soU nicht zerstort werden )). Auch im Demotischen findet sich 

das Verbum, so in einer Philenser W eihmschrif t " : 



ne nt eqe qooTe TCiOTô^igTe pe^n (^nk'f 

(i wer dièse Weihinschrift auswischen wird, dessen Name ist vernichtet » oder auf einer 
Serapeumsstele' : 

ne ni eqe touj nei c;éôwi juinep qoo'^^ 

« wer dièse Schrift lesen wird, verwische sie nicht ». 



1. Vgl. Maspero, Histoire ancienne des Peuples d'Orient, p. 71, Anm. 1. 

2. Zuerst von Birch, A. Z., 1869, p. 26. verôffentlicht. Der von deraselben Verfasser iu P. S. B. A., 
1884, p. 53, publizierte Text ist zweifellos damit identisch. Ich habe den obigen Text nach den beiden etwas 
voa einander abweichenden Publicationea hergestellt. 

3. Lies also QÀ 1. 

4. Maa beachte die Schreibung von srwd. — 5. Brugsch, thosaurus, 1004. — 6. Brugsch, Thés., 1013. 

RECUEIL, XVII. 13 



98 VARIA 

Das hier in einer besonderen Bedtg. besprochene ^^erbum bietet noch manches 
Ràtsel. Seine Radicale und seine Gruudbedtg. sind bislangm. W. noch nicht ermittelt. 
Die ietztere scheint mir « abreissen » zu sein und in der folgenden Stelle der Pyrami- 
dentexte (P. 1/437-440 = J/. (155-656) vorzuliegen : 



M 



M. 



« iV. reisst wahrlich jenc» i',î(c al), welcbe sich inmitten eurer Kôpfe befinden,wie 
die Lotus unter den vordcrsten des Teiches (= am Rande des Teiches). » 

Hier wird man sowohl dem Sinne nach wie auf Grund des Determinativs Masperos 
tjbersetzung « arracher » durchaus beistimmen. Aus dieser Grundbedeutung ergiebt 
sich die von abwischcn ohne weiteres, wie andrerseits,/c/^ « Schweiss » (eigtl. das 
Abgewischte) auf unser Verbum zurïickgeht. Schwierigkeit macht indess die Bedtg. 
(( Abscheu haben. sich ekehi' )). welclie man m. E. nicht von unserem Verbum trennen 
darf. Ich denke, dass hier der Gestus des Abwischens einer Sache, vor welcher man 
Ekel empfindet, einen Fingerzeig fïir den Bedeutungsûbergang giebt. Was nun die 
Radicale unsres Wortes anhuigt, so spricht sowohl das Kopt. Dérivât wie die demo- 
tiscbe Orthographie dafilr, dass wir ein \'erbum mit schwachem dritten Radical vor 
uns haben. Zu den verbis III""^ infirmœ (juicc, etc.) stimmt die Kopt. Bildung nicht. Da- 
gegen wàre es wohl môglich, qwxe : qio"^ mit Bildungen. wie no-s-xe, jmoirne, kcotc zusam- 
menzustellen'. 

Wer sind die ms-hr? — Zuniichst seien hier die Stellen angefiihrt, an welchen 
ich dieselben nachweisen kann. Mit dem Ostracon 5631 des British Muséums' ist leider 
bei der Zerstôrung der betreffenden Stelle wenig zu machon '. Ein bemalter Kasten des 
Berliner Muséums' giebt uns nur den Namen emes ml i lUM' -^'"^S^cen ist 

die folgende Stelle des Papyrus Mayer B (Liverpool) von grossier Wichtigkeit : 



¥z^z>i:Mm.\M-L"\^±i 



1. în dieser Bdlg. ist/tZ entweder mit der Zunge (so schon P. 1/512) oder der Nase determiniert, je nach- 
dem sich der Ekel auf den Geschmack, ode r den Geruch bezieht. Mit den a us d em A'. R. belegten Formen 

\ {D. H. /., I. 18/7); ^..^^(l^''^^ (D. H. /., I, 46/64); ^^_ (1 ^^ , RouGÉ, /. //., Tafel 157, 

Z. 11, weiss ich nichts anzufangen. 

2. S. Stkindorff, Kopt. Grammatih-, §1S6, Anm. 

3. Hieratic inscript., XVII Recto. Zeile 14. 

4. Unser Wort ist dort (fl |l (â\V\?i CJ geschrieben. 

5. Cat., 1U195. 



VARIA 99 



I I I 



(i Wir sagten ilim : Wo ist dei- ms-hr\ welclior bei dir war '^ Da sagto cr uns : Der 
ms-hr ist mit Pï-hok, dem Kleinen, welcher bei uns war, gototet. Er liess uns niclit 
heraus (se. ans der Necropolis). So sprach er zu uns. » 

Dièse Stelle legt es uns nahe, in dem ms-hr, in welchein wir ja schon auf grund 
des Namens' und der ersten Stelle einen Necropolcntitcl suclion. einen Aufsohor der 
Necropolis zu sehen'. 

XXI. Ûber eitie Cérémonie des Minculius. — P. 1/169-170 findet sicli fol^'ende 

^N. " ? ^f - iv. "" § J4- - pr^^^,f^ 

AAAAAA r-AAfAJi A ' ^ .-^ I <SJ AAAAAA A û r ^ I ^ ^-^ (;^ _J1 U .Ci -û 

"^ 0^ n ^^ ^^"H" ®^ " dieser .V. ist schon mit seinem Namen \ 

dieser A-. lebt mit seinem kl, er vertreibt das Bôse welclies vor N. ist, er versclieucht 
das Bôse, welches hinter N. ist, gleich den m'iwl des Ersten von S/im (d. i. Min), 
welche das Bôse vertreiben, was vor ihm ist, und das Bôse verscheuchen, welches hinter 
ihm ist. » 

Die hauptsachliche Abweichung meiner Ùbertragnng von der Masperos betrifft 

MV.1 V"^ V 11 I ' ^^^'^^^^^ sichere Lesung ich nicht verbûrgen will. Das Wort sieht ganz 

aus wie eine Nominalbildg. mit m praiform. im fem. plur. Dass es kein Gottesname ist, 

geht aus den Participien fem. hervor, wir miissen uns also nach einer anderen ErklJirung 

umsehen, welche, wie mir scheint, das folgende Epitheton einer Gôttin bietet ^ ^^^ 

\ f^var. '" '^'^x "K V^ -^Y- Hier bezeichnet m' '/?c(?7) einen 



TeilderLeiter, die Sprossen oder die Holmen der Leiter. Ist nun meine IdentifizieruiiO- 
unsres Wortes mit dem eben besprochenen richtig, so wttrden wir in der obigen Stelle 
eine Erwàhnung der Leiter des Min haben. Im Anschluss daran aber ist es gewiss 
erlaubt, hier eirie Beziehung zu dem mysteriôsen Stangen- oder Leiterklettern zu 
suchen, welches im Tempel zu Dendera dargestellt ist". 



1. Dieselbe Hervorhebung des Subjeots ira Fragesalz findet sicli in der grosseii Inschrift von Ipsambul 

^^S <=> ^ (var. ^ ). 

2. « Necropolenkind. » 

3. Dièse AuSassung scheint si3h auch an einer anderen selir zerstôrlen Stelle (Pap. H. C. 6/19 ff.) zu 
bestàtigen. 

4. Cf. dazu m nfr als Bez. des Beinamens einer Person. 

5. W./576. 

6. S. die Abbldg. Lanzoni, Disionario, Tafel 334. — .Sans entrer dans l'e.vamen du raiot, je puis noter 
ici que j'ai trouvé à plusieurs reprises dans la nécropole d'.\khmim. cité de Min, dos momies qui avaient dans 
leur cercueil ou parmi les pièces de leur mobilier funéraire de petites échelles en jonc. — G. M. 



100 NOTES PRISES DANS LE DELTA 



NOTES PRISES DANS LE DELTA 

PAR 

Georges Foucart 

^ 1. — En inspectant la province de Gharbièh, j'ai rencontré dans le markaz de 
Kafr esr-sheikh, au village de Tidah el-Qadim, tirant vers l'ezbêh Mehallet Abou 
Ahmed, à environ quatre heures au N.-E. de Dessouk, un fragment de granit rose carré, 
long de 0"" 80 environ, encastré à l'angle du banc en terre, bâti devant une maison. Il 
porte un débris de cartouche à demi effacé par l'usage, mais très lisible encore, et qui 

était posé verticalement, les hiéroglyphes tournés à gauche, (^^^'^ \l- Le haut du 

premier ^ a disparu. D'après les habitants, cette pierre proviendrait du Tell Om el-Ab 
ou du Kom el-Kuwallah. Ces deux touloul ont été assez inexactement placés sur la carte 
des Domaines, ce dont il ne faut pas s'étonner, car la vérification des sites est difficile à 
faire dans toute la région qui s'étend au nord de Tidali en raison de la nature du terrain. 
Elle est littéralement couverte de buttes dont beaucoup doivent cacher des débris d'an- 
tiquités, La pierre semble avoir été détachée d'une architrave ou d'un pilier ; elle appar- 
tenait à un sanctuaire de l'Ancien-Empire. L'existence d'un monument de cette époque 
indiquerait dans le voisinage de Tidah, ou tout au moins dans la zone située entre le 
Bourlos, Dessouk et KuUine, l'existence d'une ville très ancienne d'une certaine impor- 
tance. Elle apporterait un nouveau document ii la géographie du nome Sébennytique, 
et peut-être est-elle utile pour déterminer la position de Boutos. Le livre de M. de 
Rougé ne donne aucun renseignement précis à cet égard. Dès l'inspection de l'été 1892, 
j'avais signalé dans un de mes rapports l'importance particulière de cette région, qui 
est assez peu fréquentée, mais pleine de noms et de débris anciens. 

§ 2. — Trois lignes d'inscription verticale, tournées vers la droite, et provenant du 
dossier d'une petite statue en une pierre gris noir, d'époque saïte. Je l'ai estampée à 
Sembellaouîn, et en voici la copie : 1 „ L^S'l^c^^' T ^ i 

Prnl-^"^ ^'wwvA^_^ci ^i=|c=]cj^ffi III cSOf) ^ g 



AA'^/^A^ A/V\A/\A 



. Il est difficile d'évaluer ce qui manque au bas des lignes : on peut 
po.urtant penser qu'un quart environ de la longueur totale a disparu, emportant à l'ex- 
trémité de la première coloime le nom de l'individu que la statue représentait \ 



1. Il est fâcheux que le mouument soit si déplorablement mutila. Il émanait d'un « Messager royal, 
combattant pour son maître aux pays du Sud ». et « à qui Sa Majesté avait commandé des travaux dans un 
sanctuaire », probablement de la ville où la statue a été trouvée. Il s'était rendu avec une expédition à la 
partie du pays de Pouanit qui est « l'Orient des Terres-Dioines, c'est-à-dire peut-être en Arabie. 11 y a là 
des indications curieuses sur l'activité des Egyptiens vers le Sud à l'époque saïte et sur leurs expéditions, dont 
une seule, celle de Néchao, nous est connue par la tradition grecque. — G. M. 



DE QUELQUES LOCALITÉS VOISINES DE SIDON 101 



DE QUELQUES LOCALITÉS VOISINES DE SIDON 

PAR 

G. Maspero 

Sennachérib, dans sa troisième campagne dirigée contre le roi de Sidon, prit suc- 
cessivement les villes suivantes: Sidon la Grande, Sidon la Petite, Bitziti, Sarepta, 
Mahalliba, Oushou, Akzîb, Akko. Voici quelques observations sur les villes les moins 
connues de cette série. 

Sidon la Grande est naturell(Miiont la Sa'ida d'aujourd'hui, mais où placer Sidon 
la Petite? M. Gaillardot a découvert, il y a trente ans. dans la montagne à l'est de 
Saïda, entre Djezzin et Djebàa, un « Khafbèt Séîdône (ruines de Sidon), mamelon de 
» sables ferrugineux, couronné par un petit plateau couvert de ruines, n'ayant pas plus 
» de 150 mètres de côté. Quoique cette localité ne paraisse pas avoir eu une grande 
') importance, en général les habitations qui la formaient étaient assez grandes, et à en 
)) juger par quelques pans de muraille, par les portes qui émergent des débris, la cons- 
» truction en était soignée; les pierres sont grandes et bien taillées. Je n'y ai rencontré 
» ni traces d'édifices, ni sculptures, ni ornements, ni inscriptions'. » Renan ajoute que 
ce village « réveille le souvenir d'une trace vague qui reste d'un Palaasidon; » — il cite à 
ce propos la grande et la petite Sidon des inscriptions cunéiformes, et, aussitôt après, 
cette Kharbèt-Sidon, sans songer à rapprocher la petite Sidon assyrienne de la ruine 
moderne'. Il me semble pourtant que l'identification s'impose, et que nous pouvons 
porter sur la carte Sidon la Petite de l'époque assyrienne, au point où se trouve 
aujourd'hui la Kharbèt-Sidon de Gaillardot. 

Le nom de Bîtzlti a été comparé par Delitzsch à ceux d'Aïn-ez-Zeitoûn et de 
Mogharèt Aïn-ez-Zeitoùn, qu'on entend à côté l'un de l'autre dans la banlieue de 
Sidon'. J'ajouterai aux témoignages assyriens un passage phénicien d'époque classique 
et un passage de géographe grec, où il me paraît que la localité appelée Bît-Ziti, la 
maison des Olives, est désignée. Le premier est le fragment n° 17 de Philon de Byblos, 

conservé par Etienne de Byzance, .s, v. 'EÀafa... "EaTi /.a! -ôX-.ç ^o'Mv.r^ç, 'Elaîa. p^exa^ù Tûpou xal 

Stôwvo; w; ^(Xiov*. Le second est extrait de Denys le Périégète qui cite <( les habitants de 
« Joppé, de Gaza et d'Élaïs, ceux de Tyr l'antique et de l'agréable Béryte », 

O'ix' 'loTt-riv xa-. Fà^av, 'EXatôa t' svvaîo'ja'. 
Kat T'joov o'jy'jyÎtjV, B-rjouToù x' aTav ÈoavvTjV^. 

La plupart des commentateurs admettent l'identité d'Élaia et d'Élaïs, mais Renan seul, 
à ma connaissance, a essayé de l'inscrire sur la carte : il corrige EAAIA en EAAIA, et place 



1. Renan, Mission de Phénicie, p. 521. 

2. Id., ihicl., p. 522, 745. 

3. Fr. Delitzsch. \Vo lag das Par-adies, p. 284; Renan, Missionde Phénicie, p. 51G-517. 

4. MiJLLER-DiDOT, Fragmenta Historicorum Grœcoruni, t. III, p. 575. 

5. V. 910-911. dans Mùller-Didot, Geographi Grœci Minores, t. Il, p. 160. 



102 DE QUELQUES LOCALITÉS VOLSINES DE SIDON 

cette Eldia, qu'il rapproche de Heldua, au site de Khan Khaldi'. On sait par les frag- 
ments connus des cosmogonies que Philon de Byblos avait l'habitude de traduire les 
noms phéniciens en grec: 'E),a!a répond exactement à Bît-Zîti. Au cas où le nom de Aïn- 
Zeitoùn aurait gardé celui de Bit-Ziti, remplacement de cette ville pourrait être cherché 
au village de Derbessin, position militaire importante pour la défense de Sidon, où les 
Latins avaient construit leur château de Franche Garde'; toutefois, il y a, au S.-E. de 
Derbessin, par delà Maghdoushé, sur une haute colline, un village de Zeita, qui domine 
un des gués du Nahr ez-Zaharàni et commande la route de Saida au Kalaat esh-Shakîf 
sur le Litany'. Si, comme je le crois. Zeita, Zêta est Bit-Ziti, le même corps de troupe 
qui serait allé réduire Sidon la Petite, aura reçu la soumission de Blt-Ziti au retour, 
en ralliant le gros de l'armée. 

L'emplacement de Sarepta étant fixé, il faut admettre pour les villes qui suivent 
des positions au sud de cette ville. Mahalliba a été rapprochée par Delitzsch de la ville 
nommée Akhelab par les Juifs, qui était située dans la tribu d'Asscr {Juges, r, 31; 
Josué, XX, 29) et qu'on y associe à Sidon et à Akzib' : Max Mûller, corrigeant le texte 
hébreu, y a rétabli le nom même du récit a.ssyrien abnia Mahalib'. Je ne crois pas qu'au- 
cun assyriologue ait essayé de la noter exactement sur la carte. Le nom s'en retrouve 
pourtant conservé fidèlement dans celui du ^^JL^I iji- Kharl)èt el-Mahallib,que Guérin 
a exploré il y a un quart do siècle. « Je remarque sur une colline, les arrasements d'une 
)) construction carrée, bâtie avec des blocs d'assez grandes dimensions et qui parait 
» avoir été une ancienne tour dominant la plaine. Près de là, sur une surface rocheuse 
» aplanie, se trouve un beau pressoir antique, consistant en deux compartiments carrés 
» communiquant ensemble ; des citernes l'avoisinent. Au bas de la colline vers le Nord, 
» plusieurs grottes sépulcrales creusées dans le roc ont dû renfermer jadis, sous des 
» arco-solia cintrés, des sarcophages, qui ont été enlevés. Ces ruines s'appellent Khar- 
» bét. Mahcdib\ » A dix minutes de distance à l'Est, d'autres tombeaux violés et 
d'énormes sarcophages montrent quelle était l'importance de la localité encore à l'époque 
romaine. Tout cela est situé à une heure de marche au sud d'une grande enceinte for- 
tifiée tracée au bord du Litany et en commandant les abords, et qui pourrait être l'acro- 
pole de Léontopolis, si Léontopolis était réellement dans ces parages". Mahalliba, assise 
sur les premiers plans de la montagne, couvrait donc la plaine de Tyr au N.-E. du côté 
de la trouée de la Bekâa. 

Akzib est au sud de Tyr, .sur la côte, au site actuel d"Ez-Zib : Oushou, qui est nom- 
mée après Mahalliba et avant Akzil), doit donc se cacher entre les deux. Un passage d'une 
inscription d'Assourbanipal nous apprend qu'elle était au bord de la mer'. Ce dernier 



1. Renan, Mission de Pliénicie. p. 525-526. 

2. RiLNAN. Mission de Phénicie, p. 517. 

3. GuÉRiN, Galilée. X. II, p. 516. 

4. Fr. Delitzsch, Wu Ing das Paradies. p. 283. 

5. Max Muller. As'Vrt und Europn nac/i den oltth/y/)ti:^i'/ien Dcnhinàler, p. 194. n. 4. 

6. GuÉRiN, la Galilée, t. II, p. 246. 

7. Keuxts, Mission de Phénicie, la Galilée, l. II, p. 246-247. 

8. ScHRADER, Keilinsrhriftliclw Bibliothek, t. II, p. 228-229. 



DE QUELQUES LOCALITÉS VOISINES DE SIDON 103 

détaillions pormet. je crois, de fixer sa position avec un certain degré de certitude. Il 
n'y a en etïel sur la côte, entiv Souret Ez-Zib qu'un point stratcgi(iue d'importance dont 
le nom nous a été transmis par les géographes anciens, celui d'Alexandroschene. On le 
reconnaît d'ordinaire dans Iskanderouna, (jui possède des l'uines antiques assez consi- 
dérables', mais l'on convient assez volontiers que le nom d'Alexandroscliene a été pré- 
cédé d'un nom plus ancien qui aura disparu : ce nom ne serait-il pas celui d'Oushou? 
D'autre part, la ville phénicienne d'Oumm el-Awamid est encore anonyme et, quand 
même on y reconnaîtrait avec Renan une Laodicée', son nom phénicien nous manque- 
rait : ici encore, le nom ne serait-il pas Oushou? On peut hésiter entre les deux hypo- 
thèses, mais il me parait certain que l'Oushou des textes assyriens coïncidait avec l'un 
ou avec l'autre des deux sites. Le passage diiriciie des Échelles Tyviennes était tiop 
important pour avoir été négligé par une armée qui suivait la route côtière, et Senna- 
cherib, qui se rendait de Mahalliba à Akko par la voie d'Akzib, était obligé de s'y 
engager. L'Oushou maritime devait donc se trouver la quelque part ;i l'un des deux 
points qui barraient le chemin; si son nom a disparu, c'est probablement le souvenir 
d'Alexandre qui l'a effacé. L'Oushou-shakhan des listes de Thoutmosis III, que j'ai 
déjà identifiée avec une Oushou', serait-elle la forme pleine du nom de l'Oushou assy- 
rienne, et le shakhan final n'aurait-il pas sonné aux oreilles des Grecs de façon à repré- 
senter le schene final, confondu avec (7/.t,vv; la tente, d'Alexandroscliene? Oushou serait 
alors un nom propre qui aurait été remplacé par celui d'Alexandre ^ Je n'insiste pas sur 
cette conjecture, qui est des plus téméraires, mais je crois ne pas trop m'avancer en 
proposant le site d'Iskanderouna ou celui d'Oumm el-Awamîd, pour notre Oushou. Si, 
comme Renan est porté à le croire, Alexandroschene se trouvait originairement non 
à Iskanderouna, mais à Oumm el-A\vamîd', le site moderne à préférer serait évidem- 
ment celui d'Oumm el-Avvamid. 
G. Maspero. 

1. GuÉRiN, Galilée, t. II, p. 173-176. 

2. Renan. A/tsstoM de PhénicLe, p. 712-715,744-745. 

3. Maspero, Sur les Noms de la liste de Thoutmosis III qu'on peut rapporter à la Galilée, p. 11, 22-23. 

4. Je songerais à celui d'Ousôos, si on ne voyait pas d'ordinaire dans ce nom un équivalent de celui d'Ésaû; 
VAoushou égyptienne avait un K initial, et se rattache de préférence au mot qui signifie yea. 

5. Renan, Mission de Phénicie, p. 745. 



104 BIBLIOGRAPHIE 



BIBLIOGRAPHIE 



Fl. Pétrie, Egijptian Talen, tvandated from the Papjjri, Jst Séries, IVt/i to the Xlith Dtj- 
nastjj, iliustrated hy Tristram Ellis. — Londres, 1895, Methuen & C», in-S", 145 pages. 

C'est un ouvrage de vulgarisation. M. Pétrie explique dans la préface qu'il s'est servi, pour composer 
sa traduction anglaise, des traductions déjà publiées dans les diverses langues européennes, en les revoj^ant 
plus ou moins sur le texte égyptien : les mots un peu crus ont été retranchés, les phrases modifiées, et, 
dans bien des cas, le récit a été transposé plutôt que traduit littéralement en anglais. Ce sont là des 
licences qu'on peut tolérer dans un ouvrage destiné au grand public, bien que, pour ma part, je préfère 
la fidélité complète : je crois qu'en matière si ancienne il est plus prudent de ne retrancher rien de ce 
qui peut donner au lecteur l'impression de l'original. L'illustration est spirituelle et en général s'inspire 
bien du récit. Je n'élèverai d'objection que sur la figure donnée aux serpents qui habitent Vile de Double. 
Ce ne sont pas des serpents à tête de lion et à bras humain, car leur roi, voulant emporter le Naufragé, 
le saisit dans sa bouche, ce qu'il n'aurait pas fait s'il avait eu des bras : ce sont des serpents à tête de 
serpents, mais barbus, comme le sont beaucoup de ceux qu'on voit sur les tombes royales de Thèbes, et 
tous ceux de Xllc de Double figurée au Livre des Morts. 

FL Pétrie, A History of Egypt. T. I, Jrom the earliest Times to the XVIth Dynasty. — 
Londres^ 1894, Methuen &: C°, xv-262 pages. 

Un extrait de la préface expliquera le but et l'utilité de ce livre. « On a visé à mettre entre les 
» mains des étudiants un livre de références qui leur suflBse pour les besoins courants de leurs études, et 
» qui donne les renseignements sous une forme telle que toutes les personnes capables de s'y intéresser 
» puissent se faire une idée d'ensemble de ce qu'a été l'histoire d'une des civilisations les plus anciennes 
» du monde... Chacun des faits et chacun des sujets exposés dans ces pages est appuyé d'au moins une 
» autorité, sauf les cas où ils résultent des études personnelles de l'auteur, mais il n'a pas paru nécessaire 
» de renvoyer à plus d'une source... : ceux qui désirent connaître la bibliographie entière sur chaque 
» point de détail s'en référeront naturellement à l'Histoire de Wiedemann, cette Table des matières d'un 
» prix ai inestimable que nul ne put s'en passer longtemps. » Pour la chronologie, les dates admet- 
tent « une erreur possible d'un siècle pour les périodes les plus anciennes, qui se réduit à la valeur d'une 
» génération peut-être dans les dernières pages du volume ». 

Hii.PRECHT, Assyriaca, eine Nachlese aufdem Gebiete der Assyriologie. l^^ Theil mitdrei Tafeln. 
— Philadelphie, 1894. Ginn Se G», vi-136 pages. 

Le volume de M. Hilprecht comprend sept articles, dont le premier traite après Oppert et contre lui ^p 
du texte de Belnadinabal où il est question du roi des pays de la mer Goulkishar et du don qu'il avait 
fait à la déesse Nina. Les numéros V et VI complètent les recherches de l'auteur sur la deuxième et la 
troisième dynastie des rois de Babylone : ce sont les époques de l'histoire chaldéenne qu'il entend le 
mieux et qu'il a contribué à faire connaître plus que tout autre par ses fouilles sur le terrain et par ses 
découvertes dans le cabinet. Le dernier des articles sur le monument de Tarkondémos traite du déchrif- 
frement des inscriptions hittites, que M. Hilprecht ne considère pas comme accompli, malgré les tra- « 

vaux de Jensen. Le livre est écrit avec la chaleur et la conscience que l'auteur porte à tout ce qu'il 
entreprend : chacun des mémoires qu'il renferme est bien composé, expose clairement l'état d'une ques- 
tion et donne de chacune des solutions nettes et vraisemblables. 



4 



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Quid de Graecis veterum Indorum monumenta tradiderint. In-8". 3 fj,' 

LIEBLEIN (J.). Index- alphabétique de tous les mots contenus dans le Livre des Morts publié par 

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^'^^^'t^t lS;r'SSscrrSe"ux:%ru;' ^foSre égyptien-grec du décret de 

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Kecnercnes ^ui foepicule • Egypte, Asie antérieure. In-8 . * '■'^- " 

- - «^L^rd^o^Jt^pienrérù^iécs^rr. le Recueil de travaux relatifs . la philologie et^ 

"l'archéologie égyptienne et assyriennes, ln-8 2 , 

_ _ Recherches sur la religion de '»"-»-, ^8>f,;\%'l,i,res dynasties du Nouvel Empj 

_ T e svstème chronologique de M. Lieblein «"i^ ^«y^" ^ Ifr.J 

- ^MyptSenet le synch'ronisme égyptien de 1 E^o^e 1 -8 • ^^^ ^^ 1 
ROUGÉ(E.'dk). Chrestomathieégypti^^^^^^ 100 ] 

pagnes d'un commentaire et d un ^^^^f « ^"^ . premières dynasties de Manéth"^ 

_ _ .„scfcr,::ér:g;=^^^ --- -- - ^--^^k 

sAAByArot:;:n"umi.c:re;r^^^^ 

sAULcv (.^-rs^t-irrt^^^âp.^^^^^^^^^^^^^ ,,„. \ 

X5'',S: TLf surTeT;;™^: "'^U Z: ae «aqlmna et les levons de Ptah-„o. 
Gr. in-8°. 



"E^IÏ^-sur-Saône, imprimerie française et orientale de L. Marceau 



RECUEIL 



DE 



TRAVAUX RELATIFS 

A LA 

PHILOLOGIE ET A L'ARCHÉOLOGIE 

ÉGYPTIENNES ET ASSYRIENNES 

POUR SERVIR DE BULLETIN A LA MISSION FRANÇAISE DU CAIRE 

PUBLIÉ SOUS LA DIRECTION DE 

G. MASPERO 

^rEMBRE DE L' INSTITUT 
PROFESSEUR AU COLLÈGE DE FRANCE, DIRECTEUR d'ÉTUDES A l'ÉCOLE PRATIQUE DÈS HAUTES ÉTUDES 



Vol. XVII. Liv. î et ^ 




PARIS 

LIBRAIRIE EMILE BOUILLON, ÉDITEUR 

67, RUE DE RICHELIEU, AU PREMIER 



M DCCC XCV 

Tous droits résercés. 



CONDITIONS D'ABONNEMENT AU RECUEIL 



Le Recueil paraît par volume composé de quatre fascicules. 

Les abonnements se font pour le volume entier, il n'est pas vendu de fascicules séparés. 

Paris 30 francs. 

DÉPARTEMENTS ET UnION POSTALE 32 — 



OUVRAGES 

relatifs à la philologie et à l'archéologie orientales 



ABBADIE (A. d'). Dictionnaire de la langue Amarinna. 1 fort vol. in-8°. 50 fr. 

ABOU'L-WALID MERWAN IBN DJANAH. Le livre des parterres fleuris. Grammaire hébraïque en 
arabe, publiée par J. Derenbourg, membre de l'Jnstitut. Gr. in-8°. 25 fr. 

Le même ouvrage, traduit en français sur les manuscrits arabes par le rabbin M. Metzger. 

Gr. in-8°. 15 fr. 

AMARAKOCHA. Vocabulaire d'.Ainarasinha, publié en sanscrit avec une traduction française, des notes 
et un index par A. Loiseleur-Deslongchamps. 2 vol. gr. in-8". 7 fr. 50 

AMÉLINEAU (E.). Fragments de la version thébaine de l'Écriture sainte (Ancien Testament). 
In-4°. 15 fr. 

AMIAUD (A.). La légende syriaque de Saint-Alexis, l'homme de Dieu. 1 vol. gr. in-8°. 7 fr. 50 

AMOURS (les) et les aventures du jeune Ons-el-Oudjoud (les délices du monde), et de la fille de Vezir El 
Ouard Fi-1-Akmara (le bouton de rose). Conte des Mille et une Nuits, traduit de l'arabe et 
publié complet pour la première fois par G. Rat. In-b». 1 fr. 50 

AURÈS (A). Traité de métrologie assyrienne ou étude de la numération et du système métrique 
assyrien considérés dans leurs rapports et dans leur ensemble, ln-8". 6 fr. 

Essai sur le système métritiue assyrien, 1" fascicule. In-4°. 5 fr. 

BAILLET (A.). Le décret de Memphis et les inscriptions de Rosette et de Damanhour. Gr. in-8°, avec 
une planche. 5 fr. 

BARBIER DE MEYNARD (C). Dictionnaire géographique, historique et littéraire de la Perse et des 
contrées adjacentes, extrait du Modjem-el-Bouidan de Yaqout et complété à l'aide de docu- 
ments arabes et persans pour la plupart inédits. Gr. in-8". 10 fr. 

BARTHELEMY (A.). Gujastak Abalish. Relation d'une conférence théologique présidée par le Calife 
Mâmoun. Texte pehlvi publié pour la première fois avec traduction, commentaire et lexique. 
Gr. in-8". 3fr. 50 

BEREND (\V. B.). Principaux monuments du Musée égyptien de Florence,!" partie : Stèles, bas-reliefs 
et fresques. In-f avec 10 pi. photogravées. 50 fr. 

BERGAIGNE (A.). Manuel pour étudier la langue sanscrite. Chrestomathie-Lexique-Principes de 
grammaire. Gr. in-is°. 12 fr. 

Quarante hymnes du R'\g Véda, traduits et commentés, publié par V. Henry. Gr. in-8°. 5 fr. 

La religion védique d'après les hymnes du R\g Véda. 3 vol. gr. in-8°. 60 fr. 

BERGAIGNE (A.) et HENRY (V.). Manuel pour étudier le sanscrit védique. Précis de grammaire- 
Chrestomathie-Lexique. Gr. in-8°. 12 fr. 

BERTHELOr. Histoire des Sciences. La Chimie au moyen âge. Publié avec la collaboration de 
M. Rubens Duval pour l'alchimie syriaque, et celle de M. O. Houdas pour l'alchimie arabe. 
3 vol. in-4", avec figures dans le texte. 45 fr. 

BHAMINI VILASA. Recueil de sentences du Pandit Djagannutha. Texte sanscrit publié pour la pre- 
mière fois en entier avec traduction en français et des notes par A. Bergaigne. Gr. in-8". 8 fr. 

BOISSIER (A.). Documents assyriens relatifs aux présages. Tome I". 1" liv. In-4°. 12 fr. 

BRUGSCH (H.). Examen critique du livre de M. Chabas intitulé : Voyage d'un Égyptien en Syrie, 
en Phénicie, en Palestine, etc., au xiv' siècle avant notre ère. Gr. in-8°. Au lieu de 
1 fr. 50 

CHEREF-EDDIN-RAMI. Anis-el-'Ochchaq, traité des termes figurés relatifs à la description delà 
beauté. Traduit du persan et annoté par C Huart. Gr. in-S". 5 fr. 50 

CLERMONT-GANNEAU (C). Études d'archéologie orientale, t. 1, 1'* et 2' parties. In-4'' avec figures 
dans le texte et 3 pi. photogravées. 18 fr. 



RECUEIL 



DE TRAVAUX RELATIFS A LA PHILOLOGIE ET A L'ARCHÉOLOGIE 
ÉGYPTIEiNNES ET ASSYRIENNES 

1895 Fascicules III et IV 

Contenu : 15) Sur une statue de la collection Barracco, par Fritz nu Bissini;. — 16) Notes et Remarques, par 
G. Darkssy. — 17) Notes sur différents points de grammaire et d'histoire, par G. Maspero. — 
18) Das Geschàftsjournal eines ajgyptischen Beamten in der Uamsesstadt aus der Regierung 
Ramses II, von Wilbelm Spikgelberg. — 19) Gleanings frora the Land of Egypt, by A. -H. Sayce. 
— 20) Liste géographique des villes de l'Iran, par E. Bi.ochet. — 21) Études de Botanique égyp- 
tienne, par Victor Lohet et Jules Poisson. — 22) Note additionnelle à la lettre de M. Lev. 



SUR UNE STATUE DE LA COLLECTION RARRACCO 

PAR 

Fritz de Bissing 

La statue que j'ai l'honneur de publier pour la première fois sur la planche I se 
trouve aujourd'hui à Rome, dans la collection du baron Barracco, si connue de tous les 
archéologues par la belle publication de la maison Bruckmann. Elle a été achetée à Rome 
d'un antiquaire sans qu'on puisse suivre sa trace plus loin. Dès que je la vis pour la 
première fois, elle m'intéressa vivement. Par l'aimable médiation de M. le professeur 
W. Helbig et la complaisance du possesseur, il me fut possible d'étudier d'abord l'ori- 
ginal à loisir et de continuer mes recherches devant le moulage, à Bonn'. Je me permets 
d'exprimer ici encore une fois ma plus vive reconnaissance pour ces messieurs, et j'espère 
que le résultat de mes études ne les fera pas repentir de leur obligeance. La statue est 
travaillée en granit noir '; je n'y ai trouvé aucune trace de poli. En voici les mesures : 
hauteur totale : 38 centimètres; du contour des cheveux (au milieu du front) — menton : 
1 , 6 centimètres; du menton — nombril : 23 centimètres; largeur à l'épaule : 18 centi- 
mètres. Il manque la partie inférieure du corps un peu au-dessous du nombril, le bras 
droit, l'avant-bras gauche, la couronne. 

C'est une femme debout, vêtue d'une robe collante qui prend immédiatement sous le 
sein, où elle finit par une ceinture qui passe par dessous l'aisselle. Les bras étaient donc 
nus et pendaient probablement le long du corps. Autrefois sans doute la robe était 
assujettie par des bretelles peintes'. 



1. C'est d'après ce moulage que la statue a été reproduite sur la planche ci-jointe. 

2. D'après l'analyse de M. le professeur Stuever que je dois à M. Helbig. 

3. Voir pour ce costume Maspero, Catalogue du Musée égyptien de Marseille, n" 6, statue antérieure à 
Ramessou 11. Erman, /Egypton, t. I, p. 294; ces bretelles ne paraissent jamais avoir manqué; seule, L., D., II, 15, 

RECUEIL, XVII. — NOUV. SÉR., I. 14 



106 SUR UNE STATUE DE LA COLLECTION BARRACCO 

Il est reconnu qu'il n'y a pas de difficulté à présumer des détails peints sur des statues 
en granit. A en juger d'après les sculptures en bois ou en pierre calcaire, cette peinture 
cherchait à imiter la nature. Cependant on souhaiterait avoir des renseignements plus 
exacts sur ce point et surtout des observations faites à l'occasion de nouvelles fouillesV 
Ce qui surprend d'abord celui qui est habitué à ne voir que des statues égyptiennes des 
temps les plus brillants de l'Empire, ce sont les formes du corps, notamment de la 
poitrine. Pour le rendu du sein féminin dans la plastique égyptienne, on peut avancer 
cette règle générale que plus la statue est ancienne, plus la poitrine est plate; au con- 
traire, dans les basses époques les seins se gonflent de plus en plus. Il n'y a que i)eu 
d'exceptions à cette règle, et elles s'expliquent non seulement par la matière très tendre, 
dans laquelle ces statues ont été sculptées, mais aussi parce que nous avons ici des chefs- 
d'œuvre de la main de grands artistes; par exemple la femme du Sheikh-el-beled, où 
les seins sont arrondis par le bas*. C'est aussi le cas pour une belle statuette en bois du 
musée de Berlin qui paraît être du Moyen-Empire'. 

D'autre part, une statue en granit, aussi soigneusement exécutée que l'est la mère 
de Ramessou II au Vatican*, a le sein presque plat encore, et la célèbre Amnardis même 
ne fait guère que développer entièrement la forme purement égyptienne des seins, inter- 
sectés seulement en bas. Même sous le règne des Ptolémées on ne s'est pas éloigné en 
beaucoup de cas de cette tradition, ainsi que le prouvent les statues féminines en granit 
du Vatican, dont l'une représente Arsinoë'. 

Mais la manière dont le sein de notre statue est formé est toute différente. Les 
mamelles jaillissent pour ainsi dire du corps et rie s'en détachent plus seulement en bas, 
mais aussi en haut, de sorte qu'elles sont presque hémisphéroïdales. Cela rappelle 
beaucoup la forme grecque. Le plus ancien exemple que je connaisse de cette forme en 
Egypte, c'est la statue de la dame Takoushit de la collection Demetrio, que M. Maspero 
a rangée un peu avant la XXVP dynastie*. Les mamelons saillants que nous y 
remarquons, — l'art égyptien les a accentués de tout temps ainsi que les tétons des 
hommes, — ne manquaient point non plus chez la statue Barracco, comme on peut voir 
même sur le moulage : ils ont été écornés. Comme exemples des basses époques je ne 



une des femmes n'en a pas, tandis que toutes les autres analogues en ont : ce sera une erreur de publication 
ou un lapsus de l'artiste égyptien. 

1. Erman, yEfjyptcn, p. 551-553; L., D., III, 100; Notice de Gizeh, n" 34. Au Musée de Berlin, dont le 
catalogue indique les statues en granit peintes, j'ai pris des notes exactes : n" 2229, tète de la reine Hatsepsout, 
h. 82 cm., malgré les restaurations il est certain que les yeux étaient blancs, la pupille noire, la coufiéh rayée 
en bleu et jaune, il y a aussi du bleu sur la bande qui tient la barbe. Parmi les bronzes il y en a un certain 
nombre qui ont des couronnes, des ornements en couleur, etc., incrustés; un bon exemple n° 8671, cf. aussi 
Lepsius, Annali, 1837, p. 174. Pour les statues en granit, voir Cat. Marseille, n° 3 (XVIII' dynastie) et 6; E. dk 
RouGÉ, Notice des Monuments, n° 104. 

2. Maspkro, Archèolofjie égyptienne, p. 210. 

3. N« 9536. 

4. Mon. d. Ist. II, 40. 

5 A'" 14 du Musée Grégorien. Voici l'inscription du pilastre que j'ai copiée à Rome et confrontée avec une 



6. Gcuetta arcli., III, pi. 33, 34. 



SUR UNE STATUE DE LA COLLECTION BARRACCO 107 

nommerai que la statue n° 100 du Vatican (musée égyptien)', et le sarcophage de Pet- 
har-si-ese à Berlin, qui nous montre la déesse ^Iathor^ 

Il existe dans la statuaire égyptienne une troisième forme du sein qui est fréquente 
dans les représentations de la déesse Ta-ourt et du Nil androgyne. C'est le sein pendant, 
qui est usuel dans l'art éthiopique', et se trouve aussi sur les stèles de la basse époque'. 
Parmi les humains ce sont surtout les négresses qui l'ont". Une petite statuette age- 
nouillée de Tell el Amarna semble représenter une esclave éthiopienne des guerres 
d'Afrique de Khounaten '. Il me semble probable que cette forme du sein fut d'abord usitée 
pour faire connaître les négresses^, et que plus tard seulement on l'adopta pour le 
cas où on voulait accentuer les formes féminines, comme dans les statues androgjmes. 
Si ce raisonnement est juste, il faudrait reconnaître une esclave nègre dans une des 
femmes assises au métier qui sont figurées dans le tombeau de Khnoumhtp. C'est la plus 
ancienne représentation que je connaisse du sein pendant'. Il est curieux de voir appa- 
raître la même forme des seins sur une peinture d'un vase grec de la fin du VP siècle, 
où le peintre veut représenter une femme barbare libyenne'. En effet, le sein pendant 
est caractéristique pour les Africaines '°. 

Tout cela s'applique, autant que je sache, aussi aux reliefs, de sorte que ce n'est pas 
seulement un progrès de technique, mais surtout de la conception artistique qu'il faut 
voir dans ce développement. Outre la poitrine, c'est la tète qui nous frappe. Les yeux 
étaient rapportés autrefois, comme cela se trouve assez souvent pour|les statues en bois et en 
calcaire '\ Alors l'œil est quelquefois composé de diverses pierres et d'une pupille en argent, 
ou est formé par un cadre en cuivre incrusté d'émail. Mais pour les statues en matières 
dures ni Perrot-Chipiez ni la notice des principaux monuments au Musée de Gizeh ne 
citent un exemple antérieur au Nouvel-Empire. La plus ancienne statue en pierre dure 
aux yeux rapportés, que je connaisse, date du Moyen-Empire. J'entends les têtes de 
Bubastis'*, que M. Naville attribue aux Hyksos et qui sont certainement du Moyen- 
Empire. Sans doute le vide de leurs yeux était rempli autrefois d'émail ou d'une pierre 
brillante : il suffit bien de peindre les contours des yeux vides, lorsqu'il s'agit d'une 
statuette^'.maispaspouruncolosse. D'où vient cette nouvelle manière de traiter les yeux? 
On n'a pas besoin d'aller jusqu'en Asie, où d'ailleurs les yeux^rapportés sont assez rares 



1. Voir ci-contre, sur la planche II, fig. 3. 

2. N" 31. ' 

3. Autel de Benaga à Berlin 1261, cf. LEpsius, Dcnicin., V, 41, 44. 

4. Par exemple la stèle ^g. Zcit. 1877, t. I. 

5. L., D., III, 116-118, tombeau de Hui. 

6. Pétrie, Tell el Amarna, pi. XVII, 292. 

7. Ta-ourt elle-même parait être une divinité africaine, voir Wiede-mann, Religionld. ^g., p. 88. 

8. Maspero, Histoire ancienne de l'Orient, t. I, p. 321. La publication de Newberry, Beni/iassan, t. I, 
pi. 29, ne laisse pas bien distinguer ce détail. 

9. At/ien. Mit., XVI, t. 9, p. 302. C'est M. le professeur Lœsclicke qui m'a fait observer qu'il n'y a pas de 
raison pour y voir Lamia : ce n'est qu'une femme barbare. 

10. Comment faut-il expliquer le sein pendant chez la princesse Bekt-aten ? L. D., 111,^100. 

11. Par exemple le scribe du Louvre, le Sheikh el beled, le groupe iV° 10123 du Musée de Berlin, tous de 
l'Ancien-Empire, Arundale-Bonomi, Gall. of Antiquities, t. I, pi. 46. XIX' dynastie. 

12. Naville, Bubastis, pi. I, X. XI. 

13. Par exemple Berlin 10661. 

14* 



108 SUR UNE STATUE DE LA COLLECTION BARRACCO 

dans les anciens tempsV Si je ne me trompe, c'est une preuve de plus pour voir dans les 
prétendues œuvres des Hyksos les monuments d'une école locale réaliste : ce qu'on avait 
vu tant de fois à des statues en bois, on l'imite maintenant dans le granit pour lui donner 
plus de vie. L'exemple fut suivi pendant la XVIIP dynastie. Ainsi le bélier d'Amnhtp III 
à Berlin a les yeux vides. C'est le cas aussi pour une statuette de Sechet au Louvre de 
l'époque de Piankhi". Cependant à l'époque saïte cela devient la mode. La belle Ta-ourt 
de Berlin avait les prunelles en pierre jaune (n° 1449). ]\I. le baron Barracco possède deux 
têtes des basses époques aux yeux vides', dont l'une, une petite tête royale, mérite sur- 
tout l'attention des archéologues. Pour l'époque gréco-romaine je ne nommerai que la 
statue en basalte, à Athènes, publiée par Schreiber', les deux statues de prêtre trouvées 
au Fayoum, aujourd'hui à Berlin", et enfin la statue 100 du Vatican, en granit noir. 

Quant aux bronzes, le plus ancien exemple daté parait être l'oushebti de Ramessou II, 
à Berlin, où les yeux et les sourcils étaient montés en or*^ : les exemples les plus connus, 
les bronzes Posno, doivent être rangés à la XXVP dynastie ^ 

La partie la plus étrange de la tête, c'est la chevelure. En examinant les. reproduc- 
tions, on se rendra compte de tous les détails, mieux qu'on ne ferait en lisant une descrip- 
tion, quelque exacte qu'elle fût. Je ne ferai donc mention ici que des points les plus 
essentiels : il faut distinguer la perruque qui couvre l'arrière-téte, et qui consiste en 
18 boucles d'une longueur presque égale, mais étagées sur les côtés, et qui finit par deux 
boucles couvrant les oreilles. Par-dessous il y a une seconde perruque, formée de dix 
boucles qui tombent dans la nuque jusqu'au pilier auquel le monument s'adosse, de 
quatre boucles tombant sur chaque épaule, de deux boucles séparées, qui pendent le 
long de la joue sur la poitrine. Ces boucles sont tordues : les vivants les maintenaient 
avec de l'huile ou de la graisse. Sur le front les cheveux paraissent être courts. Il n'y a 
qu'une petite boucle qui sort sur chaque tempe. Ce détail m'a frappé tout d'abord, et je 
me- suis demandé s'il ne fallait pas supposer ici un malentendu de l'artiste? La façon dont 
ces cheveux sont traités rappelle immédiatement le rendu de la coiffe, telle que la porte 
la prétendue femme de Har-m-heb'. D'autre part le contour supérieur du front ne permet 
pas d'admettre ici cette coiffe. Je suppose donc que l'artiste a confondu d'une manière peu 



1. Reçue arch., 3* série, t. XXV, p. 236, voir Layaud, Discoceries, p. 357; Perrot-Chipiez, t. II, p. 659. 

2. Catalogue de Berlin, p. 23. N" 7262. Pierret, Salle hist., 28. 

3. Collection Barracco, t. IX etX. 

4. Athen. Mit., t. X, pi. 12. 

5. Catalogue de Berlin, p. 261. N"^ 11632, 11633, prunelles en albâtre. 

6. Catalogue de Berlin, f. 113. 

7. Masi'ERO, Arcliéologie égyptienne, p. 231. Stern, Zeit.f. d. gcb. Welt, t. III, p. 285. 

8. Perrot-Chipiez, t. l, pi. XI. Voyez aussi E. de Rouoé, Notice des Monuments, A 114 = 352 Rec. Statue 
d'Isis (h. de 42 cm., largeur à l'épaule, 2b cm.) en granit noir; il manque la partie inférieure du corps. Les 
yeux et les sourcils étaient incrustés, les seins ont la forme ronde, le menton est pointu. Elle porte un grand 
collier sur la poitrine. Les cheveux tombent par derrière en boucles sur le pilier, de longues boucles tombent 
sur les seins, tandis que sur le front les cheveux sont arrangés en petites boucles en étages. Sur cette che- 
velure elle porte la coiffe de la femme de Harmheb avec l'urseus, donc, absolument, ce que nous avions sup- 
posé pour la statue Barracco avant de connaître la statue du Louvre, qu'on peut considérer comme le prototype 
ptolémaïque de cette statue. J'y ajouterai une petite tête en porcelaine égyptienne de la Bibliothèque Nationale, 
3906, représentant Isis avec le même décor. Je la croirais d'époque romaine ; son pendant, une tête virile» 
n'est certainement pas plus ancien. (Voir Chabouillet, Catal. génér., n» 3488.) 



SUR UNE STATUE DE LA COLLECTION BARRACCO 109 

intelligente les deux coiffures. On en conclura facilement c^uc ce n'était pas un Égyp- 
tien. En réalité la dame portait de petites boucles sur le front, comme nous le font voir 
des monuments avec une coiffure analogue. Ce sont ces analogies (ju'il nous faut exa- 
miner maintenant, quoique pour écrire l'histoire de cette chevelure il nous mancjue 
encore bien des documents. 

A l'occasion d'une pierre gravée de Lykomedes M. Furtwângler a fait d'excellentes 
remarques à ce sujet \ lia reconnu l'origine africaine de cette coiffure, sans pourtant 
pouvoir connaître les monuments aujourd'hui à notre disposition. Parmi les premiers 
commencements on peut compter la tête de Bubastis au cartouche de Ramessou II", une 
statuette en bois, de Bologne', où des boucles bien caractérisées tombent sur le côté 
gauche, enfin la statuette de la dame Naï, au Louvre \ Ce qui distingue ces statues de la 
plupart des statues égyptiennes, c'est que des boucles tordues et non des tresses forment 
la chevelure. J'ai rencontré ces boucles pour la première fois dans les statues qu'on a 
attribuées autrefois aux Hyksos, notamment dans les hommes aux poissons et la tête 
Ludovisi'. Dernièrement on a contesté cette hypothèse ^ Ce n'est pas ici le lieu d'entrer 
une fois de plus dans la discussion de l'âge de ces statues'. En tout cas on m'accordera 
qu'il y a une analogie frappante entre les boucles des deux Nils et celles de la statue 
Barracco. Et nous retrouvons chez les Nils aussi des couches superposées des cheveux, les 
boucles tombant en devant sur la poitrine. Mariette, en décrivant les deux Nils, fit 
remarquer qu'une pareille coiffure convenait plutôt à une femme qu'à un homme (cf. 
Revue arch., 1862). Cela est confirmé par notre statue, et peut-être a-t-on le droit 
de voir dans la coiffure des Nils un élément androgyne. Car il n'y a pas de raison pour 
nommer cette chevelure asiatique. Sur des monuments asiatiques elle ne se trouve pas, 
autant que je sache. Les Racial Photographs, de Flinders Pétrie, ne montrent rien de 
semblable. Je crois donc avec M. Furtwângler que c'est une coiffure égyptienne que 
l'école réaliste du Delta, dont nous avons déjà parlé, a prise du peuple \ 

Cependant il y a des différences entre la coiffure des Nils et celle de notre dame. Ici 
il faut nous rappeler la pierre de Lykomedes. Ce sont les mêmes boucles, quoiqu'elles 
soient un peu plus courtes, c'est un diadème presque analogue, ce sont enfin les petites 
boucles du front, que l'artiste a oubliées chez la dame Barracco. Pourtant sur le sommet 
de la tête les cheveux sont arrangés d'une manière plus grecque. 



1. Dans ses savantes études sur les pierres gravées. Arch. Jahrb., t. IV, p. 80, pi. II. 2. 

2. Naville, Bubastis. pi. XV. 

3. Photographies Flinders Pétrie, N° 83. 

4. Rayet, Monuments de l'Art antique, t. I; Perrot-Chipiez, Histoire de l'Art, t. I. fig. 50. 

5. Bulletin comm., 1877, pi. IX. 

6. Recueil de Travaux, 1893, p. 131. Maspero, Archéologie égyptienne, p. 217, et surtout Steindorff, 
Arch. Anz., 1893, p. 66. cf. C. di Cara, Gli Hijhsos, p. 244. 

7. Pour moi, l'opinion de M. Maspero, qui attribue les deux Nils (c'est la meilleure interprétation du 
groupe aux poissons ; la tête Ludovisi faisait probablement partie d'un autre groupe pareil, cf. Pethie, Tanis, I, 
p. 11) à Pisbchanou de la XXP dynastie, n'a pas été ébranlée. L'inscription est naturellement inscrite entre 
les deux Nils. Il n'y a pas de rature, autant qu'on peut le voir au moulage du moins. 

8. Le buste cité par Steindorff, dont le style « pourrait être babylonien », mais qui a été trouvé au Liban, 
ne peut rien prouver. Ce pourrait être un monument égyptien importé comme tant d'autres. Cependant il 
serait utile de le publier. Pour les statues des Hyksos, voir aussi Perroï-Chipiez, Histoire de l'Art, t. 1. p. 684; 
Pétrie. Racial Photographs, n° 99. 



110 SUR UNE STATUE DE LA COLLECTION BARRACCO 

Aussi les bouts du diadème tombent-ils dans la nuque. On trouve parmi les mon- 
naies des Ptolémées maints exemples de cette coiffure que M. Furtwàngler aréunisV 
Presque tous varient un peu. C'est aussi le cas dans une série de bronzes qui sont assez 
difficiles à dater sûrement et dont on trouve des exemplaires dans presque chaque grande 
collection'. Cependant il existe une petite tête en marbre, qu'on est obligé de nommer 
Isis^ à cause de la fleur de lotus en bronze qu'elle porte sur le front, et qui a une coiffure 
grecque, mais avec les mêmes boucles sur le front et sur l'oreille, un diadème dans les 
cheveux, qui sont arrangés en deux couches au-dessus du front. Malheureusement, ni la 
copie ni l'état de conservation ne sontbons^ Pourtant j'aimerais mieux attribuer cette 
tête à la fin de Fart hellénistique qu'aux commencements de l'époque impériale. Nous 
trouvons donc Isis représentée avec les boucles de la statue Barracco vers le commence- 
ment de notre ère. 

Mais l'analogie la plus frappante que je connaisse pour la statue Barracco, c'est une 
terre cuite du musée de Berlin, citée déjà par M. Furtwàngler à l'occasion de la pierre 
gravée*. C'est une femme nue. debout, les bras collés au corps. Une bande pend à tra- 
vers la poitrine, des anneaux ornent les bras et la cheville droite, de longues boucles 
tordues pendent sur les épaules et sur la poitrine ; vue de dos, on s'aperçoit que les cheveux 
sont arrangés en étages, par devant les cheveux sont frisés en petites boucles. La tête 
est parée d'une guirlande de lierre et de roses ; elle porte un grand calathos peint comme 
toute la figure. Cette terre cuite n'est nullement isolée : c'est un type d'Isis assez 
vulgaire, qui se trouve parfois aussi employé pour Bast^: la coiffure varie. Pour fixer la 
date de ces figurines il faut recourir à un exemplaire trouvé par Pétrie à Tanis*. D'après 
les circonstances dans lesquelles elle a été trouvée, on ne la placera pas avant le premier 
siècle de notre ère et pas beaucoup après l'empereur Hadrien. En tout cas, il me paraît 
vraisemblable que toute cette classe de terres cuites appartient aux temps romains. On 
aimerait bien savoir si les musées d'Alexandrie ou de Gizeh conservent des exemplaires 
datés; d'autre part, le style de ces figurines nous empêche de les fixer trop tard. Je 
croirais volontiersquc la plupart appartiennent au premier siècle de notre ère. 

On a cru devoir attribuer ces figures au second et même au troisième siècle après 
J.-C; je pense que cela s'est fait à cause des têtes de momies en plâtre, que M. Graf a 
publiées en photographies. En effet ces têtes ressemblent beaucoup à nos terres cuites. 
Nous y retrouvons même les différentes variantes de la coiffure aux boucles ; les n°^ 102', 
dont nous donnons ci-jointe une reproduction, et 110 se rapprochent peut-être le plus 



1. L. c , p. 81 et suiv. 

2. Par exemple, Berlin 7502, Isis-Fortuna, une Isis semblable a été publiée par L. PiGiiomu3,Vetustissimœ 
tabulœ œneœ, etc. Venise, 1605, t. 3. Cf. l'Isis en bronze du Louvre, Salle des bronzes antiques, 512. 

3. Arndt-Bruckmann, Elnzolcerkauf. Rom, Kunsihandel 179. 180. Voir aussi les monnaies avec la tête de 
Libya ou d'Isis, Poole, Cat. or greek coins of tlie Ptolemies. pi. VI, 10; XVIII, 5, 7; XXI, 3; XXII. 6; et 
surtout XXX, 7. tète de Cléopâtre. Les cheveux sont arrangés en diverses couches, les boucles tombent dans la 
nuque et sur le front. Toutes ces monnaies montrent le même diadème que la statue. 

4. Berlin, 4357, \. pi. Il, fig. 1 et 2. 

5. Berlin, 12424. 

6. Flinders Pétrie, Tanis /, front, f. 11, p. 42. Cf. Pétrie, Photographs Turin, n» 445. 

7. Nous devons le cliché à l'obligeance de la rédaction de VArchœologische Jahrbucli Anz., 1894, 179. 




SUR UNE STATUE DE LA COLLECTION BARRACCO 111 

de la terre cuite et de la statue, tandis que le n° 111 rappelle do bien près l'Isis de 
Rome. Je ferai pourtant remarquer que la statue 
ainsi que les terres cuites ont les oreilles couvertes, 
détail qu'on ne remarque jamais dans les têtes de 
momies. D'autre part, plusieurs de ces têtes, par 
exemple le n° 111, montrent la même couronne 
peinte en rose que porte la figurine de Berlin. Un 
détail encore se trouve tant sur la statue Barracco 
que sur quelques têtes en plâtre : l'indication de la 
fossette. On ne peut donc guère douter qu'il y ait 
quelque rapport entre les têtes Graf, les terres cuites 
et la statue Barracco. Certainement la statue peut 
être plus ancienne ou plus jeune que ces tètes d'une dizaine d'années. Mais je ne vou- 
drais pas l'en séparer d'un siècle. 

Les seuls objets qu'on ait jusqu'ici datés avec quelque certitude, parmi les trou- 
vailles des époques romaines en Egypte, ce sont les portraits Grai'. Aucun de ces pan- 
neaux de bois ne doit être daté avant le second et le troisième siècle de notre ère. Dans 
les portraits Graf vous ne trouverez rien qui ressemble à notre statue. Les chevelures 
sont tout autres. 11 n'y a rien d'égyptien. Il n'est donc pas probable que les portraits 
Graf et les têtes en plâtre soient de la même époque'. Ces dernières sont-elles posté- 
rieures? Je ne le crois pas. D'abord, quand il y a le plus d'éléments égyptiens, on le 
datera volontairement avant les monuments classiques; car il s'agit ici de séries de monu- 
ments, bien entendu. Puis l'histoire de l'enterrement égyptien me le semble prouver. 

M. Pétrie a déjà établi l'ordre des diverses formes du sarcophage \ C'est d'abord le 
masque sans formes individuelles, puis le masque aux traits du mort, au(iucl plus tard 
on ajoute les bras*, tout en rendant la tête même plus plastique. Us deviennent de véri- 
tables bustes. C'est l'influence grecque qui, tout en s'accommodant â l'usage égyptien, 
essaye de lui inspirer de la vie. Et si nous regardons ces tètes, nous ne douterons pas que 
ce soient des œuvres grecques et qu'en somme ce soient des Grecs qui sont ainsi figurés. 
Mais à la fin on s'aperçut qu'une tête placée sur un corps en forme de sarcophage a tou- 
jours quelque chose de raide et de maladroit. On fît le dernier pas : au lieu du masque et 
du buste on appliqua un portrait peint sur le sarcophage. C'est une invention certaine- 
ment grecque, mais qui ne manque pourtant pas d'analogie en Egypte. Le catalogue du 
musée de Berlin nous décrit la façon dont les prêtres des XX'' et XXI'' dynasties ont 
été enterrés". Alors on plaça sur la momie un bas-relief peint avec les traits du mort, qui 



1. Voir les excellentes remarques de Wilcken, Arc/t. Anz., t. IV, p. 1. CL Hevdkmann, Bcr. cl. sâc/is, 
Ges. d. Wiss., 40. p. 295. 

2. Je n'entends pas dire pour cela qu'il n'y ait pas telle ou telle de ces têtes eu plâtre qui puisse être 
contemporaine à l'un ou l'autre portrait. Cela est prouvé par la famille de la dame Aline à Berlin. 

3. Fliuders Pétrie, Ten years dùjfjing, p. 97. Haœara, Biahinu, p. 14 et suiv., où M. Cecil Smith a 
traité des portraits peints, p. 37 et suiv. 

4. Je ne veux parler ici que du développement de ces masques; les bras des sarcophages niomifcrmcs 
sont généralement croisés et toujours schématiques. 

5. Cat. de Berlin, p. 134, 144, lûO. Cf. Notice de Giseli, n°^ 115G, 1157, 1272. 



112 SUR UNE STATUE DE LA COLLECTION BARRACCO 

est quelquefois représenté comme vivant. Maintenant nous savons que les plus anciens 
portraits de momies étaient peints sur toile et proviennent en grande partie des linceuls 
qui enveloppaient autrefois les momies'. Plus tard seulement on sépara la tête tout à 
fait du corps et on remplaça la toile par le bois. C'est donc en suivant et modifiant un 
usage égyptien, si je ne me trompe, que les Grecs créèrent ici, comme tant d'autres fois, 
quelque chose de nouveau et de beau*. 

Si ce raisonnement est juste et que la plus grande partie des têtes en plâtre date du 
premier siècle, on m'accordera volontiers que la statue Barracco est de la première 
moitié de ce siècle. Et le style de la figure me paraît confirmer cette opinion. Pourvu 
qu'o^n tienne compte de la matière dure dans laquelle la statue est sculptée, on avouera 
que le travail en est soigné, que surtout le visage est modelé finement. Remarquez la 
façon dont les narines se séparent de la joue par un sillon accentué et surtout la forme 
molle du menton où est indiquée la fossette. C'est un détail que je ne connais pas à une 
autre statue égyptienne et qui est un indice de plus, s'il en fallait encore, que la statue 
Barracco a subi l'influence de l'art grec ou même a été travaillée par un artisan gréco- 
romain. En comparant notre statue non aux sculptures en marbre, mais à certaines 
statues romaines, comme l'Hercule enfant, en pierre de touche, du Capitole, on ne dira 
guère que ce fut une statue de femme assez grossière'. 

Mais qui était la personne qu'elle représentait? On a cru que c'était une impératrice 
romaine. Je ne dirai pas que cela soit impossible. Pourtant, pour ma part, je croirais 
plutôt que c'est une Isis. Nous avons déjà vu que la coilïure caractérise la déesse : 
l'espèce de couronne qu'elle porte sur la tête se prête également à cette interprétation. 
C'est la môme couronne aux deux plumes que porte la statuette 10114 de Berlin et qu'on 
connaît de la célèbre statue de la reine Amnardis. Je crois môme que les sillons qu'on 
remarque sur la couronne de l'Isis Barracco ne sont autres que les uréus qui entourent la 
coui'onne de l'Amijardis. 

L'Lsis Barracco ne ressemble à aucune des statues connues jusqu'ici'. Mais à l'aide 
de la chronologie approximative que nous venons d'arrêter pour les têtes en plâtre, on 
peut mieux fixer la date d'un autre monument de la collection Barracco. J'entends parler 
de la tête virile en granit, publiée sur la planche 74 de la « Collection ». Comparez-la 
avec le n° 124 des têtes Graf : c'est une conformité presque absolue. Il en est de même 
pour la tète Graf 123 et pour la belle tête SabourofE'. Ces têtes appartiennent donc à 



1. Pbtrie, op. l., p. 97. F^iîDRAiN, Mon, de la Bibl. Nai., pi. 81, cf. 85. 

2. Ces pages étaient écrites, lorsque le bel ouvrage de M. Masner (Arch.Jalirb. Ans., t. IX, p. 178) me par- 
vint. Je suis heureux de pouvoir coustater que M. Masner, qui a pu étudier les originaux, a établi la chrono- 
logie de ces têtes de la même façon que moi. Il a pu en môme temps distinguer parmi les têtes trois groupes 
d'une technique différente qui se suivent en ordre chronologique. Par la bienveillance de M. Graf, il m'est 
possible de reproduire quelques-unes de ces têtes sur la planche III. 

3. Cat. de Berlin, p. 350. La fossette est indiquée sur la tête d'un des Ptolémées au Louvre. (Révillout, 
Sculpt. éfjypt., W 776.) 

4. J'ai il remercier MM. les directeurs des musées de Gizeh, de Londres, de Rome, de Turin, des recher- 
ches qu'ils ont bien voulu faire à ce sujet, et en premier lieu M. le professeur Erman pour la libéralité avec 
laquelle il a mis les trésors du musée de Berlin à ma disposition. 

5. FuRT\VAN(iLEH, Snmmlung Sabourojf', pi. 45. 



NOTES ET REMARQUES 113 



l'époque romaine de l'art égyptien. J'espère pouvoir tirer une autre fois les consé- 
quences de ces remarques pour l'histoire du portrait viril en Egypte. Espérons que de 
nouvelles trouvailles permettront bientôt de confirmer, de corriger et d'approfondir ces 
études sur l'histoire trop négligée de l'époque gréco-romaine de l'art égyptien. 



NOTES ET REMARQUES 

PAR 

G. Daressy 



CXXIIL — La lecture samit du groupe ^U n'est pas prouvée d'une manière 

absolue, peut-être faut-il attribuer à ces signes une valeur différente. Sur un cercueil 

de Meir, de la XIP dynastie, parmi les ornements et parures peints sur les panneaux, 

on voit un collier orné d'un urasus et d'un vautour. Le nom de ce collier est écrit : 

V ' w #^^ - S^ Êb ^^^ équivalent à ^£, la lecture nebti serait à adopter; les 

exemples cités par M. Erman', T"^ m,' T(]f|^'^£.- etc., se liraient samut nebti, 
samit nebti, et auraient la même signification que le titre des reines I /j : l'associée à 
la couronne. '^ 

CXXIV. — Une nouvelle preuve de la lecture ahà du signe CfeCv se rencontre dans 
les l istes des heures de la nuit. La septième heure est ordinairement écrite (y\ 

i<. Un cercueil saïte du Musée de Gizèh donne ^ fl S P ^ avec la leâure en 
toutes lettres du signe en question. 

CXXV. — Certains rois ùq la V^ dynastie avaient fait construire des temples funé- 
raires, au service desquels étaient attachés des prêtres. On y adorait le roi lui-même, 
sous son titre de ^^, o^, et la déesse Hathor. Les noms que j'ai pu retrouver parmi 
les textes des mastalDas sont : 

^ Jl pour Userkaf ; 

oj^=,j] pour Sahurâ; 



^^^-Ojl pour Kaka; 
o 



•O"!! pour User-n-rà ; 
pour Menkauhor. 



Ces noms, tout à fait distincts de ceux des pyramides des mêmes souverains, peu- 



1. Zeitschrift, t. XXIX, p. 57. 

RECUEIL, XVII. — NOUV. SÉR., I. 15 



114 



NOTES ET REMARQUES 



vent être utilisés pour fixer l'époque à laquelle vivaient les personnages revêtus des 
titres de prêtres de ces monuments \ 

CXXVI. — Fragment de cuve en calcaire, XVIII« dynastie. Sur le reljord on lit 

I. Le 






début est à comparer avec la formule | . 

CXXVII. — Statue stélophore de la XVIIP dvnastie. L'inscription est ainsi con- 






NX ^^h% 



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I' 7^ 1'^^c.D A "Jf^iî^ Ci iiiFm ! «^1 

CXXVIIL — Sur un des cotïrets à statuettes funéraires provenant de la cachette 
des prêtres d'Amon, se lit le texte suivant, qui semble une paraphrase du chapitre vi du 

U.re ,es Morts . h±^;;ii:ftZ!liZfâ')1i:^^1!1i^, 



(^4=^C3 I 



1=^=3 r~vn 



O O n d O 



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1 



j: 



fX^! 



Q. 



CXXIX. — Statue agenouillée en grès siliceux, trouvée à Sais. Autour du socle 
sont gravées les inscriptions suivantes dont le commencement est au milieu du devant 
du monument : 






i^ Ci- 



'^:5^ 



V. 






d^i AAAAftA 



AAAAAA V •> A/^AAAA 



^AAAA m n - il T I iiX A/^WV\ T Ci ^ >-^ ^ ^ Ci t— L i— l 



1. On trouvera ces noms et titres séparés dans la brochure de M. Schiaparelli, « Piramidi Egiziaue ». 



NOTES ET REMARQUES 



115 



et en sens inverse : 
O 






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1^ 



Sur le pilier contre lequel s'appuie la statue : 

La statue tient devant elle un grand 
naos surmonté d'un toit en forme de pyra- 



mide. L'avant du naos imite une façade 
de monument. A droite et à gauche sont 
gravés deux mâts. Au milieu, sous le 

disque ailé figure le nom d'un roi -ri I 
/- ' >j I lô 

{ ^^B j ; et le cartouche martelé est pro- 
bablement celui d'Amasis. Plus bas se 
trouve une grande porte ornée garnie de 
khakeru, surmontée d'un tableau repré- 
sentant les déesses T. etï ^ sous 

T J ® Il D D ® 
forme d'un vautour et d'un urœus, posés 

sur le signe '^:r7 au-dessus des plantes 
symboliques du Midi et du Nord, accom- 
pagnant le cartouche du roi, qui est mar- 



ra 



©D © 



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o a. ^^^ [ 



télé. Les côtés du naos sont couverts d'inscriptions en colonnes verticales 






A/VV\A\ /V^A^W\ 



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I T I û C^ _£r^ I o © A H_^^ V__^ ^ -C25^ o -^ I AAAAA^ Ci 






116 



NOTES ET REMARQUES 



CXXX. — Stèle de Hassaïa(près Edfou). Au sommet, le disque ailé et deux chacals; 
au-dessous, une femme présentant des offrandes à Osiris, Isis, Horus, Nephthys, Thot 
et Anubis. Le texte, rempli de formes ptolémaïques, est ainsi conçu : . 






3 ii(ïï "^ 

i II 
I II 



I l<^ /I\ i 



wîii I I 



y^ 






[r\rr\\ïil\ 






5 ii/i\ 
I iip 



If 

9 



ion 
I 1 



CXXXI. — Stèle trouvée dans la même tombe que la précédente. Le tableau de la 
partie supérieure nous montre Anubis soignant la momie, entouré d'Isis, Nephthys et 
des quatre génies funéraires. 

Le texte des prières est le même que celui de l'autre stèle, mais avec des variantes 
orthographiques : 






r^^^^ 



3 ll/F ©>l ~~'*~' ■§ 
I II ^J (E I I I I I 



4 i 



ni^|>(j(| 



mm-rr 



\\0 I I A 



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I I I c. D 









NOTES ET REMARQUES 



117 



D (2 



8 d? /îx 0^^^ 



o^?l1!VTf1V^^1î 



PiXji==^HMPr 



CXXXII. — Partie inférieure d'une statuette de femme, tenant une ima<?e dlsis. 



Derrière le pilier on lit : ^^émm 



c*=^ ' 



Ci -Q Ci 



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t\N\f\fs/\ J\ AAAAAA 



A Q ^ O 



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Autour .usoc,e:OI^>^APt^îTE'^«^^- 



hhi\hf\i\ r\N\/sN\ 






t*=>^ ' 



A 



A/VWA^ -/i AWVNA AA/V>/V\ 



[fi ^ ^ ^^" ^ r 

AA/WNA (^li A/WsAA, /VWW\ ^ AA/NAAA I U ' 



^E? 



CXXXIII. — Dans les tombes ptolémaïques on trouve parfois à côté du cercueil 
une statuette d'Osiris en bois. Au dos de cette statuette est reproduit un texte, dont 
voici trois variantes : 






t 



Bij-f^^^ 



1 



AAAAAA © -H- V\ 

AAftAAA ^ 



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o "T" <=> (^£^^ .^ û 



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z] ,-r--2>cr^ n I 

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r\-^^ 



r^■/^^^ 



s 



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^â:11SJJ 



r.^ 



AA/V\AA 
AAAA/\A 



AA/VWA 

/VWsA/\ 



AAAAAA 

AAAAAA II 11 AftAAAA 

AAAAAA 

A/WV\A 






X 



"\ j^ AAAA/%A 



vL, "\ A AAA/VV\ 



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Y °8M- jj -<2>- iV 



118 



NOTES ET REMARQUES 



CXXXIV. — Pendant les fouilles de cet hiver à Médinet-Habou, on a trouvé une 
magnifique sta tue d'Osir is en basalte noir, de l"' 55 de hauteur. Sur le socle on lit : 



Au dos du pilier est gravée cette légende : jj| h 



M 






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C^^Zli:] 



CXXXV. — Le ]-)rénom royal de Chap-n-ap, femme de Psametik I*"", n'avait pas 
encore été signalé . Il se trouve dans la chapelle funéraire de cette princesse à Médinet- 
Habou et se lit : (^T^fjj]. 

CXXXVI. — Autour de la terrasse du grand temple de Médinet-Habou, Ramsès III 
est représenté faisant offrande successivement aux divinités des grandes villes d'Egypte. 
Voici ce qu'il y a à tirer de cette liste mythologique et géographique. 

A. Série du sud : 






q> 






9. 
10. 
11. 
12. 
13. 
14. 
de ^^^u 



1 f\^ 
1. li '^ 

1 o 
2. 

3. 

4. 

7 et 8. Détruits 



f^^^^/^l 



MO 






m:. 



O 



IX 

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C3CD 



r.Y-ti 






m 



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, Khnoum d'Esnèh. 



Amon de Nubie. 

Horus de Primis (Il)rim). 

Horus de 

Sati d'Éléphantine. 
Horus d'Éléphantine. 

Nekheb d'El-Kab. 

Horus d'Hiéraconpolis (Kom el-Ahmar). 

Horus le Bon. 

Horus, vengeur de son père. 

Anouqit de Komir. 

A Karnak, dans une liste analogue, on a Q 



NOTES ET REMARQUES 119 



La paroi interne du mur du fond est détruite, les inscriptions ne reprennent que 
vers l'angle nord-ouest. La série nord (B) comprend les noms suivants : 

1- cvl ^^^^ "^^ Set, seigneur d'Unu. Je n'ai aucun renseit-nement sur cette ville. 

2. %A "K X "'Tr' « Set des acacias. » La forme renversée « Shenu-n-set » 
donne le nom antique de ujenecHT = XTivoSôuxtov, maintenant Qasr el-Saïad. 

3. f^J ^^37 1 1 1 ® Hathor de Diospolis (Hou). 

^^ jj Le Bennou. — La liste d'Abydos place après Diospolis-Parva un 

r— n ri AAAA/VA 

j _ , dont le site correspond peut-être cà celui de Farchout. 

5. V!iv et Y J) ^ I i Hor et Sekhet dans Pat at'a. Cette ville dont le nom est 
donné identiquement dans la liste d'Abydos s appelait n-xw-x à l'époque copte. Je pro- 
pose d'identifier cette localité avec Abou-Chouclia à la limite des provinces de Girgèh 

n n •<2>- 

et de Qenèh. Il y a analogie de prononciation = Abou (comme dans H ® = Abou- 

Sir) et le s. devient souvent un ^ en arabe, ainsi qu'analogie de sens : l [| ® est la tête, 
et At. ^, la touffe de cheveux que les Fellahs laissent au sommet de la tète. La « maison 
de la tête » serait devenu le « père de la mèche ». 

6. [1 r \\Jim\^ A Amon-ab. Je ne connais pas le nom de la localité; 
peut-être était-ce Belianèh. 

'^" riJl' i Pn ^^ ^^Jl ^^^^ T J Osiris, Isis et Horus d'Abydos (Arabat el- 
Madfounèh). / 

«• llPs3??J«'T^SlSS^E Anhem-ShouetMelntdansThmis(El- N;-^';T;X 
Birbèh). f I 

9- TlS^'i^^lSI^ Min et Isis de Panopolis (Akhmim). ^^__. ^,^ 

10. ^llJ^N^^J Hor-an-mut-f. 1 ÇCf-^^' '' '^^ 



I ( 



rc 



11- V^-^h W(')© Hor dans 

12. Détruit. 

13. ^^4= ®- Le dieu a une tête de bélier. 

14. Détruit. 

15. '^ K\A,L \ \ . Chepsi est une forme du dieu Tliot, à tête de bélier. Une 
M\ OU ^=^ •— ' ® ^ A« n n I I 

stèle d'Akhmim, qui est au Musée de Gizèh, mentionne ^ 1 ''^z::^ L , , ® • Il est probable 

que cette ville n'était pas éloignée de Panopolis; peut-être est-ce El-Agagièh à une 
vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Sohag. 

16. IJ [Kn^^^ •¥" . Sebak-rà (à tête de bélier), seigneur de Pa-ankh. 
Le culte de Sebak indique une localité voisine du fleuve, et je serais tenté de voir dans 
Pa-ankh, la ville antique qui se trouve au pied de la montagne de Cheikh-Haridi, vis-à- 
vis de Tahta. 

17 à 19. Détruits. 



120 NOTES ET REMARQUES 



20. ^'vz^v-^ «®^^^ll^ P« Horus et Matât delà capitale du douzième nome. 
Cette mention est précieuse pour retrouver l'emplacement de cet Hieraconpolis ; elle 
nous conduit à chercher cette ville dans les environs de Bedari, peut-être au Kom el- 
Alimar porté sur la carte à l'est de cette localité. 

21. ^1 /^ Hathor, maîtresse du magasin. C'est évidemment le nom 
de cette ville que les Grecs ont traduit 'A~oer;xTi devenu Aboutig dans la bouche des 
Arabes. 

22. (I J^<==> <c:^> et rjjj^ Anubis, seigneur de Ro-kerti et Osiris. 

L'(( entrée des cavernes » se trouvait sans doute au pied de la chaîne Libyque; c'est une 
des bourgades d'El-Zawiéh, de Déir-Rifèh ou de Drinkah. 

23. Détruit. La déesse était une ISIaut ou une Isis coiffée du disque et des cornes. 
Probablement la ville nommée était Chas-hotep = Hypselis = Chotb. 

24. 2^-^ Y ^ j I '^:37 ^ (1 (1 Ap-uaït, seigneur de Lycopolis (Sioul). 

25- i^^'^^^=®=' bI'ç^, ,^^ "^ L=^-^IJU Thot. Cheps et Nohemuaït 



d'Hermopolis (Achmouneïn). 

n^oS^^^Q^o '' J^l.l® '^''°°"'" '^' "'■•-"'■' "' '^""- ^" ^•"''= •^'' 

1 ^^ est citée dans la stèle de Piankhi avec Nefrous et Oxvrinchus ; elle se trouvait 

tu <rr> ® " Ztv 

au nord d'Hermopolis. Ce n'était pas la capitale du seizième nome, celui de '^^ dont la 

divinité était Horus. Des vases trouvés à Balansourah, à l'ouest d'Abou-Qourqas, sont 
au nom d'un prophète de Q ^v Jj ^^ ; je ne sais si Hat-urt et Her-urt sont une 
seule ville, mais la mention de Khnoum montre dans quelle région s'étendait le culte de 
cette divinité et par conséquent de quel côté il faut chercher l'emplacement de Hat-urt. 
L'indication est d'accord avec celle du Papyrus Harris, qui cite cette ville entre Hermo- 
polis et Béni-Hassan. La bourgade de Hour est le centre de la région où l'on doit 
retrouver Hat-urt, si toutefois ce n'est pas la cité antique elle-même. 

Hat-urt est la dernière ville de la liste géographique; la Moyenne et la Basse- 
Egypte ne sont pas représentées. 

CXXXVn. — Autour du socle d'une statii^tte représentant un ichneumon, appar- 
tenant au Musée de Gizèh, se trouve une double inscription en hiéroglyphes et en carien, 
dont voici la reproduction : 



A^AAAA 



tWYÎ'i1'D?lûNYI'i'YA«HMY0B)(lMOB1 VTAa 



NOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE 121 



NOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE ET D'HISTOIRE 

PAR 

G. Maspero 

§ W. — Les dynasties qui viennent après la première avaient-elles une réalité 
historique aussi faible que la première, celle que Manéthon commence à Mènes et 
termine à Biénêkhès ? 

Elles nous sont arrivées par deux documents, qui avaient la prétention d'être complets 
et de représenter la série entière des rois d'Egypte de père en fils, ou de prédécesseur en 
successeur immédiat, les listes de Manéthon, le Canon royal de Turin. J'ai montré plus 
haut^ ce qu'il convient de penser des prétendus souverains thébains d'Ératosthénes, et les 
Tables d'Abydos ou de Saqqarah ne sont que des extraits plus ou moins étendus où 
nous avons toujours le droit de soupçonner des lacunes : c'est donc aux listes mané- 
thoniennes et au Canon seuls que nous pouvons demander nos renseignements pour 
répondre à la question que je viens de poser, et le mieux est de placer l'une à côté de 
l'autre la version que nous possédons de chacun de ces deux documents, sauf à y joindre 
plus tard, dans des colonnes parallèles, les noms qui nous sont connus par les autres 
monuments . 

Le groupe dont Manéthon a fait sa seconde dynastie thinite se compose de neuf 
souverains. Le premier d'entre eux s'appelle chez lui Boèthos, et la Table d'Abydos 
nous rend l'original de ce nom J | ^Y Bouzaou. Manéthon, ou l'auteur égyptien 
qu'il copiait, a donc recueilli une tradition d'origine respectable, car elle était déjà 
enregistrée dans un document d'origine thébaine qui nous reporte à la XIX® dynastie. 
Il y avait toutefois une autre tradition aussi généralement admise, puisqu'on la rencontre 
sur le Canon de Turin découvert à Thèbes et sur la Table de Saqqarah, celle qui insérait, 
après ^J Q QoBHOU, un Pharaon | ^^^ Biounoutir, Binôthris I*'^ qui n'a rien de 
commun avec Bouzaou-Boèthos, les doubles noms royaux étant inusités encore dans / <'- ^'"'^ ' 
ces temps primitifs., Il y avait donc hésitation sur ce point comme sur bien d'autres, *<*''^ 
mais l'accord se rétablissait aux quatre noms suivants, où toutes les autorités d'époque 
différente n'admettaient qu'une seule série : II, Kaiêkhos = Kakoou ; III, Binô- 
thris = Bingutîrou; IV, Tlas = Ouznasît; V, Sethénès = Sondi. Certaines tran- 
scriptions sont mutilées, Tlas pour Ouznas, Outlas, ou renferment une interversion de 
lettres, Sethénès pour Sénéthès; mais elles s'expliquent aisément et n'ont soulevé d'ob- 
jections de la part de personne. Par malheur, les divergences recommencent derrière 
Sondi-Sethénès, et s'aggravent à ce point qu'il n'y a guère moyen de concilier lès don- 
nées diverses dont elles accusent l'existence. Après Sethénès, Manéthon énumère quatre 
Pharaons encore qu'il range dans sa seconde dynastie, puis il ajoute avant Tosorthros 
un certain Nékhérophès, dont il fait le chef d'une dynastie nouvelle, la Ilh' memphite. 



1. Cf. § s de ces Notes, Recueil de Tra';aux. t. XVII, p. 69-76. 

RECUEIL, XVII. — NOUV. SÉR., I. 16 



122 



NOTES SUR DIFFERENTS POINTS DE GRAMMAIRE 



Le Canon de Turin est très fragmenté en cet endroit, mais, en adoptant l'arrangement 
proposé par E. de Rougé\ on obtient cinq rois qui nous mènent jusqu'à un renouvelle- 
ment de dynastie ou du moins jusqu'à une rubrique marquant un changement plus ou 
moins important qui serait survenu dans la lignée de Menés. Ce n'est point caprice si je 
coupe la liste manétlionienne de façon à y séparer cinq rois que j'établis en face des cinq 
rois du Canon. On a vu dès le début que les noms manéthoniens commençant en Tosor- 
ne pouvaient répondre qu'à des noms égyptiens commençant en , ril Zosir 

(en composition Zosor-), le ^^ Z des époques archaïques se résolvant naturellement 
sur c=^>, puis sur c\ T. Ces noms ne sont pas fréquents et l'on n'en possède actuellement 
que deux : \^ ¥ Zosorsa et ^"^ (1 Zosortiti, comme il n'y a dans Manéthon que. 
deux noms en Tosor- : Tosorthros et Tosortasis. Je ne recherche pas en ce moment 
lequel des deux Zosir répond à chacun des deux Tosor : je me borne à constater que l'ac- 
cord de la liste manétlionienne avec le Canon reparaît sur l'un d'entre eux, celui qui 
est le second Pharaon de la IIP dynastie selon l'historien d'époque grec, celui qui est 
le chef d'une nouvelle branche royale selon le chronologiste des temps ramessides. En 
d'autres termes, il y avait, d après un comput admis de tous, dix-huit rois ayant régné 
sur l'Egypte depuis Menés jusqu'à l'avènement d'un Zosir-Tosor. On voit immédiatement 
quel parti cette observation nous o1)lige à prendre pour les rapprochements à instituer 
entre les noms de la liste grecque et ceux de.^ listes hiératiques ou hiéroglyphiques : 
tandis que la plupart des écrivains modernes admettent une lacune plus ou moins forte 
dans le Papyrus derrière Sondi et son successeur, je n'en puis voir aucune, et je recon- 
nais dans la dissemblance des noms une divergence de traditions, analogue à celles 
que j'ai signalées dans les parties antérieures. Je place donc à côté l'un de l'autre les 
documents divers : 



MANETHON 



SAQQARAH 



KhAIRÈS (1^1 N0FIRKA[Ri] 



Nepherkhérès 



OFIRKASOKARI 



olu] NOFIRKARÎ 



OFIRKASOKARI 



Sésokhris (g? l"^ %^ jHouzAOUFAOu' (il'%? 1 Zaou[f]a[ou] 



Khénérès (JJnxSÉiJ Bibi[ti 

Nékhérophès 



'-J I Nibka[rî1 



BiBI 




® 



Zazai 
z:7Lij Nibka[rî] 




et je constate que, sur les cinq noms, quatre se retrouvent identiques dans la Table 
de Saqqarah et dans le Papyrus. Le dernier d'entre eux, Nibka pour Nibkarî, avec 



1. E. DE Rougé. Reclicrches sur les Monuments qu'on peut attribuer aux Six premières Dynasties de 
Manéthon, p. 17, 23-25, 154-15S, et pi. III. 

2. Je prends la transcription courante de ce nom, sans en discuter l'exactitude. 



NOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE 123 

l'omission du o fréquente dans les noms royaux du second Empire thobain\ se retrouve 
sur la Table d'Abydos, tandis que les trois premiers n'y sont pas inscrits. Comme les 
Tables monumentales ne sont que des extraits faits pour les besoins de cultes funé- 
raires locaux, les omissions qu'on y remarque n'ont qu'une importance relative, et l'on 
peut affirmer, malgré les abréviations qu'elles représentent en cet endroit, une tradition 
identique à celle du Canon de Turin : la variante Zazai d'Abydos est, ainsi qu'on l'a 
montré', une variante fautive de Bibu due à une mauvaise transcription d'un original 
hiératique. Au contraire, la liste de Manéthon repose sur une donnée entièrement diffé- 
rente. Elle ne connaît ni Bibf-Zazai, ni Zaoufou-Houzaoufou qu'elle remplace par un 
Khknkrès et par un Sésokhris. Khénérès est la transcription très exacte d'un nom 
U Ka-ni-rî, écrit U, qui se retrouve à la Table d'Abydos et sur des scarabées ', 
comme cartouche-prénom d'un Pharaon de la VIIl*' dynastie. Sésokhris parait être 
formé de l'élément Se, si, /ils (cf. parmi les Décans, '^= [^ , -^'i-'-^' — ^ . --^p^'^ ^=^ ^ 
S'.xét), et du nom de Sokaris,^^ ^=^^ Sksokari, Shsokri, de même formation que 
"^,1^1 SiATHOR qui est le nom d'un Pharaon de la XIII*^ dynastie. Il y avait, dans une 
des traditions relatives aux premières dynasties, un Pharaon Si-Sokari, Sésokri, et 
dans une autre un Pharaon Ncfirivasorari, Néferkésokri. Nékhérophès renferme 
une partie Nékhé- qui peut répondre à . . Nibka, Nebké, mais la finale rophès demeure 
inexpliquée, et sa présence montre que si vraiment le cartouche que Manéthon transcri- 
vait Nékhérophès renfermait Nibka, on y lisait une épithète qui différenciait ce Nibka 
des autres Pharaons ainsi nommés, peut-être la même que celle du nom Aménophis, 
(1 AAAAAA . soit |..|^\ [ NibkarImaoupît, NibivArIaoupîti; cette addition rend 

l'identification avec le Nibka des listes monumentales au moins douteuse. Khairès ré- 
pond à '-' Karî, Kérî, ou plus bas dans la V° dynastie, à un ^s. [1 Akéouhorou, 
qu'on ne voit ni sur le document de Turin ni sur celui de Saqqarah : Akéouhorou aurait-il 
été déplacé vers l'époque grecque? Enfin Nepherkhérès est bien olu Nofirkerî, mais 
placé à un poste différent. Ici, comme à la I'*' dynastie, Manéthon et ses garants avaient 
suivi des autorités que les scribes raniessides ou ne connaissaient pas, ou négligeaient 
pour des raisons que nous ne comprenons plus. 

Le meilleur moyen de rendre compte du résultat auquel ces analyses nous ont con- 
duit, c'est de dresser le catalogue complet des Pharaons étudiés, tel qu'il nous apparaît. 
Dans le cas présent, comme la Table de Saqqarah omet à peu près la première dynastie, 
et qu'elle coïncide presque entièrement avec le Papyrus pour la dynastie suivante, je 
ne lui attribuerai pas une place distincte qu'il serait difficile de lui ménager dans 
nos pages, mais je me bornerai à marquer d'un astérisque à la colonne du Papyrus 
les Pharaons qu'elle énumère et qui lui sont communs avec celui-ci. Voici donc ce 
tableau : 



1. Cf., entre autres, Zosirke pour Zosiukerî, prénom d'Améoothès I" {Papyrus Abbott, pi. II, I. 2). 

2. E. DE RouGÉ, Recherches sur les Monuments qu'on peut attribuer aux Six premières Dynasties de 
Manct/ion, p. 24. note 3. 

3. Flindeks-Petrie, Historical Scarabs, pi. IV, n" 105-109. 



124 



xNOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE 



MANETHON 



LA TABLE D ABVDOS 



M. 

Mil. 

MV. 

^V. 

^VI. 

'VU. 

'VIII. 

MX. 

'X. 

'XI. 

'XII. 

'XIII. 

«XIV. 

•XV. 

'XVI. 

^XVII. 

'XVIII. 



Menés 






Athôthis 



Kenkénès 

OUÉNÉPHÈS -^^ T 

L AAA/^A^ V J 

r\ mil 

UUSAPHAIDOS 
MlEBIDOS 
SEMEMPSÈsP^Jl^i?) 
BlÉNÉKllÈs[^^^^] 



mïïTi 



BOÊTHOS 



Kaiékhos 



BiNÔTHRIS 7i<*^^ 






SÉTHÉNÈS ^3^ 

Nepherkhérès Q I u 
Sésokhris ^^ ^:r:^ 
Khénérès U 

L A/VSAAA J 

Nékhérophès ■^^37 (?j 



I. 
u. 

III. 

IV. 

V. 

VI. 

VII. 

VIII. 

IX. 

X. 

XI. 

XII. 

XIII. 



Mini 






1 



Teti I^»' 

Ati ler 

Ati II (j<^1 

HOUSAPAÎTI 
MiREBI 

Samsou (?) 
QOBIIOU ^J X 



1 1 1 1 1 



Bouzaou 



Kakoou 






Bi[n]noutir ^^^ I 

OUAZNAS 

Son 






XVII. 
XVIII, 



Zazai i f\^ 
Nibka[rî] I , 



I. 

II. 

III. 

IV. 

V. 

VI. 

VII. 

VIII. 

IX. 

X. 

XI. 

XII. 

XIII. 

XIV. 

XV. 

XVI. 

XVII. 

XVIII. 



Mini 



LE CANON-SAQQARAH 



At[i I"-] (j 



[\\] 



fA]TlII(?)[(]o]^(j 



HOUSAPAÎTI 



^ W 



Ky 



*Mirebi poun 

s.«sou(V)P|^^e|| 

*QoBnou [^]ji I 
*Biounoutîrou I*^'' I 



n 



* Kakoou 



U ^=^ 



*Binoutîrou II 



ë 



■u^ 



*Ouaznasît 



*SONDI ^> 

*Nofirke[rî 1"] olu 

*N0FIRKAS0KARI '^ — ^ T U 
•[IIOUIZAOUFOU 1^"^^ 

*NlBKARÎ U 



En résumé, on voit qu'à une très ancienne époque, les annalistes égyptiens, — 
d'après quels documents ou quels calculs, nous l'ignorons, — s'étaient mis d'accord pour 
déclarer que, du début de la monarchie humaine à un certain Zosir, premier du nom, 
dix-huit rois s'étaient succédé sur le trône d'Egypte. Vers l'âge des Ramessides, le 
Canon de Turin nous montre qu'à Thèbes au moins, on considérait ces personnages 
comme ayant formé une seule famille issue de Alini. A l'époque grecque, on les divisait 
en deux familles distinctes formant deux dynasties d'origine thinite, et on substituait au 
dernier un Pharaon nouveau qu'on faisait chef d'une dynastie nouvelle, Nékhérophès. 

Toutefois, on connaissait, par des monuments contemporains ou par des documents 
de nature diverse, plus de dix-huit Pharaons qui appartenaient à ces époques reculées : 



à 



NOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE 125 

])Our n'en citer qu'un exemple, les titres d'un certain Shiri, qui vivait avant Kliëops, 
nous montrent, à côté du cartouche de Sondou-Sondi, celui d'un certain "0" I 

PiRsouNOU qui, étant associé dès lors au culte de Sondou, a dû régner vers le même 
temps que celui-ci. Des raisons que nous ne devinons pas décidèrent les annalistes à 
substituer çà et là certains de ces rois flottants à certains autres, et, dès les Rames- 
sides, nous remarquons des ditïérences assez peu nombreuses, il est vrai, entre la série 
des dix-huit, telle qu'elle était établie dans le Canon d'où les listes d'Abydos furent 
extraites, et la série du Canon de Turin, un Teti P'' à la place d'im Ati, Bouzaou au lieu 
de Biounoutîrou P"", sans parler de la faute de lecture, Zazai pour Bibi. Les dissemblances 
sont, somme toute, assez légères, mais la composition de la liste manéthonienne nous 
prouve qu'elles s'accentuèrent dans les siècles qui suivirent, au point d'entraîner la sub- 
stitution de sept noms nouveaux à autant de noms qui figuraient dans la série ancienne : 
ce changement, joint à la dissection en trois groupes de la famille unique qu'on admettait 
autrefois, modifia profondément l'aspect général de cette histoire primitive. 

Nous nous trouvons donc aujourd'hui en présence de deux séries distinctes, déri- 
vées â l'origine d'une même tradition, celle des dix-huit souverains ayant régné de 
Mini à Zosir. Elles possèdent aux mêmes places un certain nombre de noms en commun, 
mais elles présentent ailleurs tant de diversité dans le choix et dans l'agencement d'autres 
noms, qu'il est inutile de songer à corriger le texte grec pour l'approcher aux textes hiéro- 
glyphiques : les usages particuliers à l'Ancien-Empire ne nous autorisent pas à supposer 
que les noms dissemblables qu'on lit au même degré de deux listes représentent les deux 
cartouches d'un même souverain, et, d'autre part, le cadre des dix-huit s'est maintenu 
trop inflexible du scribe de Turin à Manéthon pour qu'on songe à l'élargir en y intro- 
duisant à la file l'un de l'autre tous les princes énumérés sur toutes les listes. Il faut 
donc nous résigner à reconnaître que nous avons actuellement, pour ces commencements 
de l'histoire d'Egypte, deux séries de Pharaons égales en nombre, mais irréductibles 
l'une à l'autre en ce qui concerne la composition et la répartition des personnes. 

A laquelle d'entre elles devons-nous accorder la préférence pour le moment ? L'examen 
des notices jointes aux listes manéthoniennes me suggère une réponse assez vraisem- 
blable à cette question. Ce sont pour la plupart des faits extraordinaires, prodiges et 
miracles, une famine, un gouflre qui s'ouvre et ensevelit grand monde, une taille extra- 
ordinaire, une crue pendant laquelle le Nil roule des eaux mêlées de miel, ou bien la 
promulgation de lois nouvelles pour la succession au trône et l'institution de cultes 
rendus aux animaux sacrés. On reconnaît presque partout les récits imaginés pour jus- 
tifier des réclamations sacerdotales ou les épisodes de contes populaires, et c'est en effet f r^ 
à la littérature romanesque ou apocryphe que Manéthon, ou l'auteur qu'il traduisait en 
grec, a souvent puisé ses informations. Il est probable que les substitutions opérées dans 
le Canon ramesside sont attribuables pour la plupart au désir de classer des rois plus ou 
moins célèbres en ce genre de littérature. Ouénéphés avait à son actif deux légendes 
considérables, l'une d'après laquelle l'Egypte aurait été sous lui victime d'une famine 
terrible, l'autre d'après laquelle il aurait construit les pyramides de Kokomé, et pourtant 
on ne le trouvait point mentionné dans la liste officielle : on chercha à l'y placer, et on le 



126 



NOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE 







^c 






.A^*\'- 



r 



y\ 



substitua au quatrième roi de la I'"*^ dynastie, dont on n'avait probablement que le nom. En 
nous reportant à ce qui nous reste des romans égyptiens, nous sommes autorisés à penser 
que cette place lui était assignée, au moins implicitement, dans le conte où il faisait le 
personnage principal, et qu'il y était accompagné déjà de Kenkénès. Celui-ci devait être 
indiqué incidemment comme le père du souverain régnant, et Ousaphaidos y remplissait 
un rôle de prince royal comme Khâfrî dans le conte de Khéops et des magiciens. On 
substituait donc Kenkéni et Ouénéphès aux deux prédécesseurs d'Ousaphaidos, et la 
modification excitait d'autant moins de scrupules qu'il y avait là trois Pharaons de noms 
presque identiques, Teti, Ati I", Ati II, qu'on pouvait prendre pour des doublets 
d'un seul personnage. Je n'ai pas la prétention d'afïirmer que les choses se passèrent 
réellement de la façon dont je les décris : je veux seulement expliquer par un exemple 
la façon dont je suppose qu'elles se passèrent. Si l'on applique ce procédé à d'autres 
endroits, on voit la raison pour laquelle Boêthos fut préféré à Biounoutîrou par les 
auteurs manéthoniens : une tradition sacerdotale ou un conte exposait comment, 
sous Bouzaou, un gouffre s'ouvrit près de Bubastis. De même, Sésokhris mesurait six 
coudées et trois paumes de hauteur, ou JNékhérophès avait dû sa victoire sur les Libyens 
à l'intervention d'une éclipse de lune. Tous ces rois dont on croyaitsavoir quelque chose 
avaient éliminé peu à peu une partie de ceux dont on ne savait rien. Étaient-ils inventés 
de toutes pièces? En général, les rois héros de romans sont des rois réels dont le nom 
tantôt reste intact, tantôt s'altère plus ou moins fort. Le conte de Satnikhâmoïs, par 
exemple, fait de Mareniphtah-Ménkphtah, fils de Ramsès II, Minibphtah, Méneb- 
PHTAH. et nomme Ramsès II lui-même tantôt Ousirmarî, tantôt Osirimarî. Il est donc 
probable que plusieurs au moins des Pharaons ainsi introduits après coup dans le cadre 
primitif étaient, comme Pirsounou. des Pharaons erratiques, dont on suivait la trace sur 
des monuments, et que plusieurs autres étaient le doublet plus ou moins défiguré des 
Pharaons officiels : Sésokhris [Si-Sokari] peut dériver ainsi de Noferkésokari, et 
Nékhérophès peut être Nibkarî, accompagné de l'épithète dont ophès est le rendu 
grec plus ou moins exact. Quoi qu'il en soit de cette conjecture, le seul fait que les listes 
manéthoniennes semblent s'être formées sous l'influence de la tradition romanesque, 
suffit à nous les rendre suspectes et nous engage à leur préférer les listes ramessides. 
Est-ce à dire que celles-ci soient exemptes de tout alliage? Nous voyons, par les contes 
de cette époque, la Querelle d'Apopi et de Soknounri, le Roi Khéops et les Magiciens, 
les Mémoires do Sinouhît, avec quel sans-gêne le peuple égyptien traita son histoire, et 
nous avons lieu de craindre que plusieurs des dix-sept Pharaons qui composaient dès 
lors la table officielle de la famille de Menés n'aient d'autres titres à figurer en si belle 
place que d'avoir été très anciennement des héros de romans. Le jour où, pour la pre- 
mière fois, on s'avisa en Egypte de dresser la liste des souverains, on recueillit tout ce 
qu'on déchiffrait sur les murs des temples ou des tombeaux, sur les stèles officielles, sur 
les rochers, dans les actes officiels sur papjTus, dans les livres qui de près ou de loin 
semblaient toucher à l'histoire, et l'on se servit, pour les classer, des indices variés que 
l'on découvrait dans ces documents, présence simultanée ou succession de deux person- 
nages à cartouche dans une même inscription, rubriques ou titres qui plaçaient la rédac- 



NOTES SUR DIFFERENTS POINTS DE GRAMMAIRE 127 

tion d'un ouvrage au moment où tel de ces personnages remplaçait l'autre « en qualité 
de roi bienfaisant », filiations énoncées accidentellement dans un texte funéraire ou 
administratif : les Égyptiens d'autrefois firent alors ce c{ue les égyptologues d'aujour- 
d'hui font maintenant, et ils élaborèrent un système qui admettait une première lignée, 
thinite ou memphite, de dix-huit membres de Mini à Zosir. Ils leur accordèrent libéra- 
lement à chacun une quantité d'années de règne et de vie qui compromet la vrai- 
semblance de leur classement : la série des chiffres conservés au Canon de Turin pour 
ceux de ces personnages qui régnèrent probablement de Marebi à Sondou et àNofirkeri 
leur assure soixante-dix ans, comme minimum de \ie\ 73, 72, 83, 95, 95, 70, 74, 70, et 
les listes manéthoniennes enregistrent vers le même temps des règnes de 36, 39, 48, 41, 
46 ans. Ces dix-huit patriarches représentent-ils tous les souverains dont on releva 
d'abord les traces? On en déterra certainement d'autres par la suite, puisque les Tables 
d'Abydos, de Saqqarah. de Turin, n'offrent point partout les mêmes noms, et que les 
listes manéthoniennes contiennent plus d'un tiers de noms qui manquent aux listes hié- 
roglyphiques. Nous-même, nous en avons recueillis que les annalistes paraissent avoir 
ignorés, comme Pirsounou, et il est certain que les fouilles en feront surgir plus d'un 
que nous ne soupçonnons pas encore. Il convient donc en ce moment de prendre la série 
des premiers rois d'Egypte pour ce Cju'elle est, un assemblage de noms, les uns authen- 
tiques, les autres peut-être imaginaires, alignés pour des raisons que nous n'avons plus 
par des gens qui auraient été souvent aussi embarrassés que nous le sommes aujourd'hui 
de justifier les arrangements proposés, incomplet d'ailleurs : quelque chose qu'il faut \Jt<^*^*' 'r^ 
tolérer provisoirement sans trop croire à l'authenticité et sans trop en douter, jusqu'au K\^ • '^o 
jour où des monuments contemporains nous rendront les cartouches et la succession des i^<^'/* „ 4* 
souverains qui ont régné le plus anciennement sur tout ou partie de la vallée du Nil. '^'r^ ( , ^ o- 

Après cette lignée d'un caractère problématique, les Egyptiens de l'époque des 
Ramessides en avaient institué une seconde qui comptait presque certainement vingt- 
deux princes' deZosiRi à Ounas^ : à côté de cette combinaison, les listes de Manéthon 
nous en révèlent une autre qui dénombrait dans le même intervalle vingt-quatre Pha- 
raons répartis en trois dynasties memphites. Ici les monuments commencent à paraître 
en abondance et nous fournissent le moyen de vérifier sûrement le témoignage des anna- 
listes. Nous connaissons, grâce à eux, entre Houni et Kaki, une série de onze rois, tous 
se succédant sans interruption, et parmi lesquels on ne peut intercaler aucun personnage 
nouveau, si ce n'est peut-être quelcjue usurpateur éphémère, puis une série moins longue 
d'Ousirnirî à Ounas : entre les deux, une lacune de courte durée, et, avant Houni, 
une période incertaine encore,- faute de témoignages monumentaux suffisants. Tout 
cela a été si bien discuté et si fermement reconstruit par M. E. de Rougé, qu'en ras- 



1. E. DE RouGÉ, Recherches sur les Monuments, p. 158. 

2. E. DE Rougé, Recherches sur les Monuments, pi. 111 et p. 153 sqq.; Lauth [Manetho und der Tûriner 
KônÏQSpapyrus, ç\. 111) propose un arrangemeat un peu diSérent, et d'après lequel le Papyrus aurait contenu 
vingt et un noms. 

3. Je continue à écrire Ounas pour ne pas rompre avec les habitudes prises, mais le nom devait se pro- 
noncer OuNis. OuoNis, avec une variante en v\, -^su V^ M Ouo.xous, d'où dérive r'Oovo; de Manéthon. 



128 



NOTES SUR DIFFERENTS POINTS DE GRAMMAIRE 



semblant les résultats auxquels il est parvenu, on obtient presque partout une histoire 
authentique de l'Egypte. J'attaquerai d'abord la famille Houni-Kaki, telle qu'il l'a re- 
constituée, et j'examinerai la façon dont les listes se comportent vis-à-vis d'elle. 

Le Canon de Turin a perdu tous les noms dont elle se compose, à l'exception de 
ceux de Houni et de Sanofroui, conservés sur un petit fragment, mais on lit encore, sur 
deux fragments allongés dont le site n'est pas douteux, les chiffres représentant les 
années de règnes : je place, comme M. E. de Rougé, les deux noms de telle manière 
que Houni ait vingt-quatre années de règne, et Sanofroui, vingt-trois, occupant ainsi 
les lignes 5 et 6 du fragment 32'. Cela posé, j'établis la série réelle à côté de celle de 
Manéthon : 



SERIE REELLK 



SERIE ^tANETHONIENNE 



I. 
II. 



IV 
V. 



Sanofroui HT ' v> 



III. Khoufoui 



DiDOUFRÎ O' 



Khâfri 



. os 



VI. Menkéourî 



G UU 



VII. Shopsiskaf 



U 



VIII. OuSIRKAF^n LJ 

IX. Sahourî o' 
u 



X. Kaki 



U 



I. 


Kerphérès (?) 


II. 


SÔRIS (?) 


III. 


SouPHis r^-" ®% ^ 


IV. 


o TT G^ 
SoUPHIS II 


V. 


Menkhérès 

r*^ u 


VI. 


Ratoisès (?) 


VII. 


BiKHERIS (?) 


VIII. 


Seberkhérès (?) 


IX. 


Thamphthis (?) 


X. 


OUSERKHÉRÈS O 1 


XI. 


Sephrès q\\ 


XII. 


Nepherkhkrès TlI 



Le rapprochement est instructif, et nous montre le peu de confiance que nous 
pouvons accorder dans certains cas aux listes manéthoniennes. On voit ce que la tradition 
qu'elles représentent a conservé de l'histoire réelle. Les noms des Pharaons qui ont bâti 
les trois grandes pyramides sont présents, celui de Khàfri, Khàoufri, avec la suppression 
du o Rî qui en fait Shoufi, Souphis II, mais l'obscur Didoufrî a disparu entre Khoufoui 
et Khàfrî : ce que Manéthon nous donne ici, ce n'est pas la série authentique Khoufoui- 
Didoufri-Khâfrî-Menkéourî, c'est la série romanesque Khéops-Khéphrên-Mykérinos 



1. E. DE RouoÉ. Recherches sur les Monuments qu'on peut attribuer aux Six premières Dynasties de 
Manéthon, p. 156, note 2. 



NOTES SUR DIFFERENTS POINTS DE GRAMMAIRE 



129 



du cycle populaire qui s'était développe autour des rois constructeurs de pyramides. A 
part ce groupe devenu demi-fabuleux par l'agglomération des légendes, aucun des rois 
cités par l'historien d'époque grecque ne répond à un roi des listes hiéroglyphiques : Ker- 
phérès ou Sôris n'ont rien de commun avec Houni ou Sanofroui, et je ne vois même pas le 
prototype qui se cache sous les formes hellénisées; Ratoisès ne saurait être rapproché de 
Didoufrî qui aurait donné quelque chose comme TexÉœpriî, To-Jy^p-t]; , et si Bikhéris peut se 
rétablir en o^^U, o'^:^|J, Bikerî, ainsi que dans le cartouche-prénom du roi éthio- 
pien Tanouatamanou, il demeure entièrement étranger à Shopsiskaf ; enfin Seberkhérès 
0(?)LJ et Thamphthis n'ont aucun équivalent dans la série monumentale. Il y a donc là 
non pas simple modification d'un texte authenticfue, mais substitution d'une série complète 
à une autre série, et, comme les seuls rois maintenus dans la tradition hellénisante y 
figurent groupés ainsi qu'ils le sont dans la légende populaire, en tant que bâtisseurs de 
pyramides, colnpie du reste on n'ignorait pas que toutes les pyramides avaient été con- 
struites par des rois appartenant aux mêmes dynasties que Khéops-Khéphrên-Mykérinos, 
je ne crois pas me montrer téméraire en avançant que tous ces rois inconnus appartien- 
nent au même cycle que les trois rois connus : ce sont les Pharaons romanesques des 
pyramides^fiui ont remplacé les Pharaons historiques. Le peuple de Memphis n'avait 
pas gardé le souvenir de tous les princes qui avaient bâti les pyramides, d'Abou-Roâsh 
au Fayoum; quand il commença h s'inquiéter de ces monuments et des trésors qu'ils 
renfermaient ou étaient censés renfermer, comme il ne savait plus le nom des j)erson- 
nages qui avaient reposé dans la plupart d'entre elles, il leur en inventa de nouveaux. 
Les Arabes avaient au moyen âge tout un catalogue de personnages complètement 
imaginaires qu'ils appliquaient à ces monuments avec des variantes : nous ne possédons 
de la nomenclature qui précéda celle-là aux tem^_grecs et à l'âge des Ramessides qu'un 
petit nombre de termes, Asykhis ""^^ 3 qui érigea sa pyramide en briques près de 
Memphis \ Mœris qui avait la sienne au Fayoum *, la courtisane Rhodopis qui partageait 
avec Nitokris le mérite d'avoir construit la troisième des grandes pyramides', Imandès, 
Maindès ou Menas qui édifia la pyramide du Labyrinthe à Illahoun \ la tille de Khéops 
qui bâtit la sienne avec le produit de ses amours \ Il y avait pour toutes les pyramides 
une ou plusieurs attributions populaires que nous ne connaissons plus, et je crois bien 
que tous ces Pharaons de Manéthon, si éloignés des Pharaons légitimes, sont quelques- 
uns de ceux c^u'on imaginait avoir été enterrés dans les pyramides. Ce qui ajoute une 
certaine force à cette hypothèse, c'est C[ue les deux rois qui suivent Thamphthis et 
qui sont empruntés à la série réelle, Ouserkhérès-Ousirkaf et Sahourî-Sephrès, sont à 
notre connaissance les héros d'un roman, celui du Papyrus Westcar. Du moment que 
les seules personnes authentiques de ce groupe y ont été admises, parce qu'elles faisaient 
partie du cycle des Pyramides, il devient fort probable que les personnes non authen- 









^'^" 



/^ 



C 






1. HÉRODOTE, II, cxxxvi; cf., pouF le iiom, le Recueil de Tracaiix, t. XVII. p. 61-62. 

2. HÉRODOTE, II, CXLIX; DiODORE DE SiCILE, I, 52. 

3. HÉRODOTE, II, cxxxiv; Pline, Hist. Nat., XXXVI, 12; Strabon, 1. XVII, i, § 3.3. p. SOS. 

4. Strabon, 1. XVII, i, § 37, p. 812; cf. Hérodotk. cxlviii; Diodore de Sicile, I, 89. 

5. Hérodote, II, cxxvi. 



recueil, XVII. — NOUV. SER., I. 



17 



130 



NOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE 



tiques y figurent, parce qu'elles appartenaient au même cycle : la tradition manétho- 
nienne représente ici, comme le récit d'Hérodote, mais avec d'autres détails, l'histoire 
et la succession populaire des rois constructeurs de pyramides, tandis que la série 
monumentale établie par E. de Rougé représente l'histoire et la succession réelle des 
mêmes souverains. 

Et maintenant il faut examiner si les listes d'époque pharaonique présentent le même 
caractère que les listes d'époque grecque, ou bien si elles coïncident avec la série monu- 
mentale. Le Canon de Turin étant mutilé, il convient d'examiner d'abord ce qui en est 
des Tables d'Abydos et de Saqqarah. 



SERIE REELLE 



SAQQARAH 



I. 

II. 
III. 

IV. 






HOUNI 

Sanofroui n T v^ 



Khoufoui 



DiDOUFRi 



V. Khàfrî 



VI. MANKÉOURi 



o uu 



VII. Shopsiskaf m, 

VIII. OUSIRKAF in LJ 

IX. Sahourî o"^^ 



u 



X. Kaki 



^J 






G 

o 



r"^ ! n 1 

A/VV\/VV LJ 



u 



u^ 









o 

o 
s 

Détruit. 



^ 



Détruit. 



O 



«^■^ 



La lacune de la Table de Saqqarah n'est pas si forte que Mariette l'a pensé, et 
l'examen des débris du monument original m'a porté à croire qu'elle ne comprenait que 
les deux cartouches de Menkéourî et de Shopsiskaf : en tout cas, ce qui subsiste est 
identique à la série d'Abydos^ à cela près qu'on y lit en tête Houni et qu'on n'y voit pas 
Kaki vers la fin. Il me paraît donc que les Tables monumentales de la XI X« dynastie don- 
naient encore exactement la série réelle, par suite que le Canon officiel d'où elles étaient 
extraites la reproduisaient également, et cela nous doit encourager à rétablir dans la 
série de Turin le même ensemble de noms qu'on lit sur les monuments contemporains et 
sur les listes d'Abydos et de Saqqarah. Il faut donc, en ce cas, relever d'un rang le n° 31 
qui porte les noms de Houni et de Sanofroui au lieu de leur laisser la place que M. de 
Rougé lui avait assignée, mais qu'il a modifiée ensuite, comme je le fais'. Ces deux 



1. E. DE Rougé, Recherches sur les Monuments qu'on peut attribuer aux Sia: premières Dynasties de 
Manéthon, p. 156, note 2. 



NOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE 



131 



princes auront eu chacun un règne de vingt-quatre ans, Khéops en a vingt-trois, Didoufrî 
huit, et ce très léger changement nous donne pour la liste définitive : 



SERIE REELLE 



I. HOUNI 

II. Sanofroui 

III. Khoufoui 

IV. Didoufrî 

V. Khâfrî 

VI. Menkéourî 
VIL Shopsiskaf 

VIII. OUSIRKAF 

IX. Sahourî 

X. Kaki 






r ^ =^1 



CANON DE TURIN 

24 ans. 
S4 ans. 
23 ans. 

8 ans. 

œ ans. 






X ans. 
X ans. 
18 (28 ?) ans. 
8 ans. 
2 ans. 



La durée de huit années convient au régne assez insignifiant de Didoufrî, comme l'a 
vu M. de Rougé, et permet de classer les dates du fragment n° 32 de Turin : les trois 
indications d'années qui suivent celles-là se rapportent donc aux trois derniers rois de la 
IV^ dynastie, Khâfrî, Menkéourî et Shopsiskaf. Au commencement du fragment n° 34, 
la progression décroissante des règnes qui durent respectivement 18 (28?) ans, 4 ans, 
2 ans, répond fort bien à la donnée du Papyrus Westcar, d'après laquelle les trois 
premiers rois de la V® dynastie auraient été trois frères jumeaux nés sous le règne de 
Khéops : la durée de leur règne serait en raison de l'câge que chacun d'eux aurait eu en 
montant sur le trône. Évidemment le récit n'a rien d'historique, mais il existait à une 
époque où l'on pouvait connaître encore suffisamment la succession des rois memphites, 
et où l'on n'aurait pas, ainsi qu'au temps d'Hérodote, considéré comme frères deux rois 
à qui l'on prêtait une cinquantaine d'années de règne : si le romancier a fait trois frères 
d'Ousirkaf, de Sahourî et de Kaki, c'est sans doute que le peu de longueur de leurs 
règnes permettait qu'on mît leur naissance sous Khéops sans trop d'invraisemblance. 
Ajoutons que le cartouche qui suit le nom détruit du roi ayant régné deux ans se termi- 
nait par le signe ^ , comme le cartouche oT . . Nofiririkerî de la Table de Saqqarah 



des monuments, et comme le Nepherkhérès de Manéthon qui est identique à ce ol . , 
Nofiririkerî, Il est d'ailleurs impossible d'intercaler un cartouche de plus entre les deux 
fragments : on allongerait la colonne d'écriture outre mesure. Il faut donc reconnaître 
que, selon toute probabilité, la série de Turin différait peu ou ne différait pas des Tables 
monumentales et de la série réelle, pour le nombre et pour les noms. 



132 NOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE 

Si le gros bloc central ne présente aucune difficulté de classement et d'appréciation 
notable, il n'en est pas de même du groupe qui le précède et qui s'étend de Zosmi à Houni. 
Ici les monuments sont clairsemés et ne permettent pas d'établir une série authentique, 
ce qui était déjà le <3as pour les Égyptiens eux-mêmes, ainsi qu'il résulte des divergences 
qu'on remarque entre leurs listes. Et d'abord mettons en parallèle les données que les 
Tables ramessides et le Canon nous fournissent : 



I. ZosiRi Sa %=-^ ^ I. ZosiRi P-- ^^ I. ZosiRi I«' ^=^ || 

IL TetiII^^I] il ZosiriIITetiII^=*^'^(] IL Zosiri II Teti II ^==^ ^(] 

III. Sazisou n [t| III. Nibkarî J J HI. [Sazaoufou] (?) M*^^ 

IV. Nofirkerî gIu 

Le Canon de Turin ne renfermait que trois noms avant Houni, d'après l'arrange- 
ment que j'ai indiqué plus haut et qui est celui de M. de Rougé\ en quoi il s'accordait 
avec Saqqarah, mais Abydos ajoute un quatrième nom. De prime abord ce petit groupe 
se divise donc en deux morceaux : 1° deux rois qui sont communs à tous les documents, 
deux ZosiRi dont le premier était surnommé Sa et le second Teti, comme il résulte de 
la confrontation des trois documents; 2" un seul roi (Saqqarah, Turin) ou deux rois 
(Abydos) dont le nom varie sur chaque liste. Je ferai remarquer que le personnage de 
Saqqarah, Nibkarî, n'est probablement, comme le veut Mariette', qu'un déplacement 
du ^^37 LJ NiBKA, Nibkarî, inséré par les autres documents à la fin de la famille directe 
de Menés, immédiatement avant Zosiri I". De même, le Nofirkerî d'Abydos peut n'être 
que le Nofirké, Nofirkerî, de Turin et de Saqqarah, déplacé. Le classement de ces 
noms n'était pas tellement certain, comme nous avons vu, que des transpositions de ce 
genre doivent paraître étranges, et je les admets pour mon compte sans difficulté. Ici, 
la transposition se justifie si l'on observe que la Table d'Abydos, supprimant Houni, 
avait besoin d'un roi pour tenir lieu de ce Pharaon : elle a pris Nofirkerî. Le quatrième 
Pharaon que ce groupe parait avoir dans Abydos disparaît donc, grâce à cette remarque, 
et l'on n'a plus en réalité que trois personnages en tout, les deux Zosiri et le roi qu'Abydos 
nomme Sazisou. Turin peut-être Sazaoufou : le cartouche de Turin étant mutilé, on 
ne saurait dire si cette lecture est certaine, et si nous avons vraiment là un nom distinct 
de celui d'Abydos. Nous constatons donc ici, comme plus haut, une concordance dans 
le nombre des rois admis au Canon, de Zosiri P'' à Sanofroui, mais une différence dans 
le choix des personnages. Tandis qu'Abydos donne la série Zosiri P^ Zosiri II, Sazisou, 
Nofirkerî, Saqqarah piéfère Zosiri P^ Zosiri II, Nibkarî, Houni, et Turin, Zosiri L^ 



1. E. DE RouGÉ, Recherches sur les Monuments qu'on peut attribuer' aux Six premières Dynasties de 
Manéthon, p. 156, note 2. 

2. Mariette, La Table de Saqqarah, p. 13, 16, et La Noucelle Table d'Abydos, p. 10, 21. 



NOTES SUR DIFFERENTS POINTS DE GRAMMAIRE 133 



Zosiri II, Sazaoufou (?), Houni. La différence est donc moins grande en fin de compte 
que l'on ne pouvait le croire au début. 

Mais si l'on compare cette liste hiéroglyphique des temps ramessides à la liste 
manéthonienne, on s'aperçoit aussitôt qu'on a affaire à une tradition toute différente. 
Où les hiéroglyphes ne montrent que trois rois, Manéthon en connaît huit : I, Tosor- 
THROs; II, TuREis; III, Mesokhris; IV, Sôuphis; V, Tosertasis: VI, Akhès; VII, Sé- 
PHOURis; VIII, Kerphérès. Cet ensemble de personnages ne renferme que deux noms 
qu'on puisse identifier sûrement : Tosorthros et Tosertasis, où l'élément Tosor, 
TosER, trahit la présence des deux Zosiri. Encore n'est-il pas facile de deviner pour- 

quoi Zosir-Sa et ZosiR-TiTi sont devenu Tosor-thros et Toser-tàsis : le dernier peut 
être à la rigueur une faute de copiste pour Toser-tatis,Toser-tétis, mais qu'est Je pre- 
mier? L'hypothèse que voici pourrait l'expliquer et justifierait du même coup la présence 
de TuREis derrière Tosor-thros. Le groupe (I , écrit en hiératique, forme pour une 
ligature qui se confond aisément avec la ligature de , si bien que le groupe (1 

Teti, Titi, d'une liste cursive, a pu être méconnu et lu (1 touri, tori, comme les 
mots (j-To saison, (]^A saule, et autres de même nature. iManéthon ou ses auteurs 

ont pu transformer "^"^ (1 Sozirtiti en ^"^ \\ Zosortori, ou avec la terminaison 
en v\ ou préférée aux basses époques pour ces noms', v\ Zosôrtorou, Zosor- 

trou, TôaopGpoc : la faute est analogue à celle qui a fait de JjK(l|l Bibi un J J@(lll Zazai. 
Mais la comparaison d'Abydos et de Saqqarah nous prouve qu'on écrivait le nom de ce 
roi tantôt complet, ^"^ q Zosirtiti, tantôt en abrégé par |] Titi seul, ou avec la forme 
fautive que je viens d'indiquer v\ Zosôrtorou, et n iouri, Tori : c est, 

on le voit, la double forme de Manéthon, Tosor-thros et Tureis, Tyris. Les notices 
jointes à la liste contiennent d'ailleurs un fait qui vient à l'appui de cette conjecture. Une 
note ajoutée derrière le nom de Tosorthros nous apprend qu'il fut réputé par les Égyp- 
tiens pour être Asclépios, à cause de sa science en médecine : il trouva l'art de construire 
avec des pierres taillées et perfectionna l'écriture. Or, Athôthis, le fils de Menés, est le 
second roi de la P« dynastie, cjui bâtit le palais de Memphis, exerça la médecine et composa 
des livres de médecine. Qu'Athôthis soit (j <= jl Ati, lu Atouti' ou (j Titi, la renommée 
médicale qui s'attacha à sa personne provient de ce qu'il portait en égyptien un nom 
assenant à celui de Thot, le dieu de la médecine, bien qu'il en différât radicalement : 
la légende une fois formée sur ce nom de (] devait s'appliquer en peine à tous les 
rois qui le portaient, notamment au Teti de la IIP dynastie, (1 Zosir-teti, ou 

Ci r> Ca Ci I 

simplement [1 Teti, et si on la trouve appliquée à Tosorthros, n'est-ce pas un indice 

Ci I " t /! ' r\ 

de plus que l'original correct de ce nom hellénisé était (I Zosir-teti? Tosertasis 
serait alors y Zosir-Sa, peut-être par l'intermédiaire d'une forme fémmine <^5 



Zosiritsa, analogue à celle de 11 Ousirît qu'on rencontre dans le nom d'asso- 

nance pareille | I Ousirtasen. On aurait de la sorte deux rois au lieu de trois : 

1. Cf., à ce sujet, ce qui est dit plus haut. Recueil do Tracauce, t. XVII, p. 60, d'après la Curieuse obser- 
vation de Griffith. 

2. Cf. ce qui est dit plus haut à ce propos, dans le Recueil de Tracaux, t. XVII, p. 66-67. 



134 NOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE 

l'annaliste utilisé par Manéthon ou un annaliste antérieur, trouvant dans des docu- 
ments ZosiRTiTi, et dans d'autres Teti, aura cru avoir à faire à deux personnages 
distincts et aura enregistré Tosorthros, Tureis et Tosertasis, au lieu de Zosirtiti- 
TosoRTHRos et TosERTAsis. Quaut à l'interversion de Zosir-Sa et de Zosirtiti, elle 
se comprend aisément par le même usage où l'on était d'écrire tantôt Zosir seul, 
tantôt d'ajouter à Zosir le prénom Teti ou Sa, qui distinguait l'un de l'autre les 
deux Pharaons du nom de Zosir : il devait être difficile de rétablir toujours à propos le 
prénom exact, lorsqu'il s'agissait de rois morts depuis si longtemps. Ajoutons, pour 
en finir avec les identifications possibles, que Sôuphis peut être soit une variante 
de Souphis-Khéops , analogue au Saôpliis d'Ératosthènes, soit une transcription de 
Sazaoufou, si vraiment il y avait Sazaoufou au Canon de Turin : la première hypothèse 
est la plus vraisemblable. Ce qui trappe en elïet dans cette liste, c'est la présence de 
plusieurs noms qu'on peut identifier avec d'autres noms déjà connus et qui figurent dans 
les autres dynasties antérieures ou postérieures. Tous les égyptologues ont été frappés 
de la ressemblance du groupe hellénisé Akhi^s-Séphouris avec le groupe hiéroglyphique 
Houni-Sanofroui, E. de Rougé, Devéria, Mariette. Lauth : la variante û |^ ahou, ahi, 
du verbe 9 ^^ hou, hi, suffit à expliquer la forme avec a prothétique, A/t^vs — "A/tj?, de 



HouNi, HiNi, analogue à 'A/0Ô7)c de "" '^' ^ tlll Khîti, Khîtou. Or, nous savons que 



Houni et Sanofroui sont, dans la tradition ramesside et, le dernier au moins, dans la 
réalité, les deux prédécesseurs immédiats de Khéops. Il faut donc admettre que Mané- 
thon prenait là avec l'histoire réelle la même licence qu'à la fin de la IV^ dynastie : 
comme il avait interposé deux rois surnuméraires entre Shopsiskaf et Ousirkaf, il en 
intercalait deux, Kerphérès et Sôris, entre Sanofroui et Khéops. Je ne vois pas quelle est 
la forme originale de Sôris, ni celle de Kerphérès : peut-être ce dernier est-il comme un 
écho du oTU NoFiRKERî de la Table d'Abydos, Kerphérès pour Pherkhérès, abrégé 
de Nepherkhérès, mais le rapprochement de Sôrfs avec un des Zosiri n'est plus 

possible depuis qu'on a découvert la lecture réelle pi .^^ Zosiri du signe \=^ . Mésô- 

KHRis est u n doublet visible de Sésokhris où [T|n ^ Mos, Mes, a re mplacé "^^ si, se : 
iï| 12])^:=:^ Mes-sokari, Messokri, Mésokhri, au lieu de "^^ "^==^ Sésokhri, et n'a 
aucun équivalent dans la réalité historique. En résumé, cette troisième dynastie 
manéthonienne ofl're, comme la IV", un mélange de noms authentiqués et de noms 
fabuleux qui nous porte à croire qu'elle représente, elle aussi, une partie de la légende 
des rois constructeurs de pyramides. Zosiri P'' avait, en effet, bâti la pyramide à degrés 
de Saqqarah, ou du moins son nom de bannière, encore connu à Tépoque ptolémaïque, 
comme le prouve la stèle de la Famine, s'y lisait | «>-=> dans la décoration des chambres 
funéraires et probablement aussi de la chapelle extérieure. C'était avec lui que commen- 
çait cette histoire populaire, et l'on ne s'étonne pas de rencontrer à sa suite et autour de 
ses successeurs réels, Tosertasis, Akhès, Séphouris, les mômes personnages de romans 
qui ont pullulé autour de Khéops, de Khéphrên et de Mykérinos. 

La nomenclature des Pharaons qui régnèrent entre Kaki (1 et Ounas est encore 
assez douteuse et peut être appréciée de façon diverse. La Table de Saqqarah y inclut 
six cartouches, mais supprime Kaki, de manière à obtenir huit générations pour la 



NOTES SUR DIFFERENTS POINTS DE GRAMMAIRE 



135 



V*' dynastie entière. La Table d'Abydos n'a que cinq cartouches, mais, comme elle 
admet Kaki, elle retrouve le nombre de huit au total de la dynastie. Le Canon royal de 
Turin est plus large : il énumérait douze noms, dont les trois derniers seuls subsistent 
et coïncident avec les trois derniers d'Abydos et de Saqqarah. Les monuments ne nous 
ont pas encore rendu la série complète des souverains réels : ils nous font connaître 
seulement deux groupes compacts de quatre princes chacun, l'un au début de la dynastie 
formé d'Ousirkaf, de Sahourî, de Kaki, de Nofiririkerî, l'autre à la fin composé d'Ousir- 
niri-Anou, de Menkéouhorou, de Dadkérî-Assi et d'Ounas. Je crois avec E. de Rougé 
que le oT»u=—NoFiRi d'Abydos est une orthographe incomplète de oî . , Nofi[ririke]rî, 

que le T Khânofirrî de Saqqarah est un roi de la XIIP dynastie, Sovkhotpou, et 

que ^^(J Akéouhorou est le Kliérès de Manéthon' : (1 Q Ahtes qu'il a introduit 

d'après une stèle de Palerme n'existe pas réellement, et g ^ n L-^ Shopsiskerî ne peut 
être placé sûrement. Il reste donc deux noms à trouver pour obtenir par les monuments 
un nombre de souverains égal h celui qui était inscrit au Canon de Turin. Le hasard 
heureux d'une fouille se chargera, je l'espère, de combler cette lacune : elle m'empêche 
en attendant de soumettre la liste manéthonienne de la V^ dynastie à un examen aussi 
minutieux que celui auquel j'ai soumis la liste des dynasties précédentes. Ici, par extra- 
ordinaire, elle contient moins de noms que le Canon de Turin. Elle passe Kaki dont le 
règne de deux ans a pu disparaître entre celui de deux souverains plus importants, 
Sahouri et Nofiririkerî. Deux de ses Pharaons, Sisirès et Rathourès, n'offrent qu'une 
analogie lointaine avec les deux personnages Shopsiskerî et Ousirnirî qu'on leur com- 
pare habituellement. Il se pourrait donc que, là encore, il y ait eu parmi ces constructeurs 
de pyramides une substitution de rois de romans à des rois réels, mais rien n'est moins 
certain. Il faut se borner, pour le moment, à placer côte à côte ce qui reste des listes 
diverses, sans trop insister : 



CANON DE TURIN 



I. OusiRKAF, 18(?)ans [10 '-' -T] 
IL Sahourî, 4 ans [o"^^' 



mil 
'iiiii 
il 
II 



III. Kaki, 

IV. Nofiririkerî, 

V 

VI 

VII 



8 ans [-J] 

7 ans [oJ^Uf 



ABVDOS-SAQQARAH SERIE REELLE 



1P^ 1P^ 



^llll 

G III 



12 ans 



7 ans 




O' 



U 

» 



U 



IZ 4 



u 
uu 

u 



)) 



MANETHON 

ouserkhérès 
Séphrès 

)) 

Nepherkhérès 

Sisirès 

Khérès 



1. E. DE RouGÉ, Recherches sur les Monuments qu'on peut attribue/- aux Sia; prcmicres Dynasties de 
Manéthon, p. 75, 84-85, 106-107. 



136 



NOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE 



CANON DE TURIN 



ABYDOS-SAQQARAH SERIE REELLE 



MANETHON 



VIII 1 + xans ^^lO 

IX. OusiRNiRi, 25 ans in<r> j 

X. Menkaouhorou, 8 ans 

XI. DAD[KERi], 28 ans ftS[ 

XII. OuNAS, 30 ans 



on II 



r"^ r^llll 

U 1 oiiii 

^=^0011 
Ollllil 

o n 



^ U 



OÏÏU 



<;Qd RatHOURÈS 

UU 



U 






Menkhérès 
G^^ulj {\ Tankhérès 
Obnos 



Il reste, avant de conclure, une dernière question a examiner : les dynasties 
manéthoniennes des souverains intercalés entre Tosorthros et Obnos répondént-elles 
à des divisions adoptées déjà dans le Canon d'époque raraesside? Le Canon introduit 
derrière le nom d'Ounas un résumé qui comprenait le nombre des rois et le total des 
années de règne depuis Menés, ce qui montre, comme on l'a reconnu dès le début, qu'il 
arrêtait en cet endroit la lignée plus ou moins directe de Menés : mais admettait-il entre 
Zosirteti et Ounas une autre coupe secondaire analogue à celle qui précède Zosirteti et qui 
fait de ce souverain le chef d'une branche nouvelle de la famille? La mutilation du Canon 
ne permet pas de résoudre directement ce problème, mais le Papyrus Westcar peut 
nous montrer quelle opinion prévalait à ce sujet au temps des grandes dynasties thé- 
baines. Le roman qu'il renferme repose sur cette donnée que les trois Pharaons Ousirkaf , 
Sahourî, Kaki, sont étrangers a la race de Khéops, de Khéphrên et en général des sou- 
verains qui les précèdent : ils sont les fils d'une prêtresse et de Rà lui-même. Que ces 
rois aient été ou non d'extraction obscure, peu importe : on les croyait tels dès les débuts 
de l'Empire thébain, on les séparait de leurs prédécesseurs, et Manéthon, ou son auteur, 
en les plaçant en tête d'une dynastie, n'a fait qu'enregistrer une tradition déjà ancienne. 
Les autres dynasties entre lesquelles il partage la série de ces premiers Pharaons devaient 
certainement leur origine à quelque récit de ce genre, et la conception en remontait à 
des époques très antérieures au temps où il écrivait : le fait que celles de ces divisions 
qu'il marque entre la P*^ et la IP, entre la IIP et la IV*\ ne sont pas admises au Canon de 
Turin , me porte à croire qu'on n^y voyait pas non plus de distinction entre la IV® et la V*. 
De même que la série des noms se poursuivait d'affilée de Menés à Nibkarî, de même 
elle se continuait sans interruption de Zosirteti à Ounas, et la grande lignée du début se 
scindait alors en deux morceaux non pas en cinq. Ici encore, le meilleur moyen de rendre 
sensibles les différences considérables, qui se manifestent entre la tradition ramesside et 
la tradition ptolémaïque, est de réunir en un seul tableau les résultats disséminés dans 
les tableaux partiels, et de dénombrer côte à côte les deux listes de rois qui commencent 
à Zosir-Sa et à Tosorthros pour finir à Ounas-Obnos : 



NOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE 



137 



TRADITION IIAMKSSIDK 

ZosiRi V'- Sa %=^ 
ZosiRi II Teti \=^ 



TRADITION PTOLÉMAÏQUE 



tj Q AAAAAA 




I. 

II. 
III. 

IV. 

V. 

VI. 

VII. 

VIII. 

IX. 

X. 

XI. 

XII. 

XIII. 

XIV. 

XV. 

XVI. 

XVII. 

XVIII. 

XIX. 

XX. 

XXI. 

XXII. 

XXIII. 

XXIV. 

XXV. 



TOSORTHROS 
TUREIS 

Mésôkhris 

SôiJPHis 

Tosertasis 

Akhès 

Séphouris 

Kerphérès 

SÔRIS 

souphis p"" 
souphfs ii 
Menkherès 
Ratoisès 

BiKHÉRIS 






ei. 



^î^l 



© 

o uu 



[o^Li] 



Séberkhérès o(?)LJ 
Thamphthis (?) 

Ouserkhérès I iLipoiii- I I 
Sephrès o*^ 

Nepherkhérès o 



u 



u 



SlSIRÈS 

Khérès 

Rathourès 

Menkhéres 

Tankhérès 

Obxos 



uu 
u 



f u 



RECUEIL, XVII. — NOUV. SEK., I. 



18 



138 NOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE 

On le voit, la tradition manéthonienne a rompu complètement avec la tradition 
ramesside. Les noms sont différents pour la plupart, et ceux qui ont été conservés par 
les annalistes de l'époque grecque n'y occupent pas toujours la même position qu'ils 
avaient dans la liste hiéroglyphique : les Zosiri sont intervertis, Houni et Sanofroui 
sont séparés de Khéops, qui, lui-même, précède directement Khéphrên, un groupe de 
rois imaginaires s'intercale entre Mykérinos et Ousirkaf. Enfin, le cadre numéral qui 
était demeuré intact pour la première famille s'est brisé, et Manéthon ajoute trois 
noms nouveaux aux vingt-deux qui composaient la seconde branche de la famille de 
Menés pour les chronologistes de l'époque des Ramessides. 

J'ai dû supprimer bien des détails et abréger plus d'une démonstration pour ne pas 
donner à cette note une étendue trop considérable : j'ai voulu condenser en quelques 
pages une année de leçons au Collège de France, et je n'y suis point parvenu sans sacrifier 
plus d'un développement de ma pensée. Les listes de Manéthon et son œuvre, analysés 
sans le parti pris d'y retrouver la chronologie de l'Egypte, telle que les monuments nous 
hi révèlent, perdent singulièrement de la valeur qu'on leur attribue d'ordinaire : elles 
nous apparaissent non plus comme une image authentique de ce qu'était l'Egypte an- 
cienne, mais comme un ensemble bizarre de noms, les uns réels, les autres simulés. Elles 
reposent sur des données incontestables, le Canon des rois, tel qu'on le possédait pour 
les anciennes époques dès la XVIIP et la XIX« dynastie, mais elles ont substitué aux 
noms légitimes et aux événements réels des noms supposés et des contes populaires qui 
en ont éliminé la meilleure part des faits certains. Les auteurs du Canon ne savaient pas 
déjà fort exactement ce qui s'était passé au début de la monarchie, et ils avaient constitué 
leur tableau des dynasties d'après les documents qu'ils possédaient, comme nous faisons 
aujourd'hui avec ceux que nous retrouvons dans les fouilles : nous ne pouvons attacher 
((u'une foi médiocre à leurs conceptions, mais nous sommes obligés de constater qu'elles 
existaient, (ju'elles ont représenté aux plus beaux temps la donnée officielle admise à la 
cour et dans les temples, et nous devons les respecter jusqu'à nouvel ordre, au moins 
dans les endroits où la découverte de documents nouveaux ne nous a pas prouvé qu'elles 
étaient erronées. La conception qui prévalait dans Manéthon dérive directement de 
celle-là, mais elle l'a modifiée et souvent défigurée par l'addition de récits et de noms 
populaires. C'est la chronique, telle qu'Hérodote et les voyageurs grecs l'entendaient 
raconter, mais enfermée dans un cadre moins endommagé par l'imagination de quarante 
générations ; c'est l'histoire de l'Egypte par les romans substituée presque partout à l'his- 
toire par les faits authentiques. Et ce qui est vrai des premières dynasties, l'est à peu 
près de toutes, comme j'espère avoir le temps de le montrer un jour. Si la XVIIL' dy- 
nastie de Manéthon a tant gêné les égyptologues, c'est qu'une bonne part des souverains 
qui la composent, et que l'on interprète de façon différente, n'ont rien de plus réel que 
Bikhéris et Thamphthis et les princes imaginaires du temps des Pyramides : le roman 
populaire en a chassé la réalité, comme il avait fait des dynasties antérieures. 

§ X. — On a discuté beaucoup en ces derniers temps sur le site qu'il convenait de 
donner au pays de "^ r^^^^ . et le dernier auteur qui en ait traité avec détail, Max 



NOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE 13i) 

MùUer, le place en CilicieV La i)rincipale raison pour ne pas accepter l'identification de 
ce pays avec la Phénicie, c'est que les scribes égyptiens de l'âge ptolémaïque l'ont faite 
et que ces Égyptiens ne savaient ce qu'ils faisaient. Il est certain que les scribes des bas 
temps se sont trompés plus d'une fois, et l'exemple que j'ai cité, et que Max Miiller 
rappelle, de ces gens d'Edfou ({ui placent le Pouanit sur la Méditerranée, est caractéris- 
tique'. Encore faudrait-il ne pas porter sur tout ce qui nous vient d'eux un jugement uni- 
formément défavorable, et serait-il bon d'examiner sans parti pris leurs dires sur chaque 
cas particulier. Les scribes qui ont confondu Pouanit avec la côte d'Asie-Mineure ou 
avec celle de Phénicie : 1" vivaient à Edfou, dans une petite ville située à l'intérieur, 
à forte distance de la cour et des cités qui, depuis un millier d'années, avaient été les 
capitales politiques de l'Egypte, Sais, Tanis, Memphis; 2° ils ont pu, dans leur igno- 
rance, trouver dans l'assonance de Pouani[t], avec <ï>otvt[xri], une raison de placer sur 
la Méditerranée, dans la direction où ils savaient vaguement que la Phénicie se trouvait, 
le pays où la rumeur publique leur apprenait que le roi Ptolémée s'était réfugié. Au 
contraire, les scribes qui ont identifié V\ r^-^^-^ avec <ï>otv'!y.T, : 1» vivaient à portée 

du roi, dans l'une des capitales de l'Egypte, attachés certainement à la chancellerie 
d'une des administrations royales ou religieuses où la tradition des formules et des 
noms avait pu se conserver sans interruption depuis le temps des conquêtes thébaines: 
les relations politiques entre l'Egypte et les nations syriennes n'avaient jamais été 
interrompues ni sous les Tanites de la XXP dynastie, ni sous les Bubastites de la 
XXIP. ni sous les Éthiopiens de la XXV% ni sous les Saïtes de la XXVP, ni sous 
les Sébennytiques ou sous les Mendésiens, et, par suite, il n'y avait pas de raison poui- 
qu'on eût perdu entièrement à Memphis ou dans le Delta le souvenir du ou des pavs 
auxquels le nom de ^^o^:^ s'appliquait; 2° aucune assonance n'étant possible entre 

ce nom et celui de *o'.vîxt,, il n'y a pas là une cause accidentelle d'erreur, comme celle 
que je signalais plus haut. Si donc les rédacteurs des inscriptions d'Edfou se sont 
trompés, il n'est pas juste d'en conclure que ceux de l'inscription de Canope se sont 
ti'ompés comme eux : l'ignorance des uns ne peut donner a priori la mesure de la science 
des autres. Il faut, avant de se prononcer, rechercher quelle part certaine de vérité il y 
a dans les assimilations établies par les rédacteurs du décret de Canope entre les vieux 
noms égyptiens et les noms grecs plus récents. Ces assimilations sont au nombre de 

( ) (sic) n 'W>AAA Ci Ci p. —jr — 

trois : 1° celle de '•^•'-'^ J "^^ l'île à'Asi/iaï, ou de Sinaï, soit l'antique [I j] [)Q:C£] 

Asi, avec Cvpre; 2'^ celle du <=i tk Lotanou, Rotanou orientai avec la Syrie, 

telle qu'on l'entendait au temps des guerres entre Séleucides et Ptolémées, soit la 
Cœlésvrie, y compris la région de Damas; 3° celle du ^^-^^ avec la Phénicie. De ces 

trois assimilations, la première est considérée généralement comme légitime, même par 
les plus sceptiques ', et la seconde est admise encore, à l'épithète près qui paraît mala- 



^ «>CM^ 



1. Max MuLLER, Asien und Europa, p. 337 sqq. 

2. Maspero, Notes sur quelques points de Grammaire et d'Histoire, dans la Zeitschrift, 18S3, p. 67; Max 
MiJLLER, Asien und Europa, p. 338, n. 1. 

3. Max MiJLLER, Asien und Europia, p. 336-337. 



140 NOTES SUR DIFFERENTS POINTS DE GRAMMAIRE 

droite^ : il y a donc deux identifications sur trois qui ne semblent pas être erronées, et, 
par conséquent, quelle invraisemblance y a-t-il à admettre que des gens bien renseigne^ 
dans deux cas l'ont été aussi bien dans le troisiè me? S i les traditions de la chancellerie 
pharaonique s'étaient conservées exactes pour (1 n [i rv-^^^ Asi et c^ Rotanou, de 

l'aveu des modernes, il n'est pas de mauvaise critique d'admettre qu'elles s'étaient 
également conservées exactes pour ^^o^!^ Kafîti, et que les scribes ptolémaïques 

avaient raison lorsqu'ils traduisaient le nom grec <t>o:-/r/.r, par le nom égvptien antique 
'^.g^ . Je ne veux pas dire par là que Kafîti n'ait désigné que la Phénicie seule, mais 
je tiens jusqu'à nouvel ordre que la Phénicie était, au temps de la conquête thébaine, un 
des pays qu'on englobait dans le Kafîti. 

Un mot d'abord sur la vocalisation du nom. La forme la plus fréquente est, à l'âge 
classique, "^^Dï::^, dont l'analogue se trouve dans ^^^ "^J^o^^^i : Vcdgle^^est ici le 

Ti des noms d'agent ou des ethniques, et de même que ^ ik r\-^^^ dérive du nom féminin 

r-j M/w^ .^^a P^ 

de pays ^^ ^ Pouanît, Pouonît, et se lit selon la règle de ces dérivés Pouanîti, 
PouoNÎTi, comme p«.^iTHc,jug^iT, de même V\ r^/^^ suppose un nom de pays 

Kafît, dont il est l'ethnicjue et doit se lire Kafîti. ^^ c^-^^-o est, à proprement parler, 
non pas \epai/s de Kcfti ou le Kpfto, comme on traduit d'ordinaire, mais le pays du 
Kafîti. Il est pris au pluriel |l^ Ka[e]fatiou, Ka[e]fateou, Ka[e]fate, dans les 
Annales de Thoutmosis IIP, où il est question des vaisseaux Kefatiou que le roi trouve 
dans la Phénicie du Nord, le Tahi, avec les vaisseaux Koupaniou deBy blos. Cette forme 
plurielle se retrouve pour le pays dans les listes et dans les textes jl^ rx/x/i ^ Kafa- 

tiou, Kafateou, Kafate, \epays des Kafate, à coté de la forme du singulier ^^ ^P^ r^^'^ 
le pays du Kafîti. Tous les passages où le peuple est nommé ont été recueillis par Max 
Mùller et interprétés par lui de telle manière qu'ils s'appliquent exclusivement à la 
Cilicie. Je ne les discuterai pas à nouveau, car ils ne me paraissent prêter à aucune solu- 
tion certaine : on y voit seulement que le nom couvrait une aire géographique assez 
large, et que, s'il enfermait la Phénicie, comme le dit le scribe de Canope, il comprenait 
aussi d'autres régions, et se classait dans la catégorie de ces termes généraux que les 
Égyptiens employaient pour désigner les pays ou les peuples situés au delà de l'isthme, 
dans ce que nous appelons l'Asie. Pour en interpréter la valeur, il convient de ne pas les 
séparer de ces derniers, surtout des trois principaux, J ^^^^^^ Zahi, ] Kharou ou 

Khaourou, s=3|^£^£i Rotanou-Ratanou, Lotanou-Latanou. 

Les documents où l'on peut étudier ceux-ci ont ete reunis et par Brugsch et par 
Max Mùller à qui je renvoie, au dernier surtout, qui a discuté très minutieusement et très 



1. Max MiJLLER, Asien und Europa. p. 145 : « Ôstlich ist ein uugeschicktes Epitheton, welches uichl ein 
ôstliches und westliches Syrien unterscheiden soU, sonderu besagt, dass das gauze Rrnu im Osten liegt. » 
Rien n'empêche pourtant que les Égyptiens de l'époque ptolémaique n'aient étendu le uom dé Rotanou à des 
pays qui ne le portaient pas et qui étaient peu connus à l'époque des Ramessides : le Rotanou de Syrie serait 
devenu alors le Rotanou Oriental, aussi légitimement que les Indes antiques sont devenues, à partir du 
XVP siècle, les Indes Orientales par opposition aux pays nouvellement découverts que l'on qualiliait d'Indes 
Occidentales . 

2. L. 34, où le sens a été indiqué pour la première fois par Brugsch, Geschichte /Egyptens, p. 316. 



NOTES SUR DIFFERENTS POINTS DE GRAMMAIRE 141 

complètement les faits. Je n'ai pas l'intention de reprendre le détail, ce qui dépasserait 
les proportions de cette note; je veux simplement exposer en quelques mots ce qui me 
parait être l'histoire de ces noms. Je suis parti, dès le début, du principe connu de 
longue date et que Max Millier admet, ainsi que moi', que les Égyptiens, comme 
tous les peuples, ont désigné les contrées qui s'étendaient au delà de leur frontière 
par le nom des tribus ou des cantons qui confinaient à leur propre territoire, et avec 
qui ils entrèrent premier en relations suivies : ils les généralisèrent et les adaptèrent 
aux cantons situés plus loin, lorsqu'ils en arrivèrent à mieux connaître ceux-ci. Or, 
la description de la villa de Ramsès II nous apprend que cette villa était entre 
l'Egypte et le pays de Zalii' : il faut, pour que cela ait été possible, que le Zabi ait 
été, â un moment donné, un canton voisin du Delta et de la branche Pélusiaque aux 
alentours de laquelle la villa était située. Comme le Zabi est demeuré plus tard au 
bord de la mer, vers Arad et le Nahr el-Kebîr, je suis porté à croire qu'il a été d'abord 
le canton maritime de la Syrie le plus proche de l'Egypte, c'est-à-dire la Shéphélah 
philistine et les districts aboutissants vers Gerar et Béershéba : le pays de Kharou aurait 
été, par suite, le canton intérieur le plus proche de l'Egypte, soit les pays du Séir, 
celui des Horites bibliques, et je crois, comme Haigh, Stern, Éd. Meyer', que le nom 
des Horîm est un reste du nom de Kharou plus ancien, que les Hébreux auront rattaché 
au mot in caverne, par un effet d'étymologie populaire. Je me figure donc au delà de 
l'Egypte le désert habité par les Hiroushàîtou, puis au delà du désert vers Gaza le Zabi, 
vers Kadesh-Barnéa le Kharou, les premiers pays cultivés que les Égyptiens rencon- 
traient en mettant le pied en Asie. Passé cette première zone, on en trouvait une autre 
plus éloignée, partie sur la côte, partie à l'intérieur. A l'intérieur, derrière Kharou, 
c'était Rotanou-Lotanou que je rapproche avec Saulcy et Renan * du \rb Lotan de la 
Bible, habitant les montagnes de Juda, et, si on le rattache â Lot, les bords de la mer 
Morte. Une trace locale de ce premier sens me paraît subsister dans le ^ Loutan, 

nom d'une ville inscrite aux listes de Thoutmosis III (n" 64) entre Joppé (n° 62) et 
Ono (n° 65), soit Lod, Lydda, ou une petite place voisine. A la côte, c'est, à partir de 
Dor et du Carmel, ce qui fut la Phénicie sidonienne et tyrienne, avec le nom de Kafît. 
Si l'on suppose que cet état de choses existait vers l'invasion des Hyksos, on comprend 
mieux ce qui se passa à l'époque de la conquête thébaine. A mesure que les connais- 
sances géographiques se sont accrues, les noms se sont mis à flotter et l'espace qu'ils 
couvraient s'est agrandi. Kharou, qui était en première ligne, est demeuré en première 
ligne, mais il renferme, comme le veut Max Mïiller, la Palestine entière entre le Tabor, 
le Jourdain, la Méditerranée. Rotanou-Lotanou, poussé par Kharou, est encore en 
seconde ligne, mais il désigne maintenant les régions intérieures de la Syrie, Damas, 



1. Max MuLLER, 'Asion und Europa, p. 149-150. 

2. Papyrus Anastasi n" II, pi. I, 1. 2. 

3. Haigh, Xaru, Reten and Shasu, dans la Zeitschri/t, 1875. p. 30; L. Stern, Die XXII Manethonische 
Dynastie, dans la Zeitschri/t. 1883, p. 26, n. 1; Éd. Meyer, Goschichtc des Alten ^Egyptcns, p. 127, n. 3. 

4. F. de Sauclv, Lettre à M. Chabas sur quelques points de la Géographie antique de la Syrie, dans les 
Mélanges d'Archéologie, 1. 1, p. 91-100; Haigh, Xaru, Reten and Shasu, dans la Zeitschri/t, 1875, p. 30; Renan, 
Histoire du Peuple d'Israël, t. I, p. 12, 115. 



142 NOTES SUR DIFFÉRENTS POINTS DE GRAMMAIRE 

la Bekâa, la plaine entre l'Oronte et l'Euphrate et au delà. Sur la côte, le Zabi est monté 
jusqu'au Nahr el-Kébîr et répond à la Pliénicie aradienne et à la partie du bassin de 
l'Oronte qui y confine; le Kafît a pu rester la Phénicie tyrienne, mais il s'est appliqué 
aux pays avec lesquels la marine de Tyr et de Sidon commerce, non pas Cypre qui a 
des rapports directs avec l'Egypte, mais les peuples de la côte d'Asie-Mineure, peut- 
être la Cilicie, comme le veut Max Millier, peut-être les îles de la mer Egée et la Crète. 
Qu'on connût encore le sens primitif de ces noms, les témoignages directs le prouvent 
pour le Zabi sous Ramsôs II. et les documents encore ignorés de nous qui permirent 
aux scribes de Canope de juxtaposer <i'o'.v!y.Tri et ^ <='. 

Ceci est, comme on voit, non pas une démonstration, mais une manière d'envisager 
les faits, et je ne la donne qu'avec réserve. J'ajouterai, pour justifier l'emploi des listes 
généalogiques d'Edom, que deux des noms qu'on y lit, outre ceux de Lotan et de Hor, 
se retrouvent dans un texte égvptien : le Kadima M<::si3Viv des Mémoires de 

Sinouhtt est le na"7p„ Kedmab, fils d'Ismaël {Genèse, xxv, 17), et le H ^, ^^ f^/>^ 
Aaa, Iaa, du môme récit, le n»s Aia, fils de Tsibbon, fils de Séîr le Horite {Genèse, xxxvi, 
24). Je ne doute pas que, le jour où nous aurons des documents égyptiens traitant de 
ces régions, nous y rencontrerons une bonne partie des noms de clans ou de lieux qui 
ont servi à former ces généalogies. 



§ Y. — Le copte possède othp T. M., quoi, quantus, qui dérive de -^"^ . J'ai cru 



relever -^^ avec le sens de oirHp, dans pbisiours passages, dont voici le plus significatif : 
(( Rapibou, comment est son mur? 1 (? <=:> ^^ (I '^^^ ^\ '-^^^^ JtTJ 

<^^^^^^A ^^ll(J(Jv3 Elle (Rapbia) fait combien d'atour de marcbe jusqu'à 
Gaza? )) ou pbis clairement : « Combien y a-t-il d'atour de marcbe entre elle et Gaza^? » 
Le mot ^^ grand n'est ni interrogatif ni exclamatif par lui-même, mais c'est le mou- 
vement de la pbrase et le ton de la parole qui lui donne, fugitivement d'abord, puis 
définitivement, le sens interrogatif ou exclamatif : « Lui à faire grandeur d'atour? » De 
même en copte : ovHp ne nip&igi, grand ce fut la joie! « Quelle joie ! » Les formes secon- 
daires du copte *.THp M., n«.oTHp, noiTHp T., résultent de l'adjonction du verbe «., 

SJ) • *^'^ ^^^ /ww^, adjectif et préposition : «.-yMp ne nix*^^^ ^ Yr" ^^ ^^ ^n^l 



r-— -1 : neccoq epooY itii*.oTHp ng^oiro, OÙ ii*.oirHp est une formation adjective en n*., ne, comme 
nii.*., it«.igto, necu), etc., et le premier n la préposition, si bien que nn*.oTHp est la forme 
complexe en hô. de noTnp qui est l'ancien égyptien aawvn ^=f n-ouîrou , n-ouêrou. 
^ V R^ Tcon. quantus, quot, dérive son sens interrogatif du positif par un procédé 
identique'. 



1. Papyrus Anastasi l, pi. XXVII, 1. 7-8; cf. Ch.\bas, Voyarje d'un Égyptien, p. 291. 

2. E. Dii RouGK, C/irestoinat/iic, t. II, p. 103. 



DAS GESCH.^FTSJOURNAL El NES ^GYPTISCHEN lîEAMTEN 143 



DAS GESGHÀFTSJOURNAL EINES ^GYPTISGHEN BEAMTEN 

IN DER RAMSESSTADT AUS DER REGIERUNG RAMSES' II 

VON 

WiLHELM SpIEGELBERG 

Das Studium dièses in der Leidener Sammlung befindliclien Scliriftstûckes \ 
dessen hieroglyphische Umsclirift, Ùbersetzung und Erklârung den Gegenstand des 
vorliegenden Aufsatzes bildet, ist bereits mehrfacli in Angrifï genommen worden. Die 
ersten Nachricbten ïiber dasselbe verdanken wir Cbabas, welcher in dem Begleit- 
text der Publication die Bedeutung des Papyrus mit grossem Scharfblick erkannte, 
wenn ihn auch die sehr fliicbtige Cursive von einer naheren Beschâftigung zurùck- 
schreckte. Eine bald nachher erschienene Studie' ùber dasselbe Document brachte 
wesentliche Ergànzungen, ohne jedocli das Thema zu erschopfen\ Sechs Jabre spiltej' 
unternahm Lauth* einen neuen Versuch, allein wenn ibm auch einige glùckliche 
Lesungen zu danken sind, soist doch andrerseits seine Arbeit gerade an den wichtigsten 
Stellen durch arge Fehler entstellt, deren verhângnissvoUster bereits durch Pieyte' 
beseitigt worden ist. Es ist nun meine Absicht im folgenden einen môglichst reinen 
Text des Tagebucbes herzustellen. Dabei bat mir eine Einsicbt des Originals, welche 
sich bei der Kûrze der mir verfiigbaren Zeit leider nur auf die drei ersten Kolumnen 
erstrecken konnte% wesentliche Dienste geleistet. Man wird das am besten aus den 
zahlreichen durch untergesetzte Punkte hervorgehobenen Stellen ersehen, mit welchen 
Erweiterungen oder Berichtigungen meiner vor 2 Jahren ausschliesslich auf Grund der 
Leidener Publication angefertigten Transcription gekennzeichnet sind. Die oben ci- 
tierten Arbeiten habe ich gewissenhaft benutzt. Dass ich meine vielfach abweichenden 
Lesungen nur da naher begrûndet habe, wo fiir ein palœographisch geschultes Auge die 
Môglichkeit einer andren Auffassung bestehen blieb, wird man mir gewiss verzeihen. 

Nach Chabas wâre unser Papyrus « un brouillard ou main courante où sont inscrites 
la réception et la sortie de diverses denrées au Ramesseum depuis une date antérieure 
de quelques jours au 27 Méchir jusqu'au 8 Phamenoth de l'an 52 de Ramsès II ». Lauth 
wurde bereits auf einige Notizen aufmerksam, welche sich nicht in den Rahmen einer 
eigentlichen Rechnung einfùgen. Neben den Einnahmen {'itiw) und den Ausgaben {rdi/} 



1. I. 350 (revers) verôSentlicht Tafel 164-166 der 2ten Ableiluiig der Monuments é[/ijpticns du Musée d'An- 
tiquités des Pays-Bas à Letde. 

2. Mélanges, t. I, p. 25 fi. 

3. « Malheureusement récriture est tellement hâtive et indistincte, que la plupart des mentions m'échap- 
pent. » 

4. Moses der Ebrœer, p. 3 fî. 

5. A. Z., 1869, p. 30 ff., 100. 

6. Ausserdem sind uoch die 3 letzten Zeilen von Kolumne V verglichen worden. Ich môchte dabei nicht 
verfehlen. dem trefllichen Mitarbeiter Pleytes Herrn Dr. Bœser, welcher mich bei meinen Arbeiten in der 
Leidener Sammlung in der liebenswùrdigsten und uneigennùtzigsten Weise unterstiitzt hat, auch an dieser 
Stelle meinen verbindlichsten Dank auszusprechen. 



144 DAS GESCH.¥.FTSJOURNAL EINES .«GYPTISCHEN BEAMTEN 

stehen gelegentlich Notizen wie « Sendung » oder « Ankunt't » des X imd eine Reibe 
andrer zum Teil lângerer Eintragungen, welche man in der Ûbersetzung des Textes 
einsehen mag. Auf Grund dieser Beo1)achtungen werden wir in unsrem Schriftstiick 
das Tagebuch oder Geschâftsjournal eines a3gyptischen Beamten zu sehenhabenàlmlich 
demjenigen, welches auf der Rùckseile des Papyrus Anastasi III erhalten ist. Ein- 
nalimen und Ausgaben, Sendungen und Empfange sind in bunter Reihenfolge notiert, 
oft auch mit Unterbrechungen, da unser Tagebuch nicht taglich gefiihrt ist. Dass wir 
hier nicht eine Reinschrift sondern viehinehr eine erste Niederschrift vor uns haben, 
geht sowohl ans dem flûchtigen Schriftcharacter wie ans der Stellehervor, an welcher 
sich dièses Tagebuch befindet. Moglicherweise wurde auf Grund eines solchen Brouil- 
lons spâter fur die betrefïende Verwaltung ein sâuberlicher Bericht entworfen, àhnlich 
wie ja die O-oijLvrjaaT'.Taoî der griechischen Beamten erst auf Grund einer ersten revidierten 
Niederschrift aufgesetzt wurdenV 

Kolurane I 



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DAS GESCH/EFTSJOURNAL EIXES ^GYPTISCHEN BEAMTEN 



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RECUEIL, XVII. — NOUV. SER., I. 



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DAS GESCH.^FTSJOURNAL EINES .*:GYPT[SCHEN BEAMTEN 



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DAS GESCH.EFTSJOURNAL EINES /EGYPTISCHEN BEAMTEN 



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DAS GESCH.EFTSJOURNAL EINES /EGYPTISCHEN BEAMTEN 



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1. Vielleiclit ist das Determiuativ, welches an bcideu Stelleu zersiôrt. ist, / /u lesen 



152 DAS GESCH^FTSJOURNAL EINES ^GYPTISCHEN BEAMTEN 



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Kolumne I 

Bei der fast ganzlicheii Zerstorung dieser Kolumine lege ich nur eine Ubersetzung 

der liingeren Fragmente vor : 

8 von Sonnenaufgang bis Sonnenuntergang 

10 [Es traf der Diener N. N. ein (I)] um die Zeit des Morgens 

11 [Es traf der Diener o. à. Pi (I)] nehas [einj um die Zeit des Morgens. 

12 Leute mit 100 Soldenstreiclien (II). 

13 Priester der Gericlitslialle der Met (f) 

17 Auftrag (III) des Pe-mer-moose 

18 1 tbio Fleisch macht (IV), 4 (Bund) Kraut 

19 1 (f ) mhtt (V), 3 ds Wein 

22 1 mhtt, 1 msdt Fleisch, 1 Schenkei 1 Bund Kraut. 

23 nach dem Bezirk. 39 Weissbrote, folgender Art (VI) : 

24 [Im Ganzen 3] 9. 

Kolumne II 

1 Lcibeigene (VII) des Tempels 10 Personen 

2 Leute (Mil) vom Hause des Kônigssolmes Ra-mose 10 Personen 

3 LiEFERiNGEN dcs Reitcrei wekils Sesew : 

4 10 ds Milch, 10 . . . (IX) Geliefert, 1 Krug. 

5 Ein (X) Kalb, in die Pflege (XI) des Schreibers Nejr-hotp gegeben. 

6 2 Krùge Wein. 30 Brennholzer (XII) 

7 LiEFERUNGEN der Favoritin Iri-nofret, der Tocliter des Mer-ne-ptah (XIII). 

8 5 S'h gebiicke (XIV) aus Gutbrot, 5 Essbrote, 2 Krûge Bier 

9 LiRFERUNGEN dcs Stallmeisters Ra-messe-nahtew , Sobnes des Pe-mer-moose 
10 Weissbrote zum Essen 30 Weissbrot 50 

•11 ... (?) 50 2 Krùge Wein 

12 Feingemahlenes Getreide (XV) 5 (?) Sack, 50 Brennholzer 

13 5 msr (XVI) Holzkohle, 2 Krùge Bier 

14 Verausgabt an den Schreiber Har-toner durch den Diener Hase-ere 

15 ... Gutbrote 3 Feinmehlbrote (XVII). 5 5'6gebâcke, 3 Ibw Fleisch 

16 1 Krug Bier. 1 Krug Wein, 1 Bund Kraut 

17 10 Brennholzer 

18 Verausijabt fur das Kraut fur das Zuo-vieh (XVIII) 1 Weissbrot 



DAS GESCH^FTSJOURNAL EINES /EGYPTISCHEN BEAMTEN 153 

!'.> lin Jalire 52 am 23 Tage des z\m:itk\ Monats dkr P/'oAiahrkszi-:it in der Ramses- 
stadt 

20 \'erausgal)t fiir das Kraut des Zugvielis 1 Weissbrot 

21 \'erausgabl an den Arzt Nefr-hor 

22 \'erausgabt an die Leute,welclie in der Arbciterschat't (XI) sind : 200 Brennliolzer, 

4 ds iMilch 

23 Verausgabt durch den Diener Hase-ere 10 . . . (?) 5 (XX) ds INIilcli 

24 Verausgabt an die 3 Diener, 3 Weissbrote 

25 A^erausgabt an den Schreiber Pe-kar 3 Essbrote, 3 tbw Fleiscli, 

20 1 BLiiidel Heu, 2 Krùge Bier, 2 Kriige Wein. 

27 Lieferungen der Favoritin (XXI) : Durch den Diener Joff-ere 

28 Gutbrot. Essbrot 30, 2 Krïige Bier. 

29 Verausgabt fur Futter (XXII) des Zugvielis 1/4 (?) ipt (XXIII). 

30 Lieferungen des Stallmeisters Ra-weser-me-nahtw 1 Bund Kraut, 5 /s?/ptlanzeii. 

31 Lieferungen des Schreibers des Goldliauses Neb-mahi. 

Kolumne III 

1 Senden des Shai/e-jne-jotf mit Briefen um die Mittagszeit 

2 Verausgabt an ihn 2 Weissbrote, 12 verschiedene Brote. 

3 Lieferungen : 

4 200 zerlegte Bar^sche, 1000 Temûsche, 10 ^a^fische : Im Ganzen 1210 (XXIV) 

5 ^'erausgabt an Broten 37 Kyllestisbrote. 

6 Im Jahre 52 am 26'*^" Tage der 2'®" Monats der Pro?',iAHREszEiT in der Ramses- 

stadt am Neumondsfest (XXV) 

7 [Verausgabt durch den] Diener Ptah-pe-toner : Gutbrote, Weissbrote der wsht 80. 

8 Lieferungen des Pe-mer-moose 200 (?) weisse Gutbrote. 

\) EintrefEen des Oberaufsehers (XXVI) (?) Hay um die Morgenzeit. 

10 Verausgabt an den Schreiber Se-n-ra. Grosse, weisse Brote 50. 

11 Verausgabt an die Schreiber, welche in Haft sassen : 

12 X Essbrote. 

13 Freilassung (XXVII) des Schreibers Ptah-tn-main und der Diener Ptah-hotcp und 

Dok. Nachher liess man 

14 den Schreiber Har-toner frei um die Mittagszeit. Senden des Se-ne-ra und N. 

15 Verausgabt an die Aufseher (?; 1 Krug Wein. 

IG Verausgabt an Broten fur die Leute an diesem Tage : 38 Weissbrote in folgender 
Verteilung : 

17 Der Diener des . . , (?) 9 Personen 

18 Leibeigene des Tempels 10 » 

19 Leute des Bezirks (?) 
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21 Handwerker 

RECUEIL, XVU. — NOUV. SÉR., I. 20 



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154 DAS GESCH.EFTSJOURNAL EINES .EGYPTISCHEN BEAMTEN 

22 LiEFERUNGEN (les Stalliiieisters (?) Seseic (?) (XXVIII). -2 Krûge (sic). 1 Bund Kraut. 

23 LiEFERUNGEN (?) des Toye (?) 

24 Im Jalire 52 am 28'"° Tage des 2"^" Monats der P/*orjAHRESzEiT in der Ramsesstadt 

25 LiEFERUNGEN dei' Kaufmannscliaft (XXIX) : 2U Grosse Essbrote. 

26 Senden des Sclireibers Har-ioner nacli Meinpliis. Es wurden ihm 4 Briefe gegeben. 

27 Verausgabt an Broten fur die Mannschaft des Schiffes : 38 Weissbrote (?). 

28 Verausgabt an die 2 Diener des Seseic 2 Weissbrote. 

29 Verausgabt an Ptah-m-main und Asir (XXX) 3 (Brote), 2 Stuck Gebàck. 

30 Verausgabt an die Diener Hwy und Naht-Min 1 (Brot), 2 » 

31 Im Jahre 52 am 29'*^^" Tage des 2'^"" Monats der P/-o/jahreszeit. EintrefEen des 

Aufsehers der Diener JiTe/v-^w/é/* mit den Leuten. 

32 Diener Ra-mose Sohn (?) des Amen-icoh uni die Morgenzeit 

33 Verausgaljt an Broten fiir die Arbeitertruppe — 15 Personen macht 35 Weissbrote. 

34 Verausgabt 5 Weissbrote. 

Kolumne IV 

Da dièse Kolumne bis Zeile 10 zu selir zcrstort ist, um eine fortlaufende Ubersetzung 
zu ermôgliclien, so beginne icli dieselbe mit der elften Zeile : 

11 Im Jahre 52 am letzten Tage des 2'"' Monats (XXXI ) der P/-o/.iahreszeit in der 

Ramsesstadt. 

12 Verausgabt an Broten an die Leute 

13 Leute des 8 Personen macht 8 Weissbrote 

14 Leibeigene Leute des Tempels 10 Personen macht 20 Kyllestisbrote 

15 IlandAverker 2 Personen macht 4 Kyllestisbrote 

16 Leute des koniglichen . . . des Ramses 6 Personen macht 12 . . . 

17 Lieferungen 5 Essbrote. 

18 Im Jahre 52 am 1**" Tage des 3"^" Monats der P/'oùahreszeit in der Ramsesstadt. 

19 Sendung des Dieners (?) X um die Abendzeit mit 4 Briefen. 

20 Geliefert der Kônigstochter Nefret-ére (XXXII) durch den Diener 

Toi/e und X. 

21 1 Rind (?) 5 ds Milch . . . Kraut nebst 2 Kranzen 

22 Verausgabt an den Diener Moye Gutbrote 2 W^eissbrote, 703 . . .brote 

23 Naht-Min 

24 Verausgabt von Memphis 

25 in dem Hause des Oberstunden-(?) priesters /A-/??/^/2e 

26 Es sagte der Priester N. vom Schattenhaus (XXXIII) des Re, welches in dem 

(XXXIV) grossen sïidlichen Sfhy ist, 

27 wie es ihm der Schreiber Ptah-mose gemeldet hatte (?) : Er hat einen Priester des 

Scliattenhauses des Rè bestohlen (?), welches unter 

28 Kasa (XXXV), dem Sohn des Hor steht. Und er sagte mir : Er ist in Karbet 

(XXXVI) ansâssig, er bewacht 



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2 Im Ganzen 78 



DAS GESCH^FTSJOURNAL EINKS .EGYPTISCHEN BEAMTEN 155 

29 A'erausgabl an des Bezirks (?) 

30 Leute des . . . (?) 8 Personen à 2 KyUestisbrote macht 10 Leibeigene des Tempels 

9 Personen macht 18 

31 Dienstleute G Personen macht, 12 Schiller 2 Personen niaelit 4. Im Ganzen 50 

macht 25 Personen 

32 ... (?) in dor Ramsesstadt um die Abendzcit ' 

33 Brotc fur Mcr-nioose 22 (?) 20. 

Koluuinc V 

Zeile 1 und 2 sind vollstiindig zerstôrt 

3 5 [Personen] maclit 10 

4 Dienstleute 

5 Leibeigene des Tempels 

6 Gutsleute 

7 Schiffer 

8 Die Armen (XXXVII) des Pe-îsir 2 
9 

dazu 63 (XXXVIII) Im Ganzen 141, 

10 Verausgabt fur den Auftrag ...(?) 20 Essbrote 

11 Im Jahre 52 am X'*^" Tage des dritten Monats der P/'o?jahreszeit 

12 Senden (?) . . . . . landen 

13 Verausgabt an Broten fiir die Truppe des Bezirks 

14 Bezirks 5 Personen à 3 KyUestisbrote macht 15 

15 Dienstleute (?) 

16 Leibeigene des Tempels 

17 Leute 

18 Handwerker 

19 Schreiber (?) 

20 Diener (?) Ramose-naht (?) 1 

21 Verausgabt (?) 

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22 Im Jahre 52 am 5^''" Tage des dritten Monats der P/'o^jahreszeit. Ankunft(?) 

um die Abendzeit. 

23 Sendung des Diener Mev-Men {-/iufer'7) mit X Briefen um die Morgcnzeit. 

24 Verausgabt an Broten fiir die Leute. 40 Personen à 2 macht 80. 

Koluuine VI 

1 Weissbrot 150 

2 Revidiezung (?) der Lieferungen 



8 


)) 


9 


)) 


2 


)) 


9 


» 


3 


» 


1 


» 



)) 


IG 


)) 


18 


» 


24 


)) 


4 


)) 


6 


)) 


2 


» 


5 Im Gan 



1. Hier bat sicb uuser Schreiber verreclmet, deaii di(^ Addition ershebt 90 Broie. 



156 DAS GESCH.^FTSJOURNAL ELXES .dEGYPTlSCHEN BEAMTEN 



3 Biote 55 74^ 

4 Weinl?) 80 Kriige (?) 

5 10 

6 10 

7 Wein 50 Kriige 2 

S Cypressenholz .... » 

9 Brennholz 80 (Stiick) 20 

10 Holzkohle 



COMMENTAR 

I. Ergânzt nach 3/9. 

II. Vgl. Spiegelberg, Studien und Matericdien , p. G9. 

III. Zu der von mir iiur zogenid icpt gelescnen Gruppe, cinem term. teclin. des 
Rechnungswesens, vgl. Spiegelberg, Rechnungen aus der Regierung Setis I (im 

Druck). 

IV. ^ ist eine Abkûrzung fiir das aucli in unsrer Hs. sonst oebràuchliche flv. 
Mil ^ '' I ^ 

^v '^ . Die Lesung de.s letzteren Zeicliens ist A/'.s, welclies in den Schreibungen 

© * O qÇ/î' o X * © ^J^' 

<=> g' . <=^\ïï und <:ir>p „ odcr<r^^ ^ sein' liaufig nacli cia». steht. Auch imDe- 
molischen ist dièses Wort noch in deiselben Vcrbindung nachweisbar z. B. Ostracon 

Berlin, P. 703" : y ^ J' 1 y3A 

V. ^"^(^ ist aus dem Pap. Har/-is bekannt, wo Honig und 7^ ^^ darin ge- 
messen werden'. An eincr anderen Stelle (//. /. , XXXVIII) wird es als Fleischmass 
onvahnt, falls das a. 0. °^ X (^ geschriebenc Woit mit dem unsrigen identisch ist. 

VI. S. Chabas, Â. Z., 1869, p. 70. — In der letzten zerstôrten Zeile waren die 
verscliiedenen Brotsorten aufgezahlt. 

VII. Ich behalte die ûblichc tjbersetzung bei, mochte abcr darauf hinweisen, dass 
wir ûber die rcchtliclie Stellunii- dieser « Leibeigenen » vOllig im unklaron sind. 

VIII. rrnt stelit hier wie aucli sonst in dem Sinne von Dienern, Sklaven". 

IX. Die sich hier und Z. 11, 22 und 4/33 findcnde Gruppe, welche man auch 
^» /wwvv fh lescn hônnte, bleibt mir unverstilndlich. 



1. Die zweite Zitler mag bei der Revision nebeu die erste gesetzt sein. 

2. Pap. Westcar, 9/;il. 

'i. DûMicnEN, Fcsthalcndar con Medinet Habu (passini). 

4. Stèle Louvre, C. 57 Zeile 7 (s. Wiedemann. Geschir/itc, p. 413. A 3). 

5. Pap. Turin nach eincr Copie Maspehos, vgl. die abgekùrzte Schreibung . (Spiegelberc;. Rec.h- 

nani/en aus der Zeit Setis I ; P. Bibl. Nat. , 237, carton 27). 

6. Brugsch, T/icsaurus, p. 1060. 

7. Brugsch. Worterb., VI, p. 632. 

8. S. Spiegelberg, Correspondances du temps des rois prêtres, p. 222. {Notices et Extraits des manuscrit.'' 
de la Bibliothèque Nationale, t. XXXIV, 2'' partie.) 



DAS GESCH.EFTSJOLILXAL EINES ^GYPTISCIIEN BEAiMTEN 157 

X. I 1 \, \\olclies da.s Kalb n;ilior bostimmt, ist mir nur ans dicscr Stelle bekannt. 
Vielleiclit ist es mit deni I ojL gescliriebenen Worte identiscli, welches Pap. 

Anast. IV. 15 5, wie hier mit ^ ^^ verbunden ist' und wold mit Heclit von Brugsch 
mit ceùi « castrarc » zusammengestcllt wird'. Dagegen m(')chte ich die ùbliche Lesung 
s'b stark anzweifeln, aiif welche ja aiicli das koptisclie Dérivât nicht zuruckgehen kann. 

XL Ob ich den Sinn des diw hr 'n getroffen habe, mag daliingestellt bleibeii. 
Vielleicht ist hier \ die neuagyptische Schreibmig des alten % dann diirfte man 

die Stelle dahiu zu verstelien habcn, dass das Kalb auf dcr Tafel (also dem Reclmungs- 
buch) des Schreibers eingetragen war. 

XII. ht n s/nw ist eine sehr haufige Bezeichiiimg fïir Brennholz''. DasDemotische 
gebraucht dafiir ^ 'f ù> f ^"l oder y ''«' I ' uje (n) «.uj « Ofenholz ». 

XIII. Mer-ne-ptah ist der bekarinte Thronerbe Ramses II, dessen Tochter — 
ùbrigens ist die Lesung s\t nicht ùber jeden Zweifel erhaben — die Bezeichnung einer 
èpst beigelegt Avird. 

XIV. Ûber die im folgenden erwiihnten Brote Ai. wird man sich am besten — 
d. h. so weit das ûberhaupt zur Zeit moglich ist — ans Piehls, Dictionnaire du Pap. 
Harris orientieren. 

X^^ s. Spiegelberg, Rcchnungen ans der Rerjierung Sctis I. 

XVI. I J(?l^ °^^^^' J J^'l ~ beide Geschlechter werden scheinbar imter- 
schiedslos gebraucht — bezeichnct die Holzkohle, und Avird an einer Stelle' deutlicher 
durch I y S 11 wiedergegeben. Auch im Demotischen ist unser Wort 

erhalten, wie sich aus dem folgenden Passus ergiebt', in Avelchem mit Bezug auf 

ein Feuer [ht) gesagt wird |^»-^ / ^hxxi ji i-To_l ^ ,^ ^ JJ ^^ "fei^ i 

db^t îi ujeïï'xoeiT epoc « thue Kohle von Olivenholz in es » (se. das Feuer). Die vorge- 
schlagene Identifizierung mit ■xe^c : -^sMec « carbo » dûrfte kaum von der Hand zu 
weisen sein*. 



XVII. In ^^i<:3> |11 0=0 glaube ich die Bezeichnung eines aus |i|] 
{rbD) gewonnenen Brotes zu selien. Die vorhergehenden Zeichen diirften Zifïern sein. 

XVIII. Ich habe die ùbliche Ùbersetzung « Pferd » fur htr (g^To) falien lassen, da 



c^^ I I iô<^ I 1 1 1 JL=Zli 

2. Brugsch, W'ôrterbuch, Vil, p. 100 L 

3. Maspero, Carrière de deux Égyptiens [Journal Asiatique, 1S90, p. 371). 

4. Z. B. Pap. Harris, 37/a. 12; Pap. Chaba.^-Lieblein (passim). 

5. Chronique démotique. 

6. Pap. Maijer, 12/18. 

7. Pap. (jnost. London, 3/5-6. 

8. Man beaciite auch, dass iu den Lisieii Pap. Harris, 37/«. 13, 41/65, 73/9-10. ^^ r? I i 1 aut 



158 DAS GESCH/EFTSJOURNAL EINES .^GYPTISCHEN BEAMTEN 

iinseï' Wort meist eiu Gespann von irgend welchen Zugtieren — sei es Rinder, Pferden 
u. a. — bezeiclinet. Es wird also fur ein Wei.ssbrot Viehfutter besorgt. 

XIX. ZurErklarung von ^"^rD^^fly^ ^ ist folgendeStelle von entscliei- 
denderBedeutun-' : ^^|\ | V§^ <=:^^ ?î^^ (ij S J^^^"" '^^ ^ ra%. 

(( Ich habe gebort, dass du dicsc 8 H;i/\eu{e gcnommon hast, welche an dem Thottempel 
Hamses' II (Namens) Heri-met (zufriedcn ist Met) in Mempbis arbeiten. INIogest du sie 
hergeben, um fui" don Sphinx in Memphis Steine zu ziehen. » 

Es unlerliegt wohl kaum einem Zweifel, dass wir hier unter Inv ni Aln-nfr den 
grossen Sphinx von Gizeh zu verstehen liaben, don P v\ ^^ ^ der Sphinxstele'. 

Leider ist die Stella recht unklar gehalton. Denn das Steine ziehen « fur » oder 
« nach » dem Sphinx, làsst uns im Zweifel, ob es sich hier um Arl)eiten handelt, die an 
dem Sphinx selbst oder an einem in der Nahe gelegenen Bau vorgenommen werden 
sollten. Ich çnthalte mich daher jeder Combination, Fur uns aber ergiebt sich als ein 
wichtiges Résultat dieser Stelle, dass ein vmt h'^y eine Art Arbeiter war, vielleicht 
solche. welche mit dem Transport von Steinen zu thun hatten. ^^^^^v'^^^H^ ^ ^ 



III 

wùrde etwa die betrelîende « Arbeiterschaft » bezeichnen. In dioscm Sinn scheint es 

f 



auch Pan. Turin. 10'â\ zu stehen.wo ich 4^ I^M^^I V§^:;r^^^^J 
v\raK\(JiJ *='3 ^ « der Gendarm Nlit-Sct l)efand sich unter den Arl)eitorn » 

_ÊÈ>s- _&[î^i 1 1-^-^ ij I I I i^=^-fk nn tk "^^ — " ^ 

libersetzen mochte. UnserWort liegt nun weiter in dem Titel : \\lJu v ' ' ' J'^' 

^ '"^ /T\ liî Ç) '"îD Jx^ 1 1 _Z[ ^^ww\ )LL 

^ ^Û « A'ersteher der Arbeiterschaft der Met Ih-hrf. » Das Wort scheint 
nun auch im Demotischen erhalten zu sein und zwar in der folgenden bislang nicht 
erklârten Stelle der Setnanovelle, wo von Nanefer-ke-ptah berichtet wird (3/28) : 

*.qp o-s-ô. rtns'' cqjUHo m Teq ht H i$ 1 ueju. Tcq hyt 

« Er machte ein Schifï, welches mit sciner Mannschaft und scinen Arbeitern (?) ange- 
fiillt war. » 

Wie der Unterschied des Geschlechts in' der alteren und jungeren Epoclie zu 
erklaren ist, wird sich erst entscheiden lassen, wenn der Ursprung unsres Wortes nâher 
ermittelt ist. 



1. Pap. Turin. 19/2, àhnlich ib. 9. 

2. Mariette, Monuments dicrrs. T. 53. 

3. Danach ist meine ia den « Studien, p. 17 », nur unter Vorbehalt gegebene Deutung zu berichtigen. 

4. ScHi.\rAiiELLi. Catalogue. I.î80 = Lieblein, 1960 = Beiirend. Musée cqijfitien de Florence. 2499. 

5. S. Spiegelberg. Correspondances, p. 230. 

6. Zu meiner Gleichsetzung der demotiscben und hieroglyphischen Gnippe vgl. einstweilen Brucsch, 
A. Z., 1892, p. 1 a. 



DAS GESCILEFTSJOURNAL EINES /EGYPTISCHEN BEAMTEN 159 

XX. Die Zilïer ist in der Publication irrigerweisc ;ui dcn lîand der nachsten Ko- 
luninc geraten. 

XXI. Es ist wohl die oben envalinte Arï-itofret gemeint. 

XXII. -11-^. ist eine liiiLifige Bezeichnung fiir da.s Futter speciell dor I \\ 
|t^, cf. ■/.. B. Pap. Harris, 500, verso, 5/8; Pap. Anastasi II, verso/8. 

XXIII. Meiiie ubrigens nur unter \'orbelialt gegebene Lesung von / = .^s^' 
stiitzt sich aui Pap. Sa/lier I. 4/9', wo es von dem Zugvieli {lU/-} heisst ^ C3izj 

vor ihnen (se. dem Zugvich) mischen (?) ». / = ^^s^^ wiirdc also als Wortzeichen 
dièses bekannten Maasses (= 1/4 -H-) gesetzt sein. Ob ich weiter reclit daran thue, das 
folgende C mitderBruclibezeichnung des -D- zu ideiititizieren, magdahingestelltbleiben. 

XXIV. Die beiden Fische J ^ ^<=^ 11^ ""^^ J ^ ^ ^^^ ^^"^^ ^^ 
der bekannten Stelle Pap. Anastasi /F/15 erwiilint. Der rtv^^liscli tindet sich aucli Pap. 
Turin, 68/III, 5. Der Pap. Ebers, 71/20, erwalmte ^^^ca:^^^^^ Fiscii bezeiclmet wohl 
das Weibchen unsres Fisches'. 

XXV. Zu dieser Stelle, vgl. Brugsch, .ï. Z., 90/33; Thesauras, 250, und neuer- 
dings Mahler, .4. Z., 94/99. 

XXVI. S. Recueil de Travaux, lï)/143. 

XXVII. Nach der Erwâhnimgder « in Gcwahrsam gehaitenen » Schreiber (Z. 11), 
scheint es rair sehr nahe zu liegen, in dem | Vx der Zeile 13 die « Freilassung » 
mehrerer derselben zu sehen, unter welchen sich auch zwei Diener befanden. 

XXVIII. Falls es gestattet ware den genannten Beamten mit dem Kol. 2/3 vor dem 
Datum des 23'^ten Mechir erwiihnten ^^^nnle^] ? '^(If'^zu identifi- 
zieren, so wïirde man zu dem Schluss bereclitigt sein, dass der Wekil inzwischen zum 
« Stallmeister » avancierte wûrde. Aber die Unsicherheit der Lesung beider Stellen 
gebietet eine gewisse Vorsicht. 

XXIX. Vgl. Spiegelberg, RecJinungeti aus der Recjieraïuj Setis I. 

XXX. Der fremde Eigenname (1 i'^^* | ^ konnte einem tok entsprechen''. 

XXXI. Das unleserliche Datum ergiebtsich mit Sicherheit aus der vorhergehenden 
und folgenden Datierung. 

XXXir. Nofi'et-ere ist auch sonst als Tochter Ramses' II bekannt. 

XXXIII. Die hier erwàhnte ^ ®r^' welche man irrigerweise ^ q3\ gelesen 



1. Hàufig im Pap. Harris. 

2. Ahulicb ib. 5/2. 



e 



3. Vgl. auch Pap. Harris, 21/«. 1 : <^ 

4. Vgl. dazu Max Muller, Asien, p. 275. .\ 1 



^Jioi 



160 GLEAXINGS FROM THE LAXD OF EGYPT 

hat\ ist auch sonst nachweisbar, so Pap. Harris, 60/8, wo es von dea Gôttern und 
Gôttinnen des Nordlandes iieisst i ^ ^ r?) "V 1 ^ '^ ^^"^ "^ S^ " "^^^^ dieser 

Stelle scheint sich zu ergeben, dass c das Schattenhaus (o. a.) des Rè » die Bezeichnimg 

eine Bezieliung zur Necropolis' nahelegen. Im ûbrigen wird man sich an den Namen 
eines /<?/'e/^tempels '^ y^ erinnert ftihlen \ 

XXXIV. Zu diesem noch unerklarten Wort vgl. Chabas, RecliercJtes pour servir 
à l'histoire de la XIX^ dynastie, p. 155 fï. Die a. 0. gegebene Erklarung ist jedoch 
unannehmbar. 

XXXV. Auf der irrigen Lesung '-' ^^i^, welches weiter mit ^^'"^ j-A 
identifiziert wird, beruht Pleytes' ^^ermutung eines Zusammenhangs zwischen unsrem 
Schriftstiick und dem Papyrus 352, Avelche niclits mit einander zu thun haben. 

XXXVI. ziv\<=* S faucli I 1 ^ <=z> (3 ist zulassig) ist nur aus dieser 
Stelle l)ekannt. Die Identilizierung mit dem Grb des Décrets von Canopies (cf. Brugsch, 
Dict. rjéorjr., p. 49. 854, 1342) entbehrt jeder sichcren Grundlage. 

XXXVII. An dieser Stelle sciieint ein Beispiel privater Armenpflege vorzuliegen, 
falls nmh sich durchaus mit unsrem Begriff « Armer » deckt. Auf die ôffentliche Ar- 
menpllege wi'irde die Bezeichnung ( ^\ fi (1(1 ^-^^^^ <( Stadtarme » bezogen werden 
konnen '. 

XXXMII. '^ ^^ scheint hier die sonst nicht nach\veisl)are Bedeutung « noch 
dazu » zu haben. wclche sich aus der bekannten « ausser » leicht entwickelt. 



GLEANINGS FROM THE LAND OF EGYPT 



A. -H. Sayce 



§ ^''I. — Graffiti in the Southern Temple, opposite Wadi-Helfa. 

In 1893, Captain Lyons excavated the temple of Thothmes III, opposite Wadi- 
Helfa, generally known as the Southern Temple, and brought to light a number of 



1. s. Piip. Harris die verschiedencn Formeu fur T, T und Y. 

2. P. B. iV., 197, 1/10. Spiegelberg, Correspondances du temps des rois prêtres, wo ich das betreffeade 
Zeiohen irrtûmlicher Weise hint geleseu habe. 

3. Uber ^^^ « Necropolis ». S. Spiegelberg, Reclinungen aus der Regierung Setis I. 

4. Cf. P. S. B. A., 93/213. 

5. À. Z.. 1869, p. 30 ff. 

6. Mariette, Catalogue d'Ahi/dos. 

7. 854 (cf. Max Mûller, A. Z., 1888, p. 80, A 1). Zu dem Ausdruck vo;!. aucs die folgende Stelle (Recueil 

Chonsu. ist deiiie Guade gesjea den Armeu deiuer Stadtl » 



(( Wie lieblicb. 



GLEANINGS FROM THE LAND OF EGYPT 



161 



hieroglypbic graffiti, most of which aro engraved on the coliimns of the entrance court 

A. He took squeezes of several of them, but want of 

time prevented him from doing more. In 1893-1894, I 

visited the temple and copied ail the inscriptions that 

were visible. Subsequently, in Cairo, Captain Lyons 

and myself compared my copies with the squeezes 

which lie had made. The following texts are the resuit 

of the comparison. The numerals attached to the texts 

are those of the columns in the accompanying plan, 

1, East face; — to the left, figure of Sekhet stan- 
ding, and above its head, four vertical lines of inscrip- 

«— if:TKiri?iîiLiâiî 

'-J I aN^B- To the right, the figure of a man is to be 
seen fronting and adoring the goddess, with five ver- 
tical lines of inscription : >»*-^ i | Ta^jf ©%* 



1 



0C==o 



lï 



Mi: 




C3SZ1 



. The impor- 



tance of this inscription lies in the fact that it shows Siphtah to hâve reignedatleast six 
years. 

3, over the sculptures of Thothmes III, — t o th e left, the figure of a m an holding a 
flabellum, and above it, the two cartouches : -«— «< , , f o '^/wwva jy-^ j c> 1 1 1 ( ^ ^!!^^ ? I^J 

and three vertical lines of inscription : <-w | ^^^ I i^ i T" J - 

1 /wvw\ T 



2 



of inscription : 



1 



o ffr ^<2>- 2 o 







N, I r-^v~i 
To the right. the same godûess as above, with four vertical lines 

may conclude from this graffito that there was an embassy to ISyria during the reign of 
Siptah. 

On the same column, 

1 



1 



to the right : )»^-> 






^ D 

/VWVNA 
g AAAAAA ^ (9) 



(?)• 



\^3^|rn ||, and to the left 

^ I JUJ I U /ÏH i I I V,^ — . I 1 [ii I I _Z1 ÛZ -L^\^ I ^.^-^ AA/vvV\ T I l£l 

in vertical lines. A woman kneels on the right of the 



^ 



scène otïering llowers to Horus, an d in front of her in one vertical line, which is nearly 



illegible,, /^J'^ '-^ ^jx w^H. Thecharacters^'^Yni 
seen near the woman seem to belong to this part of the legend. 



which are to be 



6. — Amonrâ to the right, with the vertical inscription 
I; to the left : ^-^ ] [1 A] 



1 A I I n a -'^zy 2 >p 

I / AAA/V\A Ci II 

I Ho lTllll^=^ I I 



— Tiliûiïiii: 



o 1 



^i^;^^ 



4 r 

I r 



10. — Figure of Horus to the left, with the legend in one vertical line : <— «« 

n m =1 ^ n __. _ .... i 

J © I V 



• . The figure of the king : <— «< 

RECUEIL, XVH. — NOUV. SÉR., I. 



V " ^ );:^AAAA \ I Q \\\\J 



N\l\/\f^ I 



D 






21 



162 



GLEANINGS FROM THE LAND OF EGYPT 



is standing under 



and offering to the god Horus, who gives him — [o ; below 
the arm, in one vertical line : ^B^^::^ |T = ^^ C-/l "-^^ ^=^ , andbehindthe 

king the ordinaiT formule, 9 -?■ SI ^^^K-^i:7/\xz:7<fff'^^^°0 ® . 

11. — A big ram, and the following graffito in seven vertical lines : -^-(« \ 

I I I I 

-9 o^m. 



'^'^'^^ J ? / ■?].. ' ^^ I i '^'^ AAAAAA ,,i ^ r-l 5 (9) ^ 




D 



miWoLlia 



III ' w 



a 



I C3CII. Under the inscription, face to Ihe left, figure of aman; near the the ram at 
the side is : m — > 



^^ ^ f ^ ^^ T V ^ ^^ ^^^ horizontal line, figure of Mendes. 

12. — Two vertical lines : <— «« i VV'^i::^ 1 ^A/^^ ï [] i a^^ww vx^37 di and the 

I J?^ J] ® p=^ I I /i '^:r:::^ Je^ -=JJ (.sic) 

cartouches | ^ Q^^fl^J standing on fsssn j ^^ Ç'^^ZlU, ' 



12. 



Four vertical lines over the figure of Sekhetobliterated, thencomes, in seven 

I I I I I Ci £? V _/J AA^AW WWNA^ l _7_J- V -i-^ AAAAAA i-i I ^1 /v^,„^ | V 



6 -9 I 



vertical lines : ■«— «« 



12. — Figure of Thoth : »»— > i ^^V^ \/ 1 || in two vertical lines; then five ver- 



tical lines : 
a 



l-rt-l 1 AAAAA^ 



I I' i I. 1 '^Jw 

Figure of Horus with the Solar Disk 



'i^ 



14, West face. — To the right <— « man kneeling and holding î, flabellum and 
scourge, and behind him in one vertical line, ^P^ Ilji ^"^ i^^owX of him, the cartouche 
r© '^ v§ ^^^^ =^ \ placed upon rsiiSc^, topped with ^. To the left, two vertical lines : 

^"* I Ailles ^ jl © ^ <£f /WWVA I I /WVAAA T ^^ o Hll i I I I ^^ T T I FÉ -J' 

J r ^^ I AAA^V\\ y — — ^ ''^ 

14, West face. - Six vertical lines : >^ | ] ^ | =^ j ( ^|-^?2l J /AT 4 ! ^ ^ 






m û Q c 



fi(iûTf,:rïïjîiï§rj-ii^^CPàniî?î 



n 



0:^^ 



IZ3SZ1 



I I I 



rnfiP 



J^ /n 



■ T AAAAAA 



1 1 1 



[V^y] 



CSZD 

14, South face 



(?. 7\ oc=o ^^ 1 



Three vertical Imes : -«-«< j a (I ^1 "^ "^^^ 



® ss 



1 S'il n'y a pas erreur dans la copie, le cartouche pourrait appartenir au plus énigraatique de tous les 
Ramsès delà XX' dynastie, celui qui n'est guère connu que par un monument du Sérapéum; il est probable 
cependant qu'il faut y reconnaître le nom d'Amenmèsès. — G. M. 



GLEANINGS FROM THE LAXD OF EGYPT 



163 



O AA/VV\^ 



-^ 



Behind, figure of a inan adoring. 

14, bolow tlie last — thc two cartouches 
Unes of hioroglyphics defaced very much and 



r"^ ® ç 



AA/V^^^ AAAAAA 



l 






A M /VSAAAA fôS 






. Jcn 



© III 



CZSZ3 



.(\£^ 



; behind them five vertical 
nearly illegible : ■«— «« i ^^ 




r^■^^^^ 



14. 



^Wff^ 




m 

AAAAA^ 



1Î 



2 « 



mpi\\ 



15, West face : — The cartouche 
i^^^l 4= ^^1 ft T. the figure of aman 

Une : 



ÎH- 



O 



, then oue vertical Xiwà : «t— «« I (^ 

worshipping and the restof one horizontal 



D i::> 'fi^Z'^/W////;;'//yi//Mimim. 

On the summit of a conical hill 
west bank of the Nile, are several 



1 r 



above the temples of Wadi-Helfa, on the 
\^'J graiïiti to the number of thirteen : the 
names of Antef, Mentuhotepand User r%sn indicate that the place was visited in the 
time of the XIth Dynasty. 

Southward of the village of Serreli, miscalled Aksheh in Bœdeker's Upper Egypt^ 
on the Western Bank of the Nile and about ten miles North of Helfa, are the founda- 
tions of a temple built by Ramses II, which hâve been excavated by Captain Lyons. 
As he had no time himself to copy the inscriptions, I did so, my copies of them being 
as follows : 

1. On t he r ig ht hand s ide of the entrance, in three vertical Unes : <— «« i il j) ^ 



A/V\/VV\ \/ I 



2. On the Northern snte-post, East face, in three vertical Unes : m—> \ \% ^ (1 

Oi I l°tî^ 



i(^£\£] 



3. Below thé figures on the pilaster of the Northern gate-post in two horizontal 



Unes : <—m. 
I 



Ut' 



ce 



4. On the Southern gate-post in two horizontal Unes : m-^ i M^'c] P-TH | [ o i || ■f'^l 

5. Above the cartouches of the places in Syria : <— «< il^. ^f^ v) \ QQ X ^^ -*,- . n*^****** 



L^j] I i-^2 ^C-^L^wvaaJI g — ) $2 X h\\\ III J&* V Mir^ ^ II! r ^ yi [^ \ ^^\ \\ 






MRI^lgJHfi^^C MMT lA 



164 GLEANINGS FROM THE LAND OF EGYPT 

■^^ 1 j\ ^^o /wwna' ^^^^w- Onlv a feAv of the names of tue places in Syria are 
legible, owing to the efflorescence of sait upon the stone on which they are engraved. 
They ornament the exterior wall of the Temple to the North of the entrance, the corres- 
ponding wall to the South being inscribed with the cartouches of places in the South. 

I add hère some Phœnician, or rallier, Aramaic graffiti, which I discovered four 
or fîve years ago on the rocks of the Western bank of the Nile, north of Silsilis and 
South of Heshàn. They are in the neighboiirhood of a large rock at the northern corner 
of the entrance of a Wadi, which the numerous Greek graffiti in the vicinity show to 
hâve been sacred. The first of the graffiti in the vicinity had abready been seen and 
photographed by Professer Pétrie : 

/i^*3à ^ X- ù ^ /K '^ '*t. M A H '°^^ '"'"'"^ ^^'^^' " Bl^ssed be Hagah of 
» ^ Isis, » 

The fifth character may bc intended for gôd instead of hê, but in this case it has 
not been completed. 

The formula is that found in the XlVth chapter of Genesis, v. 19 : « Blessed be 
Abram of the most high God. » Outside the Old Testament it occurs only in Egypt. 

(2) ^ H 6 : <\. 5^ A w - ^ £j Y^ ^ t O • >iV3'^.^ 

« Blessed be Ezer-yobed the Shagbite of Horus. » 

(3)0)03^ ha; -j r-^^ ')^^A-i ^oT^:!:i'z 

Gamlan Sarzan of Horus. » 

The three last letters are in an unknown script. 

f « j / c . —, I . ^ o)rh isnaK nia o Blessed be Ebed- 

(4)^yH6^5'|45+ >^'\3 Nebo of Khaum. . 

The Word Ebed is written erroneously with « instead of y. 

(b) A-^- ^ ^^ H^9 ^^^^^ ^^ ^ répétition of the preceding (No. 4). 

(6) ^ ''t H N-f-R. 

Among the other inscriptions is one which seems to be bilingual, partly in the 
characters of the Cypriote syllabary, partly in the hieroglyphs which Mr. Arthur Evans 
has recently discovered on prehistoric objects found in Krete. It is as follows : 

The Cypriote characters pa-mo (perhaps l'aiJiio) are again written by themselves on 
a neighbouring rock. 



LISTE GÉOGRAPHIQUE DES VILLES DE L'IRAN 105 

LISTE GÉOGRAPIIIQUK DES YILLES DE L'IRAN 

PAR 

E. Blochet 

TRADUCTION 

1. Les villes qui ont été fondées successivement dans la terre d'Iran, les princes qui 
les' ont bâties, tout ceci est écrit en détail dans ce mémoire. 

2. Du côté du Khôrâsân (l'est), Kaî-ûs, fils de Kavcât, jeta les fondements de la 
ville de Samarkand; Syâvukhsh, fils de Kaî-ûs, la termina. Kai-khôsrav, fils de Syâ- 
vukhsh, y naquit et y établit le glorieux feu Varahrân. 3. Ensuite Zartùhasht apporta 
la Loi. Par ordre du roi Vishtàsp, il écrivit 1,200 fargards concernant la Loi sainte sur 
des planchettes faites d'or, et il les déposa dans le trésor de ce Feu. Après cela, le damné 
Sôkandar (Alexandre le Grand) les brûla et les jeta dans la mer. 4. Samarkand aux 
7 pyrées. Il y eut 7 pyrées dans cette ville, c'est-à-dire qu'il y eut 7 souverains. 5. L'un 
de ces pyrées fut celui de Jim (un autre celui d'Azli-î-Dahâk), un autre celui de Frîtûn, 
un autre celui de Minôcibar, un autre celui de Kaî-ûs, un autre celui de Kaî-kbôsrav, 
un autre celui de Lôhràsp, un autre celui du roi Vishtàsp. 6. Ensuite le damné Frâsyâk 
(Afrâsiâb) le Touranien fit de chacun de ces pyrées une résidence de démons et un 
temple de courtisanes. 

7. Dans Bakhl, la belle ville, Spand-dàt (Isfandiàr) fit une coupole et y établit le 
victorieux feu Vàhrâm. 8. C'est là qu'il frappa un coup de sa lance et qu'il envoya un 
message aux grands personnages de la religion, aux chefs, aux ministres, aux seigneurs, 
à Gôhram, à Tajàv et à Ardjasp, le roi des Hyaonas : 9 « Regardez ma lance! Qui- 
conque regardera la morsure de cette lance (dans la terre), celui-là osera-t-il envahir la 
terre d'Iran? » 

10. La ville de Khvarizm fut bâtie par Narsaî, le fils de Juive. 

11 . La ville de Marv-i-rût fut bâtie par Vàhrâm, fils de Yazdakart (Bahrâm V). 

12. La ville de Marv et la ville de Arak furent bâties par le maudit Sôkandar 
(cf. § 3) le Roùmî (arûmâk). 

13. Shahpùhr (I"), fils d'Artashîr, construisit la ville de Gaznyân, et il y fit un 
grand pont. 

14. La ville de Tûs, Tûs, le fils de Nôtâr, y fut durant 900 ans général en chef 
(sipâhpat). 15. Après Tûs, la dignité de général en chef alla à Zarir, de Zarîr à Bastvar, 
et de Bastvar à Karzam. 

16. La ville de Nîvshâhpûhr fut bâtie par Shâhpûhr (P''), fils d'Artashîr. Ce fut là 
qu'il tua le Touranien Pàlîzak, et dans cet endroit même il ordonna de construire une 
ville. 

17. Kai- Lohràsp, père de Vishtàsp, construisit la ville de Kâîn. 

18. Dans le Gûrgàn, la ville qu'on appelle Dahistân fut fondée par Narsâî (Narsès) 
l'Aschkanide. 



166 LISTE GÉOGRAPHIQUE DES VILLES DE L'IRAN 

19. Azh-i-Dahâk, le souverain, fit de la ville de Kùms aux cinq tours son harem. 
Il y avait là une colonie de Parthes (Pârsîkàn), établie sous le règne de Yazdakart (I®'^), 
fils de Shahpûlir. 

20. Cinq villes furent fondées par Khosrav (P'', Anouschirvàn), fils de Kavât (P''), 
Khôsrav Vashât, Khôsrav Mûstcâpât, Vispsliât, Khôsrav Nuliûmb, Khôsrav Shàtfarrukh. 
Khôsrav les fit et leur donna ces noms. 21. Et il ordonna que l'on plaçât aux 160 portes 
du palais de Dast-kart une tapisserie (fraspâî) de 100 farsangs de long et de 25 coudées 
royales (shah-àrishn) de haut. 

22. Du côté de l'ouest, la ville de Tegest fut bâtie sur les ordres de Tûs, par Ràjak, 
fils de Sîjak. 

23. Ràjak, fils de Sijak, bâtit la ville de Sîv (?). 

24. La ville de Khôrih fut bâtie par Narsàî l'Aschkanide. 

25. La ville de Bàpil fut bâtie par Bâpîl sous le règne de Jim. 26. Il y enchaîna 
la planète Tir (Mercure), et par sa magie il fit venir un nombre de 19 étoiles et planètes 
(les 7 planètes et les 12 constellations) ainsi que le huitième signe (du Zodiaque), et les 
montra abaissés. 

27. La ville d'Hôrat fut fondée par Shahpùhr (P'), fils d'Artashîr, et il plaça Mitrô- 
zât d'Hérat comme gardien des frontières sur les tribus des Arabes. 

28. La ville de Hamdàn fut fondée par Yazdkart (P*""), fils de Shahpùhr, que l'on 
appelle Yazdakart Dafrî; dans la même région, la ville de Nihavand et la ville de 
Var Vahrâm Gond furent fondées par Vahrâm, fils de Yazdakart, que l'on appelle 
Vahràm (V) Gôr. 

29. La ville de Maûsil fut fondée par Firouz, fils de Shahpùhr. 

30. Trente villes furent fondées dans la terre du Djezirak, Hûtôs et le Kaîsar son 
neveu les firent. 

31. Vingt villes furent fondées dans la terre de Shâm et du Yémen (?), Basrâ (?), 
Kùfàh, Mekkah, par Môtôkshah, c'est le roi des rois, le Kaîsar. 

32. Du côté du Nîmrôz, la ville de Kàpûl fut fondée par Artashîr, fils de Spand-dàt. 

33. Bastvar, fils de Zarîr, bâtit la ville de Bast. C'est dans cet endroit que le roi 
Vishtiisp sacrifia dans la bonne Loi au bord du lac Frazdânava (Frajdânav), il y établit 
les serviteurs de Vishtâsp et les autres « fils de famille » (Vis-pûhrak). 

34. La ville de Parân (Parhàn) et la ville de Zàvulistàn furent construites par 
Rùstâm, roi du Sagastàn (le pays des Saces). 

35. La ville de Zarang fut d'abord fondée par le damné Frâsyâk le Touranien, il y 
établit le glorieux feu Karkôk. Il fit (prisoimier) JMànuscihar dans le Patashkhvargar. 
36. Il souhaita d'avoir Spandarmàt (Speilta-Armaiti) comme femme, et Spandarmàt 
s'unit à lui dans cette terre. 37. Il détruisit la ville et éteignit le feu. Kaî Khôsrav, fils 
de Syàvukhsh, rebâtit cette ville et y rétablit le feu Karkôk. Artakhshîr, fils de Pàpak, 
termina cette ville. 

38. La ville de Kirmân fut bâtie par Firùz, roi du Kirmân. 

39. La ville de Véh Artakhshîr fut faite en trois ans, et Artakhshir, fils de Pàpak, 
la termina. 



LISTE GÉOGRAPHIQUE DES VILLES DE L'IRAN 167 

40. La ville de Stakhàr fat construite par Ardavàn, roi des Parthes. 

41. Dàrài, fils de Dàràî, fonda la ville de Dàrâpknrt. 

42. La ville de Nishahpûhr fut bâtie par Shahpùhr, fils d'Artashîr. 

43. La ville de Gùr-Artakhshir-Gadà fut construite par Artnkhshîr, fils de Pàpak. 

44. La ville de Tavak fut construite par Hùmâî. fille de Ciharàzàt. 

45. Aûhrmazd II (tanî), descendant de Shahpùhr, bâtit les villes d'Aûhrmazd- 
Artakhshîr et de Râm -Aûhrmazd. 

46. Les villes de Shûs et de Shùster furent bâties par Shasyân-dôkht, épouse de 
Yazdkart (I"), fils de Shahpùhr. 47. C'était la fille du Rêshgalùtak, le roi des Juifs; elle 
fut mère de Vahrâm (V) Gôr. 

48. La ville de Gùnd-i-Shahpùhr, et la ville d'Iràn-Kart-Shahpùhr fut bâtie par 
Shahpùhr (I"), fils d'Artashîr. Quand elle fut terminée (faràft, 1. farjàft), il lui donna 
ce nom. 

49. La ville de Naliârtirak fut le harem du seigneur Azh-Dahàk durant sa mauvaise 
souveraineté. Ce fut la prison de l'Iranshehr, elle reçut le nom de sanctuaire (dindàn) 
des Aschkanides (?). 

50. La ville de Samràn fut bâtie par Frîtùn, le descendant d'Athwyâna (Atvinân), 
il tua le roi de Samrân M-s-ù-r (M-ân-r) et il ramena la terre de Samrân dans la posses- 
sion de rirân-shehr. 51. Il donna la plaine des Arabes en propriété et en jouissance au 
roi des Arabes Bokht Khôsrav pour la possession (ou le maintien) de sa descendance. 

52. La ville d'Arâst fut bâtie par Shahpùhr, fils d'Artashîr. 

53. La ville de 'Askar (?) et la ville de Vêh (Artakhshîr) furent fondées par Ar^ 
takhshîr, fils de Spandât (Isfandîar), et il nomma Anoshak, de la ville d'Arak, chef des 
marches de sur les Arabes. 

54. La ville de Gaî fut fondée par le damné Alaksandar (Alexandre le Grand), le 
fils de Philippe (Filipôs), il y avait là une colonie de Juifs, ils y furent amenés sous le 
règne de Yazdakart, fils de Shahpùhr, sur le désir de Shâsyân-dôkbt, qui était sa 
femme. 

55. La ville d'Irân-Asân-Kart-Kavât fut bâtie par Kavât, fils de Fîrùz. 

56. La ville de 'Askar fut bâtie par Vahrâm, fils de Yazdakart. (Cf. § 53.) 

57. Iràn-Gùshasp-Sipâhpât, (gouverneur) de l'Âtûrpatâkân, (fonda) la ville d'Atùr- 
patâkân. 

58. La ville de Van (?) fut fondée par Van (?), enfant de Gôrsî, elle vint en mariage 
à Kavât. Ce fut le lieu de sûreté d'Arvand-Âsp, Tùr-i-Brâtôrîsh le Karap en fit par sa 
sorcellerie la protection de sa propre vie. 

59. Du côté de l'Âtûrpatâkân, la ville de Ganjak fut fondée par Frâsyàk le Tou- 
ranien. 

60. La ville d'Amôl fut fondée par le Zendîk plein de mort. Zartùhasht, le descen- 
dant de Spîtâma, était originaire de cette ville. 

61. La ville de Bakdât fut fondée par Abou-Djafer que l'on appelle Abd-AUah. 

62. Accompli victorieusement, terminé en salut, joie et plaisir. 



168 LISTE GÉOGRAPHIQUE DES VILLES DE L'IRAN 

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LISTE GÉOGRAPHIQUE DES VILLES DE L'IRAN 169 

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RECUEIL, XVII. — NOUV. SÉR., I, 22 



170 LISTE GÉOGRAPHIQUE DES VILLES DE L'IRAN 

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LISTE GÉOGRAPHIQUE DES VILLES DE L'IRAN 171 



NOTES 

1. Shatrôstân, ville. P. 0^»^> 0^— J^, ij\l^j[l, 

Irân-shatrô, « le pays d'Iran ». P. j^J^ ù'jc' o" j^-^ ûIjj'- Quelques auteurs orientaux voient 

dans cette dernière expression « la ville des lions », O^j' étant le pluriel de Ijl lion, mot naba- 
téen. Cette explication est absolument fausse. M. Spiegel [Grammatik, p. 12) considère 

j^ ô\)j\ comme une dérivation dialectale de j^ ûU'* Il '?s*^ plus probable que cette appellation est 
un représentant exact du perse *Aryâna-khshâtrâ, l'empire iranien. 

2. Khôrâsân. P. ôL.lj>- ou iiZJ\J>-, le pays du Soleil. — Samarcand. P. jSi-,,^. G. Mapâ- 
xavoa. Samarkand, dit Ahmed Razi. . ., fut bâtie par Kaî-Kâûs, fils de Kal-Kobâd, fortifiée par 
Iskender-Rûmi, rebâtie par Gushtâsp, fils de Lohrâsp. . . Du temps d'Iskender, un roi du Yemen, 
ji-l , détruisit la ville. De là, son nom xS^yJi. arabisé en -^5,.»—. (Schefer, Histoire de Boukhârâ, 
texte, p. 245.) Masoudi et beaucoup d'autres auteurs rapportent cette légende. 

Le feu Bahrâm est le feu terrestre sous sa forme la plus pure. 

3. Tâkhtakîhâ Zahabâïn (Zarïn) Kard. Si on lisait Kavat (^ Kabad) au lieu de Kard, — ce qui est 
possible, — il faudrait traduire sur de nombreuses tablettes d'or. Fargart, ijj , nom des divisions 
du Vendidad. — L'Ardâ-Virâf rapporte cette même légende avec quelques variantes. L'Avesta 
était écrit sur des peaux de bœuf et déposé à Istakhr (ch. i). Le Dinkart veut qu'une copie fût 
déposée dans le trésor de Shapîgân, l'autre dans les archives. (Haugh, Zand-Pahlavi Glos- 
sary, p. xxxi sqq.; Essay on Pahlavi, p. 149; Darmesteter, Avesta, III, ch. ii.) Le nombre des 
chapitres varie entre 1000 et 12000. Abou-Mealy mentionne un pyrée du Fars oiî était déposée la 
loi de Zartusht. (Schefer, C. P., vol. I, texte, p. 136.) 

4-5. Le manuscrit est ici fort corrompu. La correction âtâshdân est celle qui respecte le plus 
le texte. La phrase : « C'est-à-dire que là il y eut 7 seigneurs, » semble une interpolation. Le texte 
parle de 7 pyrées et en nomme 8, celui d'Azh-i-Dahâk est sans doute à supprimer, car Azh-i- 
Dahâk est l'ennemi particulier du Génie du Feu. Peut-être haft (7) est-il corrompu de hasht (8) 
par l'intermédiaire d'un chiffre. Âtâshdân, pyrée. 

6. Uzdahîsht de Uz + dâ. Construction élevée, ne s'emploie qu'eu mauvais sens. Cf. les mias 
de la Bible. — Câlbîkàn, pi. de càlbik, P. ^.U ^[^, courtisane. 

7. Bâkhl-I-Bàmïk, capitale de la Bactriane. L'épithète de belle est toujours appliquée à cette 
ville. Zend. Bâkhdhi-Srira. Masoudi, lL_i-l -L, appelée aussi <^i , jolie, <2j*l^, aimée. (Sche- 
fer, C. P., I, 61.) L'adjectif bâmi ^l est devenu dans le Shàh-nàmeh un autre nom de Balkh. 
Perse Bàkhtri, P. dj. (La forme zend, Bâkhdhi, est déjà identique à la forme persane, dh = l). 
Grec Biy.-.px, Sk. Bâlhika, Bâlhi. Sur les origines, voir Schefer, C. P., I, 56-61. — Vinpak, 
coupole. P. 4^J15 , JJ,^^, arménien kembet, arabe Ju.:>-. Les Persans, dit Yakout, Dictionnaire géo- 
graphique de la Perse, traduit par M. Barbier de Meynard, p. 167), prononcent Gounbed, ce 
mot signifie dôme, coupole. La phrase suivante, tirée d'une lettre parsie, confirme la lecture et 
le sens jJjL.) «uU- ^1 -Lui^ Ji-^. "^ y^, iS'^A.^. (Manuscrit, Suppl. Pers., 46, folio 15 a.) 
— Isfandiàr, pi. Spand-dàt, créé par l'esprit du bien. jloiL-l dérive d'une faute de lecture. 



172 LISTE GÉOGRAPHIQUE DES VILLES DE L'IRAN 

8. Bahâkân-î-dîn. Les premiers de la religion. Cf. P. l^ valeur. Bahàk est ici l'adjectif. — 
Pêshâkân, adj. pêsh -f-âk, celui qui a le premier rang, princeps. La lecture pëshàhânk, général, 

ne demanderait qu'une correction légère, autorisée par l'état de corruption du texte, diii.) et s^UlI) 

•f » 

sont les noms du frère d'Afrasiàb. V-c-u-r a-a-k, cette forme est certainement altérée, on peut 

songer à vicirâk, ministre, ou vajùràk, grand, dignitaire. La première correction me semble pré- 
férable. Rabâk, grand, r^ab (ar ^j) -{- ak, suffixe adjectival. Gûhram, fils d'Arjâsp. Shâh- 
Nâmah, ^j^. Un noble Touranien porte ce nom à l'époque d'Afrâsïâb. — Tajâv, j'y, genre 
d'Afrâsiâb, suivant le Shâh-Nâmah. Il est probable que Ferdousi aura confondu Arjâsp et Afrâ- 
sîâb, tous deux ennemis acharnés de l'Iran. 

Hyônân. Z. Hyaùna. Lat. Chionitœ. Syr. Jl-ar» 

L'exploit d'Isfendiâr est connu des historiens arméniens : « En ce temps-là, un certain Vahram 
Mehrevandak. . . s'empara de Bahl (vL) et de tout le pays des Kûshâns jusqu'au delà du grand 
fleuve Veh-rot (Oxus), jusqu'à la contrée nommée Kalzarion (Ferdousi, ùyy)^, Modjmel-el- 
Tewârikh, ùj^jj Jo), car il pénétra au delà de la lance du brave Spandiat, dont les Barbares disent 
qu'il y planta sa lance en terre. » (Sébéos, dans Garrez, Journal Asiatique, 1869, I, 173.) 

9. Gazishn, morsure. 

10. Khvarizm. Nom d'une ville et d'un pays. P. (Kh)uvarasmia. Z. Hcâirizem, « la terre 

du Soleil ». Ar. ^jj'j»-; de là, le nom de 1^ (?). — Narsi Yahùtakân. Narsi, le fils de Juive, 
frère de Bahrâm V, fils de Yazdakart. Cf. § 46. Bahrâm Gôr, partant en campagne contre la 
Chine, lui remet l'empire. (Shàh-Nâmah, V, 673. Cf. Tabari-Nôld., p. 17.) 

11. Marv-î-rût. ijjjy», « la Merv du fleuve, » Turc J^jj^, « la petite Merv ». Cf. § 12. 

12. Marv. P. Margu. Z. Môuru. Gr. Mapyiav?^. P,-ar. j^ appelée par les Arabes O^Ll!l_j^, 

« Merv, l'âme du roi ». Il est certain qu'il faut dire ii\^^\L\\^y*, « Merv, la reine du monde ». 
Bâtie, suivant Yakout, par Iskender, fortifiée par Humai, petite-fille d'Isfendiâr. C'est dans cette 
ville que fut assassiné le dernier Sassanide. 

Arâk ou Râk en Àdharbâijân. Le Vendidâd pehlvi place Ragha (P. (^j) dans cette contrée. 
Arâk est sans doute le représentant du Ragha de l'Avesta. (J. Darmesteter, Avesta, II, p. 13, 
n. 33.) 

13. Gaznyân. P. -ujé ou ^j^ (1. o^^^)- Les habitants, dit Yakout, p. 405, prononçaient 

quelquefois ce mot ÎJJ>- , trésor. Cette prononciation, qui, à première vue, semble le résultat d'une 
étymologie populaire, pourrait reposer sur un fait réel. Ghaznl, — dans Ghaznyân est l'arabisa- 
tion de Gaznî — qui peut fort bien venir de Ganzi, — par l'interversion de n et z. Ce mot serait 
un dérivé du mot ^ , trésor. Cf. le nom de la ville de Ganjak (§59), arabisé en JJj*- avec la 
même inversion. 

14. Tûs. P. ^^, aujourd'hui J^t^. Yakout en attribue la fondation à un roi du Yémen. 
Tùs est un des chevaliers de Kai-Khosrav, petit-fils de Minôcihr. A l'époque moderne, les Si- 
pâhdârs de Tûs se réclamaient de lui comme de leur ancêtre. Il se pourrait que le mot Kart ait 
été omis et qu'il faille lire : La ville de Tûs fut fondée par Tûs. . . et il fut Sipâhpat. 

16. Nivshahpûhr. La belle (ville de) Shahpûhr. L'orthographe pehlvie de ce nom est très 
variable. P. jyllJ. Ar. jy\ — '>. (Étymologies dans Yakout, p. 578.) Appelée ainsi Ebrescher et 



LISTE GÉOGRAPHIQUE DES VILLES DE L'IRAN 173 

Jransliehr. Autres villes fondées par Shâhpùhr : j^l^, jy\^ ^M) (cf. Aûhrraazd-Artakhshlr, 
§ 45), jyM. jjju (bâtie en Syrie. Shâh-Nâmeh,V, 470), C^^^y- jy'^^, j^^ ^^, arabisé en 
jy\t il^ (Modjmel, décembre 1841, p. 506-526). 

17. Kâin. O'J.» entre la province de Nishâpûr et celle de Kirmân, capitale du Kohistân. 
M. de KhanikoflE {Journal Asiatique, août 1875, p. 235) voit dans cette ville l'Artacoana des 
anciens; le mot Artâ étant identique à un mot tjl donné par le Burhân-i-Kâti'. L'identification 
topographique peut être exacte, mais la raison philologique dont l'appuie l'auteur est erronée. Le 
mot Artâ \)J n'est en effet pas un mot arien, mais bien un mot sémitique introduit dans le système 
graphique huzvaresh et prononcé tout autrement. 

18. Gûrgân. P. Varkâna. Z. Vehrkâna. Gr. 'rpxavîa. P. ùlS^f^ Ar. û^>-^. — Il y a trois 
villes nommées O^—a^. La seule qui convienne est la ville du Mazandérân. Yakout (p. 246) en 
fait remonter l'origine à Qobâd, fils de Firùz. Narsâî l'Ashkanide. (§ 24.) 

19. Kûms. P. ^j^f. Ar. ,_^^y , abrégé (?) de jL.««>j5^, montagnes de bouquetins, ou ^_j^af, 
montagne de cuivre. (Schefer, C. P., II, 184.) District au pied des monts du Tabaristân. C'est 

dans cette contrée que se trouve le Demâvand, prison de Zohâk. — Shapastân, i^\L t, endroit 

cil l'on passe la nuit. Azh-i-Dahâk est appelé ^at et non shah, car il n'est pas souverain légitime. 
Peut-être faudrait-il traduire tyran. 

20. Khôsrav-Vashât, rejouissance de K. ; Khôsrav-Nuhûmb, retraite de Khôsrav (cf. JîiJ , 
ù-^*-~^); Vispshât, toute joie; Khôsrav Shât-farrûkh, la glorieuse joie de Khôsrav. Le nom de 
ces localités n'est mentionné nulle part. Cf. pour des noms similaires, i>^'j = il/rb' , repos du 
corps. (Schefer, C. P., I, 26.) 

21. Frasp. P. . ^'^ , w-j», tapisserie dont on orne les murs; cf. les tapis que les Barmé- 

cides placent au nau-behâr de Balkh. La kaaba de la Mecque est tous les ans couverte d'un voile, 
lemihmal. — Ârishn, coudée. P. Jl.jl. 

25. Bâpîl. H. bna. Le pehlvi écrit Bâpïl ou plutôt Bâvil, suivant la prononciation hébraïque 
même, le 3 avec dagesh se prononçant h, et le S sans dagesh comme v. Le nom de cette ville est 
une /orme spécialement assyrienne de hh'2, confondre. Cf. ar. JJj ; J), ayant un tout autre sens. 
On peut voir aussi dans ce nom les mots assyriens bâb-ilî, porte des dieux; ol matan, « jusqu'à 
venir », ou ol mitrô, « jusqu'à Mitra ». Le sens de cette opération magique et sa signification sont 
obscurs. On sait que les Chaldéens étaient fort adonnés à l'étude de l'astronomie et qu'il y avait 
à Babylone des temples consacrés aux astres. 

27. Herât. P. l\_f>, forme arabisée. (Cf. Slj,i.jl^.) Sa fondation est tantôt attribuée à un 
oflScier de Nârîmàn, ou à Gûshtâsp. — P. Haraiva. Gr. "Apeia. P. ^^^fii. — Oulad. Ce mot est sus- 
ceptible de beaucoup de lectures correspondant à autant de sens. La lecture oulad, ar. iVjl , donne 
un sens très satisfaisant. Beaucoup de noms de tribus arabes renferment en efïet cet élément. On 
pourrait le lire vali, chef, ou var. P. x » contrée. L'absence de la voyelle de prolongation n'est 
pas un obstacle absolu à la lecture oulad. 

28. Hamadân. P. Hagmatâna. P. J^jJ'. Ar. J\i^. H. Knttn« (Esdras, I, vi, 2). La vraie 
étymologie a été indiquée par M. Oppert, Inscriptions des Achéménides, 1852, p. 112 du tirage à 



174 LISTE GÉOGRAPHIQUE DES VILLES DE L'IRAN 

part. — Voir, sur cette ville, Yakout, p. 599 sqq. ; Schefer, C. P., II, 185. Appelée aussi JjjL. 
et jjL. 

Nihâvand. P. uJjLj. Attribuée à Noé {ry) par suite d'une étymologie populaire. — Var- 
Vâhrâm-Gônd. Cf. § 48, Gund-i-Shâhpûhr. — Yazdakart. C'est celui que les Orientaux nomment 
le scélérat jlTa'jj (pehl. bajak-kàr). Tué par un cheval envoyé par Allah en punition de ses crimes. 
(Schefer, Siasset-Nâmeh, p. 59; Shâh-Nâmeh, V, 519, etc.) 

29. Mosul. Ar. J^^-«- Ce mot est purement arabe. 

30. Djazirak, oj_'^. Hûtôs (le manuscrit porte la leçon fautive am-tôs, la mèredeTôs). Zend 

Hutaosa, femme de Vishtàspa. — Kaïsar, j^. Lat. Cœsar. La légende du Kaisar est sensible- 
ment différente dans le Shâh-Nâmeh. 

31. Shàm. Syrie. Ar. ^H. La lecture Yaman (Yemen, ^^c) est probable. — Kùfâh. 
Ar. ii^jl. Bâtie, suivant le Modjmel (Journal Asiatigue, 1841, p. 278), par Hôshang. Cette 
contrée paraît avoir été dotée de nombreuses constructions faites par les Persans. — El-Medâin, 
attribuée à Tahmuras (id., p. 279). Le Shâh-Nâmeh cite une ville dejyll jjj\» , construite en 
Syrie par Shahpur II. — Basrâ, lecture douteuse; man., p-r-s-à-î. On peut se demander s'il ne 
faudrait pas lire damîk Parsâî, la terre de Perse. Le manuscrit est ici très corrompu. — 
M-k-a a. La Mecque. Ar. iSC*. 

32. Nîmrôz. P. jjj*^' (Imzv. pelaglèlyâ), autre nom du Seistân, bassin du Helmend, -ujl* 
(ar. -LL^jjfc). Zend Haêtumant. Gr. 'Exj|jiav8po;. — Artashîr, fils de Spand-dât. Nom donné à 

Bahmân par son aïeul Gushtàshp. 
> 

33. Bôst. P. z. — '. Ville du Seistân, dans la province du Seistân ou de Kâbul, suivant d'au- 
tres, entre Ghaznah et Herat, sur le Helmend. L'Avesta attribue la fondation de cette villeà Bas- 

> 
tavairi (pers. pehl. Bastvar), fils de Zarivairi (pers. pehl. Zarïr). Cf. cJL_> dans la province 

de Nishàpùr. — Vis-pùhrak (huzv. bar-bitâ), titre de noblesse de sens indéterminé. 

34. Parân, Parhân. Il est difficile d'identifier sûrement cette ville. Elle doit se trouver dans 
les parages du Seistân. On trouve ù'jIj près Merv. — Zàbûlistân, ou Zàvulistân, ô^^^jj. pays, au 
sud de Balkh, sur la frontière du Khôrâsàn. — Rûstâm Sagastân shah, « Rustâm, roi du Seis- 
tân )). Kalkâùs donne à Rustâm l'investiture du Nïrarôz. (Shâh-Nâmeh, I, 567; cf. 'OpiJutrSdtTifi; 
S^YSfvTaà, Agathias; Migne, Patrol. grecque, t. LXXXVIII, p. 1522.) 

35. Zarang, capitale du Seistân, P. dljjlj. Ar. t-J^'j- — Karkôh, nom d'une forme du feu 

Burzïn-Mihr. P. Karkôh. Yakout donne ^}j comme nom d'une ville du Seistân. possédant un 
pyrée très vénéré. (P. 482.) — Patashvàrgar, nom des montagnes qui bornent la Caspienne. 

38. Kirniân, û^-*^- 

39. Vêh- Artashîr. La bonne (ville) d' Artashîr. Cf. le sens de Nîvshâhpuhr. P. jv^j'/^ 
Ar. ju-ij;. 

40. Stakhâr. P. j^\. Ar. ji:k^l. Les rois de Perse y avaient établi leur trésor. Arda Vîrâf I, 
(Yakout, 50). C'est nepaÎTroX!,-. Le Modjmel l'attribue à Hôsheng {Journal Asiatique, mars 1841, 
p. 278). — Ardâvàn, roi arsacide, donne le gouvernement d'Istakhar à Bâbek, et sa fille à Sassan 
qui a pour fils Ardeshïr I'^'"; ce dernier fait tuer Ardâvân. (Shâh-Nâmeh, V.) 



LISTE GÉOGRAPHIQUE DES VILLES DE L'IRAN . 175 

41. Darâp-Kart. P. i^ljli. Ar. ij^'j'-î. Ville du territoire d'Islakhar. (Yakout, 221.) C'est 
aussi le nom d'une localité, près de Nlshâpûr. 

42. Cf. § 16. 

43. Gûr-Artakhshïr-Gadâ. Appelée chez les Orientaux Gûr, Khurrah-i-Ardashir (la gloire 
d'A.) (Shâh-Nâmeh, Y, 303), Ardashîr-Khurrah (Tabari-Nôldeke, 19). — La ville dej^, 
arabisé de jy, est citée comme district d'»jp- jCtijI. jy^, autre arabisation de j^, est un pays 
limitrophe du Zabulistân. (Yakout, p. 162.) Le Modjmel {Journal Asiatique, déc. 1841) l'appelle 

*• r 

44. Tavag. Tabari-Noldeke (p. 67) l'indique comme ville à l'occident du Fars. Hùmâl, fille de 
Bahmân (Ardeshïr), fils d'Isfendiar. Appelée ilj ,^>- , celle qui est de naissance divine. Ar. iljj^, 

45. Aûhrmazd-Artakhshïr, juLijI :>jy*jfi>. Bâtie par Ardashir I^i' dans le Khoûzistân (Susiane). 

(Tabari-Noldeke, p. 19.) Appelée aussi 3'y^'^'J^, le marché du Khoûzistân (Modjmel, Journal 
Asiatique, déc. 1841, p. 502.) — Râm-Aûhrmazd, ^yj^ pb, plaisir d'Auhrmazd. Suivant quel- 
ques auteurs, le nom complet est juL^jl ^}*j^ pU, abrégé en J^lj (Modjmel, déc. 1841, p. 502; 

Yakout, p. 254). — Aùhrmazd tani (ar. (J,t) Shahpîihràn. Aûhrmazd II, descendant plutôt 
que fils de Shâhpuhr; il n'était en effet que son petit-fils. 

46. Ce paragraphe a déjà été traduit par M. Darmesteter (Bévue des Études juives, t. XIX, 
p. 41). Shûs et Shùstar sont deux villes du Khoûzistân. Shûs, ancienne Shûsan. Ar. ^y- 
Gr. Soùaa. Rebâtie par Shâhpûr II sous le nom d'Êranshahr-Shâhpûr. (Tabari-NÔldeke, p. 58.) 
— Shùstar. Ar. jL.T. Attribuée à Shâhpûr 1er ou II. Le Modjmel (défc. 1841, p. 502) la fait bâtir 
par Ardeshir 1^^. Cette ville avait, dit-on, la forme d'un fer à cheval. Le nom de la reine est dou- 
teux. M. Damesteter lit Shâyàn. Peut-être a-t-on une altération de ftriur, Suzanne. Sur l'emploi 
de l'élément dôkht, p. C^J^ , voir Drouin, monnaies de la reine Boràn, Revue numismatique, 1893. 

47. Rêshgalùtak. Talm. «mbru^n -j- k. Chef de la captivité. Cette princesse fut mère de 
Vahrâm V et de Narsài. (Cf. § 10.) Ferdousi a un vague souvenir de l'origine israélite du roi 
Bahràm Gour. Voir son aventure avec le Juif Barâhâm. (»Ulj; (Shâh-Nâmeh, V, 567). Le nom 
pUlj; est certainement un compromis entre ^J^^y) et pK^,. 

48. Giind-i-Shàhpûhr. j^Lt -Us- (Shâh-Nâmeh), jji.l— • -^ et jj^\1j jci^. Fondée par Ar- 
deshir I^i" en l'honneur de son fils Shâhpûr, elle avait, suivant Yakout (p. 136), la forme d'un 
échiquier. Hamzah Isfàhâni prétend à tort que le nom complet était jyltj (^-U>- «ij (Yakout, 169). 

_49. Nâhârtirak. Ar. iSj^^j^ + k. Nom d'un canal du Khûzistàn, creusé par un Ardeshir 
dont les uns font le fils de Bàbekou le fils d'Isfendiar. (Yakout, 576.) 

50. Samrân (?). Cf. û'ju-^, altération facile de û'j*— '• Yakout cite û'ju— dans le pays de 
Tarem ; détruite par le célèbre Hasan-Sabbàh, cette ville portait le nom curieux de 0»ll ï-i* j:^'. 
(Yakout, 318.) — Bokht-Khôsrav. Cf. j^\ c^r- La forme primitive de Bokht-Khôsrav, si elle 
a réellement existé, est moins claire que celle de Bokht-en-Nasr. Aussi appelé Pat-Srav. Fer- 
dousi le nomme jy-. 



176 LISTE GEOGRAPHIQUE DES VILLES DE L'IRAN 

53. Asker. jdt; cf. ^^ jdc. Ville du Khouzistan. (Yakout, p. 402.) On pourrait lire 
Hêkal JiCjb, palais. 

54. Gai. Ar. ^. Ancienne portion d'Isfahân, appelée aussi Shehristân, Medinet, « la ville » 
(Yakout, p. 188), à un mille de la ville des Juifs, ii^^ ôj.^ (Yakout, 520). On en fait la ville 
d'Isfahân elle-même (id., p. 613). Cet endroit semble avoir été un foyer de judaïsme au moyen 
âge. C'est à Isfahân que Bokht-en-Nasr (Nabukodonosor) emmène les Juifs en captivité. (Yakout, 
p. 41.) — Filipôs. Gr. ^iXitittoç. Ferdousi et les auteurs persans connaissent la forme ^^lLs. 

55. Irân-âsân Kart-Kavât. Kavât a rendu la Perse tranquille. Il se pourrait que Kavât soit 
répété à tort. 

57. Irân-Gùshasp. Gûshasp, altération de Gûshnasp, nom d'un des feux sacrés. 

58. Van (?). Le texte donne v-v-c. La lecture est des plus incertaines. — Tûr-i-Brâtôrêsli le 
Karap, ennemi et meurtrier de Zoroastre. 

59. Atûrpâtakân. Nom de pays et de ville. P. ar. ù^o^'. L'étymologie de ce nom a été 
entrevue par Ibn-el-Moqaflfa. Yakout rapporte qu'il y avait de nombreux pyrées dans cette contrée. 

Ganjak. Le nom de cette ville est formé, comme celui de Ghaznyân (§ 13), de f^ . Ar. ^ >. 
Non loin de Maraghah, on y voit, aux premiers temps de l'hégire, des ruines sassanides et un 
pyrée. (Yakout, p. 161.) 

60. Le Zendik est Mazdak, fils de Bâm-dât. 

61. Bak-dât. La ville créée par Dieu Baghô-Dâta. P. i'jjL. Ar. iijij. Les Arabes appelèrent 

cette ville j^^^ âjoJ.-*, la ville de Mansour, |»M— Il ôJt-« ou Ji-JI ô-u; les Turcs la nomment 
iUjUi-^;. 11 est inutile de chercher dans le mot Bak le nom d'une divinité spéciale, Abii-Dja'far, 
nom du second khalife abbaside (136-158), dont le nom est : U 0; -^^ ù. ^^ -*-^ y*':^^ '*^^. J^^' 
»_jJail JL^ Ol c"^ ^- "^^ -'^ ^- 'Abd-AUah. La leçon des manuscrits, A-b-u-i-n-a-n-i-k, est in- 
intelligible. La lecture 'Abd-Allah est la plus proche de ce que porte le texte, î-k- étant souvent 
une faute pour a. Il est inutile de chercher dans ce groupe l'épithèted'El-Mansour; carie deuxième 

khalife abbaside ne porte pas ce nom en épigraphie et n'est désigné que par <l!l j--fr <tlll -Ut « le 
serviteur de Dieu, Abd-allah )). Voir des exemples nombreux de ce nom dans Casanova, Cata- 
logue de la collection Fouquet, dans les Mémoires de la Mission du Caire, t. VI, 3^ fasc, p. 371; 
cf. p. 380-392. Il en est de même sur les monnaies où le nom d'El-Mansour ne figure jamais. 
Voir les monnaies de ce khalife dans Lavoix, Catalogue des Monnaies musulmanes de la Biblio- 
thèque nationale. 



ÉTUDES- DE BOTANIQUE ÉGYPTIENNE 177 

ÉTUDES DE BOTANIQUE ÉGYPTIENNE 

PAR 

\"lCTOR LORET ET JuLES PoiSSON 

I.— LES VÉGÉTAUX ANTIQUES DU MUSÉE ÉGYPTIEN DU LOUVRE 

Les végétaux antiques du Musée égyptien du Louvre sont rangés, dans la Salle 
civile, sur deux planches de l'Armoire E. Ces restes sont exposés, les uns dans des réci- 
pients anciens (corbeilles, plateaux, godets), d'autres dans de modernes soucoupes de 
porcelaine, ou dans des cartons; plusieurs, même, à cause de leur taille, sont placés 
simplement sur des socles de bois. 

La plupart de ces spécimens portent d'anciens numéros de classement; dix ou 
douze en sont dépourvus, par oubli peut-être, ou plus vraisemblablement par suite du 
décollement et de la disparition des étiquettes. Le plus grand nombre des étiquettes 
portent la lettre N. suivie de numéros compris entre N. 1399 et N. 1429 (avec lacune 
des numéros N. 1401, 1402, 1404, 1407, 1408, 1411 et 1413). D'autres portent l'indi- 
cation : « Collection Clot-Bey, Caisse 33, n°. . . . , » ces numéros allant de 60 à 67 
(avec lacune des n°^ 61, 63^ 65 et 66). Deux Grenades, numérotées N. 1414, sont accom- 
pagnées en même temps d'un papier portant la mention : « Clot-Bey, C. 33, 60, » ce 
qui montre que les deux séries de classement ne s'excluent pas l'une l'autre. 

Le Musée égyptien du Louvre fut fondé en 1827. Cbampollion en fit paraître le 
catalogue la même année : Notice descriptive des monumens égyptiens du Musée 
Charles X. Les végétaux y sont énumérés (pp. 96-97) dans la série L. [Ustensiles 
domestiques), du n° 159 au n*' 177. Or, deux des échantillons provenant de la Collection 
Clot-Bey sont portés au Catalogue de Cbampollion (L. 166 et L. 169 ^ Coll. Clot- 
Bey, Caisse 33, n°^ 60 et 64), d'où l'on doit conclure que cette collection fit partie du 
Musée dès l'époque de sa fondation. Aucun des anciens numéros du Catalogue de 
Cbampollion (de L. 159 à L. 177) n'a été conservé sur les végétaux exposés; il est donc 
probable que les numéros de classement N. 1399, N. 1400 et suivants ont remplacé, à un 
certain moment, les numéros qui renvoyaient à ce Catalogue. 

Il serait intéressant d'avoir des détails sur la provenance des objets appartenant à 
la Collection Clot-Bey; il serait utile également de connaître la signification du classe- 
ment N. 1399, N. 1400 et suivants, et de rechercher si quelque ancien registre du 
Louvre ne permettrait pas, grâce à ces numéros, de savoir d'où proviennent les objets 
qu'ils servent à désigner. Nous n'avons pu, à notre grand regret, songer à entreprendre 
ce travail, qui eût pourtant augmenté considérablement la portée de nos études sur les 
végétaux du Louvre. Déterminer un Citron ou un Baobab est fort bien; pouvoir affirmer 
que l'un ou l'autre de ces fruits était connu des Égyptiens sous telle ou telle dynastie 
eût été infiniment mieux. Un Citron trouvé en Egypte dans une tombe d'époque 
romaine est un Citron ancien, et voilà tout; un Citron découvert dans une sépulture de 

RECUEIL, XVII. — NOUV. SÉR., I. 23 



ÉTUDES DE BOTANIQUE ÉGYPTIENNE 



la XIP dynastie eût changé de fond en comble l'histoire admise jusqu'ici de la culture 
des Aurantiacées. Un Baobab pouvant être daté de l'Ancien-Empire eût prouvé, bien 
plus sûrement encore que l'inscription de Hirkhoiif, la haute antiquité des relations de 
l'Egypte avec l'Afrique centrale. 

Peut-être quelque autre pourra-t-il un jour combler cette lacune de notre travail, 
s'il existe des documents pour le faire et si ces documents sont accessibles. En attendant, 
nous avons mis tous nos soins à déterminer le plus exactement possible les restes de 
végétaux égyptiens, — fruits, graines, fleurs, feuilles, — qui se trouvent exposés au 
Louvre. Nous avons réservé pour une autre série de recherches les résines, gommes, 
vernis, baumes, fragments de pains ou de gâteaux, dont l'étude est bien plus du ressort 
de la chimie que du domaine de la botanique. MM. P. Pierrot, G. Bénédite et E. Chas- 
sinat ont mis, à nous faciliter nos travaux, une bienveillance et une serviabilité dont 
nous nous plaisons à leur témoigner ici notre vive reconnaissance. 

Les plantes égyptiennes du Louvre avaient déjà fait l'objet de quelques recherches, 
peu connues d'ailleurs des égyptologues. 

M. Bonastre, probablement sous l'instigation de Champollion, se livra pendant 
quelque temps à l'étude des végétaux égyptiens et publia dans le Journal de Pharmacie, 
de 1827 à 1832, les cmq mémoires suivants : 

1. Examen chimique de plusieurs substances provenant d'une momie d'Egypte 
(t. Xin.p. 606; 1827). 

2. Recherches sur le Cinnamomum des Anciens (t. XIV, p. 266; 1828). 

3. Recherches chimiques sur quelques substances végétales trouvées dans l'inté- 
rieur des cercueils de momies égyptiennes (t. XIV, p. 430; 1828). 

4. Notice sur quelques végétaux représentés sur les anciens monumens de 
l'Egypte (t. XVI, p. 642; 1830). 

5. Observations sur du Baume de la Mecque antique découvert en Egypte 
(t. XVIII, p. 333; 1832). 

C'est dans le troisième de ces mémoires que M. Bonastre a eu l'occasion d'identifier 
et d'étudier au point de vue chimique une douzaine de plantes du Louvre. Mais, si ses 
recherches publiées se bornent à ces quelques espèces, tout porte à croire qu'il avait fait 
auparavant un travail d'ensemble sur les végétaux du Louvre, car les déterminations de 
végétaux portées dans la Notice descriptive ào. Champollion sont dues, ainsi qu'il est dit 
dans cet ouvrage (p. 98), aux recherches de M. Bonastre. 

Le botaniste J. Decaisne semble, lui aussi, s'être intéressé aux plantes égyptiennes 
du Louvre. Un certain nombre de courtes notices, jointes à quelques-uns des échan- 
tillons exposés, sont signées de son nom. Mais nous avons cherché en vain, dans les 
Bibliographies botaniques, la mention de quelque mémoire de Decaisne ayant trait à ce 
sujet spécial'. 



1. Au moment de donner le bon à tirer de ces lignes, nous recevons le tirage à part d'un utile et inté- 
ressant petit mémoire du D' E. Bonnet : Le Plante cgiziane del Museo rcale di Torino (estr. dal Nuoco 
Giornale hotanico italiano, vol. II, n° 1, 1895). Nous ne pourrions, sans trop de remaniements, en faire rentrer 
les résultats dans notre texte. Qu'il nous suffise de dire ici que le D"^ E. Bonnet a découvert à Turin une nou- 



ÉiUDES DE BOTANIQUE ÉGYPTIENNE . 179 

En somme, l'étude des plantes du Louvre était presque entièrement à faire et, malgré 
les dillicultcs de tout genre dont elle était entourée, nous l'avons entreprise avec 
empressement. Nous en avons été, du reste, récompensés par les plus heureux résultats. 
Ce qui pouvait, en effet, nous être lo plus agréable était de découvrir au Louvre quelque 
espèce qu'on n'eût jamais rencontrée encore dans les tombes égyptiennes. Or, sur 
trente-deux espèces que mentionnent les trente-quatre numéros de notre liste, dix sont 
nouvelles. Ce sont : 

1. Le Lis blanc, Liliiun carididum L. (n'' 10), 

2. Le Cèdre du Liban, Cedriis Libani Barr. (n° 13), 

3. Le Peuplier de l'Euplirate, Populus euphratica Oliv. (n° 15), 

4. La Macre ou Châtaigne d'eau, Trapa natans L. (n° 21), 

5. L'Acacia tortueux. Acacia torlilis Hayne (n'^ 22), 

6. L'Acacia hétérocarpe, Acacia heterocarpa Del. (n° 23), 

7. La Liane à chapelet, Abrus precatorius L. (n° 2G), 

8. Le Jujubier commun, Zizijphus vulgaris Lam. (n° 28), 

9. Le Citronnier, Citrus Limonum Risso (n° 30), 
10. Le Baobab, Adansonia digitata L. (n*' 32). 

Nous avons eu, de plus, l'occasion d'examiner deux formes sauvages primitives peu 
connues (n°* 5 et 8), l'une de Souchet comestible {Cyperus esculenlus L.), l'autre de 
Dattier {Phœnix dactyliferah.). Cette dernière, surtout, est intéressante pour l'histoire 
des plantes cultivées. 

Peut-être la publication de notre travail donnera-t-elle lieu à un nouveau classe- 
ment, probablement définitif, des plantes du Louvre. Aussi nous sommes-nous astreints, 
pour bien établir l'identité des échantillons que nous avons étudiés, à consigner, soit en 
notes, soit dans le texte, toutes les indications d'inventaire que nous avons pu trouver. 
Nous y avons joint la reproduction des quelques notices de J. Decaisne qui accom- 
pagnent les végétaux exposés, les numéros de concordance de l'ancien Catalogue de 
Champollion , et enfin les références complètes aux Recherches chimiques de 
M. Bonastre dont nous avons parlé plus haut. 

De la sorte, notre liste, quoique disposée scientifiquement d'après l'ordre naturel 
des familles végétales, pourra se plier sans inconvénient à toutes les exigences de 
classement et de rangement. 



1. — BLÉ TENDRE. TRITICUM VULGARE Vill.^ 

Plusieurs centaines de grains de Blé tendre {Triticum vulgaj^eYiLL.), mélangés 



velle espèce pharaonique, le Loliurn rigidum Gaud.; qu'il y a reconnu trois fruits entiers de Baobab, ainsi que 
des graines et de la pulpe desséchée; qu'enfin il signale et détermine en passant quatre espèces du Louvre, 
répondant aux n" 7, 13, 23 et 32 de notre lisle. Après ce travail, il ne reste plus, maintenant, qu'à déterminer 
les plantes égyptiennes du British Muséum et à revoir, peut-être, celles du Musée de Florence. 

1. N. 1427. — Fr. Champ., Catal., L. 172. — M. Bonastre, Rech., p. 431 : « Ce grain, qui comptait plus 
de deux mille ans d'ancienneté, a été broyé et bouilli dans l'eau distillée : la teinture d'iode ajoutée au liquide 



180 ÉTUDES DE BOTANIQUE ÉGYPTIENNE 

avec des grains de Blé pouhird ( T. turgiduin L.). — Ces grains sont dans un merveilleux 
état de conservation. 

2. — BLÉ TENDRE. TRITICUM VULGARE Vill.' 

Petite assiette contenant une vingtaine de grains de Blé, altérés et en mauvnis état. 
— Il semble possible, pourtant, d'y reconnaître du Blé tendre ( Triticum vu/gareYiLL.). 
Peut-être cette altération provient- elle de ce que les grains ont été légèrement grillés. 
On sait, en effet, que c'est sous cette forme que le Blé était officiellement désigné dans 
les listes d'offrandes : .^ o M v^o, « grains grilles de Froment ». 

3. — BLÉ FOULARD. TRITICUM TURGIDUM L.' 

Ces grains se sont trouvés mélangés avec les grains de Blé tendre mentionnés plus 
haut (n° 1). — F. Unger et A. de Candolle avaient déjà signalé la présence de cette 
espèce dans les tombes égyptiennes '. Ces grains se distinguent du Blé tendre auquel ils 
se trouvent mêlés, non seulement par leur forme plus ramassée et plus renflée, mais 
encore par leur aspect corné et leur teinte rougeàtre. Comme les anciens Égyptiens 
divisaient leur Froment en Froment blanc, y\>°[\' ^^ Froment rouge, I v\ooa, 
il se peut que ce soit le T. turgidum qui réponde â la seconde espèce égyptienne, la 
première étant le Blé tendre, T. vulgare, à grains blancs etfaiineux. 

4. — ORGE A SIX RANGS. HORDEUM HEXASTICHUM L. * 

Plusieurs centaines de grains d'Orge, très bien conservés, que leur forme allongée 
engage à rapporter à l'espèce Hordeum hexastichuin L. — Cette espèce avait déjà été 
reconnue par F. Unger parmi les débris de végétaux mêlés à la terre des briques de 
Dahchour et de Tell-el-maskhouta\ G. Schweinfurth l'a également rencontrée parmi 
les olïrandes découvertes dans une tombe de Gébéleïn\ C'était, — pense-t-il, — l'espèce 
la plus communément cultivée dans l'Egypte antique. Les spécimens de Gébéleïn se 
composent d'épis entiers et de grains séparés, de sorte que la détermination spécifique 
en est certaine. Ils se trouvaient enfermés dans des paniers et avaient été légèrement 



y développe une couleur bleue très intense. MM. Le1)ai]lif et Julia-Fontenelle avaient déjà fait connaître une 
observation semblable avec de l'orge torréfiée qui provenait delà collection égyptienne de M. Passal'acqua. » 
— En réalité, c'est sur des grains de Blé et non sur des grains d'Orge que MM. Le Baillif et Julia-Fontenelle 
ont fait leurs expériences (cf. J. Pass-alacqua, Catalogue raisonné et historique des antiquités découcertes en 
É'jyptc, Paris, 1826, p. 243, 291-292). 

1. Sans étiquette. 

2. N. 1427. 

3. V. LoRET, La Flore pharaonique, 2' éd., p. 22, n° 15. 

4. N. 1427. — Ces grains d'Orge ont été, dans la vitrine du Louvre, divisés en deux portions, dont l'une est 
contenue dans un petit panier antique, de dix à douze centimètres de dia'mètre. Comme ils portent le même 
numéro d'inventaire que les grains de Blé étudiés plus haut (n" 1 et 3), il est probable qu'ils proviennent de 
la même tombe. 

5. V. LoRET, La Flore pJiaraonique, 2° édit., p. 24, n" 19. 

6. G. Schweinfurth, Sur les dernières troucailles botaniques dans les tombeaux de l'ancienne Egypte, 
p. 2, 4-5. 



ÉTUDKS DE liOrAXIQUI-: ÉGYPTIENNE 181 



torréfiés avant d'être déposés dans la tombe, ce qui est conforme à l'indication ritualis- 

tique des listes d'offrandes, lesquelles portent, à propos de l'Orge, la mention „ o 

, « grains grillés d'Orge ». 
ooo 

5. — souciiET COMESTIBLE. CYPERUS MELANORRHIZUS Del.^ 

Une vingtaine de tubercules du Cypcrus mclanorrJiizus Del. — Des tubercules du 
Souchet comestible (C. esculentus L.) ont été plusieurs fois rencontrés dans les tombes 
égyptiennes. Le Musée de Gizéh en possède qui datent de la XIP dynastie (Drah-abou'l- 
neggah)', de la XXIP dynastie (Deir-el-bahari)' et de l'époque gréco-romaine (Gébé- 
leïn)*. G. Scliweinfurth lésa décrits comme étant petits et de forme ronde ovale. Le 
Musée de Berlin possède également de ces tubercules (inv.,n° 1180); ils datent de la 
XP dynastie et proviennent du coffret de la reine Mentou-hotep'. C. Kuntli les a 
rapportés à l'espèce C. esculentus'. Mais A. Braun, les ayant étudiés de plus près, a fait 
à leur sujet les remarques suivantes : « Les tubercules du Musée de Berlin, de même que 
ceux que l'on tire aujourd'hui d'Egypte, sont arrondis et plus petits que ceux de la 
plante cultivée dans les jardins botaniques d'Allemagne, laquelle a des tubercules plutôt 
allongés; ils appartiennent probablement à une forme dérivée. Ils ressemblent beaucoup 
plus aux tubercules de la forme de Ci/perus esculentus qui croît spontanément dans la 
région méditerranéenne, ainsi qu'en Egypte, et qui a été deux fois décrite comme espèce 
spéciale sous les noms de Cyperus aureus Ten. et de C. melanorrhùus Del. ^ o 

Delile, en effet, distingue du C. esculentus, qui porte en arabe le nom de y j«!l ,_^ , 
« grain exquis », le C. rjielanorrhùus, que l'on nomme i_^-Vl jl j«Ua!l } :«!l ^o-, « grain 
exquis petit, ou noir'». Pourtant, cette nouvelle espèce ne semble pas avoir été géné- 
ralement admise, et P. Ascherson et G. Scliweinfurth réunissent les deux espèces en 
une seule, considérant la première comme la forme cultivée et la seconde comme la 
forme sauvage du C. esculentus L. ^ 

Quoi cju'il en soit de cette question de nomenclature, les tubercules du Louvre, au 
lieu d'être ovoïdes, brun jaunâtre et de la grandeur de l'olive, comme le sont les tuber- 
cules du C. esculentus cultivé, sont arrondis, noirs, et de bien plus petite taille. Ils 
répondent donc exactement aux spécimens du Musée de Berlin et à l'espèce C. mela- 
norr/iùus de Delile. 



1. N. 1421. 

2. G. SciiwEiNFURTH, Neue Beitrâge sur Flora des alten yEgtjptens, p. 545; Notice sur les restes de cégé- 
taux de l'ancienne Egypte contenus dans une armoire du Musée de Boulaq, p. 3. 

3. G. ScHWEiNFURTH. Ueber PJlansenreste aus altâgyptischen Grâbern, p. 371. 

4. G. ScHWEiNFURTH, Lcs dernières découcertes botaniques dans les anciens tombeaux de l'Egypte, p. 37; 
Die letsten botanischen Entdeckungen in den Grâbern ^gyptens, mit Verbesserungen und Zusàtzcn, p. 3, 15; 
Sur les dernières troucailles botaniques dans les tombeaux de l'ancienne Egypte, p. 2. 

5. Aus/dhrliches Verzeichniss der œgyptischen Altertûmer, Gipsabgilsse und Papyrus, Berlin, 1894, 
p. 61-62. 

6. Dans J. Passalacqua, Catalogue raisonne et làstorique des antiquités découcertes en Egypte, Paris, 
1826, p. 26, 229. 

7. A. Braun, Die PJlanzenreste des âgyptisc/ien Muséums in Berlin, Berlin, 1877, p. 10 = Zeitscliri/t fiir 
Ethnologie, 1877, p. 296. 

8. A. Raffeneau-Delile, Florœ œgyptiacœ illustratio, n° 40 == Dcscri/ttion de l'Egypte, t. XIX, p. 71. 

9. P. Ascherson et G. ScinvEiNFURTH, Illustration de la Flore d'Égyjite, p. 157, n" 1095. 



182 ÉTUDES DE BOTANIQUE ÉGYPTIENNE 

Les anciens Égyptiens ne mettaient pas ordinairement leur amour-propre à choisir, 
pour les déposer dans les tombes de leurs parents, les plus beaux fruits qu'ils pussent 
trouver sur le marché. Bien loin de h\. Souvent ces fruits sont petits, à peine mûrs, et de 
mauvaise qualité. Souvent on n'en offrait que les noyaux, après en avoir mangé la chair. 
Quelquefois même, ces offrandes comestibles sont en bois peint' !.,. 

Rien d'étonnant, par conséquent, à ce que nous trouvions au Louvre, au lieu de 
beaux Souchets bien succulents, de maigres tubercules de l'espèce sauvage. 

6. — PALMiER-DOUM. HYPH/ENE THEBAICA Mart. ' 

Un beau fruit de Palmier-Doum iHi/phœne thebaica Mart.). — Ce fruit, que les 
anciens Égyptiens nommaient a^s a^ , s'est rencontré très fréquemment dans les 
tombes égyptiennes, dès l'époque de la XII® dynastie'. 

7. - ARGUN. HYPH^NE ARGUN Mart.' 

Quatre fruits de VArgun {Hyphœne Argun Mart.). — Des fruits de cet arbre 
existent aux musées égyptiens de Berlin, de Florence, de Gizéli et de Londres'. Ce 
fruit, que les Égyptiens importaient de la Haute-Nubie et qu'ils avaient même, sous la 
XVIII® dynastie, tenté d'acclimater à Thèbes*, est bien plus fréquent dans les collec- 
tions d'antiquités égyptiennes que dans les muséums d'histoire naturelle. Aussi, les 
botanistes connaissent-ils peu l'arbre qui le produit et l'ont-ils tantôt rapporté au genre 
Hyphœne, tantôt considéré comme formant un genre distinct, renfermant quatre espèces, 
dont le Medeniia Ai^gun. Cet arbre ne fut découvert qu'en 1837, par Kotschy^ tandis 
qu'on en connaissait le fruit depuis plusieurs années, grâce aux découvertes faites dans 
les tombes égyptiennes; mais ces fruits anciens, faute de points de comparaison, avaient 
été tout d'abord rapportés au genre Ai^eca*. Ce fut F. Unger, en 1859, qui en reconnut 
le premier le genre exact'. 



1. Deux Dattes de ce genre, que nous nous sommes, et pour cause, dispensés de cataloguer ici, existent au 
Louvre, rangées avec les autres fruits, sous les numéros d'inventaire 9316-9317. 

2. N. 14:34. — Fr. Cii.\mp., Catal., L. 159. — M. Bonastre, Rerh., p. 434 : «... Enfin celui (le fruit) du 
palmier doum appelé Kiiy-ocsopa par Théophraste. Cuci/era titebaîca, par Lin., et dont l'amande, de blanc 
d'ivoire qu'elle était dans le principe, est passée par le temps au brun noirâtre. » — On peut conclure de cette 
notice que le Louvre possédait deux fruits du Doum, dont l'un a été coupé par Bonastre et égaré. 

3. V. LonET, La Flore pharaonique, 2' édit., p. 33, n» 36. 

4. N. 1406. 

5. V. LouKr. La Flore pharaonique, 2' édit., p. 34. n» 37. 

6. V. LoRET, Les Palmiers d'Ê'jijpte, dans le Recueil de Traoaux relatifs à la Philologie et à l'Archéo- 
logie cgi/ptiennes et assyriennes, t. II, p. 24-25. 

7. E. WôNiG, Die PJlansen im alten Aigyptcn, 1886, p. 317. 

8. Les fruits du Louvre portent une étiquette où le mot Areca, écrit d'abord, a été biSé sans être remplacé 
par un autre; Kunth avait cru pouvoir créer, pour des fruits semblables, l'espèce Areca Passalacquœ (J. Pas- 
SALACQUA, Catalogue raisonné et Idslori.que des antiquités découcertcs en Egypte, Paris, 1826, p. 228); enfin, 
Migliarini {Indication succincte des Monuments égyptiens du Musée de Florence, Florence, 1859, p. 74, n' 3606) 
avait considéré d'autres spécimens de la même espèce comme appartenant à V Areca Fau/el. 

d. F, Unger, Die PJlan^en des alten yEgy/itens, p. 107. 



ÉTUDES DE BOTANIQUE ÉGYPTIENNE 183 



8. — DATTIER. PHŒNIX DACTYLIFERA L.' 

Douze Dattes et un noyau. — Bien des Dattes ont déjà été rencontrées dans les 
tombes égyptiennes antiques. Ceux qui les ont étudiées n'ont pas fait de remarques 
spéciales sur leur structure, leur forme ou leurs dimensions, et n'ont pas cherché à les 
comparer avec les variétés modernes que l'on peut observer sur les marchés de l'Egypte. 
Seul, A. M. Migliarini, après avoir décrit les fruits du Musée égyptien de Florence 
appartenant aux genres Hypliœiie thebaica Mart. et H. Argun Mart., désigne les 
Dattes n° 3614 sous le nom de « Dattes du Palmier Pkœnix reclinata^ ». Il est évident 
qu'il n'eût pas hasardé cette détermination si ces Dattes ne lui eussent pas paru pré- 
senter quelque différence avec les Dattes ordinaires du Phœnix daciylifera L. 

Or, les Dattes du Louvre, elles aussi, diffèrent de la Datte communément cultivée 
en Afrique. La pulpe en est coriace et résistante et présente beaucoup de rapports avec 
celle des espèces non comestibles, telles que le P. sylvestris Roxb. et le P. canariensis 
LoDD. Quant à la graine, elle est en tout point semblable à celle du P. canariens/s, 
laquelle est obtuse aux extrémités et marquée d'un sillon profond et bien défini. Le 
P. l'eclinata Jacq. a les graines deux fois plus petites, mais elles rentrent dans le même 
type. Enfin, M. de Cessac a trouvé à l'état fossile, dans le quaternaire volcanique des 
îles du Cap-Vert, des fruits et des graines qui se rapprochent beaucoup des spécimens 
du Louvre et ne s'en distinguent que par les extrémités moins obtuses. (P. Fischer, 
dans les Comptes i^endus de l'Académie des Sciences, 16 février 1874.) 

En somme, les Phœnix sauvages de l'Afrique ont tous, ou à peu près tous, des 
graines à sillon bien distinct, et non à bords contluents comme dans ]es Phœnix cultivés 
à fruits comestibles. Les Dattes du Louvre sont donc des Dattes sauvages. Nous serions 
même tentés de les rapporter au P. canariensis si, d'une part, il était possible 
d'admettre que cette espèce a pu s'étendre autrefois jusqu'au Nil, et si, d'autre part, les 
fruits et les graines du Louvre n'étaient pas un peu plus allongés que les fruits et les 
graines de l'espèce des Canaries. Nous ferons remarquer, cependant, que le P. cana- 
riensis se rencontre aujourd'hui dans quelques jardins du Caire'. 

Quoi qu'il en soit de l'espèce exacte, il est un fait certain, c'est que les Dattes de 
Florence et celles du Louvre appartiennent, soit à quelque espèce à fruit non comestible 
{P. reclinata, P. sylvestris'' ou P. canariensis), soit à la forme sauvage du P. dacty- 
lifera, forme que l'on trouve encore en Afrique à l'état sporadique, soit peut-être à une 
espèce primitive, aujourd'hui disparue, qui aurait donnée à force de culture, naissance 
au P. dactylifera moderne. On ne peut, en tout cas, songer à voir, dans les spécimens 
que nous avons examinés, les fruits comestibles du Dattier cultivé. 



1. N. 1418. — F. Champ., Catal., L. 170. 

2. A. M. MiGLiARiNi, Indication succincte des Monuments égyptiens du Musée de Florence, Florence, 
1859, p. 74. 

3. P. AscHERSON et G. Schweinkurth, Illustration de la Flore d'Egypte, p. 147. 

4. Le P. sylcestris ne croit qu'aux Indes orientales; il ne peut doue guère avoir été connu des Égyptiens, 
du moins à l'état sauvage. Une espèce voisine, le P. spinosa Thonn., de la Guinée et du Sénégal, aurait pu, 
dans l'antiquité, mieu.x que le P. canariensis, s'étendre jusqu'en Egypte. 



184 ÉTUDES DE BOTANIQUE ÉGYPTIENNE 

Les historiens de la botanique ont souvent recherché les origines du Dattier 
cultivé \ La dernière opinion sur ce sujet, opinion émise assez récemment par 
MM. Schweinfurth et Hartmann', est que, pour le Dattier d'Afrique, la forme originelle 
semble être le P. redinata, que l'on rencontre surtout dans l'Afrique méridionale, mais 
qui s'étend fréquemment jusqu'aux montagnes du nord de l'Abyssinie et du sud de 
l'Arabie. 

On a vu plus haut, k j^ropos du Souchet comestil)le (n° 5), que les Égyptiens ne se 
faisaient pas faute de déposer dans leurs tombes, au lieu de fruits mangeables, des 
fruits sauvages et de mauvaise qualité, appartenant cà des espèces non comestibles. 
Nous avons ici, croyons-nous, un nouvel exemple du même fait. 

D'ailleurs, il existe dans les textes égyptiens deux noms pour le Dattier. L'un d'eux, 
J (]'==• A, désigne le Dattier cultivé; l'autre, û^.!)- désigne^ ou bien la forme 
sauvage du P. dactylifera, ou bien quelque espèce analogue : le P. redinata, par 
exemple, si l'identification de Migliarini est exacte pour les fruits de Florence, et si 
l'opinion de MM. Schweinfurth et Hartmann est juste en ce qui concerne la forme 
originelle du Dattier cultivé. L'arbre [1 1\ () fera l'objet d'une prochaine étude, car 
l'identificalion n'en a pas encore été nettement établie. En attendant, nous pouvons 
admettre <7 /)/70/'ï' que les Égyptiens anciens ont pu avoir deux noms pour le Dattier, 
l'un désignant l'espèce cultivée et l'autre l'espèce sauvage, puisque les Égyptiens 
modernes sont dans le môme cas et désignent l'espèce cultivée sous le nom de Nakhlah 
et l'espèce sauvage sous celui de Ouisdiq ou Ouoschq\ 

9. — OIGNON. ALLIUM CEPA L. * 

Un carton renfermant une centaine d'Oignons {Allium Cepa L.). — L'Oignon, que 
l'on trouve si fréquemment figuré sur les monuments égyptiens, à partir des plus 
anciennes dynasties, a été assez souvent rencontré dans les tombes \ 

Les spécimens du Louvre nous sont parvenus dans un état tout à fait spécial et 
digne d'attention. Ce sont de jeunes bulbes dont les tuniques extérieures ont été 
enlevées et qui n'ont conservé que la partie centrale. De plus, cette partie centrale a été 
torréfiée et se présente avec une coloration brune et une apparence cornée très carac- 
téristiques. Cette particularité peut nous laisser supposer que les tuniques extérieures, 
au lieu d'avoir été détachées intentionnellement, ont été détruites par le feu. L'odeur 
pénétrante d'oignon brûlé est très appréciable encore lorsque l'on brise un de ces 
bulbes. 

La torréfaction, xr (1 , était d'usage, d'après les listes officielles d'offrandes, 



1. A. DiL Candolle, Oruj. des PI. cultic, 1886, p. 240-241; V. Hehn, Kulturpfi. und Hausthiere, 1894, 
p. 273. 

2. G. ScHWEiNFUHTH, ^Qyptens ausicàrtigc Besichungen liiiisichtUch der Culturgeivuc/ise (daas les Ver- 
handl. der Bcrliner Gesellsch.fûr Antliropol., 1891, p. 656 et 669). 

3. P. AscHERSON et G. Schweinfurth, IUu!<tratùon de la Flore d'Egypte, p. 147. 

4. Sans étiquette. 

5. V. LoRET, Flore pharaonique, 2' édil., p. 36, n" 42. 



ÉTUDES DE BOTANIQUE ÉGYPTIENNE 185 

pour le Froment et l'Orge; on n'en trouve, clans ces mêmes listes, aucune mention au 
sujet de l'Oignon. 

10. — LIS BLANC. LILIUM CANDIDUM L. ^ 

Une plante entière de Lis blanc [Lilium candiduni L.), bulbe et feuilles, collée sur 
carton. — Les feuilles de la plante ont été étalées et disposées de façon à simuler une 
fleur. Le carton sur lequel a été collé ce spécimen porte les indications suivantes : 

« Plante liliacée. Scilla obtusifolia? 

» Trouvée sur la poitrine de la momie d'une jeune fille. 

» La Scille à feuilles obtuses est originaire de la Barbarie et a été retrouvée vivante 
dans les bois de la Calle. Desf., Poiret. » 

En réalité, la plante du Louvre n'appartient nullement au genre Scilla, comme le 
montrent la forme et la disposition des écailles du bulbe, mais bien au genre Lilium, et 
à l'espèce L. candidum L. Les écailles comprimées du bulbe sont encore faciles à 
distinguer. C'est un jeune bulbe, d'un an environ, n'ayant pas encore porté de fleurs. 

Le Lis blanc, que l'on trouve à l'état sauvage en Syrie, est très fréquemment nommé 
dans la Bible. Dans l'antiquité classique, on en préparait un parfum célèbre, que les 
Grecs nommaient [i-jpov aojawov, /p-lcrjjia jojatvov, du nom hébreu jtt>ii£> shoushan, de la plante. 
Or, Dioscoride (II, 62), qui nous a transmis la recette assez compliquée de ce parfum, 
nous indique qu'on le préparait surtout en Phénicie et en Egypte. Hippocrate le consi- 
dère même comme exclusivement égyptien (ao'jdtvov o èaxiv h y?i Alyu^Ttr,) ; de même Galien, 
qui le nomme kVpizxwi èXaiov X£■Jxov^ On peut donc en conclure que le Lis était cultivé en 
Egypte au moins dès le V« siècle avant notre ère. 

Le nom égyptien r m ^ soushin, qui répond philologiquement à l'hébreu \ià\t, ne 
s'applique qu'au Lotus blanc [Nymphœa Lotus L.). Mais Dioscoride (III, 106) nous 
donne, comme noms égyptiens du Lis, les mots aL.[i.cpatooù et xialoc,, orthographiés sym- 
phœphos et tialos dans V Herbarium d'Apulée (§ 107). De plus, les traductions coptes 
de la Bible portent tantôt ujwigeit et tantôt g^pHpi comme équivalents de y,^vto''i. Enfin, les 
Scalœ coptico-arabes ne donnent que le nom xpi«o"; dérivé du grec. 

Peut-être tialos a-t-il quelque rapport avec T-g^AnAi ('^-^papi) : le mot égyptien 
w hourourou , en effet, parait s'appliquer parfois à une fleur particulière''. 
Quoi qu'il en soit, il est permis désormais de rechercher le nom du Lis dans les textes 
égyptiens, et Ton peut môme admettre d'avance, sans grande chance de se tromper, que 
les Égyptiens ont introduit la plante dans leur pays à l'époque de l'expulsion des Hyqsos 
et de l'envahissement de l'Asie, c'est-à-dire sous la XVIIP dynastie (XVP siècle avant 
Jésus-Christ). 



1. Sans étiquette. — F. Champ., Catal., L. 164 : « Flkur lili,\cée trouvée sur la poitrine d'une momie; 
cette plante parait appartenir à un genre voisin de celui des colchiques. » 

2. H. Stephanus, Tlidfaurus Uag. grœc, s. v. jojj'.voç. 

'= W Y 

3. Au Grand Papyrus Harris (VII, 12), par exemple, le <c::> XlT lioulr est mentionné, comme nom 

d'espèce, parmi les fleurs odorantes cultivées dans les jardins. 

RECUEIL, XVII. — NOUV. SÉR., I. 24 



186 ÉTUDES DE BOTANIQUE ÉGYPTIENNE 



11. — NARCISSE. NARCISSUS TAZZETA L.^ 

Cinq oignons de Narcisse {N'arcissus Ta^:;eta L.), dont l'un est doré, un autre 
emmailloté d'une étroite bandelette, et les trois autres laissés dans leur état naturel. — 
On n'a encore rencontré qu'à Hawara des restes de cette espèce'. Les oignons de 
Narcisse du Louvre offrent deux formes distinctes. Les uns sont étroits et surmontés 
d'un plateau étalé : ce sont évidemment des oignons ayant déjà fleuri, comme en 
témoigne d'ailleurs l'existence, au milieu du plateau, d'un vide central qui ne peut avoir 
été formé que par la destruction de la hampe florale. Les autres oignons, — parmi 
lesquels se trouve le spécimen doré, — sont pyriformes et ne présentent aucune trace 
de floraison. 

12, — GENÉVRIER. JUNIPERUS PHŒNICEA L ' 

Deux fragments de fruit de Genévrier (Juniperus phœnicea L.). — C'est grâce à un 
intéressant caractère anatomique que nous avons réussi à déterminer ces fragments 
presque informes. La pulpe de la baie du Genévrier est en effet formée de cellules en 
fuseau, épaisses et bourrées de cellulose, que nous avons pu très exactement recon- 
naître dans les spécimens du Louvre. 

Les fruits du Genévrier, nommés <=> par les anciens Égyptiens et connus 

rrr-i III ^ ^-^ ^ 

dans les textes dès le commencement de la XVIIP dynastie (Papyrus Ebers), ont été 
souvent rencontrés dans les tombes*. 

13. — CÈDRE. CEDRUS LIBANI Barr. ' 

Un cône de Cèdre (Cedrus Libani Barr.) mesurant 8 cent, dé hauteur, ce qui est la 
dimension normale du fruit. — Différents produits du Cèdre ont déjà été trouvés dans 
quelques tombes égyptiennes: sciure ayant servi à la momification, vernis recouvrant 
des cercueils de bois et composé de résine de Cèdre et d'huile de naphte, colophane 
formant la matière d'amulettes diverses'. De plus, M. Bonastre a très soigneusement 
étudié et décrit de la résine de Cèdre, en partie intacte, provenant de coffrets égyptiens 
élégamment ornés qui appartenaient à la collection de M. Drovetti'. Mais jamais 
jusqu'ici, dans les tombes de l'ancienne Egypte, on n'avait encore découvert de parties 
de l'arbre. 



1. Le support de ces spécimens porte l'indication : N. 1410. L'un des trois Oignons laissés à l'état naturel 
est marqué du n" 1206. 

2. V. LoRET, Flore pharaonique, 2« édit., p. 40, n" 50. 

3 Sans étiquette. — La minuscule assiette dans laquelle se trouvent ces fragments contient aussi une 
petite Lentille que nous examinerons plus loin (n° 25). 

4. V. LoRET, Flore pharaonique, 2' édit., p. 41, n" 51. 

5. N. 1400. — Une autre étiquette, jointe à la première, porte le n° 62. 

6. V. LoRET, La Flore pharaonique, 2" édit., p. 42, n" 52. 

7. M. Bonastre, Recherches chimiques sur quelques substances cégétales troucées dans l'intérieur des 
cercueils de momies égyptiennes, dans le Journal de Pharmacie, t. XIV, 1828, p. 435. 



ÉTUDES DE BOTANIQUE ÉGYPTIENNE 187 

La recherche du nom égyptien du Cèdre a donné lieu à de nombreux travaux qui 
n'ont pas encore réussi à éclaircir complètement la question. Le nom le plus vraisem- 
blable paraît être M j A. nom qui se serait conservé dans le copte «fie; le mot A, 
que l'on a cru pouvoir rapporter au Cèdre, ne s'est pas encore rencontré dans des textes 
assez probants pour que cette identification puisse être considérée comme indiscutable. 

14. — PIGNON. PINUS PINEA L.^ 

Ln Pignon, ou cône de Pin-pinier {Finies Pcnea L.)\ — Deux cônes de même genre 
avaient déjà été trouvés par Mariette, à Drah-abou'l-neggah, dans une tombe de la 
XII® dynastie'. Flinders Pétrie en a également rapporté de la nécropole de Hawara, à 
l'entrée du Fayoum (époque gréco-romaine)'. 

Le nom du Pin-pinier n'a pas encore été rencontré dans les Scalœ coptes. Le nom 
hébreu de cet arbre est p.s% mot qui peut avoir donné naissance au mot égyptien 

J /WWV\ _^^ AA/WV\ . I 

ni ^ V '' ^1^^® ^'^^ trouve mentionné, à côté des noms du Cyprès et du Cèdre, 

dans la description d'un site de Palestine ^ Mais cette identification n'est pas absolument 
certaine, car il se trouve plusieurs noms hébreux, — h''^, rhvi (térébinthe), n^K, |i'?«, p"?"» 
(chêne), — que l'on pourrait également rapprocher du mot hiéroglyphique Arrouna. 
Pourtant, ce mot Arrouna se trouvant placé entre deux noms de Conifères, et le texte 
égyptien représentant ces trois espèces d'arbres comme « atteignant jusqu'au ciel », 
nous inclinons à penser, — comme l'avait déjà fait J. Lauth', — qu'il s'agit plutôt du 
Pin-pinier, qui appartient aux mêmes régions que le Cèdre et le Cyprès, et qui est d'une 
hauteur bien plus considérable que le Térébinthe ou le Chêne de Palestine. 

15. — PEUPLIER DE l'euphrate. POPULUS EUPHRATICA Oliv. ' 

Fragment de guirlande. — La guirlande à laquelle appartenait ce fragment était 
composée, comme la plupart des guirlandes funéraires retrouvées jusqu'ici, d'un lien 
sur lequel étaient montées des feuilles plusieurs fois repliées sur elles-mêmes ; sur ces 
feuilles étaient attachées de petites fleurs. Nous étudierons plus loin les fleurs (n° 22) ; 
nous n'avons pour le moment qu'à nous occuper des feuilles. 

Ces feuilles appartiennent, non pas au genre Salix, comme la plupart des feuilles 
de guirlandes qu'a déterminées G. Schweinfurth, mais bien certainement au genre 
Popidus. A cause des caractères de la nervation et de l'absence absolue de poils, nous 



1. N. 1399. 

2. M. Bonastre, à qui le renseignement a probablement été fourni par Champollion, déclare que ce spécimen 
provient d'un hypogée de Thèbes (Journal de Pharmacie, t. XIV, 1828, p. 434). 

3. G. Schweinfurth, Neue Boitràge sur Flora dos alten JEgyptens, p. 544; Ueber P/lanzenreste aus alt- 
âgyptischen Grdbern, p. 369; Notice sur les restes de oégétauœ de l'ancienne Egypte contenus dans une armoire 
du Musée de Boulaq, pp. 4-5. 

4. Fl. Petrik, Haccara, Biahmu and Arsinoë. 

5. E. RosENMÙLLER, BibUschc Naturgeschichte, t. I, pp. 242-244. 

6. Pap. Anastasi I, 19/3. 

7. Zeitschr. dcr deutsck. morgenlund. Gesellsch., 1871, p. 620. 

8. N. 1425. 



188 ÉTUDES DE BOTANIQUE ÉGYPTIENNE 

ne croyons pas qu'il soit possible de les rapprocher d'une autre espèce que le P. eupJira- 
tica Oliv. (syn. P. diversifolia Schrenk). La ressemblance est frappante quand on 
examine ces restes avec une grande attention. 

Plusieurs faits, au surplus, viennent renforcer cette détermination : 

1° Fr. Unger a cru pouvoir attril)uer au genre Populus deux fragments de bois 
trouvés dans une brique de Tell-el-Yahoudi^ ; 

2° Théophraste {Hist. Plant., IV, 8) nous apprend que le Peuplier blanc se rencon- 
trait sur les bords du Nil, mais non en très grande abondance; 

3° Les Scalœ coptes (n° 27) mentionnent le nom ni-opKô.noii (var. m-opuonon) =: 
j^lj Populus alba L. 

4^ Enfin, le P. euphratica est la seule espèce du genre Populus que l'on rencontre 
en Egypte à l'état spontané: P. Ascherson, en effet, l'a signalé dans la Petite-Oasis*. 

IG. — SYCOMORE. FICUS SYCOMORUS L. » 

Deux figues de Sycomore {Ficus Syconwrus L.). — Les fruits du Sycomore ont été 
trouvés en grande quantité dans les tombes égyptiennes de toutes les époques, et il s'en 
trouve en abondance des spécimens dans presque tous les musées égyptiens. 

17. — RICIN. RICINUS COMMUNIS L.* 

Soixante-douze graines de Ricin {Ricinus communis L.), de petite espèce. — Les 
musées égyptiens de Vienne et de Berlin^ ainsi que celui de Gizéh, renferment des 
graines semblables \ Il se trouve également à la Bibliothèque Nationale, au Cabinet des 
médailles, une grande quantité de graines de Ricin qui proviennent très vraisemblable- 
ment de la collection de végétaux pharaoniques rapportée autrefois d'Egypte par 
F. Cailliaud. 

18. — MiMusops. MIMUSOPS SCHIMPERI Hochst.' 

Cinq fruits entiers et trois graines. — Des fruits de Mimusops existent aux Musées 
égyptiens de Berlin, de Florence, de Leydc, de Londres et de Gizéh, ces derniers, de 
même que ceux du British Muséum, provenant de tombes de la XII<^ dynastie \ 

On a, pour l'identification de l'espèce, hésité entre le Mimusops Elengi L., le 
M. Kummel Hochst. et le M. Schimperi Hochst. Cette dernière espèce, originaire 
d'Abyssinie, semble être celle que cultivaient les anciens Égj'ptiens. 

Les fruits du Louvre constituent de beaux exemplaires fort bien conservés; ils sont 



1. V. LoRET, Flore pharaonique, 2« édit., p. 43-44, n» 56. 

2. P. Ascherson et G. Sciiweinfurth, Illustration de la Flore d'Egypte, n" 989. 

3. N. 1416. — Champ., Catal., L. 177. 

4. L'étiquette porte: « N" 64, C. 33. » — Champ., Catal., L. 169. 

5. V. LoRET. La Flore pharaonique. 2' édit., p. 49, n" 64. 

6. N. 1417. — Champ.. Catal., L. 167. 

7. V. LoRET, La Flore pharaonique, 2° édit., n" 98, p. 61-63. 



ÉTUDES DE BOTANIQUE ÉGYPTIENNE 189 

très nettement pyriformes. Mais les fruits des différentes espèces de Mimusops ont été 
trop insuffisamment décrits, par les botanistes pour que nous puissions faire autrement, 
à propos des spécimens du Louvre, que de nous en rapporter à l'opinion de G. Schwein- 
furth, qui a étudié des Mimusops antiques accompagnés de leurs branches feuillues et 
qui les a considérés comme appartenant à l'espèce M. ScJiimperi. 

19. — GOURDE. LAGENARIA VULGARIS Ser.^ 

Une Gourde [Lagenaria vulgaris Ser.) évidée. — Des Gourdes ont déjà été ren- 
contrées dans les tombes égyptiennes : à Drah-abou'1-neggah (XII® dyn. ) par 
G. Schweinfurth', et à Hawara par Flinders Pétrie'. La Gourde du Louvre, qui 
présente l'aspect d'une grosse orange un peu aplatie horizontalement, est ornée de 
dessins géométriques tracés à la pointe et porte un semblant d'inscription hiérogly- 
phique que l'on peut reproduire à peu près ainsi : 



^f) 



1) (""'^ KnJ- 



Cette inscription, qui décèle évidemment un auteur tout à fait ignorant des hiéro- 
glyphes, ne prouve rien contre l'origine antique du fruit. Cette Gourde, en effet, a pu 
être décorée de signes dessinés au hasard du souvenir par quelque amateur plus artiste 
que lettré qui a pensé qu'une suite de caractères hiéroglyphiques, même dénués de 
signification, parachèverait avantageusement l'ornementation de l'objet. 

Le spécimen du Louvre se rapporte assez bien, mais en plus petit, à la forme de 
Lagenaria qu'on appelle communément Gourdeplate de Corse. 

20. — GRENADIER. PUNICA GRANATUM L.* 

Deux Grenades {Punica Granaium L.) entières et une cassée en deux. — Une 
étiquette collée sur le socle qui supporte ces fruits porte le mot « Rubiagée? ». Sous les 
fruits se trouve un papier portant ces mots : 

« (Clot-bey, C. 33, 60) 

Psidium ? 

(Désignation de M. Decaisne). » 

Ce sont bien des Grenades, de petite taille, et non des fruits de Psidium. L'impres- 
sion laissée par les graines, sur la paroi interne du fruit ouvert en deux, ne laisse aucun 
doute à cet égard. 



1. N.1405. 

2. G. ScHWEiNFURTH, Notice sur les restes cégétatiœ, p. 8; Ueber PJlanzenreste, p. 361, ii° 12. 

3. V. LoRET, La Flore pharaonique, 2' édit., p. 74, n» 126. 

4. N. 1414. — Champ., Catal., L. 166. — M. Bonastre, Recherches, p. 431 : « De l'écoice de Grenade... a 
été soumise au même traitement dans l'eau, » — c'est-à-dire broyée et bouillie : — « la teinture d'iode a été 
sans action; mais une dissolution des sels de fer peroxydes a occasiouné sur-le-chani]) un précipité noir très 
abondant. » 



190 ÉTUDES DE BOTANIQUE ÉGYPTIENNE 

Lu Grenade, introduite d'Asie en Egypte à l'époque des x\hmessides, y a conservé 
son nom sémitique Arhmani (hébreu Rimmoun, arabe Roummân, copte Erman et 
Herman, hevhbre Arrnoun). Les Grenades trouvées dans les tombes égyptiennes sont 
toujours de petite espèce, comme celles du Louvre, ce qui semblerait prouver que le 
Grenadier prospérait peu sur les bords du Nil'. 

21. — MACRE. TRAPA NATANS L.' 

Un fruit de Macre ( Trapa natans L.), ou Châtaigne d'eau. — C'est la première fois 
que l'on trouve cette espèce dans les collections égyptiennes. Le T. natans, d'après 
E. Boissier, se trouve à l'état spontané dans une grande partie de l'Europe, au Caucase, 
en Perse, ainsi que dans l'Afrique boréale et tropicale'. Jamais, en tout cas, aucun 
botaniste moderne n'a, à notre connaissance, remarqué l'espèce en Egypte. 

Théophraste décrit le T. natans, très soigneusement et très longuement, sous le 
nom de xpîooXoç; il l'indique comme se rencontrant surtout dans les eaux du Strymon*. 
Dioscoride, qui nomme la plante TpfêoXo; È'vjSpoî et en signale les noms vulgaires poj/.icpaXo; 
et -Tjpôxcoto;, développe ainsi le renseignement fourni par Théophraste : « Les Thraces 
qui habitent les bords du lleuve Strymon nourrissent leurs chevaux de la plante fraîche ; 
du fruit, qui est doux au goût et nourrissant, ils pétrissent une pâte qu'ils mangent en 
guise de pain'. » Enfin, Pline, avant d'énumérer les propriétés médicinales de la Macre 
et de reproduire la même indication que Dioscoride au sujet de l'abondance de cette 
plante dans le Strymon", consacre au T. natans les quelques lignes suivantes : 
« Tribulus non nisi in palustribus nascitur, dira res alibi, juxtaNilum et Strymonem 
amnes excipitur in cibis, inclinatus in vadum, folio ad efîigicm ulmi, pcdiculo longo'. » 

Il semble permis d'en conclure que la Macre croissait autrefois en Egypte et que 
c'est dans le Nil môme qu'a été récolté le fruit du Louvre, d'autant plus que Diodore, 
lui aussi, paraît mentionner la plante parmi les productions du fleuve égyptien. Dans sa 
traduction de Diodore, en effet, F. Hœfer, auteur d'une Histoire de la botanique 
estimée, voit dans la phrase suivante, relative à la flore d'Egypte, la description de la 
Macre : « Enfin on y voit des espèces de ronces dont le fruit, appelé myxarion, se 
recueille après la retraite des eaux, et qui, à cause de sa douceur, est mangé aux 
secondes tables (dessert). » Hœfer commente ce passage par la note suivante : « Les 
commentateurs sont peu d'accord sur l'interprétation de pàxx y.aXojaevx .aJ^âpta. Les uns y 
voient des poissons, les autres des fruits d'une plante particulière. Je suis disposé à 
partager cette dernière opinion. Peut-être les [jij^àpta sont-ils les fruits du Trapa natans, 
connus sous le nom de Macres ou Châtaignes d'eau*. » 



1. V. LoiiET, La Flore pharaonique, 2' édit., n° 131, p. 76-78. 

2. N. 1428. 

3. E. Boissier, Flora or ient,alis, t. II, pp. 753-754. 

4. Historia Plantarum, IV, 9. 

5. Diosc, De Mat. inodic, IV, 15. 

6. Pl., Hist. nat., XXII, 12. 

7. Ibid., XXI, 58. 

8. F. Hœfkr, BLbUothùque historique de Diodore de Sicile, Paris, 1865, t. I, p. 39, n' 3. 



ÉTUDES DE BOTANIQUE ÉGYPTIENNE 191 

Il est bien certain, comme le pense Hœfer, qu'il ne s'agit pas de poissons dans le 
texte de Diodore, mais bien de \'ëgétaux, car toute cette partie du livre a trait exclu- 
sivement aux plantes d'Egypte. Mais, en consultant le texte même de l'auteur grec, 
nous avons constaté avec étonnement que le terme (zu^âpia, objet de la discussion, ne s'y 
trouve pas. On n'y lit en effet que ces mots : xà 81 fJàxa xaXo'jjjisva a'jvàYExai [iv/ xaxà xr,v 

àitoj(^tôpT)atv xo'j TTOxafJio'j, etC. 

Il y aurait là une question d'établissement de texte à étudier; mais, quoi qu'il en 
soit^ si l'appui de Diodore vient nous manquer en partie, le témoignage de Pline est 
suffisamment précis en lui-même pour que, sans nous attacher à rechercher quelle en 
peut être l'autorité, nous ayons quelque droit d'en conclure, après la découverte d'un 
fruit de Macre dans une tombe égyptienne, que les Égyptiens avaient très probablement 
le T. nataris dans leur pays. 

Le nom de la Macre n'a pas encore été rencontré dans les Scalœ coptes, qui ne 
mentionnent, sous le nom «.poore, que le Tribulus terrestre et non pas le Tribulus 
(Trapa) aquatique des auteurs classiques. Cette plante n'est pas nommée en hébreu 
dans la Bible et elle n'est pas citée, non plus, par les auteurs arabes, 

M. Bonastre, étudiant au point de vue chimique le fruit du Louvre, a constaté que 
« l'amande, pleine de fécule, bleuit encore par l'iode' », 

22. — ACACIA. ACACIA TORTILIS Hayne,* 

Fragment de guirlande. — Les fleurs appartenant à cette guirlande, déjà décrite 
plus haut (n° 15), sont certainement les fleurs d'une espèce d'Acacia. A première vue, 
on pourrait les prendre pour des fleurs de Cassie {Acacia Farnesiana Willd.); mais les 
bractées qui accompagnent les fleurs du Louvre sont trois fois plus développées que 
dans VA. Farnesiana. En comparant avec les spécimens soumis à nos recherches des 
échantillons des divers Acaa'a qui croissent aujourd'hui en Egypte, nous n'avons trouvé 
jque VA. toiHilis Hayne dont les bractées, en forme de spatule, puissent se rapporter 
exactement, pour l'aspect et pour les dimensions, aux bractées des fleurs de la guir- 
lande du Louvre, 

23. — ACACIA. ACACIA HETEROCARPA Del.* 

Cinq gousses de V Acacia lieterocarpa Del. (synon. Acacia Stephaniana Bieb., 
Lagonychium Stephanianum Bieb., Mimosa micranthaYAUL., Prosopis bracJiycarpa 
Boiv., P. Stephaniana Spr,). — Un papier réuni à ces spécimens porte, signée du nom 
de Decaisne, l'indication : Alhagi Maurorum Tourn. Cette détermination est inexacte, 
mais Decaisne lui-même, — ou peut-être Bonastre, — a dû faire la rectification assez 
vite, puisque ces fruits se trouvent portés au Catalogue de Champollion sous le nom 



1. DiODORi SicuLi Bibllothecœ historicœ quœ supcrsunt. éd. C. Mûller, Parisiis, 1878, lib. I, cap. 34/9. 

2. M. Bonastre, Recherches chimiques sur quelques substances cégétales troucées dans l'intérieur des 
cercueils de momies égyptiennes, dans le Journal de Pharmacie, t. XIV, 1828, p. 434. 

3. N. 1425. 

4. N. 141.=). — Champ., Catal.. L. 171. 



192 ÉTUDES DE BOTANIQUE ÉGYPTIENNE 

A. heterocarpa. Ce sont bien, en effet, de façon indiscutable, des gousses de cette espèce 
à.' Acacia, que l'on rencontre encore par toute l'Egypte, surtout dans les Oasis et dans 
les régions désertiques. 

24. — LENTILLE. ERVUM LENS L.' 

Trois Lentilles {Ervurn Lens L.) placées dans un petit récipient plat et creusé, en 
forme de i'^d::^. — La Lentille égyptienne, surtout celle de Péluse, a été célèbre de 
toute antiquité. Pline en signale deux variétés : Duo gênera ejus in JEgypto, alterum 
7'otundius nigriusrjue, alterum sua figura {H. N'., XYIU, 31). Cependant, on n'avait 
encore rencontré jusqu'ici la Lentille que dans une seule tombe (Drali-abou'i-neggah, 
XII^ dyn.), sous la forme d'une boule de bouillie grosse comme le poing, dans laquelle 
on a pu isoler et reconnaître quelques graines entières. Ces graines mesurent quatre 
millimètres seulement de diamètre et ne diffèrent en rien de l'espèce que l'on vend 
communément de nos jours sur les marchés d'Egypte*. 

Les trois Lentilles du Louvre sont intactes, n'ayant pas été cuites. Elles sont de 
très petite taille, comme celles dont nous venons de parler, et se rapportent à la variété, 
— cultivée parfois dans certaines régions du nord et de l'est de la France, — que l'on 
nomme Lentille rouge, Lentillon ou Lentille à la reine. 

25. — LENTILLE. ERVUM LENS L.' 

Une Lentille {Ervum Lens L.) mêlée à deux fragments de fruit de Genévrier 
étudiés plus haut (n° 12). — Cette Lentille est exactement semblable aux trois échan- 
tillons décrits sous le numéro précédent. Peut-être provient-elle de la même trouvaille 
et n'a-t-elle été séparée des trois premières que par suite d'une erreur de rangement. 

26. — ABRUS. ABRUS PRECATORIUS L.* 

Quatre graines d'Abrus precatorius L. — Comme taille, comme situation et forme 
du hile, comme épaisseur du testa, et enfin comme structure des cotylédons, ces quatre 
spécimens sont absolument identiques aux graines de VA. precatorius. Ces graines, 
que l'on emploie communément, sous le nom de Pois d'Amérique, à la décoration de 
menus objets de fantaisie, sont ordinairement rouge maculé de noir. Cependant, il en 
existe de brunes, de rousses, de jaunes et de blanches (D. C.^ Prodr., II, 381). Celles du 
Louvre sont brunes^ presque noires. 

L'^. precatorius est originaire des Indes orientales, mais il s'est rapidement 
répandu en Afrique et en Amérique. Ni Forskal, ni Schweinfurtli ne le mentionnent 



1. N. 1429. 

2. G. ScHWEiNFURTH, Ncue Beitrâgc sur Flora des alton ^gyptens, p. 546; Notice sur les restes de 
végétaux de Vanciennc Egypte, p. 5; Ucber PJïansenreste ans altàgyptisc/ien Gràbcrn, p. 362. 

3. Sans étiquette. 

4. Sans étiquette. Un papier qui accompagne ces fruits porte la mention : « Graines d'.\cacia du Nil. » 



ÉTUDES DE BOTANIQUE ÉGYPTIENNE 193 

dans leurs Flores d'Egypte. Les naturalistes gréco-latins n'en ont pas parlé. Les auteurs 
arabes n'en parlent pas non plus, ou du moins la plante n'a pas encore été, à notre 
connaissance, reconnue dans leurs écrits. Il pourrait en résulter un certain doute au 
sujet de notre détermination si, d'une part, les caractères botaniques de VA.precatorius 
ne concordaient exactement avec ceux des échantillons du Louvre et si, d'autre part, 
Delile et Prosper Alpin n'avaient mentionné la plante dans leurs ouvrages. 

Delile, en effet, dans sa Florœœgyptiacœ illustratio, n° 656, écrit : « Abrus preca- 
torius LiNN. In ^gypto ex Alpino et Hasselq. Semina in hortis quandoque sata. » 
Prosper Alpin donne la figure de la plante, qu'il nomme Phaseolus rubei^ Abrus 
vocatus, et en décrit les graines rouges ponctuées de noir, en ajoutant que les jeunes 
Égyptiennes en font des perles pour leurs colliers et que le peuple les mange cuites au 
jus, comme les haricots, dont elles ont le goût'. 

Les graines du Louvre nous ont fait songer à certaines graines analogues décou- 
vertes par Maspero dans une tombe de Gébéleïn (époque gréco-romaine) et décrites en 
cestermesparG. Schweinfurth : « Une série de petites graines noires et luisantes enfilées 
sur un fil et servant à un ornement quelconque. La détermination de ces graines dont 
l'analyse de l'embryon seul donnerait la clé est rendue extrêmement difficile par suite de 
la perforation. Les graines sont aplaties, orbiculaires etacuminées en une courte pointe. 
Leur longueur et largeur correspond à trois millimètres, l'épaisseur à un millimètre. 
Elles ressemblent à plusieurs égards aux graines de Cassia Absiis L., une mauvaise 
herbe du Soudan dont les graines se vendent sous le nom de chichm au bazar des Dro- 
guistes", au Caire et à Alexandrie, comme remède ophtalmique très apprécié chez les 
indigènes'. » 

L'emploi de ces graines comme perles de collier concorde bien avec l'emploi des 
graines de l'A. precatorius que nous indique Prosper Alpin pour les Égyptiennes de son 
temps. Peut-être, si une étude comparée était possible, les trouverait-on semblables à 
celles du Louvre. 

27. — JUJUBIER ARABE. ZIZYPHUS SPINA- CHRISTI Willd.* 

Six fruits de Jujubier arabe (Zi^yphusSpina-ChnstiWihLD.). — Le doute ne semble 
pas possible quant à l'espèce. La base du calice persistant ofïre le caractère particulier 
d'être légèrement velue, ce qui ne se rencontre pas dans le Z. Lotus Lam., espèce avec 
laquelle Bonastre avait identifié les fi'uits du Louvre. Le Z. Spina-Christi a été ren- 
contré souvent dans les tombes égyptiennes'. 



1. p. Alpini, De Plantis ^gijpU liber, Venetiis, 1592, fol. 31-32. 

2. A. FiGARi-BEY, Studii scientijlci sulV Egitto e sue adiacense, t. II, p. 375. 

3. G. Schweinfurth, Les dernières découcertes botaniques dans les anciens tombeaux de l'Egypte, p. 38; 
Die letsen botanischen Entdeckungen in den Gràbern yEgyptens, p. 4. 

4. N. 1426. — Champ.. Catal., L. 163. — M. Bonastre, Recherches, p. 434, n" 11. 

5. V. LoRET, Flore pharaonique, 2' édit.. p. 98, n" 166. 

RECUEIL, XVII. — NOUV. SÉR., I. 25 



194 ÉTUDES DE BOTANIQUE ÉGYPTIENNE 



28. — JUJUBIER COMMUN. ZIZYPHUS VULGARIS Lam.' 

Fragment de noyau de Jujubier commun [Zhyphus vulgaris Lam.). — Ce fragment 
n'appartient certainement ni au Z. Spina-Christi ni au Z. Lotus. Il semble bien, par 
contre, se rapporter au Z. vulgaris. 

Le Z. Spina-Christi et le Z. vulgaris sont les deux seules espèces de Zizyphus que 
l'on ait rencontrées dans l'Egypte moderne. Le premier s'y est répandu depuis l'anti- 
quité au point de pouvoir y être considéré aujourd'hui comme subspontané; le second, 
seulement cultivé dans les jardins du Caire et d'Alexandrie, est néanmoins d'introduc- 
tion ancienne, car son nom, ^.jb;, se trouve dans les Scalœ copto-arabes à côté des noms 

de la première espèce, ja- et jJ. 

La rareté de la présence du Z. vulgaris dans les tombes antiques, — le spécimen du 
Louvre est le seul qu'on ait signalé jusqu'ici, — comparée aux nombreux échantillons de 
Z. Spina-Chri.sti que l'on a découverts dans les mêmes tombes, semble montrer, pour 
cette dernière espèce, ou bien une introduction beaucoup plus ancienne, ou bien une 
prédilection beaucoup plus grande de la part des Égyptiens. Les 5ca/a? viennent confir- 
mer cette manière de voir^ car, si elles portent, pour le Z. Spina-Christi, plusieurs noms 
dérivés certainement de l'ancien égyptien (KHne^pi, kAh, xp<J^o'«'ni). ^^Ics n'ont, pour le 
Z. vulgaris, que la transcription de son nom grec (^i7i«|^«., '^ir^e«ç*.coT). 

29. — RAISIN. VITIS VINIFERA L.* 

Une trentaine de Raisins ( Vitis vinifera L.). — Les Raisins du Louvre appartiennent 
à cette race de Vigne portant des fruits à peau épaisse et à grosses graines que l'on cultive 
communément dans le Midi. Des Raisins, datant de toutes les époques, font partie de 
presque toutes les collections égyptiennes'. 

30. — CITRON. CITRUS LIMONUM Risso* 

Un fruit de Citronnier {Citrus Limonum Risso). — Bonastre et Decaisne avaient 
déjà identifié ce fruit. Les recherches chimiques de Bonastre l'ont amené aux constata- 
tions suivantes : « Cette espèce de fruit coupée en morceaux a été macérée dans l'eau 
distillée froide. Le macéré filtré était excessivement acide, il rougissait le papier bleu de 
tournesol : en y projetant peu à peu de la craie en poudre, il s'y produisit une vive 
effervescence due au dégagement de l'acide carbonique, et il y eut une formation d'un 
sel calcaire insoluble. Ainsi il est donc présumable que ce Citron avait conservé depuis 
des siècles une partie des acides qu'il contenait'. » 



1. Sans étiquette. 

2. N. 1420. — Champ., Catal., L. 161 : « Raisins de l'espèce dite de Damas; » L. 162 : « Raisins dits de 
Corinthe. » — M. Bonastre, Rech., p. 434 : « Raisins noirs et de Corinthe, Vitis cini/era et apyrena. » 

3. V. LoRET, Flore pharaonique, 2' édit., p. 99, n" 167. 

4. Sans étiquette. 

5. M. Bonastre, Recherches chimiques sur quelques substances cégctales troucées dans l'intérieur des 



ÉTUDES DE BOTANIQUE ÉGYPTIENNE 195 

L'examen que fit Decaisne du fruit du Louvre a été rapporté par J. Clément-Mullet 
dans la note suivante : « Dans une visite faite au Louvre, galerie égyptienne, en com- 
pagnie de M. Decaisne, le savant professeur a constaté l'existence d'un Cit/'us. Mais à 
quelle époque de l'antiquité pouvait-on le faire remonter? Ce qu'il y a de certain, c'est 
qu'il avait été trouvé dans un sarcophage égyptien, fait important à constater'. » 

Comme l'identification de ce fruit est extrêmement importante pour l'histoire de la 
botanique, nous l'avons soumis à un très minutieux examen, bien que nous n'ayons pu 
obtenir l'autorisation de le couper. C'est bien certainement un Citron (Càrus Limonum 
Risso), sur le péricarpe duquel on peut distinguer assez nettement dix côtes. Parmi les 
Citrons qu'a réunis Poiteau dans s2iPomologie, c'est celui qui se trouve figuré au t. II, 
pi. 274 de cet ouvrage, qui ressemble le plus au fruit du Louvre. Le fruit égyptien n'a 
ni la forme allongée, ni les apophyses irrégulières qui caractérisent le Cédrat, et il 
n'appartient certainement pas à cette espèce. 

On sait que la seule Aurantiacée qu'aient connue et décrite les auteurs classiques est 
le Cédrat {Citriis Cedra Ferr.), auquel ils donnaient les noms de [jltjXov [jirjStxàv, [jir,Xov irep- 
<Ttxov, x£8p6[jLT)Xov, xitptov, malutn medicum, nialum citreum, citrium*. Les historiens de la 
botanique attribuent généralement aux Arabes, — qui l'auraient tiré de l'Inde par l'in- 
termédiaire de la Perse, — l'introduction du Citronnier en Afrique et en Europe, et 
rapportent cette introduction au X^ siècle de notre ère'. La découverte d'un Citron dans 
une tombe égyptienne vient remettre en question ce point de l'histoire des Aurantiacées. 

Certes, avant d'essayer de tirer des conclusions quelconques de la présence d'un 
Citron dans une collection égyptienne, il importe de s'entourer de précautions fort 
grandes. On est en droit, en effets de se poser tout d'abord les quelques questions 
suivantes : 

1° Est-il bien certain que le fruit a été trouvé dans une tombe égyptienne? Qui l'a 
découvert, et où? N'a-t-il pu être fourni à un explorateur par quelque Arabe C[ui, l'ayant 
tiré de son propre garde-manger, aurait affirmé l'avoir rencontré dans une sépulture 
antique ? 

2° En admettant que le fruit provienne d'une tombe antique, il serait important de 
savoir quel était l'état de cette tombe. Etait-elle vierge, ou avait-elle déjà été visitée et 
fouillée? Avait-elle été récemment ou anciennement habitée par des Arabes ? 

3° Enfin, si le fruit a été trouvé dans une tombe intacte et que l'authenticité en soit 
par cela même assurée, cette tombe était-elle d'époque pharaonique, d'époque grecque, 
d'époque romaine, ou même d'époque byzantine? 



cercueils de momies égyptiennes [Journal de Pharmacie, t. XIV, 1828, p. 433). — Le fruit du Louvre étant 
absolument intact, il est certain que le musée en possédait deux lors de sa création, et que l'un d'eux fut 
confié à Bonaslre, qui le coupa et négligea, — bien à tort, car cela eût facilité aujourd'hui certaines re- 
cherches d'anatomie botanique, — d'en restituer les fragments au Louvre. 

1. J. Clément-Mullet, Études sur les noms arabes de diverses familles de végétaux (Journal Asiatique, 
1870. t. XV, p. 37). 

2. A. DE Gandolle, Origine des Plantes cultivées. Paris, 1886, p. 143; V. hoK¥.T, Le Cédratier dans 
l'antiquité, Paris, E. Leroux, 1891, pp. 22-26; V. Hehn, Kulturpfianzcn und Hausthiere, Berlin, 1894, 
pp. 434-435. 

3. A. DE Candolle, loc. cit., p. 144; V. Hehn, loc. cit., p. 435. 



196 ÉTUDES DE BOTANIQUE ÉGYPTIENNE 

Les archives du Musée égyptien du Louvre ne permettent malheureusement de 
répondre à aucune de ces questions. Nous ne pouvons donc, pour considérer ce Citron 
comme authentiquement antique et égyptien, que nous en rapporter à la bonne foi de 
ChampoUion, qui l'a enregistré dans son Catalogue du Louvre (L. 165)\ 

D'ailleurs, les Scalœ coptes mentionnent le Citron (1,'^«-!), auquel elles donnent le 
nom de KopTumoc, uopT-yxioc, mot d'apparence grecque; à la suite de ce nom vient, dans 
les mêmes Scalœ, le terme -xe-xpe, traduit par l'arabe J,o\.»^ , qui désigne une variété de 
Citron à fruit conique et à pulpe très acide'. Ce mot -xe-xpe étant bien certainement 
d'origine égyptienne, il se peut qu'on en puisse conclure, étant donné le fruit du Louvre, 
que les Égyptiens ont connu le Citron bien plus tôt qu'on ne le pensait jusqu'ici. 

3L — BALANiTE. BALANITES .tEGYPTIACA Del.' 

Trois fruits du Balanites œgyptiaca Del. — Une étiquette, collée sur le petit socle 
qui supporte ces fruits, les nomme « Myrobolans d'Egypte ». Le Catalogue de Cham- 
poUion (L. 160) fait suivre ce terme inexact de la dénomination correcte de l'espèce : 
« Myrobolans d'Egypte, Balanites œgyptiaca. » En 1638, J. Vesling, le commentateur 
de Prosper Alpin, confondait déjà le B. œgyptiaca avec le Myrobolanus Chebulus\ 
Cette confusion a persisté longtemps et a même duré quelque temps encore après la 
description minutieuse qu'a faite Delile de ce fruit, au commencement du siècle'. 
M. Bonastre, dans ses Recherches (pp. 431-432), écrit les lignes suivantes à propos de 
l'un de ces fruits du Louvre : « Un fruit, celui du Balanites œgyptiaca, .... fruit qui 
par parenthèse n'appartient, ainsi que l'avance le Codex, à aucune des espèces connues 
de myrobolans des pharmaciens. . . . Ce fruit a été traité de la môme manière que ci- 
dessus (c.-à-d. broyé et bouilli dans l'eau distillée); le macéré aqueux n'a point donné de 
précipité vert, noir, ni bleu foncé par les mêmes dissolutions ferrugineuses (c.-à-d. par 
le peroxyde de fer). Ce fait indique clairement qu'on ne peut rapporter le fruit du 
Balanites aux myrobolans citrin, chébule ou belliric, dont le plus simple macéré donne 
un précipité noir très foncé par l'addition de quelques atomes d'une dissolution de sels 
de fer. » 

C'est par centaines que l'on a trouvé les fruits du B. œgyptiaca dans les tombes 
égyptiennes, à partir de la XII*' dynastie. Les échantillons du Louvre diffèrent des 
échantillons du B. œgyptiaca moderne cj[ue l'on trouve dans nos collections d'histoire 
naturelle. Les fruits anciens sont beaucoup plus allongés. Peut-être appartiennent-ils à 
une forme particulière. De Candolle {Prodr., U 708), en effet, cite une variété p ferox, 
« putamine acutiore angustiore », dont la description conviendrait bien aux spécimens 



1. Champollion le Jeune, Notice desci-iptice des monumens égyptiens du Musée Charles X, Paris, 1827: 
p. 97. 

2. V. LoRET, Le Cédratier dans l'antiquité, p. 38. 

3. N. 1412. 

4. F. Alpini, Historia naturalis jEgypti, Lugd. Batav., 1735, t. II, p. 205. 

5. Description de l'Egypte, t. XIX, pp. 263-280. 



ÉTUDES DE BOTAiNIQUE ÉGYPTIENNE 197 

du Louvre. Mais il ajoute : « In Santo- Domingo , ubi verisimiliter a Nigritis 
introducta. » 

Il serait curieux que le Balanites de Saint-Domingue, s'il a été effectivement 
importé des rives du Nil, ait conservé dans sa nouvelle patrie la forme égyptienne 
antique, tandis que celle-ci s'est modifiée dans son propre pays d'origine. 

32. — BAOBAB. ADANSONIA DIGITATA L. ' 

Un fruit de Baobab, mesurant une vingtaine de centimètres de longueur. — La 
taille moyenne du fruit de VA. digitata étant d'environ 40 cm., il est très probable que 
le spécimen du Louvre n'est pas arrivé à complète maturité. Peut-être en pourrait-on 
conclure qu'il fut récolté sur un arbre transplanté en Egypte. Si P. Forskal, en effet, et 
R. Delile omettent de mentionner le Baobab parmi les plantes cultivées dans le Delta, 
P. Ascherson et G. Schv^einfurth déclarent l'avoir rencontré dans les jardins du Caire'. 
L'introduction de l'arbre en Egypte peut même être relativement ancienne, car 
P. Alpin, vers la fin du XVP siècle, l'a également remarqué dans quelque verger 
égyptien : « Arborem quœ hos fructus (scil. Bahobab) fert, vidi ego in quodam viri- 
dario, foliis magnitudine et figura, auranciis valde similes'. » Que le fruit du Louvre, en 
tout cas, ait été récolté en Egypte ou rapporté, à titre de curiosité^ des pays où croit 
spontanément le Baobab, il n'en est pas moins pour nous une preuve des lointaines 
relations qu'entretenaient les Égyptiens dans les régions du Haut-Nil. La limite nord 
de l'an'e d'indigénat du Baobab dans l'Afrique orientale a été très minutieusement 
précisée par G. Schweinfurth : cette ligne de démarcation traverse le Nil-Bleu à Abou- 
harras, village situé à une quarantaine de lieues au sud de Khartoum, descend légère- 
ment vers l'Est et remonte à Kassala, d'où elle se dirige presque en ligne droite jusqu'à 
la mer Rouge, un peu au nord de Massaouah. C'est entre ces deux dernières localités que 
le voyageur allemand a rencontré les individus les plus nombreux et les plus gigan- 
tesques : les Baobabs mesurant de soixante à quatre-vingts pieds de circonférence, 
afRrme-t-il, s'y comptent par centaines; ils portent dans ces régions le nom de Hamra\ 

D'après ces données^ nous ne voyons guère que deux points d'où les Égyptiens 
aient pu transporter ou recevoir dans leur pays, soit le fruit du Baobab, soit l'arbre lui- 
même : l'' les rives du Nil-Bleu, qui ne se trouvaient pas extrêmement distantes de leur 
colonie pharaonique deMéroé (aujourd'hui Gebel-Barkal); 2° les environs de Massaouah, 
qui faisaient partie du pays de Pount, pays dont il est fait mention dans les plus 
anciennes inscriptions. 



1. N. 1403. 

«J. p. Ascherson et G. Schweinfurth, /^Zasfrafton de la flore d'Egypte, p. 53. 

3. P. Alpini, De Plantes ^gypil liber, Venetiis, MDXCII, fol. 27. — L'édition parue à Leyde on l~o5 
rectifie ainsi la fin de la phrase, qui renferme plusieurs fautes d'impression dans l'édition de Venise : 
« ... foliis magnitudine ac figura aurantiis valdè similem » (P. Alpini, HlsLoria naturalis yEgypti, Lugduni 
Batavorum, 1735, t. II, p. 37). 

4. G. Schweinfurth, PJlansengeographische Ski:ize des gcsammten Nil-Gebiets und dur Ufcrlunder des 
Rotlien Meeros (dans A. Petermann, Mittheilungen, 1868), p. 159 et carte jointe au mémoire. 



198 ÉTUDES DE BOTANIQUE ÉGYPTIENNE 

En agitant le fruit du Louvre, on constate que l'intérieur s'en est desséché et désa- 
grégé. Les graines du Baobab, en effet, sont enveloppées d'une abondante pulpe rou- 
geâtre, d'un goût acidulé et assez agréable^ qui se dessèche à la longue et, après avoir 
présenté l'aspect de la moelle de sureau, finit par devenir farineuse et facile à réduire en 
poudre. Cette pulpe a joui longtemps en Egypte, et jouit encore au Soudan, d'une cer- 
taine réputation médicinale. Peut-être était-ce à titre de médicament que les Égyptiens 
de l'époque pharaonique recherchaient le fruit du Baobab. Du temps de P. Alpin, on 
trouvait fréquemment dans les drogueries du Caire, non pas le fruit de l'A. digitata, 
mais la pulpe du fruit, desséchée et écrasée au point de ressembler à une sorte de terre 
rouge. P. Alpin en compare le goût acide et astringent à celui de la Terra lemnia des 
auteurs classiques. 

Nous ne savons par suite de quel malentendu, dont le premier coupable est vraisem- 
blablement Adanson, certains botanistes modernes déclarent, en s'appuyant indirecte- 
ment sur le texte de P. Alpin, que la pulpe sèche du Baobab est la Terra lemnia des 
anciens naturalistes'. Il en résulterait que cette pulpe aurait été connue en Europe long- 
temps avant notre ère, puisque la Terra lemnia est déjà mentionnée dans Théophraste*. 
Or, il n'en est rien. La Terra lemnia était quelque espèce d'argile ocreuse rouge' ou de 
rubrique*, et non pas un produit végétal. Au surplus, P. Alpin n'a jamais dit ce qu'on 
lui fait dire en cette circonstance. Il établit une comparaison entre la pulpe sèche du 
Baobab et la Terra lemnia, mais non pas une identification. Voici d'ailleurs son texte, 
sur le sens duquel il ne peut y avoir le moindre doute : « Cairi etiam, quo loco recens 
fructusnonhabetur, ejus pulpa in pulverem parata ii utuntur, quaî est terra rubra, ads- 
tringenti acidoque sapore gustum feriens qualis in terra Lemnia observatur: estqueapud 
multos familiarissimus illiusce terrée usus ad pestiferas febres, tum ad sputum sanguinis, 
ad lienterias, dysenteriam, cruentumque hepaticum fluorem, nec non ad uteri menses 
firmandos; alii ejusce terraî in subtilissimum pulverem redactœ dragmam cum aqua 
plantaginis dissolutam, ad eadem exhibent, alii decocto, alii infuso utentes'. » Par 
contre, P. Alpin donne, dans un autre de ses ouvrages', d'intéressants renseignements 
sur la Terre de Lemnos, mais il n'y fait en rien allusion au fruit du Baobab. 

Nous avons tenu à éclaircir cette petite question, dans le but d'éviter à d'autres 
d'aller rechercher dans les auteurs grecs ou latins, — comme nous avons été un moment 
tentés de le faire nous-mêmes, — quelles étaient les propriétés médicinales du fruit du 
Baobab. 

Cet arbre, que nous sachions, n'a pas été mentionné par les auteurs arabes; il ne se 
trouve, en tout cas, nommé ni dans Qazouini, ni dans Ibn-Baithar. 



1. H. Bâillon, Dict. de Botan., t. I, p. 364; Hi$t. des Plantes, t. IV, p. 113; Ed. Lëfèvre, dans la Grande 
Encycl., t. V, p. 304. — Guibourt, dans son Histoire naturelle des Drogues simples, n'a pas comnais la même 
erreur. 

2. De Lapidibus, 52-53. — Cf. Diosc, De Mat. med., V, 113; Pline, Hist. nat., XXXV, 14. 

3. N. Guibourt, Hist. nat. des Drogues simples, 1876, t. I, p. 363. 

4. M. Berthelot et C.-E. Ruelle, Collect. des anc. Alchim. grecs, Introd., p. 261. 

5. P. Alpini, loc. cit. — Le texte que nous donnons est celui de l'édition de Leyde, lequel ne difière de 
celui de l'édition de Venise que par quelques modifications d'orthographe et de ponctuation. 

6. De Medicina JEgyptiorum, Lugd. Batav., 1718, p. 305. 



NOTE ADDITIONNELLE A LA LETTRE DE M. J. LEY 199 



33. — CRESSON. LEPIDIUM SATIVUM L.^ 

Une vingtaine de graines de Cresson alénois {Lepidium sativuni L.). — Jusqu'à 
présent, on ne connaissait cette espèce, pour l'Egypte antique, que par quelques graines 
qui s'en trouvent exposées au Musée égyptien de Florence'. 

34. — LOTUS BLANC. NYMPHEA LOTUS L.' 

Cinq fleurs et un fragment de pédoncule^ le tout en assez mauvais état de conser- 
vation. — L'examen attentif des diverses parties de ces fleurs nous a montré qu'elles 
appartiennent au Lotus blanc {Nymphœa Lotus L.) et non pas au Lotus bleu [N.cœrulea 
Sav.), également commun dans les tombes antiques de l'Egypte. 

Victor LoRET et Jules Poisson. 

Paris-Lvon, 21 mai 1895. 



NOTE ADDITIONNELLE A LA LETTRE DE M. J. LEY 

La planche qui accompagne la lettre de M. J. Ley sur deux monuments assyriens 
de Lyon, et qui a paru dans le dernier numéro du Recueil, porte la représentation de 
deux monuments. Le texte n'en décrit qu'un seul, par suite d'une erreur de mise en 
pages le post-scriptum de cette lettre a été supprimé. Ce post-scriptum indiquait 
simplement que le second monument, conservé dans le même musée que le premier, 
est de même matière et, vraisemblablement, de même provenance. 

M. J. Ley a bien voulu faire lui-même, en faveur du Recueil, les frais de photo- 
typie et de tirage de la planche qui illustre sa notice. Nous profitons de l'occasion qui 
nous est donnée d'en reparler pour remercier M. J. Ley de son intéressante communica- 
tion et de sa générosité scientifique. G. M. 



1. Sans étiquette. 

2. V. LoRET, Flore pharaonique, 2" édit., p. 110, n" 189. 

3. N. 1409. — Champ., CaiaZ., L. 176. 



TABLE DES MATIÈRES 



Pages 

Varia, von A. Wiedemann 1 

Inscriptions du tombeau de Psametik à Saqqarah, par G. Daressy 17 

Note on pre-Hellenic Finds (avec une planche), by D. G. Hogarth , 25 

Notes d'épigraphie et d'archôologie assyriennes, par Fr.-V. Scheil 27 

Lettre de M. Bouriant à M. Max Mùller sur le mur de Horeraheb à Karnak. ..... . , 41 

Une fonction judiciaire de la XII' dynastie et les Chrématistes ptolémaïques, par A. Moret 44 

Çà et là, par E. Chassinat 50 

Lettre à M. Maspero sur deux monuments assyriens de Lyon, par M. Ley (avec une planche) 55 

Notes sur différents points de grammaire et d'histoire, par G. Maspero 56, 121 

Une classification des sens du mot fi V I ' P^"" ^' ^1°^^''" ^'^ 

Varia, par Wilhelm Spiegelberg 93 

Notes prises dans le Delta, par Georges Foucart 100 

De quelques localités voisines de Sidon, par G. Maspero 101 

Bibliographie 104 

Sur une statue de la collection Barracco, par Fritz de Bissing (avec trois planches) 105 

Notes et Remarques, par G. Daressy 113 

Das Geschàftsjournal eines œgyptischen Beamten in der Rarasesstadt aus der Regierung RamBes II, 

von Wilhelm Spiegelberg 143 

Gleanings frora the Land of Egypt, by A.-H. Sayce 160 

Liste géographique des villes de l'Iran, par E. Blochet 165 

Études de Botanique égyptienne, par Victor Loret et Jules Poisson 177 

Note additionnelle à la lettre de M. J. Ley 199 



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9 



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Essai sur la mythologie égyptienne. Gr. in-8». 7 fr. 50 

POGNON (H.). Une incantation contre les génies malfaisants, en Maudaïte. Gr. in-8% avec 1 pi. 2 fr. 50 

L'inscription de Bavian. Texte, traduction et commentaire pliilologique, avec trois appendices et 

un glossaire. 2 vol. gr. in-8*. 12 fr. 

Les inscriptions babyloniennes du Wadi Brissa. Gr. in 8", avec 14 pi. 10 fr. 

L'inscription de Raman-Nérar I", roi d'Assyrie (réponse à un article de M. Oppert). 1 fi . 

REGNAUD (P.). Matériaux pour servir à l'histoire de la philosophie de l'Inde. Gr. in-8°. 19 fi. 

REVILLOUT (E.). Papyrus coptes. Actes et contrats des musées égyptiens de Boulaq et du Louvre. 
1" fasc. Textes et fac-similés. In-4°. Au lieu de 20 fr. 10 fr. 

Apocryphes coptes du Nouveau Testament. Textes, i" fasc. In-4°. Au lieu de 25 fr. 10 fr. 

Chrestomathie démotique. 4 vol. in-4°. Au lieu de 100 fr. 40 fr. 

Études sur quelques points de droit et d'histoire ptolémaïques. In-4'. 10 fr. 

RITUEL funéraire des anciens Égyptiens. Texte complet en écriture hiératique, publié d'après le 
Papyrus du musée du Louvre, et précédé d'une introduction à l'étude du Rituel, par h 
vicomte E. de Rougé. Liv. 1 à 5. Gr. in-f°; la livr. au lieu de 25 fr. 12 fr 

ROBIOU (F.). Mémoire sur l'économie politique, l'administration et la législation de l'Egypte au temp- 
des Lagides. Gr. in-8°, orné d'une carte. 6 f i . 

Recherches sur le calendrier macédonien en Egypte et sur la chronologie des Lagides. In-4°. 9 fr. 

La Question des mythes, 1" fascicule : Egypte, Asie antérieure. In-8°. 2 fr. 50 

Questions d'histoire égyptienne, étudiées dans le Recueil de travaux relatifs à la philologie et à 

l'archéologie égyptienne et assyriennes. In-8°. 1 fr 

Recherches sur la religion de l'ancienne Egypte, le culte. In-8°. 2 fr 

Le système chronologique de M. Lieblein sur les trois premières dynasties du Nouvel Em pi k 

égyptien et le synchronisme égyptien de l'Exode. In-8". 1 fr. 5" 

ROUGÉ (E. de). Chrestomathie égyptienne ou choix de textes égyptiens, transcrits, traduits et accom- 
pagnés d'un commentaire et d'un abrégé grammatical. 4 vol. gr. in-8°. 100 U^ 

— — Recherches sur les monuments qu'on peut attribuer aux six premières dynasties de Manétho 
précédées d'un rapport adressé à M. le Ministre de l'instruction publique sur les résultai 
généraux de sa mission en Egypte. Gr. in-4°, accompagné de 8 pi. dont 5 doubles. 20 fr 

Inscriptions hiéroglyphiques copiées en Egypte pendant sa mission. Publié par le vicomte J. 

Rougé. 4 vol. in-4°. Au lieu de 120 fr. 60 

SAADYA (Gaon de Fayyoum). Commentaire sur le Sefer Yesiraou livre de la création, publié et tradui 
par Mayer Lambert. Gr. in-8°. 10 

SAULCY (F. de). Dictionnaire topographique abrégé de la Terre-Sainte. 1 vol. in-8». 6 

SCHACK (G. von). Die Unterweisungs des Konigs Amenemhat, 1' et 2' Hàlfte. Gr. in-4". 8 fr. 

VIREY (P.). Étude sur le papyrus Prisse. Le livre de Kaqimna et les leçons de Ptah-Hotep. 
Gr. in-8°. 8 fr. 

Chalon-sur-Saône, imprimerie française et orientale de L. Maiiceau 



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